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l'auteur

Christophe Béranger



 

Né en 1974
1993 - 2003 : Apprentissage de la prise de vue et du laboratoire dans un atelier photographique municipal
 2004 - 2007 : Enseigne la photographie en noir et blanc dans un club-photo
Depuis 2006 : Photographie au sténopé

Vit et travaille en région parisienne

christophe.beranger@yahoo.fr

 

  

 

Christophe Béranger : Sténopés

 

Galerie-Photo : Christophe, comment êtes-vous venu à la photographie ?

Ma découverte de la photographie, que d'autres pratiquaient de longue date dans ma famille, a été tardive. J'ai commencé mon apprentissage en 1993, à l’âge de 19 ans.

J'ai débuté avec un réflex argentique 24x36 accompagné d’un zoom. Puis je suis passé au moyen format et, pour quelques prises de vues, j'ai utilisé le minuscule 8x11 mm. Par la suite, j'ai abandonné mon premier réflex pour un autre beaucoup plus simple, de vingt ans son aîné, muni d’une optique fixe.

Vers la fin 2005, je ne photographiais plus beaucoup. Je cherchais autre chose, une technique nouvelle peut-être. En laboratoire, je réalisais des photogrammes, écrivais sur mes tirages, associais peinture et photographie. Peu à peu, j'ai pris conscience que mes appareils ne me satisfaisaient plus.

Parallèlement à ces réflexions, j'ai redécouvert les innombrables plaques de verre que possédait ma famille : photographies datant de la fin du XIXème siècle, de la première guerre mondiale... témoignages émouvants de l'histoire familiale et de la société de l’époque. Peut-être influencé par ces négatifs dont la taille ne m’était pas coutumière, j'ai pensé au grand format : j’y ai vu la possibilité d'une réflexion approfondie sur l'image dès la prise de vue, une lente et rigoureuse appropriation du sujet. Mais le coût non négligeable lié à l’exploitation de ce type de matériel m'a conduit à tester d’abord le sténopé. J'ai ainsi construit un sténopé de grande taille, proche du grand format.

Bien vite, les résultats que j'ai obtenus m'ont plu et j'ai alors décidé de faire de ce curieux appareil mon principal outil photographique. Finalement, alors que les constructeurs présentaient des boîtiers toujours plus perfectionnés, j’ai choisi le sténopé ; alors que les optiques atteignaient des performances inégalées, j'ai opté pour un simple trou ; alors que le monde basculait dans le tout numérique, je me suis penché sur les premières utilisations de la camera obscura...

Choisir le sténopé est un engagement ?

Pour moi, choisir le sténopé, c'est refuser le pixel et l'escalade numérique. A la fureur du numérique, j’oppose la tranquillité du sténopé. Je prends le temps qu'il m'offre et je laisse l’artillerie numérique mitrailler à tout va.

Choisir le sténopé, c'est également refuser la facilité et le banal. Les temps de pose sont démultipliés, les cadrages précis impossibles : le hasard s’invite inévitablement dans l’image. Choisir enfin le sténopé, c’est refuser l'amateurisme comme le professionnalisme, c'est rompre avec l'idée d’une photographie parfaite, impeccablement retravaillée sous Photoshop.

 


Friche © Christophe Béranger

   

 

Pourquoi l'assemblage des photographies par deux plutôt que par trois ou plus ? Y a-t-il une raison à cela ou est-ce le fait du hasard ?

Dans un premier temps, j'ai assemblé les photographies par deux pour une raison purement pratique : j'avais besoin de recréer des négatifs au format 18 x 24 à partir de négatifs 13 x 18. En effet, au mois de mai 2011 le papier 18 x 24 m'a fait défaut tandis que je possédais encore du papier 13 x 18. Il est vrai que suite à cette opération, j'ai pensé à d'autres découpes : des triptyques ou autres compositions. J'ai imaginé aussi déchirer les négatifs pour les réassembler ensuite, laisser certaines parties ouvertes... mais je ne voulais pas cumuler les expériences. Cela viendra peut-être un jour.

 

 


Vue sur la ville de Blois © Christophe Béranger

   

 

Vos photographies témoignent d'un goût certain pour la photographie ancienne. Cherchez-vous une atmosphère particulière dans le passé ?

J'apprécie en effet la photographie ancienne et les clichés pris aux premières heures de la photographie m'ont influencé en ce sens, sans doute. Cependant, bien que mes photos semblent tout droit tirées du passé, je ne cherche pas pour autant à recréer une quelconque période révolue. "L'atmosphère particulière" que vous mentionnez s’explique par mon utilisation d’un papier photosensible noir et blanc en guise de négatif. L’image obtenue affiche de forts contrastes et une netteté imparfaite.

A l'origine de ma démarche, je souhaitais pratiquer une autre photographie. Laquelle exactement ? Je l'ai cherchée par différentes expériences en laboratoire. Je réalisais notamment des photogrammes et leurs contrastes me plaisaient. Par ailleurs, je souhaitais une photographie réfléchie et différente de ce que je faisais auparavant. Je voulais une photographie qui me ressemble.

 Aujourd’hui, je ne me pose pas la question d'une photographie au passé, au présent ou au futur. Je veux une photographie contrastée, différente, créative et c’est ce que je pense avoir trouvé à travers le sténopé. 

 

 


La Loire © Christophe Béranger

   

 

Aimez-vous particulièrement certains photographes anciens ?

Parmi les "anciens", j'apprécie notamment Gustave Le Gray, Charles Nègre, William Henry Fox Talbot... Mais je suis aussi intéressé par la photographie contemporaine. Je pense ici à Desiree Dolron, Kimiko Yoshida, Gerd Bonfert, Hiroshi Sugimoto, Andreas Gursky, Erwin Olaf... j'aime à lire les réflexions qu'ils nous proposent à travers leurs images.

 

Faites-vous du sténopé en couleur ?

Actuellement non. Jusqu’à présent, la question de la couleur ne s'est pas vraiment posée.

 

 


Maison fantôme © Christophe Béranger

   

 

Y a-t-il pour vous des sujets qui marchent particulièrement bien avec le sténopé et d'autres moins ?

La principale contrainte du sténopé est le temps de pose. Par conséquent, tout sujet faisant intervenir des vitesses rapides ou de faibles lumières est délicat à traiter. Dans mon cas, j'ajouterais qu'un cadrage précis est impossible et qu'une parfaite netteté n'existe pas. Ainsi photographier un paysage, un monument ou une nature morte m'est plus aisé que de réaliser un portrait.

 

Quel est votre travail dans la vie ? A-t-il un rapport avec votre pratique photographique ?

Je suis ingénieur réseaux. Mon métier n'a donc pas de lien avec la photographie et moins encore avec le sténopé.

 


Forêt © Christophe Béranger

   

 

Avec quel appareil travaillez-vous ?

Mon sténopé est fait maison. Il s'agit d'un "appareil" avec soufflet. J'utilise des châssis 18x24 avec des feuilles photosensibles. Mes négatifs sont scannés, inversés puis imprimés.

 

 


Fleurs des champs © Christophe Béranger

   

 

 

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dernière modification de cet article : 2011

 

 

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