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Bernard SULMON



 

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Du même auteur sur ce site

chambres Plaubel
Des appareils reflex moyen et grand formats
des objectifs soft-focus (objectif à flou artistique)
les chambres linhof technika
reconnaître les cames pour Technika

 

 

 

 

 

 

Des objectifs SOFT-FOCUS 
(objectifs à flou artistique)

par Bernard SULMON

Introduction

Préambule : petit lexique

Anglais : soft-focus lens (SF)
Etats-Unis : diffused lens
Allemagne : WeichZeichner (WZ)
Pays-Bas : Verstrooiingslenzen ou ZachtWerkende lenzen
France : objectif à portrait, objectif aberrant

Plantons le décor : pourquoi du flou ?

Quel plaisir de rejeter continuellement ce qui a existé !
Les goûts passent, la mode change… toujours pour être reprise, 10 ou 20 ans plus tard, sous une forme plus ou moins identique, exacerbée ou estompée… Actuellement, on apprécie les portraits détaillés « taillés au scalpel ». Il fut un temps pas si lointain où ces dames - principalement - n’appréciaient guère d’obtenir un portrait qui mettait en exergue la moindre ride, le moindre bouton, le grain de leur peau. Tout un arsenal de mesures étaient prises pour éviter ce genre de détails, tant sur le point cosmétique (poudre de riz) que photographique (accessoires optiques, retouche des négatifs, éclairage frontal…)
Pour estomper les rides et le grain de la peau, tout un ensemble d’accessoires furent imaginés et s’utilisent encore avec plus ou moins de bonheur :

les accessoires optiques
- trames placées sur l’objectif (voilette, bas, …) ;
- papier cellophane ( plus ou moins chiffonné et retendu) ;
- verre légèrement dépoli ;
- plastique déformé avec cercle central clair ;
- verre enduit d’un corps gras (glycérine, vaseline, …) ;
- verre griffé de stries (droites, courbes, spirales, …) ;
- verre comportant des aspérités (style softar ) ;
- additif composé de 2 verres de coefficient de diffraction différent ;
- fumée de cigarette etc. et

les objectifs
spécialement construits en vue de limiter la « sécheresse » des objectifs traditionnels :
- objectifs pour prise de vues
- objectifs pour agrandissement

Qu'en penser ?

Insuffisance des additifs SOFT FOCUS

Tous les accessoires qui se placent sur l’avant (ou éventuellement à l’arrière) de l’objectif ont pour inévitable effet d’affecter, de manière sensiblement similaire, l’intégralité de l’image.
Ex. : un filtre plein « diffusé » rend toute l’image floutée, tant du premier plan qu’à l’infini. Pas un seul point net !

D’autre part, les effets obtenus varient en fonction de l’écartement existant entre la lentille frontale de l’objectif et l’additif placé sur celui-ci, en fonction aussi de la focale de l’objectif ou plutôt de l’angle de champ embrassé par l’objectif, et encore en fonction du diaphragme utilisé.
Ex. : un filtre dépoli à large centre clair pourrait ne servir à rien (ou pas grand-chose) sur une longue focale, alors qu’il rendra son plein effet sur une focale plus courte. Sur la longue focale, il sera nécessaire de faire usage d’un filtre dépoli à centre clair plus petit.
Ex. : un filtre à monture vissante sera plus proche de la lentille frontale que ne le sera un filtre carré monté dans un adaptateur universel (style Cokin, Lee, Lindahl, etc …)
Ex. : Trop diaphragmé, le centre clair d’un filtre sera par trop présent : comme une tache ronde nette au milieu d’une image floutée.

Certaines « solutions » sont peu praticables en toutes circonstances.

Ex. : un corps gras sur un filtre se conçoit en studio, mais s’avère difficile à utiliser en photographie de mariage sur le terrain (poussières qui se collent sur le corps gras lors des déplacements ; où ranger le filtre entre 2 vues "normales" sans mettre de graisse partout, etc.)

Cela fait un grand nombre de paramètres à maîtriser si l’on veut conserver une constance dans l’effet obtenu et une certaine rapidité d’exécution dans des conditions de prise de vues changeantes.

Un objectif spécifique aux portraits permet une manipulation bien plus aisée, une reproductibilité des effets désirés et, selon les modèles, n’affecte pas de manière identique toute l’image captée. En général, la transition entre l’avant-plan net et l’arrière-plan est plus rapide et plus douce qu’avec un objectif traditionnel (bokeh). Cet article vous présente les objectifs SOFT-FOCUS.

Rappel des principes optiques utilisés par les objectifs soft-focus

Les objectifs « à portraits » essaient de transformer un handicap en vertu : les aberrations de chromatisme et/ou de sphéricité sont utilisées pour obtenir une transition moins nette entre 2 points qui forment l’image. Entre un point blanc et un autre noir s’installera une espèce de dégradé.

L’aberration de chromatisme

Une lentille simple peut être assimilée à un ensemble de prismes.
Un prisme a pour effet de décomposer la lumière en rayons de couleurs différentes (arc en ciel).

Avec une lentille simple, tous les points colorés d’une image ne se forment pas au même endroit. Ceux de couleur rouge sont les plus éloignés, tandis que les bleus/violets sont les plus rapprochés. Entre les deux figurent les jaunes/verts.

 

 

L’image ne se forme dès lors non pas en un point, mais de manière étalée et plus ou moins imprécise.

L’aberration de sphéricité

Les rayons, correspondant à des points d’un objet, qui frappent une lentille simple sous des angles différents ne forment pas tous ces points en un même endroit.

On voit apparaître un noyau central net avec, tant en avant qu’en arrière de celui-ci, des cercles plus confus formant une sorte de halo. Ce point central semble être « enveloppé ».

 

 

Ces deux aberrations peuvent être atténuées en diaphragmant l’objectif.

L’objectif SOFT-FOCUS le plus élémentaire

La lentille la plus simple largement utilisée, et notamment affectée de ces 2 aberrations, n’est rien d’autre que le ménisque.

Quoique présentes dans la plupart des BOX, les aberrations qu’il engendre ne sont pas très perceptibles car il est vendu bridé (largement diaphragmé) pour justement les combattre.

L’objectif SOFT-FOCUS plus élaboré

La plupart des objectifs de ce type tirent parti de l’aberration de sphéricité, moins souvent de l’aberration chromatique (un doublet à l’arrière révèle une correction - au moins partielle - de cette dernière).

 

 

 

Les objectifs SOFT-FOCUS sont conçus de telle manière qu’une aberration de sphéricité reste, plus ou moins, maintenue. Ce résidu d’aberration s’éliminant grâce à la fermeture du diaphragme (objectifs du premier groupe) ou par modification des emplacements des groupes optiques (objectifs du second groupe).

Objectifs du premier groupe

Verito et Veritar

Wollensak VERITO F4
USA VERITAR F6


Veritar 354mm

 


formule optique du Verito

 

Rudolf KINGSLAKE les décrit comme une variation d’un l’objectif de type périscopique.

Wollensak présente le Verito comme un rectilinéaire

 


rapid rectilineair dallmeyer

 

L'objectif est constitué d’un doublet arrière (correction de l’aberration chromatique) et d’un ménisque à l’avant ; on constate que la fermeture du diaphragme entraîne une augmentation de la profondeur de champ qui s’étend principalement en arrière de ligne sur laquelle la mise au point a été effectuée. Mieux vaut donc mettre au point sur le bout du nez plutôt que sur les yeux.

Les VERITO sont généralement fournis montés sur un obturateur STUDIO ne comportant que la pose ‘B’. Une bague permet de limiter l’ouverture des pales de cet obturateur, qui fait donc office de diaphragme.

Les VERITAR sont plus récents, montés sur un obturateur ALPHAX permettant la pose ‘T’, ‘B’ et la demi-seconde jusqu’au 1/50ème. Ils sont pourvus d’un vrai diaphragme s’étalant de F6 à F32. Entre F6 et F8, 5 positions supplémentaires sont prévues, permettant donc un total de six flous différents. Dès F8, l’objectif commence à se comporter comme un objectif traditionnel, sans pourtant jamais obtenir une très grande définition (même au diaphragme min. de F32).

Exemples d’images :

 


Veritar sur Sinar

 

Ici, c'est le choix du diaphragme qui permet de limiter les aberrations Entre F6 et F8, cinq autres crans sont prévus.

ci-après les résultats du Veritar à F6 , puis F6-1 à 5

 


on peut obtenir une image agrandie en cliquant sur chaque imagette

 

et ceux obtenus avec le Veritar de F8 à F32

 

Rodenstock IMAGON (Allemagne)

 

L'objectif est une combinaison de 2 lentilles en 1 groupe formant achromat. Les Imagon furent fournis en 120, 150, 200, 250, 300, 360 mm, 420 et 480mm. Jusqu’au 360mm, ils se rencontraient aussi bien montés avec que sans obturateur.

Leur présence au catalogue fut très longue, puisqu’on les y vit d’abord montés sur compound, puis sur compur, copal et prontor.

Le 360mm était monté sur compound 5 (vitesse limité au 1/50ème) et disparu du catalogue lorsque les compound ne furent plus fabriqués.
 


imagon-250-et-360

Les 120 et 150mm étaient destinés aux moyen-format (6x6 à 6x9). La firme ZORK a réalisé un adaptateur permettant le montage du 200mm sur le fût du 180mm destiné au RB67.

 


Publicité pour les Imagon

 

La particularité de cet objectif réside dans son utilisation possible avec le diaphragme traditionnel inséré dans l’obturateur (pour les versions avec obturateur), ou avec des diaphragmes fixes (au nombre de 3) à monter sur l’avant de l’objectif.

 

Ces disques troués comportent, en plus, une série de petits trous périphériques qui peuvent être plus ou moins obturés. Certains n’hésitent donc pas à parler de diaphragme "passoire" ou "presse-purée".

Lorsque ces trous périphériques sont ouverts, ils se comportent comme autant de diaphragmes qui viennent surimposer leur image à celle formé par le trou central. Le différentiel entre la taille des trous périphériques et celui central induit une impression de flou différente.

Les trous périphériques apportent aussi des rayons provenant d’une direction différente de celle du trou central. Ces rayons marginaux ne forment donc pas leurs points au même endroit que ceux provenant du trou central (aberration de sphéricité oblige) et induisent donc plus de ‘soft focus’

Sur une image prise avec les trous périphériques ouverts ou fermés se dégage une impression de ‘vaporeux’ ou pas, qui peut être utilisée pour créer une atmosphère particulière.

En théorie, s’agissant d’une optique sans lentille qui se déplace, la mise au point devrait rester identique quel que soit le disque utilisé, mais en pratique, des aberrations résiduelles imposent de refaire la mise au point.

La règle est donc de faire la mise au point dans la situation de prise de vue finale.

Dès que l’on diaphragme largement (pour les Imagons montés sur obturateur s’entend), les résultats obtenus se rapprochent de ceux d’un objectif traditionnel.

En condition de fort contrejour, les hautes lumières sont entourées d’un ensemble de petits points correspondants aux trous périphériques. Ceci peut ne pas toujours être du meilleur effet : autant le savoir !

 

 

Tant que les disques « presse-purée » restent fermés, la règle de la focale divisée par le diamètre de la pupille d’entrée est correcte. Par contre, une fois ces disques ouverts, de la lumière entrent également par les trous périphériques. Rodenstock a donc indiqué sur ces disques "à passoire" les diaphragmes relatifs sous forme Max-Min, comme suit :

  Disque Ouvert Disque Fermé
Disque 1 5,8  7,7
Disque 2 7,7 9,5
Disque 3 9,5 11,5

 

Autres exemple d’images (Imagon 250mm) :

Série sans disque, avec diaphragme ouvert -au maximum - à moitié - au minimum


 

Série avec disque 1 à 3, en haut : ouvertures "passoire" ouvertes et en bas, idem avec ouvertures fermées

 

 

Hugo MEYER - TRIOPLAN Gorlitz (Allemagne)

 

 

Cet objectif, fabriqué par MEYER à Görtlitz, est un triplet classique, qui présente pourtant un certain caractère soft entre F4.5 et 5.6. Plus diaphragmé, il devient un objectif traditionnel.

Son piqué n’a, à diaphragme équivalent, par quand chose à envier à l’Artar.

Pour information : une version TRIOPLAN PORTRAIT fut proposée aux professionnels.  Elle comportait un mécanisme permettant de déplacer la lentille centrale, comme sur les Universal Heliar ou Labor

 

 

Voici les résultats obtenus avec le Trioplan :

Trioplan 300mm
Haut : F4.5 – 5.6 – 8
Bas : F11 – 16 - Décalé : Artar 300mm F11

 

 

Hermagis Anastigmat Nr 6 – 270mm F4.5 Paris (France)

 

 

Cet objectif est composé de 2 groupes identiques placés de part et d’autre du diaphragme

 

 

L'objectif présente une conception datant d’avant 1900, mais il a été fabriqué après cette date. Ceci pourrait s’expliquer par le fait que, pendant une période de transition, il ne fallait pas contrarier les adeptes habitués aux indices français. Une numérotation double apparaît dès lors face au repère de la bague des diaphragmes :

- la numérotation française d’avant l’uniformisation « CONGRES »(1) ;
- l’équivalent selon les normes « CONGRES »

On lit donc

F4.5 5 6.8 10 14 20 28
0,20 0,25 0,46 1 2 4 8

(1) Congrès international de Paris de 1900
Dans ce système français, le chiffre de départ est le 1 qui correspond à F10. Les autres nombres représentent le coefficient relatif d’exposition à utiliser. Ainsi, si l’exposition optimale se situe, pour le diaphragme de référence,(soit 1), au soixantième de seconde, il sera de un quinzième de seconde au diaphragme 4 ( 1/60 : 4) et d’un deux cent quarantième au diaphragme 0,25 (1/60 : 0,25)

Hermagis 270mm de f 4,5 à f 28 :

 

 

Som BERTHIOT Eidoscope ( Hermagis ) France

 

 

 

Composé de deux groupes symétriques, et corrigé de l’aberration chromatique, il ressemble à un rectilinéaire. Fabriqué initialement par Hermagis (avec diaphragme à vannes), sa production fut continuée lors de la reprise par les Ets. SOM BERTHIOT. Modernité oblige, le diaphragme à iris remplaça celui à vannes.

Ce diaphragme porte les numérotations : 4.5 - 5 – 6 – 7 – 10 – 14 – 20, de façon similaire donc à celles portées sur l’anatisgmat N° 6 d’ Hermagis décrit ci-dessus ( F4.5 – 5 – 6.8 – 10 – 14 – 20 – 28

 

 

Voici les résultats obtenus de F4.5 à 7 en haut et de F10 à 20 en bas :

 

 

Comparé à d’autres objectifs "soft-focus", même diaphragmé, il n’atteint jamais une très haute définition.

 


Montres photographiées avec l’Eidoscope 375 mm à F14

 

 

Oskar ZWIERZINA - Plasticca - Kunst Portrait Objektiv
Dresden (Allemagne)

 

 

Cet objectif est constitué d’une seule lentille à plan convexe et d’un filtre jaune-léger à l’arrière. Il tire donc nécessairement parti des aberrations de sphéricité et de chromatisme. Aucun diaphragme n’est prévu, de sorte qu’il ne s’utilise qu’à pleine ouverture (F4) ou à l’aide d’un filtre gris-neutre. Il engendre donc, pour les pellicules modernes, un flou (trop) important non-contrôlable.

L’usage d’un filtre coloré n’est pas anodin : il permet d’atténuer certaines composantes du spectre des couleurs et plus particulièrement, s’agissant d’un filtre jaune, sa couleur opposée qui est le bleu. Cet objectif devait donc principalement être utilisé avec de la pellicule noir & blanc non-panchromatique.

La « raie » jaune impressionne donc principalement la pellicule, tandis que la bleue est atténuée par le filtre jaune et que la rouge reste plus ou moins absente (film ortho).

Pareil objectif a récemment été mis en vente sur internet, mais portait une autre appellation : Simon KRONAR – Dresden.

 

 

 

Objectifs du second groupe

Voigtländer Universal Heliar (Allemagne)

 

 

En page 106 de son livre, Rudolf Kingslake n’est pas très élogieux à son égard et déclare que ses 5 lentilles ne valent pas mieux que les 3 du triplet de Cooke dont il ne serait qu’une déclinaison.

 


Cooke-triplet

 

D’autres le présentent comme un excellent objectif très bien corrigé de l’astigmatisme et du coma, avec champ plat et au très bon piqué. L’absence d’aberration de coma rendrait l’image plus brillante.

En tout état de cause, cet objectif a bénéficié d’une grande aura.

 

 

Il s’agit d’un Heliar traditionnel dont la lentille centrale divergente peut se mouvoir, d’avant en arrière, à l’aide d’une bague. Plus on écarte la lentille centrale de celle d’arrière, plus l’aberration de sphéricité devient présente.

 


Heliar - vue interne

 

Comme tout objectif atteint d’aberration de sphéricité, la fermeture du diaphragme en atténue l’apparition.

Même diaphragmé, cet objectif permet malgré toute d'induire encore un flou plus ou moins léger.

La modification de positionnement de lentille apporte également une modification du champ embrassé par l’objectif. Plus on avance la lentille vers le groupe avant, plus le champ embrassé augmente et inversement. Cette modification entraine également une obligation de refaire la mise au point.

L’angle de champ des heliar est limité à approximativement 46°.

Ceci explique, par exemple, que le 300mm n’était recommandé que jusqu’à 6 ,5 x 8,5 inches et qu’il fallait au moins un 420mm pour couvrir le 8x10 inches.

Les universal - heliar furent fabriqués de 1902 jusque dans les années 1960. Leurs formules optiques firent l’objet de plusieurs révisions au cours de leur existence.

Une avancée optique appréciable fut réalisée en modifiant la version initiale de l’Heliar. Cet objectif modifié fut baptisé DYNAR, mais, suite à l’aura dont l’Heliar était parvenu à s’affubler, ne parvenait pas à s’imposer. La petite histoire dit que des DYNAR furent dès lors commercialisés sous l’étiquette HELIAR, au plus grand bonheur de leurs utilisateurs…. Qui sait ?

Exemples d’images :

La mise au point a été effectuée après chaque changement de la bague SF

Ci-après les résultats à F 4,5 :

 

Ci-après les résultats à F 9 :

 


Heliar 240mm – F16


Heliar 360mm – F12

 

 

O.I.P. Gand / Belgique  -  LABOR

 


Labor 250 et 440mm

 

Le Labor est un anastigmat comportant, à la manière de l’Heliar, une lentille divergente entre les groupes avant et arrière. Une bague marquée NET – FLOU 1 à 5 – FLOU permet de disposer de 7 positions au total. Plus on écarte la lentille divergente du groupe arrière, plus on détériore la correction de l’aberration de sphéricité et plus on introduit donc de « soft focus ».

 

 

Le Labor était fabriqué par « OIP GAND » (Optique et Instruments de Précision à Gand / Belgique).

OIP Gand fabriquait principalement du matériel militaire, mais aussi quelques objectifs destinés aux photographes professionnels, tels que ce LABOR, et des MIRROR (style Tessar).

Le LABOR équipait de nombreuses chambres de studio et constituait un objectif « à tout faire ». Très piqué lorsque la bague de soft-focus était positionnée sur NET; il faisait apparaître un flou très progressif sur les 6 autres crans.

Exemples d’images :

Mode Soft Focus sur le 250mm à f 6.3
La bague prévoit 7 positions marquées (NET - Flou 1 à 5 - FLOU) :

 

Mode normal sur le 250mm : résultats à F4.5 - 6.3 -9 -12 - 18 - 25 et F36

 

Citons encore quelques autres objectifs

Cooke Soft-focus

Boyer : Opale (dont le soft focus serait principalement issu de l’aberration chromatique).

Gundlach : Hypérion

Graf : Graf variable

Ross : Rapid Portrait

Kodak : Portrait lens

Emil BUSCH : Nicolas PERSCHEID (renseigné comme tirant parti des 2 aberrations : chromatique + sphéricité)...

Objectifs plus récents

Yamasaki Optical Co Ltd - CONGO SF (Japon)

Focale Eléments
Groupes
Couverture Cercle Img F22 Angle Diaphragme Max/Min Obtu
150mm 3 / 3 4x5 170mm 53° 4 / 45 # 1
200mm 3 / 3 Cabinet 195mm 50° 4 / 64 # 3

 


Image du site Yamasaki Optical Co ltd

 

Fuji FUJINON SF / SFS
(Japon)

 


Image du catalogue Fuji

 

Focale Eléments Groupes Couverture Cercle Img F22 Angle Diaphragme Max/Min Obtu
180mm 3 / 3 4,25x5,5 200mm 58° 5,6 / 22 # 1
250mm 3 / 3 8x10 300mm 58° 5,6 / 22 # 3

 


Image du catalogue Fuji

 

Objectifs actuels

Notons d’abord que ces derniers sont « multi-couches » et prévus pour l’usage de pellicules couleurs et noir & blanc actuelles.

Parmi les objectifs actuels, destinés principalement aux moyens formats, citons :

 

Le Soft-Focus 120mm pour Pentax 67

 


Cet objectif est sous-corrigé des aberrations sphériques

L’effet « SOFT FOCUS » se règle via la bague des diaphragmes qui comporte, de 3.5 à F8, des demi-crans. De la sorte, un dosage précis de la diffusion est possible (3.5 – 4 – 4.5 – 5.6 – 6.3 – 8).

Différentes manières de le mettre au point sont préconisées, dont les 2 suivantes :
a) une fois la mise au point effectuée à F8, choisir le diaphragme de prise de vue désiré sans plus retoucher cette mise au point.
b) Entre F4 et F5.6, mettre au point au diaphragme de prise de vue désiré. Repérer la cannelure en caoutchouc la plus proche du tiret orange et la déplacer vers le premier ou second trait blanc en fonction de ce que l’on désire un effet soft focus plus ou moins prononcé.

Au-delà de F8, il commence à se comporte comme un objectif normal.

Caractéristiques :
- 4 éléments en 3 groupes
- 40,5° d’angle
- diaphragme manuel
- mesure « à diaphragme fermé »
- ouverture F3.5 à F 22
- mise au point minimale : 75 cm
- monture de filtre : 77mm

Exemples obtenus avec cet objectif :

F3.5 – F4 F4.5 – F5.6 F6.3 – F8 F22

 

Le 150mm SF pour Mamiya RB67

 

Formule optique : 5 éléments en 3 groupes
Angle de vue : 33°
Obturateur : Seiko de 1sec à 1/400ème
Diaphragme : F4 à 32
Mise au point minimale : environ 85 cm
Monture de filtre : 77mm (soit le standard commun à pratiquement tous les objectifs destinés au RB67)

Livré avec 3 grilles « à passoire » dont les orifices périphériques peuvent être obturés en faisant usage du diaphragme normal intégré à l’obturateur.

Le placement d’une grille « passoire » nécessite le démontage du groupe avant.

A partir de F8, il se comporte comme un objectif traditionnel.

 

 

 

Le 145mm SF pour Mamiya 645

 

 

Cet objectif dispose d’une bague SOFT FOCUS qui déplace 2 groupes de lentilles. Plus ces groupes s’écartent du groupe qui précède (ou suit), plus l’aberration de sphéricité laisse apparaître ses effets.
La bague prévoit un index qui peut se placer face à 5 repères ronds de taille grandissante et de couleur différente. Du plus petit (bleu) au plus grand (orange). Une position intermédiaire entre deux points peut être utilisée puisque cette bague n’est pas crantée.

Combinée avec le diaphragme, on dispose d’une multitude de possibilités pour doser le flou.

La bague de mise au point est spécialement étudiée de manière à ce que lorsqu’on la tire vers l’appareil, le diaphragme se ferme à environ F8. C’est à cette ouverture qu’il y a lieu de faire la mise au point. Dès qu’on relâche cette bague, le diaphragme se repositionne à l’ouverture présélectionnée.

 

 

Exemple de résultats obtenus :

De gauche à droite : point bleu (soft minimum) point rouge (soft moyen) point orange (soft au maximum). De haut en bas : F4 – F5,6 – F8 – F11 et F22

Dès F11, l’objectif ne présente plus d’effet « soft-focus ».

 

 

Fujinon 190 SF pour Fuji GX680

 


Cet objectif fait usage d’une grille « presse purée » à l’instar de l’Imagon. De même formule optique que celle utilisée pour les optiques de chambre Fuji SF 180 et 250mm dont question il est question ci-dessus. L'appareil comporte 3 lentilles en 3 groupes, présente un angle de 27.9° et une mise au point minimale (avec rail de base) de 150 cm, F 8 max.

 

Adaptateurs pour IMAGON

 


Réalisés par des firmes indépendantes, ils permettent leur montage sur Hasselblad, Mamyia RB67, Bronica ou Rollei

Ici représenté, le tube intermédiaire - fabriqué la firme Zörk – permet le montage de l’imagon 200mm sur l’obturateur de l’objectif 180mm destiné au Mamiya RB67.

Pour le 24x36

Bien qu’il ne s’agisse pas d’objectifs pour grand- ou moyen-format, quelques informations au sujet de ces objectifs ne sont pas à dédaigner :

Canon : 135mm SF

 

Cet objectif comporte une bague supplémentaire « soft focus » à 3 positions qui assure le déplacement d’un groupe de lentilles. La position normale n’affecte l’image d’aucun caractère SF, tandis que les 2 autres permettent l’obtention d’un effet SF léger ou plus accentué. Un système de cran permet d’éviter de passer par inadvertance de la position "Sans SF" aux positions "avec SF".

 

Caractéristiques :
Focale : 135mm
Ouverture maximale : f/2,8
Construction optique : 7 éléments en 6 groupes
Angle de champ diagonal : 18°
Mise au point : par moteur AFD débrayable
Distance de m.a.p mini : 1,30 m
Diamètre filtre : 52 mm

 

Résultats obtenus :
- de gauche à droite : Sans SF – avec SF en position 1 – avec SF en position 2
- de haut en bas : F2.8 – F4 – F5.6 et F8

 

 

Tamron (série MAP manuelle)

zoom 75-150mm SF (installation via bague adaptall 2)

 

Dreamagon

(adaptation via bague T2 – diaphragme particulier à secteurs rotatifs )

Mise au point minimale : 80 cm
Focale : 90 mm
Diaphragme : à segments de F4 à F11
Il est destiné au format 24x36 ! Sur un capteur de type APS-C, il est quasi-inutilisable tant le "soft" est prononcé.


NB : images issues du site du fabricant

 

 

Résultats obtenus à :
F4 et F5.6
F8 et F11
Comparaison avec le 24/105 L à 105mm et F5

 

 

A propos de cet article

 


NB : les multi images des exemples ont été réalisées à l’aide d’un EOS5D monté sur chambre SINAR Norma, ou sur une NARITA 18x24cm dans le cas de l’Eidoscope.

Les résultats obtenus ne sont pas, par conséquent, totalement similaires à ceux qu’on obtiendrait avec une pellicule photographique couleur / N&B panchro / N&B Ortho, mais permettent quand même de se rendre compte, au travers des séries d’images identiques et/ou par comparaison d’un objectif à l’autre, du rendu qu’il est permis d’en attendre.

 

Bibliographie

- Lens Vade Mecum – Second Edition
- A history of the photographic lens – Rudolf Kingslake – Ed AP - Academic Press
- Optique et prises de vues – Alain Monclin – Ed. FEMIS
- Fotografische Optiek – Artur Cox – Ed FOCUS
- L’objectif photographique – Robert Andréani – 1et 2ème Edition – Ed Francia
- Het objectieven boek – Rudolf Smit – Ed FOCUS
- Publicités d’époque : Rodenstock – Voigtländer – O. Zwierzina – H. Meyer – Hermagis
- Manuels Pentax – Mamiya – Fuji – Canon
- Brochures et livrets du musée de la photographie d’Anvers - Belgique
- Divers forums de discussion en langue française, anglaise ou allemande dont celui de Galerie-Photo

Copyright

TRIOPLAN = marque de la firme Hugo MEYER
HELIAR / UNIVERSAL HELIAR ( = marques des Ets VOIGTLANDER & repreneurs DYNAR )
IMAGON = marque de la firme RODENSTOCK (actuellement LINOS)
EIDOSCOPE = initialement, marque des Ets HERMAGIS, puis de SOM BERTHIOT
VERITO / VERITAR = marques des Ets. WOLLENSAK
LABOR / MIRROR = marques des Ets. O.I.P. GAND
CONGO SF = marque de YAMASAKI OPTICAL Co Ltd – Tokyo
DREAMAGON = marque des Ets MONO-C / MONOCHROM – Kassel - Germany
PENTAX = marque de Asahi Optical Co Ltd
MAMIYA
CANON
THAMBAR = marque de la firme LEITZ
TAMRON
FUJINON / FUJI = marques du groupe de sociétés FUJIFILM / FUJINON Inc.
NB : certaines autres marques sont citées, avec mention directe dans le corps du texte, de leur fabricant, distributeur ou exploitant.

Bernard SULMON Mouscron – Belgique Version 6 – 04.07.2009

 

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dernière modification de cet article : 2009

 

   
   

 

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