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l'auteur

Daniel Drouard


 

Né en 1944
Daniel Drouard a été de 1971 à 1988
photographe à l’UER de biologie et génétique
à l’Université Paris 7
Depuis 1989, il vit en Haute Savoie
 Il est l’auteur du livre « Initiation au Zone System »
 chez VM (Eyrolles)
Il a exposé la série « Paysages forestiers »
au festival de la photographie de nature
de Montier-en-Der, en 2005

Daniel Drouard
Chalet Denali
544 chemin du Thural
74920 Combloux
Tél. 04 50 93 38 78

 

 

 

Daniel Drouard
 est l'auteur
d'un livre d'initiation
au zone system
 

 

 

Sur la spécificité du Zone System

par Daniel Drouard

 

Le débat à propos de mon livre, ainsi que les observations que j'ai pu collecter depuis sa parution m'ont inspiré quelques réflexions sur la façon dont était perçu le Zone System. Force est de constater que cette technique suscite souvent des réactions passionnelles exagérées. Je pense qu'une confusion sur sa spécificité pourrait être à l'origine d'un malentendu entre ses "partisans" et ses "adversaires". Cette confusion est si fréquente qu'il peut m'arriver moi-même d'y participer involontairement. Je ne me fais pas d'illusion sur la possibilité de réconcilier les deux camps mais je voudrais présenter ici mon point de vue.

La confusion

Imaginons qu'un photographe présente une de ses images. Elle comporte des détails dans les ombres et les hautes lumières, alors que le sujet présentait visiblement un grand écart de luminances. Comment est-ce possible ? "Grâce au Zone System" répond le photographe ! On pourrait alors comprendre que le Zone System a pour originalité de permettre de traduire de grands écarts de luminance. Pour un peu, ce serait son seul intérêt ! Et pourtant, il ne s'agit que d'une application possible. Et encore... les opposants au Zone System rétorquent qu'il n'est pas besoin de cette technique pour obtenir ce résultat. Effectivement, en ce qui concerne cet aspect des choses, le Zone System ne fait qu'appliquer les connaissances en sensitométrie (comportement du film en fonction de la durée de développement).

Je pense qu'il faut rappeler que la fonction fondamentale du Zone System est de permettre de voir mentalement, à la prise de vue, l'image qui va être produite (prévisualisation). Le photographe situe les luminances du sujet sur une échelle de niveaux d'exposition du film appelés "zones" et il a en mémoire les "valeurs" qui vont correspondre à chacune de ces zones sur l'image finale. C'est cette démarche qui est spécifique au système des zones (j'appelle "système des zones" toute technique qui utilise la notion de zone et "Zone System" la technique précise, appliquée au noir et blanc, avec ajustement du développement, telle qu'elle est décrite par Ansel ADAMS et Minor WHITE).

Alors, qu'apporte le Zone System pour la prise de vue de sujets qui présentent de forts écarts de luminances ?  Eh bien, justement, cette possibilité de prévisualiser l'effet qu'on peut obtenir pour différents temps de pose et différents types de développement. Et ainsi de faire consciemment un choix en évitant les tâtonnements. Mais la technique du Zone System peut aussi bien être employée pour obtenir des détails dans les ombres et les hautes lumières du sujet, que pour, au contraire, obtenir un effet graphique spécial en supprimant ces détails !

Système des zones et couleur

Si l'on ne voit le Zone System que comme une technique permettant d'ajuster le développement du film au contraste du sujet, on ne peut pas comprendre que le système des zones puisse s'appliquer à la photographie en diapositive couleur où l'on n'intervient pas sur le développement. Pourtant, la prévisualisation change tout !

Supposons qu'on désire obtenir des détails à la fois dans les basses et les hautes lumières du sujet sur la diapositive. L'évaluation des luminances du sujet et leur traduction en zones d’exposition, permet :

- de vérifier facilement que l’étendue des luminances de la scène est acceptable par le film, ce qui est généralement lié aux conditions d’éclairage

- de déterminer précisément le temps de pose qui exploite pleinement ces conditions (par exemple, en faisant exactement coïncider l'étendue de l'échelle des zones d'exposition du film avec l'étendue des luminances du sujet)

- de voir mentalement l'image qui va en résulter.

Si les conditions d'éclairage ne sont pas satisfaisantes, le photographe peut faire le choix de sacrifier une partie de l'image ou décider de ne pas faire la photo. Ou bien de chercher ailleurs ou à un autre moment de meilleures conditions.

Il serait dommage qu’à cause de la confusion de départ l’application du système des zones à la diapo couleur ne soit pas encore prise en compte en France, alors qu’il existe probablement des milliers de photographes de par le monde qui utilisent cette technique. Et certains sont très avancés dans ce domaine, par exemple avec le ChromaZone System.

Les étalonnages

On pourrait trouver que les procédures d’étalonnage du Zone System en noir et blanc sont assez fastidieuses, surtout à cause de la détermination des différentes durées de développement. La procédure d’étalonnage pour film inversible couleur est, par contre, très simple.

S’il est nécessaire d’effectuer préalablement des étalonnages, c’est, notamment, pour établir une correspondance stable entre chaque zone d’exposition et la valeur qui en résulte, et pour connaître les limites exactes de l’échelle des zones du film utilisé. Il faut avoir vu ces valeurs sur le support final (papier ou diapo). En noir et blanc, quelle que soit la méthode d’étalonnage utilisée (par mesure densitométrique ou par comparaison visuelle), il est impératif d’effectuer le tirage standardisé sur papier de chaque zone pour voir chaque valeur et la mémoriser. Sinon, pas de prévisualisation !

Images numériques

Enfin, on pourrait penser que les nouvelles techniques d'images électroniques numériques rendent toutes ces considérations caduques. Hélas ! pas du tout ! Le problème se pose toujours d'établir une relation entre ce que le photographe voit du sujet, au moment de la prise de vue, et ce que sera l'image finale sur papier. Je crois qu'on n'a pas fini d'en parler !

 

dernière modification de cet article : 2003

 

 

 

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