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   le photographe

Richard Petit

richardpetit@orange.fr
http://www.richardpetit.eu

né en 1957 à Briey
Etudes supérieures de mécanique
puis de philosophie

Représenté par la Galerie Voies Off, Arles

Expositions personnelles
Nîmes - Le Lac Gelé
Arles - Galerie Voies Off hors les murs
Marseille - Galerie du Tableau

 

   interview par

Anne GUILLAUME


Née en 1976
2002 DNSEP
Beaux Arts de Marseille
puis expositions
 collectives et personnelles
entre 2002 et 2005


anneguillaume.a@gmail.com
http://guillaumeanne.blogspot.com
 

 

 

 

 

Richard Petit : Cheap Land

 

Interview par Anne Guillaume

 

 

Richard, que représente pour vous le blanc ?

Je ne sais pas ce que représente le blanc… probablement, comme la page blanche, un vertige devant le néant. Une absence de couleur, l'étendue des possibles… comme un éblouissement mystique, un vertige métaphysique. Je m'autorise maintenant aussi à faire des images sans neige, plus minérales, plus rugueuses.

 

Pourquoi cet intérêt pour la neige et la montagne ?
Que voulez-vous nous montrer ?

La neige et la montagne… mon enfance en Lorraine, les vacances au ski en Autriche avec ma marraine… des souvenirs délicieux. Mais aussi en montagne, on a une vue surplombante, on fait face à un paysage vertical, ce qui peut donner des cadrages tellement nobles.

Le blanc de la neige, c'est aussi la disparition, l'effacement. Les bâtiments ou autres éléments de l'image semblent posés dans le vide. Il est finalement beaucoup question de vide et de vertige…

 

 

On ne voit pas de personnages dans vos photos, avez-vous envie à présent de photographier des personnes ou allez-vous continuer sur les grands espaces ?

Même si toutes mes vues montrent l'empreinte humaine, il n'y a jamais de "personnages" qui les habitent. Je trouve que ça rend les paysages plus énigmatiques et inhospitaliers, ça accentue la sensation de perte d'échelle.

Il m'arrive évidemment d'imaginer des séries de portraits ou des scènes avec des personnages, mais ce sont pour l'instant des fantasmes plus que des projets.

 

 

Parfois j’ai le sentiment en regardant vos images d’être en attente d’un accident comme s’il allait se passer quelque chose, comme si l’esthétique de vos photos allait se décrocher… en avez-vous conscience ?

C'est en même temps l'esthétique d'une catastrophe, écologique, climatique. Il est clair que je porte sur la nature un regard inquiet : cette nature dont nous sommes issus est en même temps tellement hostile... je ne donne pas cher de mes chances de survie, sans vêtements ni armes dans un tel environnement.

Et ce monde que nous vénérons et redoutons simultanément, nous l'avons déjà quasiment détruit. Certains scientifiques disent que nous avons probablement déjà franchi le point de non retour. Comment regarder le paysage avec sérénité ? J'aime bien aussi l'esthétique des films de science fiction "post catastrophe" et je dois probablement m'en inspirer inconsciemment.

 

 

Recherchez-vous aussi une certaine ironie dans vos images donnée naturellement par la nature ?

Plutôt que d'ironie, je préfèrerais parler d'humour distancié. Je montre des choses que je trouve très belles, mais toujours des trucs en même temps un peu minables.

Ce n'est pas non plus une esthétique du déchet ou de la dénonciation, ce qui m'intéresse est plutôt une tension entre le banal et le sublime, entre le technique et le tellurique.

 

 

Comment travaillez-vous ? faites-vous partie de ces photographes qui attendent le rayon de lumière pour appuyer ou travaillez-vous dans l’instant ?

C'est un problème immense. Je regarde la météo et je pars, en principe, à la montagne quand il va neiger ou faire des jours blancs. Mais c'est un peu imprévisible. Les jours blancs, je me régale, je fais une, deux ou trois images, je shoote du matin au soir. Sinon, il m'arrive bien sûr d'attendre dans la voiture s'il y a une importante couverture nuageuse avec des trous, mais… Les jours blancs, c'est plus simple, la lumière est bien plate et toujours identique. Il m'arrive d'attendre que le "couvercle" se lève ou baisse un peu. La plupart du temps, s'il y a grand soleil, ça ne va pas, et ça ne sert à rien d'attendre. Alors je fais des repérages, ou du tourisme, je glande et je deviens fou. C'est pour cela que j'ai si peu d'images : attendre les bonnes conditions peut être désespérément long.

 

 

Quel matériel utilisez-vous ?

J'aime la lenteur de la prise de vue à la chambre qui en fait une sorte de méditation visuelle. C'est seulement en cas d'extrêmement mauvais temps, comme dans une tempête de neige, qu'on est gêné. Pour cela, je commence à songer à un Mamiya 7.

Je trouve aussi assez amusant de déballer tout cet attirail, c'est un peu comme "les vacances de Monsieur Hulot" ! J'utilise une Linhof Technika 4x5", j'aime bien sa solidité un peu Néanderthal et les mouvements importants possibles, par contre, je ne l'utilise plus à main levée avec le viseur et le télémètre, je n'ai jamais réussi une image nette de cette façon.

J'ai plusieurs optiques Rodenstock ou Schneider de 90 à 300 mm de focale et un pied Gitzo5, le plus lourd, pour la voiture, un autre plus léger pour crapahuter.

J'utilise des plan films Kodak Portra 160 VC par temps gris et NC au soleil. Une petite loupe et une cellule Gossen Profisix avec additif télé...

… et bien sûr une voiture. La meilleure de tous les temps, une Coccinelle Volkswagen avec des pneus hiver. Chaque chose a sa place à bord. Je brûle beaucoup d'essence, contribuant ainsi moi même au réchauffement climatique que j'évoque dans mes images !

 

 

   

dernière modification de cet article : 2010

 

 

 

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