[abonnement gratuit]

le photographe

Markus Brunetti


Né en 1965 en Bavière, Allemagne
Vit et travaille avec sa partenaire
Betty Schöner en nomades
voyageant à travers l’Europe

Markus Brunetti est encore
un inconnu de la scène artistique
et photographique internationale.
Issu d’une famille de bâtisseurs et d’architectes, il développe s'intéresse au rendu des façades monumentales en prise de vue et montage numérique à partir des années 1980. En 2005, il entame avec Betty Schöner une vie en camping-car qui les mènera en face des monuments religieux de toute l'Europe. Une première exposition est présentée en 2014 au MAKK de Cologne. Markus Brunetti est représenté par Markus Hartmann, Allemagne, la Yossi Milo Gallery, New York, États-Unis, et Henriette Dedichen, Oslo, Norvège.
http://www.markus-brunetti.de
 

 

l'auteur
de l'article

Henri Peyre
Né en 1959
photographe
Beaux-Arts de Paris en peinture
webmaster de galerie-photo
ancien professeur de photographie
à l'Ecole des Beaux-Arts
de Nîmes

www.photographie-peinture.com
www.nature-morte.fr
organise des stages photo

 

 

 

 

 

 

Markus Brunetti : Façades

par Henri Peyre

 

 


Exposition Markus Brunetti, Arles 2015

Photographier l'Etre, un acte de foi

Né d'un père architecte, Markus Brunetti s'est tôt intéressé à la photographie numérique en ce qu'elle aurait le potentiel de représenter les façades le plus objectivement possible, sans distorsion, avec la perspective la plus effacée possible. Pour lui la façade des bâtiments ne doit pas être telle que le piéton la contemple, mais telle que l'architecte l'a conçue.

Dès lors la prise de vue devient extrêmement technique. Il ne s'agit plus de photographier ce qu'on voit mais bien plutôt d'atteindre l'essence, ce qui est. Ce travail de foi qui va bien avec l'expression d'une autre foi, la cathédrale, s'exerce sur des monuments très hauts et très détaillés, ceux qui présentent la caractéristique d'être les plus difficiles à posséder du regard. Les monuments les plus hauts sont, vus du sol, les plus déformés. Le fourmillement des ornements rend la mémorisation des façades impossible. Ces monuments représentent des raccourcis du réel mais aussi de l'acte photographique : il sont des trésors présentant des richesses accumulées d'une façon dense en un même lieu. Comme les photographies résultantes, faites de dizaines d'images, constitueront des sortes de cathédrale d'accumulation d'images et de temps de montage. L'acte de foi se reproduit dans l'acte de montage photographique.

Ainsi la photographie de Markus Brunetti n'a-t-elle finalement plus aucun rapport avec le réel humain, tout en étant la représentation la plus aboutie qu'on peut faire du monument. Chaque image est constituée de plusieurs dizaines de clichés numériques patiemment redressés afin de neutraliser le plus possible toute déformation puis assemblés en un monument unique qui reprend la grande tradition du style documentaire.

Les ombres et les lumières sont complètement amorties dans un temps uniformément gris et sans soleil, les marques humaines, échafaudages, voitures, inscriptions, sont bannies de la représentation. Au moment où Markus et sa compagne arrivent sur le monument, il est possible que l'ensemble du monument ne soit pas prêt à être photographié. Une bâche couvre un angle de l'édifice, une voiture stationne ici, un poteau gêne. Qu'importe, il faudra trouver l'astuce technique qui permettra d'emporter quand même la partie manquante dans l'ordinateur, changer légèrement  le point de prise de vue, au pire revenir plus tard, revenir même à l'occasion plusieurs années après pour terminer la prise de vue.

Modestie de la toute-puissance

Les immenses tirages issus de ce travail de fourmi ardente sont imprésentables : tirages numériques mats sur papier, ils sont fragiles et impossibles à encadrer. Mais d'un mal nait un bien : les rouleaux de papiers déployés aux cimaises présentent le jet d'encre dans sa matité native, neutre, modeste comme de la gouache. Les milliers de détails s'offrent sans hurler au regard qui veut bien aller les chercher. La modestie extrême de l'apparence offre un contraste magique avec l'accumulation des détails. Le silence hurle, et là encore on a l'impression de la vrai foi qui se reconnait par son étourdissant silence.

 

Les spectateurs de ces cathédrales passent lentement de l'une à l'autre, restant abasourdis et plein de doute, subjugués par la concentration de richesse accumulée et présentée dans une neutralité qu'ils perçoivent comme souveraine, hautaine et indifférente. Débordés par l'accumulation de temps, de travail, de richesse, de détails et d'efforts, ils ne comprennent plus s'ils admirent le travail multi séculaire des ouvriers et des concepteurs des cathédrales où le travail effarant d'un moine enragé des temps modernes, fou d'informatique, de patience, et obsédé par la possibilité entrevue qu'une photographie pourrait rendre compte de l'Etre des choses.

 

 


Markus Brunetti© - Cortegaça - Paróquia de Santa Marinha

 


Markus Brunetti© - Ferrara - Basilica Cattedrale di San Giorgio

 


Markus Brunetti© - Reims - Cathédrale Notre-Dame

 

     
     
     
   

 

 

 

dernière modification de cet article : 2015

 

 

tous les textes sont publiés sous l'entière responsabilité de leurs auteurs
pour toute remarque concernant les articles, merci de contacter henri.peyre@(ntispam)phonem.fr

une réalisation phonem

nouveautés
galerie
technique
matériel
stages
adresses
librairie
boutique amazon
magasin arca-swiss 

plan
forum
liens
contact
radio-labo

abonnement gratuit
recherche sur le site
(chargement lent en première utilisation - veuillez patienter)