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le photographe

Marc Meininger

Marc Meininger
Dit Marc M
contact@marc-m.fr
 Tel : 06.60.48.95.50
 www.marc-m.fr
47 ans, Triple formation
Finance, Droit & Photographie
Après 20 ans de carrière
en tant que cadre sup devient
 Photographe professionnel.

Membre du collectif Collectifvista
(www.collectifvista.com)

A coté d’une activité corporate
utilise la photographie
comme contemplation
pour essayer de voir et de faire voir
et pour essayer de mieux réfléchir.

contact@marc-m.fr
 

Marc Meininger

 


© Marc Meininger

 

Marc, où ont été prises ces photographies ?

Ces photographies ont été prises chez un barbier installé au Cap d’Ail, petite ville de la Côte d’Azur, mitoyenne de Monaco. Elles ont été réalisées dans sa boutique, lui étant au travail avec ses clients.

Vous connaissiez les personnes prises en photographie ?

Je ne connaissais pas les personnes photographiées, hormis le barbier. Client de celui-ci, j’avais été fasciné par ses gestes de travail, alliant douceur et précision. Après plusieurs séances sur son fauteuil de barbier, un lien s’est créé. Le barbier souhaitait avoir des photographies de son travail. Je lui ai donné mon accord, à condition qu’il me laisse carte blanche sur la réalisation

 


© Marc Meininger

 

Qu'est-ce que vous vouliez arriver rendre ?

La douceur et la précision des gestes. Ce barbier est un Artisan avec un grand A. Il exerce son art à l’ancienne, tel un compagnon. Toute sa maîtrise est démontrée dans ses gestes, précis et doux.

 


© Marc Meininger

 

L'originalité de ces photographies est qu'elles ont été prises avec un reflex numérique... mais derrière une chambre. Pouvez-vous nous décrire ce montage ?

Pour ces photos, j’ai utilisé une chambre Sinar avec un objectif Fujinon 150 mm, le tout accouplé à un reflex numérique (Nikon D3). Je dispose d’une planchette Sinar sur laquelle est fixée une bague me permettant de fixer le D3.

En parallèle, j’utilise une cellule à main.

 


© Marc Meininger

 

 

Comment se passe la prise de vue ?

J’ai effectué plusieurs repérages, notamment pour déterminer les horaires offrant l’éclairage naturel recherché.

J’ai demandé au barbier et à ses clients ne pas poser, et de m’oublier. Je voulais des clichés naturels et réels. La chambre possède un avantage. Si elle intrigue, elle génère aussi une forme de respect et donc de distance avec le photographe. De plus il est plus difficile au « client » d’anticiper et d’appréhender l’instant du déclenchement.

Je prépare ma prise de vue en utilisant la chambre de manière classique, sans le D3. Dans certain cas, je réalise quelques photographies avec des plans-films polaroid. Cette phase, temps préparatoire, me permet de m’imprégner du lieu, de sa lumière, de son ambiance, et de rentrer dans un autre espace temps.

Ensuite, j’installe le D3, et j’utilise le mode Live-view. Je capte ce qui m’intéresse dans la scène.

La prise de vue a durée toute une matinée. La chambre a été déplacée, certaines photos étant réalisées en plan serré, d’autres avec un plan plus large.

 


© Marc Meininger

 

Utiliser les optiques de chambre plutôt que les optiques spécialement faites pour le numérique présente quels effets sur la photographie ?

La première difficulté réside dans la mise au point. Le mode Live-view n’offre pas une solution parfaite. Il est indispensable d’avoir une installation très stable, et de travailler avec un déclencheur à distance pour limiter au maximum tout bougé du système.

Deuxième point faible du système, le piqué. N’utilisant pas d’objectifs dédiés aux capteurs numériques, mon 150 fujinon n’est pas optimisé pour le numérique. Le piqué de l’image s’en ressent. Mais cela donne une écriture spécifique, qui m’a séduit.

Certains photographes ne jurent que par le piqué. Je considère que dans certains cas celui-ci détruit la photographie. Celle-ci avant d’être techniquement parfaite, doit parler, évoquer.

 


© Marc Meininger

 

Pourquoi photographiez-vous avec ce dispositif ?

Au départ, j’ai utilisé ce procédé en test, par curiosité. Dans un premier temps, j’ai pesté contre cette faiblesse en piqué.

Après plusieurs tentatives, ma première série cohérente fut une série sur l’horizon en mer. J’ai obtenu un rendu qui m’a séduit.

Ce rendu spécifique (faible piqué, faible profondeur) correspond à une écriture photographique qui me ressemble. Mettre en valeur quelques détails noyés dans une ambiance.

Tout cela ne revient-il pas aussi à sacraliser le moment de la prise de vue ?

Peut être ? Mais tout le plaisir est là. Retrouver le temps de penser sa photographie. Prendre le temps de s’imprégner d’un paysage ; d'entrer dans un autre espace temps. Pendant mes prises de vue, le barbier a continué son travail. Il s’est occupé de ses clients, il a bougé, il a tourné autour de son fauteuil de barbier. Pourtant, le temps filait à mon rythme. J’ai pu saisir ses gestes, sa douceur, sa précision.

La prise de vue, c’est l’instant où le photographe est maître. C’est l’instant, où il construit son œuvre, où il la rend unique. C’est l’instant où il choisi et ordonne les mots de son écriture photographique. C’est l’instant où il crée.

Dans notre époque, un peu folle, où nous sommes toujours en train de courir, l’instant photographique, c’est à la fois un luxe et une liberté.

 

   

 

     

 

 

 

dernière modification de cet article : 2009

 

 

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