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Une image de François Laboureix

 

Galerie-Photo : François, comment en êtes-vous venu à la photographie à la chambre ?

François Laboureix : Lorsque j’ai commencé la suite « invasions plastiques », je travaillais avec un 6x9 mais, très vite,
je me suis rendu compte des limites de ce format car toutes mes photos sont agrandies en 50x60 et là, il vaut mieux « avoir de la marge » si l’on veut traduire correctement ces matières transparentes et subtiles. Quelques mois après mes premiers essais, j’ai eu la chance de rencontrer Olivier Mériel et j’ai apprécié ses images et sa philosophie. J’ai ressorti une vieille folding MPP que j’ai chaussée d’un M 200 Nikon neuf et depuis je ne travaille plus qu’en 4x5 inches. Mes images sont meilleures et, en plus, je profite des mouvements de la chambre. Plus de travail, moins de déclenchements, plus de réflexion, plus de satisfaction…

 

Vous pratiquez surtout le noir et blanc, pourquoi ?

Comme beaucoup, mes premiers agrandissements ont commencé par le noir et blanc qu’au fil du temps j’ai appris à connaître et maîtriser. En noir et blanc, je suis donc indépendant du début de la prise de vue jusqu’à la sortie du tirage et sa présentation. Mais, plus encore que l’autonomie, c’est la liberté d’interprétation lors du tirage qui me convient, guider le regard de l’autre, lui faire découvrir un aspect de l’image que l’on a décidé de mettre en évidence. Par ailleurs, l’absence de couleurs crée un fort décalage qui dissipe le réel, incite à la réflexion et au rêve. D’une certaine façon, et je pèse mes mots, le noir et blanc affranchit du réalisme et nous amène au virtuel.

 

 

l'auteur

François Laboureix

3 rue Landouzy
51100 REIMS
 tel : 03 26 88 49 79
 francois.laboureix@numericable.fr
www.laboureix.com

Né en 1955
vit et travaille à Reims
1974 -1978 Ecole des Beaux-Arts de REIMS
1980 -1986 Université de PARIS I
Maîtrise, DEA d’Arts Plastiques
Etudie les contraintes
sur les matières plastiques
en lumière polarisée.
La photographie est alors un témoignage
proposant un choix parmi
de multiples harmonies de couleurs
1991 Retour à la photographie.

Depuis 1978
enseigne les arts plastiques
et la photographie

voir d'autres
images de la série
Invasions plastiques

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi ces morceaux de plastiques à l'intérieur de vos images ? C'est seulement pour apporter des nuances de noir et de blanc
ou est-ce que vous comptez que cela porte une signification supplémentaire à l'image ?

Visuellement, ils fonctionnent comme des pièges à regard. Visibles, mais pas forcément évidents, ils agacent, perturbent notre idée de nature : ils sont là pour capter l’attention, bousculer notre idéal du monde végétal, annoncer la couleur en quelques sorte… Or le plastique, qui aujourd’hui fait partie du quotidien, nous révulse en milieu naturel. C’est pourtant un matériau « fantastique » que j’ai souvent utilisé sous des formes variées, depuis mes études aux beaux-arts ; j’ai toujours été fasciné par la transparence. Cédant à mon côté provocateur, au risque de paraître cracher dans la soupe, j’ai cherché à concilier l’inconciliable, associer le naturel à l’artificiel. Vérifier si le plastique peut s’immiscer dans le végétal. Il semble que la cohabitation soit parfois possible sans qu’il y ait opposition. Est-ce une prémonition ? Que donneront ces folles expériences, ces greffes contre nature d’ici quelques années ? Y aura-t-il rejet ou prolifération ? Risquons une réponse consensuelle : « L’avenir nous le dira ». Si ça doit dégénérer, au moins cette fois-ci, on connaîtra le coupable…

 

Quel matériel utilisez-vous ?

Wista SP en extérieur et Sinar F en 4x5 inches. Optiques récentes (moins de 15 ans…) 200,150, 90, 75mm et Macro-Symmar HM 120 mm. Spotmètre Pentax. Pour les films NB, T max 100 et 400. Pour la couleur, Portra 160 VC ; oui, je sais, certains vont hurler…Je développe les films dans du révélateur T max et je fais les tirages sur papier Agfa fb multicontrast tant qu’il m’en reste…Pour la couleur, je fais confiance à un labo professionnel.

 

Vers quel genre d'images pensez-vous aller ?

Avec le plastique, j’avais cru faire le tour de la question assez rapidement. Je pense maintenant qu’il y a encore beaucoup à découvrir dans cette confrontation inhabituelle. Il faut dire que le repérage est long mais capital et que certaines installations me demandent plusieurs jours. Après ? Plus conceptuel peut-être, améliorer encore la prise de vue et fixer les films sans développer pour aller vers plus de transparence. A moins d'oser faire quelques implants de silicone sur des végétaux en mal de paraître et qui ne supporteraient plus leur image.

 

 

 

 

dernière modification de cet article : 2007

 

 

 

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