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l'auteur

Jean-Marie Solichon
né en 1956
formation supérieure en horticulture et en botanique et écologie
directeur du Jardin Exotique de Monaco depuis 1993
photographie en Moyen format depuis 1995, en grand format depuis 1999

contact :
tel : 06.09.25.19.85
ou + 377.93.15.29.80 (HB)
jmsolichon(at)gmail.com  
www.jmsolichon.com

 

Films Inversibles Fuji 100 ISO : un test

par Jean-Marie Solichon

 

Le choix du film est un sujet qui revient avec régularité sur le forum de
Galerie Photo. Et chacun de donner ses conseils en formulant toutes sortes de bonnes raisons…bien difficiles à apprécier en l’absence d’exemple visuel. C’est pour illustrer un peu mieux les différences entre les émulsions inversibles que j’ai entrepris le test qui suit.

J’ai restreint mon analyse aux quatre Fujichrome 100 ISO, mettant volontairement de côté la « vieille » Velvia destinée à disparaître prochainement. J’ai également négligé les films inversibles Kodak, plus chers, moins largement distribué …et qui ne m’ont jamais satisfait à l’exception, dans certaines conditions, de la défunte E100S et de sa réincarnation E100G.

Matériel et méthode

Chambre 4x5 Toyo, objectif Schneider 150mm, Rolleiflex 2,8F. Numérisation sur Epson 4870 en désactivant tous les réglages ; traitement des images se limitant à appliquer le profil du scanner et à ajuster les niveaux.

Codes-produits

RDPIII = PROVIA100F
RAP100F = ASTIA100F
RVP100F = VELVIA100F
RVP100 = VELVIA100

Remarque

Ce test est réalisé dans un souci d’analyse comparative des films entre eux. Chacun des lecteurs de cet article observera, en fonction du réglage de son moniteur, une apparence des images qui lui est propre. Un jugement de chaque film dans l’absolu serait peu pertinent.


 

 

 

I- Paysage urbain, lumière forte

Sujet très contrasté : il y a un peu plus de 6 diaphragmes d’écart entre les façades les plus claires et les grandes plages d’ombre.

 

Ce qui saute aux yeux en premier est la différence de contraste entre, d’une part, les PROVIA100F et ASTIA100F et, d’autre part, les VELVIA100F et VELVIA100. En conséquence, ces dernières bouchent complètement les ombres, alors que les premières parviennent à y retenir quelques détails. Cet effet est encore plus marqué sur les ektas originaux, le scanner « grand public » atténuant les différences par sa faiblesse à ce niveau.

C’est peut-être l’excès des zones sombres chez VELVIA100F et VELVIA100 qui procure une impression de sous-exposition : on leur donnerait volontiers 1/3 de diaphragme d’exposition en plus. De quoi perpétuer les vieilles habitudes : j’ai toujours exposé la VELVIA « tout court » à 32 ISO au lieu de 50.

 

Autre différence nette pour le rendu des couleurs : tendance au jaune pour la PROVIA100F (à ma grande surprise : j’avais abandonné ce film parce que je le trouvais trop bleu !), au rouge pour la VELVIA100F et au « encore plus rouge » pour la VELVIA100. Enfin, comme promis par Fuji, grande neutralité pour l’ASTIA100F.

On remarquera bien ces différences dans le détail du ciel et des nuages illustré ci-contre, ainsi qu’en matière de saturation : élevée chez VELVIA100F et VELVIA100, plus modérée chez PROVIA100F et ASTIA100F pour lesquelles le rendu des ciels n’est pas le point fort.

II- Sous-bois, lumière atténuée

Prise de vue réalisée sous les arbres et sous une pluie fine ; si l’on excepte la zone d’ombre sacrifiée sous le rocher du premier plan, il y a moins de 3 diaphs d’écart entre les hautes et les basses lumières.

Le contraste plus élevé des 2 VELVIA donne un aspect plus flatteur aux images (ici aussi la qualité du scanner atténue un peu les différences), les verts sont bien saturés et présents. ASTIA100F et PROVIA100F produisent des images plus ternes avec des verts en retrait tirant sur l’olive, mais offrent plus de détails dans les basses lumières (voir en particulier la partie supérieure des images).

La juxtaposition des images met en évidence l’excès de jaune chez PROVIA100F et de rouge chez VELVIA100 et VELVIA100F. La neutralité de ASTIA100F est impressionnante (noter en particulier le rendu de l’eau, la pureté des blancs). Dommage pour ces verts bien tristes. Pour ce type de sujet, qui m’est assez habituel, je ne retrouve l’équivalent de « ma » Velvia 50 chez aucune des émulsions présentées.

 

III- Piqué

Pas grand chose à dire à ce sujet, si ce n’est le niveau excellent de ces quatre films : il paraît loin le temps où une simple observation à la loupe x 4 permettait immédiatement de savoir si l’on avait affaire à de la Velvia ou à de la Provia...

Pour information je reprends ci-dessous les données publiées par Fuji en matière de pouvoir résolvant et de finesse du grain :

mire de contraste
1,6 : 1

mire de contraste 1000 : 1

RMS

RDPIII

60 lignes/mm

140 lignes/mm

8

RAP100F

60 lignes/mm

140 lignes/mm

7

RVP100F

80 lignes/mm

160 lignes/mm

8

RVP100

80 lignes/mm

160 lignes/mm

8

IV- Latitude de pose

En ce domaine on oppose souvent le film couleur inversible, qui exige une pose très précise, au film négatif qui présente une latitude de pose de l’ordre de 3 diaphs.

J’ai voulu m’en faire une idée en comparant ASTIA100F et VELVIA100F. Les résultats sont illustrés ci dessous. L’image est très utilisable entre +1/2 et –1/2 diaph : la latitude de pose de l’inversible couleur est effectivement très faible : de l’ordre de 1 diaph.

 

La VELVIA100F semble plus
à l’aise en sur-exposition
(clichés ci-contre)

 ... et l'ASTIA100F semble, elle, plus à l'aise en sous-exposition
(ci-contre).
Cela n'est-il pas simplement la confirmation du fait que les VELVIA font un peu moins que les 100 ISO annoncés ?


 

V- Conclusion

Les exemples présentés au fil de cet article indiquent clairement qu’il n’y a pas de film universel.

La neutralité des tons et le contraste modéré de l’ASTIA100F seront appréciés en portrait, en architecture et pour la photographie d’objets. Par contre cette émulsion restitue moins bien les ciels et la végétation. En photographie de paysage on lui préfèrera probablement une VELVIA, ma préférence allant vers la 100F.

 

 

dernière modification de cet article : 2006

   

 

 

 

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