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l'auteur

Jean-Marie Solichon
né en 1956
formation supérieure en horticulture et en botanique et écologie
directeur du Jardin Exotique de Monaco depuis 1993
photographie en Moyen format depuis 1995, en grand format depuis 1999

contact :
tel : 06.09.25.19.85
ou + 377.93.15.29.80 (HB)
jmsolichon(at)gmail.com  
www.jmsolichon.com

 

 

 

 

 

La diffraction : s’en soucier ou pas ?

par Jean-Marie Solichon

La diffraction est un phénomène physique inévitable qui, dans la pratique, est directement fonction de la valeur du diaphragme utilisé (des spécialistes mieux qualifiés que moi préciseront qu’en théorie elle est en fait dépendante de la taille réelle du trou laissant passer la lumière et donc aussi de la focale). Pour un objectif donné, il existe un « point d’équilibre » où la perte de qualité résultant de la diffraction par fermeture du diaphragme compense l’amélioration engendrée par la correction des autres aberrations (chromatique, géométrique…). Au-delà le piqué n’est plus limité que par la diffraction. Ce point d’équilibre semble se situer environ entre f :16 et f : 22 pour un objectif destiné au grand format. Par ailleurs, les nécessités de la profondeur de champ nous imposent souvent de composer avec la diffraction, mais jusqu’où aller sans dégrader notablement l’image ?

L’idée de cet article sans prétention m’est venue au cours des Rencontres organisées à Nîmes début septembre 2003. Au cours de conversations informelles cette question avait suscité des avis contradictoires. Pour ma part, je veille généralement à ne pas utiliser un diaphragme plus fermé que f : 32. Mais le second jour de ces Rencontres j’ai eu l’occasion de tenter une prise de vue au 300mm (chambre 4x5) qui nécessitait soit de sacrifier la netteté du premier plan pour rester dans mes diaphs habituels, soit de fermer à un peu plus de f : 45. En guise de test j’ai exposé deux images.

A l’examen des ektas (loupe Schneider x 4), il s’avéra que la vue réalisée à f :45 était nettement moins définie que l’autre. Cependant, s’agissant d’une prise de vue au 300mm, à la 1/2 seconde pour f :45, dans des conditions de terrain un peu délicates (sol instable, trépied posé sur l’herbe, léger vent, etc…) je préférai refaire mon test.


le test

Ce qui suit est donc fondé sur une prise de vue (photo ci-dessus) réalisée dans les conditions confortables de mon lieu de travail, sur sol dur, avec un 120mm Schneider Super Symmar HM dont le piqué est redoutable (80 80 60 à f :16 selon le test de Christopher Perez). Chambre Toyo 45AII, trépied Gitzo 1325, rotule Arca B1 et Velvia 50 (il faut préciser désormais). Exposition : 1/30 s à f :16 et ¼ s à f :45.

Les deux images ont été numérisées sur Epson 2450, sans renforcement de la netteté, à la résolution nominale de l’appareil (2400 dpi).

Un détail de chacun de ces deux  scans non retouchés, correspondant grosso modo au plus petit des carrés figurés sur la première photo, est représenté ci-dessous.

 

 

 

   

 

Malgré la compression jpeg (identique dans les deux cas)  la différence de piqué entre les deux reste évidente.

Cela est bien beau, me direz-vous, mais qu’advient-il lorsque les photos sont retouchées pour être imprimées ? La réduction de taille et l’accentuation ne gomment-elles pas ces différences ?

Voyons donc. Les deux images ont subi le même traitement : réduction au format A3+ pour impression 32x41cm à 300dpi, en quatre étapes. Chaque échantillon (correspondant au plus grand des carrés sur la photo 1) représente alors une portion de 6,5 cm de côté d’une impression jet d’encre A3+. Ils sont réunis côte à côte sur la photo ci-dessous. A mon sens, et toujours malgré la compression jpeg, le déficit de piqué de la photo prise à f :45 reste significatif.

 

   

 

   

Puis, j’ai appliqué à ces deux images l’accentuation que j’utilise habituellement pour une telle impression (mode Lab, couche L, gain 200%, rayon 1 pixel, seuil 5 niveaux). Ce traitement arrange bien l’image prise à f :45 (la photo prise à f :45 et accentuée est plus piquée que celle prise à f :16 et non accentuée), mais celle réalisée à f :16 demeure largement plus piquée pour une même accentuation, comme l’atteste la photo suivante.

   

 

   

 

Une impression sur papier photo brillant des fichiers originaux en TIFF confirme cette impression sans ambiguïté et me conforte dans mes habitudes tendant à diaphragmer plus que f :22 uniquement en cas de nécessité absolue.

 

 

 

dernière modification de cet article : 2003

 

 

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