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l'auteur

Georges Giralt



Né en 1958
ingénieur informaticien
pratique la photo depuis
l'âge de 17 ans
adore l'argentique

georges.giralt@free.fr

 

 

 

 

 

Développer ses plans films :
Un tour d’horizon …  

par Georges Giralt

 

Quand on s’attaque au grand format en venant du monde du film en rouleau  ou du numérique, tout semble insurmontable.

Pourtant, il existe pas mal de choses simples pour arriver à atteindre ses buts. Après tout, le film en plaques ou en feuilles existe depuis 150 ans ! Cela a laissé du temps à nos anciens pour trouver des solutions aux problèmes posés.

Ce petit article se propose de faire un tour de diverses méthodes que j’ai testées. Donc, il ne sera pas exhaustif  (bien que j’ai testé pas mal de procédés) mais sera argumenté de mon point de vue.

Il est centré sur le traitement de plans films noir et blanc. La couleur (bien que je l’ai pratiquée en E6)  est devenue bien rare de nos jours. Sans doute un article futur ?

 

Je vais classer ces procédés selon deux familles : Travail au jour ou travail au noir avec dans chaque cas, traitement plan film par plan film ou par lot.

Cet article est centré sur le 4x5 pouces. Certaines méthodes sont facilement adaptables à d'autres formats, d'autres non.

 


L'ensemble des outils

 

De gauche à droite, du fond vers l'avant :

Emballage de la « Paterson Orbital » avec, devant cet emballage, la base motorisée, et encore devant, la cuve Paterson Orbital proprement dite.

Cuve Jobo 3006 pour traiter des plan-films 4x5 et 5x7 pouces.

Punie au fond, la Combiplan (Emballage, porte film et cuve)

A coté de la Paterson Orbital, 3 cuvettes de couleur pour le traitement à la main dans le noir.

On voit entre les cuvettes et la cuve jobo 2521 les cadres inox et les cuves pour ces cadres : 3 petites pour le révélateur, le bain d'arrêt et le fixateur et une plus longue destinée au lavage (dotée d'un siphon)

Au bord gauche de la table la Jobo 2521 ainsi que la spire 2509 (que j'emploie sans les caches destinés à retenir les films)

Au centre devant, la cuve Nikor en inox avec son couvercle, son bouchon et sa spire réglable qui prend 12 plan films de format maximal 4x5 pouces. Les films sont maintenus en place grâce à la bandelettes d'inox qui entoure la spire.

Travail dans le noir :

La première méthode et la plus ancienne consiste à traiter ses plan film en cuvettes comme les papiers. On peut traiter feuille à feuille ou par lot (j’arrive à traiter de 4 à 6 plan films par lot sans rayure ni problèmes).  Cette méthode est aussi la plus économique : 3 ou 4 cuvettes, des produits un minuteur et c’est tout.  Adapté à tous les formats de plan films, par échange des cuvettes. Il faut utiliser des gants étanches aux produits chimiques employés et non allergisants pour ne pas développer d’allergies ou de cancers par exposition répétées aux produits chimiques.

La cuvette permet aussi de travailler comme nos grands anciens par inspection. On traite le film dans le noir pour environ la moitié du temps escompté, puis on allume brièvement une lanterne de laboratoire portant un fort filtre vert sombre devant laquelle on inspecte le négatif. Si le traitement est jugé bon, on met le film dans le bain d'arrêt. Sinon, on éteint la lampe et on continue. Entrainement recommandé avant de traiter les films du mariage du cousin Alphonse... sauf si l'on veut se fâcher avec le dit cousin.

 

La deuxième méthode consiste à employer des cadres inox dans lesquels on insère un plan film, cadres que l’on groupe par paquet  que l’on plonge dans une cuve (le plus souvent en plastique dur ou inox) pour traiter les films. Cadres et cuves se trouvent pour pas cher d’occasion ou bien dans les poubelles du laboratoire pro qui vient de fermer ses portes.. Les cadres sont spécifiques à un format  mais existent dans les formats les plus courants. Bien sur, pour traiter du 20x25, il faut une cuve plus grande que pour du 6,5x9 … certains cadres permettent de traiter des plaques de verre (la rainure est assez large pour cela. Ils sont rares)


Cadres et cuves inox.

On peut employer le chariot d’une cuve Combiplan  et ses 6 plan films que l’on plonge dans un lot de cuves Combiplan chacune dédiée à un produit. Proche de la méthode ci-dessus, le coût en est élevé car les cuves Combiplan sont chères. De plus c’est limité au 9x12/4x5. Mais, on peut traiter des plaques en verre.

 

Travail en plein jour

 

Bien sur, il faudra au préalable avoir inséré ses plan films dans le dispositif de développement en étant dans le noir. Soit dans le laboratoire soit en employant un manchon de chargement.

Ici, on peut découper les catégories en travail manuel et en travail automatique. Le travail manuel consiste à agiter, remplir, vider une cuve étanche à la lumière grâce aux deux ustensiles finissant nos bras dont la nature nous a doté. Le travail automatique va de la mécanisation de l’agitation à l’automatisme total (mettre la cuve dans la machine, presser le bouton « start » et revenir quand ça sonne, ½ heure plus tard environ). On se doute que les coûts seront différents.

Pour l’anecdote, citons la cuve style Paterson classique prévue pour traiter les films 135 et 120 dans laquelle on met un plan film à la place de la spire, « en vrac ». Ceci est un bricolage qui n’est pas digne de notre recherche de « la perfection ». En tout cas, il ne faudra pas oublier l’axe central indispensable à l’étanchéité à la lumière….

Paterson produisait aussi un appareil destiné au traitement des papiers couleur que l’on peut employer avec bonheur pour les plan films : le Paterson Orbital. Il permet de traiter quatre plan films 4x5 simultanément ou un 20x25 avec une très faible quantité de chimie. Si l’on dispose du moteur optionnel, l’agitation devient automatique. Cet appareil doit être modifié pour les plan films. En effet le fond de la cuve est lisse. C'est parfait pour les papiers mais il faut le rendre rugueux pour le film sinon la chimie ne mouillant pas totalement le dos du film, il restera des traces de couche anti-halo. A vos Dremel...


Paterson Orbital sur sa base avec le moteur à l'arrière plan

Les pions rouges que l'on voit sur la photo ci dessus sont destinés à partitionner l'intérieur de la cuve Orbital. On peut y mettre un 20x25 cm, ou quatre 4x5 pouces. Ne pas acheter la cuve si les pions sont absents. Je n'ai rien trouvé de parfait pour les remplacer...

La cuve se tient inclinée sur son support (s'il est absent, on n'achète pas...) et on la fait tourner avec un doigt ce qui fait se promener le liquide sur toute la surface sensible à l'intérieur. Le moteur ne fait que remplacer le doigt.... Attention, l'agitation permanente est recommandée sinon le révélateur s'oxyde là où le plan film ne baigne pas dedans et il y a des traces là ou le plan film émerge du révélateur... Donc, le moteur, tout compte fait .....

Le remplissage se fait par le cône central et la vidange par la flèche à gauche.

 


La cuve Combiplan

La cuve Combiplan est de conception ancienne. Elle est quasi inchangée depuis fort longtemps. Elle permet de traiter films et plaques en format 9x12 ou 4x5.  Il m’a été dit qu’elle a existé en format 13x18 il y a fort longtemps. Légende ou réalité, je ne sais. Traitement par lot de six. Traitement manuel uniquement. Longue à remplir et à vider, elle peut fuir beaucoup si le couvercle n’est pas parfaitement ajusté ou si l’on n’a pas bien revissé les bouchons spéciaux destinés au remplissage et à la vidange. Je n’ai jamais réussi à obtenir un lot de 6 plan films parfaits avec cet outil. Soit il en sort un ou plusieurs de leur logement, et ils se rayent les un les autres soit ils se collent entre eux après avoir sauté de leur logement  et le développement est incomplet… Certains utilisateurs ne jurent que par elle, moi je ne jure que sur elle… A vous de vous faire votre opinion, si vous avez des sous à dépenser....

 

Les tubes BTZS ou similaires fait main : Ces tubes en plastique ont un couvercle vissant destiné à recevoir le révélateur. On insère le plan film dans le noir (le périmètre intérieur du tube correspond à une des dimensions du plan film, la longueur du tube à l’autre dimension du plan film) et on visse le tube sur le couvercle rempli de chimie. Puis après avoir allumé la lumière, on couche les tubes dans une cuvette d’eau tempérée à la température de traitement et on roule les tubes comme s’il s’agissait de billes de bois dans un fleuve. A la fin de la durée prévue, il faut refaire le noir afin de changer le révélateur pour du bain d’arrêt puis du fixateur. On traite par lot avec une adaptation individuelle du temps de traitement par plan film. Compliqué à mon goût, certains adorent…. Mais si les tubes BTZS n’existent qu’en 4x5, on peut en fabriquer pour n’importe quel format avec du tube PVC. Je n'ai employé ces tubes qu'une fois chez un ami. La mayonnaise n'a pas pris entre eux et moi.

 

Un gros morceau : Les cuves JOBO

Le fabricant Allemand Jobo produit des cuves pour films, ainsi que des cuves pour papiers. Dans notre cas, le film en feuille ressemble à. une feuille de papier. Donc, on peut employer les deux types de cuves pour nos précieuses images !

De plus, l’efficacité Germanique a fait standardiser les dimensions et pièces des systèmes. Nous pourrons donc jouer au Meccano, avec tous ces bouts de plastiques, comme on l’adore en grand format !

Commençons par le traitement manuel :

Jobo produit des cuves dites « système 2500 » et des cuves dites « système 2800 ». Ce sont les mêmes, les premières adaptées au traitement des films les secondes aux traitements des papiers. Quand on doit traiter des films, souvent on emploie une spire pour les tenir. Donc la cuve porte un entonnoir dans son couvercle et la spire est enfichée sur un axe qui reçoit l’entonnoir. Quand on doit traiter des papiers, on les glisse contre des renforts sur la périphérie de la cuve, et le couvercle porte un bol qui contiendra la chimie de traitement en plus de faire l’étanchéité à la lumière.

Nous avons donc un seul diamètre de cuve pour les deux séries, un seul couvercle, et soit un bol dans les versions papiers, soit un entonnoir couplé à des axes (communs aux cuves série 1500 destinées aux films 135 et 120) pour faire l'étanchéité à la lumière.

Les couvercles sont fermés avec un bouchon en plastique souple orange vif, pour les versions manipulées à la main, ou portent une roue dentée pour engrener sur les machines automatiques.  Nous enlèverons cette roue si le couvercle en porte une et emploierons un bouchon pour le traitement à la main. Si la cuve comporte un aimant dans sa base, on l'ôtera précautionneusement pour employer la cuve à la main. Cet aimant pèse un bon poids...

Les versions « papier » ne peuvent prendre qu’un nombre faible de films par lot de traitement. Il ne rentre que deux plan films 4x5 sur le pourtour de la cuve la plus courte, et il n’est pas trop conseillé de mettre dans le même tube des films les un au dessus des autres car ils risquent de glisser et de se chevaucher. Mais, ce système permet de traiter des films de taille arbitraire, à condition qu’une dimension soit inférieure au périmètre intérieur de la cuve. 

Il existe des petits clips qui servent à coincer le papier/film afin de lui éviter de s’enfuir…

Il faut employer les cuves prévues pour le papier en position horizontale afin que la chimie contenue dans le bol du couvercle coule sur le plan film et les rouler sur un plan de travail pour qu’elle aille sur toute la surface du film. On emploiera avec bonheur l'accessoire Jobo 1509 pour ce faire. Il faut aussi veiller à la parfaite horizontalité de la cuve car le faible volume  de chimie n'est pas suffisant pour tout couvrir si l'horizon n'est pas plat ....

Les versions « film » emploient des spires réglables référence 2509 qui prennent 6 plan films à la fois, et dont la taille maximale est le 4x5. Mais, grâce à la modularité des axes et tubes, on peut construire des cuves destinées à contenir N spires simultanément. La limite est à déterminer en fonction du  volume maxi de chimie que l’on accepte de manipuler. 2 spires  c’est limite, 3 trop à mon avis… Ces cuves peuvent s’employer « verticales » avec des retournements comme s’il s’agissait d’une cuve à film 135/120 de type Paterson, ou être roulées sur un plan de travail.  Bien sur, la quantité de chimie à employer sera différente dans les deux cas. Si l'on emploie la cuve horizontale, on se fiera aux indications marquées sur le coté de la cuve et relatives aux spires 2509, sinon, il faudra 1,400 cc de chimie pour une cuve 2521 et sa spire 2509, à peu près le double pour le modèle 2551 (2 spires 2509) et en suivant.

Si vous êtes copain avec Jean Claude Vandamme, vous emploierez 4 spires à la fois et d'une seule main. Moi, je me limite à la 2521 et sa spire unique.

Jobo veut vous vendre à tout prix un « chargeur » destiné à « faciliter le chargement des spires 2509 ». Cet outil (une planche avec un axe pour la spire et un autre axe destiné à recevoir un guide pour le format du film à traiter est, à mon goût, impossible à utiliser. Si vous arrivez à charger un film 135 ou 120 dans une spire de petite taille, pourquoi n’arriveriez vous pas à charger six plan films assez rigides dans leur spire ?  Entraînez-vous au jour avec des films foutus, et vous deviendrez un as sans la « chose » censée être obligatoire….

 

Les cuves série 3000 dites « Expert Drum » :

Ces cuves sont d'un principe complètement différent de ce qui précède.  C'est un cylindre de fort diamètre fermé à une extrémité et qui porte des tubes rangés cote à cote dedans.

Dans chaque tube on glisse une feuille de film roulée sur elle même. On ferme le gros tube avec un couvercle ressemblant au couvercle des 2500/2800 mais qui aurait abusé de l'EPO.

Il existe un modèle pour 10 feuilles 4x5  pouces (référence 3010), un pour 6 feuilles 4x5 ou 5x7 (référence 3006) et un modèle pour le 20x25. Ces cuves ont un couvercle destiné à l'entrainement mécanique (type lift) inamovible donc il faudra un bouchon de bombonne pour les fermer si l'on emploie pas de machine.

Les cuves de la série 3000 sont conçues de telle façon que l'espace entre les tubes se remplisse d'eau quand on les met dans le processeur prévu pour elles. De cette façon le bain marie est quasiment en contact avec le plan film (la paroi des tubes est fine) et nous obtenons avec ce couteux système un développement parfait.

Pour que l'eau rentre, le fond de la cuve porte des fentes. Ceci rend ces dispositifs peu aptes, théoriquement, à l'emploi hors de l'eau. Si votre laboratoire est chauffé ou est à une température voisine de celle de la chimie, on les emploiera avec bonheur en les roulant sur un plan de travail ou bien sur le support Jobo 1509 qui peut aussi s'employer dans un grand bac servant de bain marie.

Le couvercle de la cuve série 3000 est inséré « a force » sur le corps afin qu'il tienne et soit étanche. Pour l'ouvrir il faut employer une pompe de gonflage de matelas pneumatique (3 € au Vieux Campeur) et un bouchon percé pour passer le tuyau. Attention le couvercle saute comme un diable bondissant hors de sa boite quand la pression a atteint la bonne valeur. Évitez de le prendre dans les dents.... Si lors de l'achat il n'est pas nécessaire d'employer une pompe pour ouvrir la cuve, cela signifie qu'il y a trop de jeu, donc que cela ne sera pas étanche ou que, pire, la cuve s'ouvrira en cours de traitement et donc, vous passerez votre chemin....

L'agitation automatique hors processeur nécessite un moteur type Uniroller qu'il faudra modifier car il n'est pas adapté à des cuves d'aussi fort diamètre. Si vous laissez la temporisation en l'état, la cuve 3000 ne fait pas un tour complet..... Devinez comment seront les plan films ?  La modification consiste soit à supprimer le mécanisme d'inversion et nous aurons une rotation toujours dans le même sens, soit à ajouter dans la boite une petite tempo électronique à base de NE555 qui pilote un relais destiné au changement de sens. On trouve des kits à trois francs six sous pour faire cela. Comme il y a de la place dans la boîte....

Ces bases motorisées ou pas peuvent aussi servir avec bonheur aux cuves de la série 2500 si l'on tient à économiser la chimie. On prendra soin de mettre une élastique autour de l'extrémité de la cuve 2500 si on veut éviter qu'elle quitte les rouleaux...


Cuve Jobo 3006 ouverte (couvercle à l'arrière plan)

Employées horizontales ces cuves nécessitent peu de chimie et sont donc, une fois passé la surprise du prix d'achat, très économiques. Il faudra faire attention à employer un volume de chimie suffisant pour traiter les films mis dedans. (4 feuilles 4x5 pouces font quasiment la surface d'un film de format 135) et aussi à ne pas surcharger le moteur de la machine Jobo si on les emploie sur un processeur. Le volume de chimie minimal pour couvrir le film horizontal est marqué sur le corps. On prendra soin de le respecter à minima si on veut avoir autre chose que de l'art conceptuel.

 


Base motorisée UniRoller, cuve 3006 sur Jobo 1509 et pompe destinée à l'ouverture de la cuve ici équipée de son bouchon de bonbonne....

 

Les cuves série 2500/2800 peuvent être employées verticales. Elles nécessitent 1,400 l de chimie pour une spire 2509 donc encore facile à remuer. (voilà pourquoi je rechigne à employer le modèle pour 2 spires : 3 litres de chimie plus la cuve et le film, cela commence à être beaucoup...) Si l'on utilise une chimie très concentrée  (Ilford Ilfotec HC ou Kodak HC110 ou Agfa Rodinal) vous trouverez que c'est assez économique. Idem si vous faites vous même votre D76 ou votre D23. Si vous employez des révélateurs chers, préférez les cuves horizontales !

 

Les outsiders

Il existe des cuves dites « Yankee » ou « General Brand » qui comme la Combiplan emploient un chariot porte film et permettent de traiter 6 plan films ou plus simultanément. Elles ont mauvaise réputation, sont censées fuir et générer des défauts de développement. Je n’en ai jamais employé. Donc je n’en dirai pas plus.

Une autre solution est la cuve NIKOR (rien à voir avec la société japonaise NIKON). Cette cuve est en inox et comprend une splendide spire en inox réglable pour 12 plan films (taille maxi 4x5). Elle contient 1,2 l de chimie et est très solide car bien fabriquée en bel inox par Honeywell à Cambridge Massachusetts. Elle est un peu longue à remplir et à vider (bien que les derniers modèles aient été améliorés sur ce point.) Son seul défaut est le prix souvent faramineux qu’elle atteint malgré son grand âge sur Ebay (plus de 150 $....)


Cuve Nikor 4x5

 

Sur cette image on distingue la spire réglable (6 vis sur le plateau supérieur, attention à leur état !) le plateau mobile ici en position haute pour le 4x5, la spirale centrale de guidage des plan films et sur la table le collier en inox destiné à empêcher les films de sortir de la spire.

Il faut insérer les plan films émulsion vers le centre pour que la spirale ne touche que la dorsale.

Pour augmenter la rapidité de remplissage, on posera la cuve sur le petit couvercle à droite afin que la séparation de la chicane du couvercle soit en haut. Remplir sans s'affoler dans la partie large  et tout ira bien.

Ces cuves donnent d'excellents résultats et permettent « d'épuiser » 1,4 litre de HC110 dilution H (1+63) car on peut y traiter jusqu'à 12 plan films 4x5  simultanément ! Elles sont donc économiques, solides et pratiques.

Les traitements mécanisés :

Toutes les cuves Jobo, tant films que papiers peuvent être employées horizontales (elles ont même été conçues pour ça !) et mises en rotation grâce à une base motorisée.  Ne pas oublier l’élastique qui empêche la cuve de sortir de la zone d’entraînement… Ces entraineurs génèrent une agitation permanente dont il faut tenir compte quand on détermine la durée de développement..

Mais, bien sur, on peut employer les cuves Jobo dans un processeur Jobo.  Ce dernier va se charger de l’agitation, et du maintient en température des bains. Selon le modèle, remplissage et vidange se font à la main ou de façon plus ou moins automatique. Si le processeur est indispensable pour le traitement couleur par la finesse de régulation de la température qu’il procure, à mon avis, en noir et blanc, il constitue plus une nuisance qu’autre chose. Mais, le processeur permet d’employer les cuves Jobo de la série 3000 (dites Système Expert) qui ne peuvent être facilement employées à la main (à cause de la nécessité du bain marie).

Si vous avez une grosse production (et de la place…), les Jobo ATL sont des machines dans lesquelles on met la cuve chargée de plan films, on appuie sur un bouton et on va regarder un film à la télé. Ca siffle quand c’est prêt comme disait un slogan de pub d’antan… Il faut faire juste attention que la machine soit assez grosse pour s’accommoder des cuves que vous possédez… Mais là, on sort du cadre purement amateur ou professionnel indépendant. Si vous voulez devenir un professionnel du développement, il existe un tas de systèmes adaptés à une production plus ou moins volumineuse et plus ou moins chers. Mais je n’en parlerai pas.

Rappelons que le Paterson Orbital peut être employé sur une base qui rend l’agitation automatique et permanente.

Parlons chimie 

Déjà, se posent des contraintes de volume :

- il faut que le/les plan films soient immergés totalement,
- il faut que la quantité de produit actif soit suffisante pour traiter la surface de film présente,
- si l’on emploie un processeur, il ne faut pas que la masse totale à mettre en œuvre dépasse les capacités du moteur !

Prenons un exemple pour faire comprendre les contraintes : 

Le PMK nécessite 500 cc de chimie (1+2+100) pour traiter 1 film 135/36.  Or cette surface correspond à 1 plan film 20x25. Soit 4 plan film 4x5. Dans notre cuve Jobo qui contient avec sa spire 6 plan films 4x5 il nous faudra donc 750 cc minimum de chimie pour traiter ces 6 plan films. Mais notre Jobo CPE2 ne peut accepter une charge supérieure à 600gr. Donc la cuve ne devra pas contenir plus de 500 cc de chimie ! Donc maximum 4 plan films par lot !

Oui, mais, le PMK est très sensible à l’agitation (car il s’oxyde rapidement) donc, pour éviter les déconvenues, il faudra employer 2 fois le volume nécessaire de chimie, en changeant le bain  à mi durée de traitement ! Nous emploierons donc 1 litre de PMK pour traiter « en machine » 4 plan film 4x5 en deux passes...

On voit ici que le grand format impose une autre façon de raisonner. Et que les solutions qui étaient pertinentes en termes d’économies en 135 ou 120 ne le sont plus forcément. Mais le grand format nous libère en grande partie de la « dictature du grain fin » car l’on ne va pas agrandir autant un plan film 4x5 qu’un négatif 24x36 mm. Donc, les révélateurs grains fin très cher employés en petit format pourront être remplacés par des produits moins cher en grand format et fournir d’admirables résultats à coût modéré !  Les Rodinal, HC110, et autres Ilfotec HC sont de retour ! De plus dès que le format devient grand, nous aurons envie (sans parler d’obligation) de faire des tirages contact au lieu d’employer le traditionnel agrandisseur. Donc, le grain, là encore, devient « quantité négligeable ». Mais s’il nous prend l’envie de passer aux procédés « anciens » (Platine, Van Dyke, papier salé, cyanotypie….) nous aurons besoin d’obtenir des négatifs avec un fort contraste et densité maximale. Et donc les révélateurs habituels ne seront pas à la fête ! Faites vous à l’idée de mélanger vous-même vos produits… Là réside la véritable économie, et la liberté de choix.

Classons nos méthodes de traitement
par volume de chimie nécessaire

Le record est sans doute détenu par Mr Paterson avec son Orbital : environ 100 cc de chimie pour traiter 4 PF 4x5 ou 1 20x25 ! Attention à ne pas épuiser le révélateur !  Cette solution fait à peu près jeu égal avec le tube BTZS  mais pour 1 plan film seulement.

Immédiatement derrière se situe la cuve Jobo 2521/2523 employée en rotation qui n’emploie au minimum que 270 ml de chimie pour 6 plan films 4x5 ! Là encore, attention aux capacités du produit !

On met derrière les cuves Jobo série 3000. Volume variable selon le modèle et le nombre de film, mais assez proche des autres Jobo.

De là, nous allons vers le litre de chimie. En cuvette, c’est assez pour traiter 4 ou 6 plan films dans une cuvette 13x18  ou 24x30. (Prévoir une taille de plus que le plan film pour la cuvette afin de pouvoir retourner les plan films facilement).

De nombreuses solutions requièrent 1,2 litre de chimie :
La cuve Combiplan, la cuve Nikor 4x5, la cuve 2521 utilisée à la main demandent le même volume de produit. Bien sur, le meilleur rendement est donné par la cuve Nikor qui traite 12 plan films à la fois… mais si la chimie n’est pas épuisée, on peut traiter « dans la foulée » un autre lot de 6 plan films si l’on dispose de 2 cuves Combiplan ou Jobo et atteindre le même rendement.  Surement de fausses économies car si la chimie est un tant soit peu polluée, on « ruine » 6 plan films d'un coup ....

Vers les 2 litres se situent certaines cuves « profondes » en inox pour 8 à 12 cadres à plan films, et à 2,8 litres la cuve Jobo 2551/2553 employée à la main contenant 2 x 6 plan films.

Nous atteignons là les limites du traitement à la main. En effet, manipuler une cuve chargée de 12 plan films et contenant 2,8 litres de chimie est un exercice qui se rapproche de la musculation et s’éloigne de la photo. Les temps de remplissage et vidange deviennent longs et difficiles à tenir constants nous empêchant d’obtenir les résultats parfaits qui sont notre but.

Les cuves inox « profondes » sont économiques si on prend soin de remettre à l'abri de l'air le révélateur après usage et si on est assez maniaque et organisé pour ne pas contaminer le révélateur par autre chose durant le traitement.

Maintenant que nous avons examiné le point des contraintes de volume, regardons celui des temps de traitement :

Les temps de traitement

Verser 1 litre de chimie dans une cuve prend du temps. Le vider aussi. Certaines cuves sont prévues pour améliorer cette performance, d’autres pas. Donc, si l’on veut des traitements homogènes, il faut employer des temps de traitements tels que ce long temps de vidange devienne négligeable vis-à-vis du temps de traitement  total dans le révélateur. Pour augmenter ce temps, deux solutions : réduire la température ou augmenter la dilution. La température ne peut se réduire en dessous des 18°C  car en dessous de ce seuil peu de révélateurs fonctionnent correctement. Donc cette voie est une impasse. La dilution, en revanche se montre pratique à condition de rester raisonnable pour ne pas utiliser une quantité homéopathique de chimie pour développer 1 m² de film.

On voit ici que la cuvette dispose de bien des avantages ! Elle est déjà pleine, on se borne à y plonger les plan films un par un assez rapidement pour que leur développement soit homogène et on ne la vide pas puisque l’on transfère les plan films dans le bain d’arrêt déjà prêt !

De même, les cuves Jobo employées horizontalement sont des candidates rêvées car elle emploient très peu de chimie. Il ne faudra pas deux heures pour verser les 300 cc de chimie dedans ! Ajoutez à cela une ouverture large et vous arrivez à un bon compromis même si on les emploie verticales avec un entonnoir. C'est rapide pour transvaser le 1,2 litre ! Et elles se vident aussi rapidement.

Si vous optez pour la Combiplan employée en version « jour » préparez vous à râler et à ronchonner... le système de remplissage n'est apprécié que des adeptes du sado maso... Coté maso, bien sur. Mais si vous n'employez que le chariot promené de cuve en cuve, là, on rejoint la rapidité de la cuvette pour un cout bien plus élevé ...

Ne pas oublier


L'indispensable

Il vous faut un entonnoir adapté au trou central des axes de vos cuves (si vous choisissez des cuves à spire) car il permet à la chimie de passer dans l'axe sans empêcher l'air de sortir. Si vous créez un vortex en versant, cela va hyper vite !

Il vous faut aussi des seringues pour doser les concentrés type Rodinal ou pour aspirer le sirop HC110 (il faut PESER le sirop si vous voulez des dosages précis), un compte goutte pour l'agent mouillant et une cuvette qui ne servira qu'à cela (certains révélateurs n'aiment pas les agents mouillants...

Un thermomètre est indispensable pour mesurer le température de vos bains. Il n'a pas besoin d'être précis, juste fidèle. Je vous conseille d'en acheter deux, de les comparer (ils seront différents), de noter les résultats obtenus et d'en garder un à l'abri dans un tiroir pour n'employer que le second. Si celui ci se casse, il vous suffira d'en racheter un et de comparer avec votre référence pour être sur de vos températures et de la qualité de vos traitements. Il est crucial d'être rigoureux et de faire TOUJOURS pareil afin de maîtriser tous les paramètres du traitement.

Tant que nous sommes dans l'indispensable, parlons des gants. Nous devrions toujours en porter au laboratoire pour éviter le contact avec des chimies allergisantes ou pires... Mais il y a gants et gants !

Les verts sont des Mapa en Nitrile qui sont épais, solides et pas cher. Je les trouve trop épais pour le traitement en cuvette. Les bleus sont dans la même matière mais sont de type « chirurgie » et donc permettent un toucher plus facile.

Il faut des gants en Nitrile car le latex n'est pas garanti imperméable aux produits chimiques. C'est pas la peine de mettre des gants si les produits nocifs les traversent... n'est-ce pas ?

Sur la photo on voit aussi une belle pendule de laboratoire parfaite pour le traitement au jour. Pour le traitement dans le noir, on emploiera soit des timers électroniques qui parlent (à acheter à l'association d'aide aux aveugles Valentin Haüy en faisant aussi un don) soit une cassette (ou MP3 pour les jeunes) que l'on aura préparée pour son traitement favori.

Enfin, cerise sur le gâteau, le support à chaussettes d'origine chinoise est parfait pour sécher ses plan films sans qu'il ne se touchent et on peut l'accrocher soit dans une armoire de séchage soit dans la douche, seuls endroits sans poussières de la maison...)

Et si on tentait un palmarès ?

De tout ce qui précède, nous avons déduit qu’il faut choisir sa méthode de traitement en fonction de nombreux critères contradictoires. Comment choisir ? Que choisir ?

Il faut les deux... ou plus sérieusement, il faut plusieurs solutions.

Supportant de travailler dans le noir et disposant de minuteurs qui parlent  je développe en cuvette de temps en temps. Ce n'est pas désagréable, après une journée de travail de se retrouver dans le noir, concentré sur un simple but à atteindre et permet d'oublier les tracas de la journée. Zen en quelque sorte. Vous pouvez agrémenter le silence par une musique en léger bruit de fond. Prendre le pli est facile. Employez des plan films fichus pour vous entrainer au jour dans des cuvettes remplies d'eau, au début, puis traitez 4 puis 6 plans films vierges dans le noir (avec cette fois des produits actifs) pour vérifier l'absence de rayures et votre préparation. Et voilà, vous êtes fin prêt à traiter vos PF dans le noir en cuvette !

Si vous ne supportez pas le noir ou si vous rayez vos films, prenez donc soit une cuve Jobo 2521 et sa spire ou une cuve inox Nikor. Chargée au noir, vous pourrez rallumer la lumière dès le couvercle mis, et de là, revenir à vos habitudes de film 120 ou petit format. J'ai un faible pour la Nikor car elle traite 12 films à la fois, et est assez solide si vous partez en voyage pour vous permettre de traiter vos films dans la chambre d'hôtel. Oui, je sais, c'est particulier comme traitement...

Bien sur, les choix se restreignent quand on augmente le format. Le choix est vaste en 4x5 pouces, se réduit en 5x7 ; encore plus en 8x10. Et au delà; il ne reste que la cuvette......

Si vous envisagez la couleur, tant négative que positive, le système Jobo est assez difficilement remplaçable que vous soyez amateur ou pro. Achetez donc les cuves Jobo en attendant de trouver le processeur qui vous conviendra.

Si vous vous lancez dans le grand format, l'achat de la chambre, de l'optique et des accessoires représente un budget important. Je vous préconise de traiter vos films en cuvette, en gardant des finances pour des plan films afin d'avoir de la matière pour faire vos gammes. Il y a beaucoup de choses à maîtriser pour obtenir une image parfaite en grand format. Savoir que le traitement des films ne vous ruinera pas vous libérera l'esprit. Et si « la mayonnaise » ne prenait pas, vous n'aurez que la chambre et ses accessoires à revendre... Mais une fois que vous aurez gouté au grand format, peu de chances que vous reveniez aux négatifs taille timbre poste...

 

 

dernière modification de cet article : 2008

 

 

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