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l'auteur

Christophe Maout
christophe.maout@free.fr



Né en 1967

Après des doubles études
de droit français et allemand
en Allemagne
et des voyages au proche orient
en Hongrie et Tchécoslovaquie
il commence en 1990
une carrière de
photographe de presse
à Paris où, en parallèle
il suit des cours
d’histoire de l’art
et de cinéma
en auditeur libre

 

Collaborations
Libération, Air France magazine
Le Monde, Le Monde 2
Télérama, Modern Painters.

Sélection d’expositions
Mars 2008 exposition du Printemps
 au Photography Museum
 de Rotterdam
pour la présentation
des nominés
du Real Photography Award
2007 : « Homelux » et « Printemps »
au Festival international
de la photographie et de la mode (Hyères)
La série « Printemps »
fait l’objet de trois expositions
 dans les galeries fnac
Rencontres d’Arles
« Terrains d’entente : paysages contemporains »
La galerie Danziger Projects
présente la série Printemps
 lors de la foire d’art contemporain
Scope Hamptons de New York
1999 : Projection de la série
Finlandaise « Tapio »
en triptyque au festival d’Arles (off)
1993 : Projection à Visa pour l’image

Collections publiques
 Bibliothèque Nationale

 

 

 

 

 

 

Christophe MAOUT

 


Christophe Maout ©

Christophe, y a-t-il eu une occasion pour la production de cette série ?

L’origine profonde de ce travail remonte, je suppose, à mon enfance passée à la campagne dans une maison au milieu d’un bois. Le regard et la saison y sont très liés : l’été, les feuillages obscurcissent le sol et bloquent l’horizon, l’hiver, les arbres nus déshabillent le paysage. Ce jeu d’apparition et de disparition déterminé par la présence végétale, je m’y suis intéressé pour la première fois il y a dix ans, en Finlande, où l’arbre est profondément inscrit dans la conscience collective ; les villes nouvelles mixent forêt et architectures de façon unique et témoignent de cet ancrage. La série Printemps est toute différente, nature et architecture y sont représentées sans que l’une ne dévore l’autre, c’est simplement un autre aspect d’une même relation.

 


Christophe Maout ©

 

D'où vient votre intérêt pour l'architecture ?

Mon intérêt pour l’architecture précède largement celui que j’ai pour la photographie, il remonte exactement à mes 17 ans lors de ma rencontre avec le travail protéiforme du Bauhaus, choc esthétique très important, provoqué par le livre de John Willett « Les années Weimar , une culture décapitée» (Hazan, 1984). Devenu photographe, l’architecture est restée un sujet privilégié. Aujourd’hui mes goûts vont paradoxalement vers les architectes affranchis du style Bauhaus comme Zaha Hadid dont les dessins sont d’ailleurs inspirés des formes organiques. Je m’efforce de regarder l’architecture au travers de quelque chose qui la transforme, représenter l’objet pour ce qu’il est ne m’intéresse pas, pourtant je suis très attentif à ses qualités propres. Mon point de départ est toujours le bâtiment : après avoir trouvé un édifice susceptible de compléter la série, je me mets à la recherche du végétal, tout est réalisé in situ.

 


Christophe Maout ©

 

L'irruption du premier plan est très violente, même si les fleurs sont douces... l'idée du raccourci est quelque chose qui vous intéresse ? C'est une façon d'avertir qu'il y a un message ?

La photographie de fleur en plan rapproché, avec le jeu de flou et de net, propre à la photographie grand format, est une expérience à elle seule, comme de regarder dans la loupe du miniaturiste. Mais cette violence tient, je crois, surtout au renversement des proportions : la petite plante au pied de la tour n’est plus cet ornement minuscule et joliment anecdotique, justifié sous le nom « d’espace vert ». En la mettant à hauteur du monumental, le dessin du bâtiment devient plus incertain, l’angle droit se dissout dans le flou, la géométrie recule, le vocabulaire architectural répond alors à celui du végétal. La fleur est nette, l’immeuble flou, ou est le sujet ? Que regarde t-on ? Le propos est très circonscrit à ces deux composants, la qualité de la lumière joue ici le rôle de contexte est toujours la même. Il était très important de ne pas dramatiser en réduisant ce travail à l’antagonisme ville nature amplement décliné par les artistes des années 60 et 70. Ou de mettre en scène une image tragique de la nature érigée en martyr, comme le fait l’écologie. Disons que le renversement du décoratif de « l’espace vert », comme invention concomitante à celle des grands ensembles pour rendre acceptable un habitat de masse, est un préalable. Une fois arrachée à son statut de « mobilier urbain », la nature peut s’affirmer sûre d’elle-même dans un face à face poétique avec la ville.

 


Christophe Maout ©

 

Cette série est très japonisante : y a-t-il une raison ?

Le choix de photographier l’architecture au moment des premières floraisons est mû par le désir de juxtaposer l’utopie des ambitions d’un mode de vie contemporain et la nature en renouveau, Ce choix s’inspire des méthodes narratives de la littérature traditionnelle japonaise qui fait coïncider la progression du récit avec la succession des saisons. La différence ici c’est qu’il n’y a pas de narration : les constructions les plus récentes sont confrontées à un printemps qui ne s’achève jamais. L’autre aspect tient dans la friction de temporalités opposées : l’éphémère de la floraison mise en relation avec la permanence du bâti. Pour autant ce travail n’est absolument pas dans mon esprit un jugement sur ce type d’architecture qui a été abondamment mise en procès. La série fait le portrait d’une ville rêvée qui en finit avec le désastre d’un développement brutal, et abandonne le tragique. C’est la signification symbolique du printemps : le début.

 


Christophe Maout ©

 

Parlez-nous de votre matériel et de votre façon de travailler

Pour ce sujet, j’ai utilisé une chambre 4x5 inch folding avec, le plus souvent, un 150 mm et parfois un 110 mm. Le temps peut être très changeant à cette époque de l’année, aussi la légèreté de ce matériel m’a permis une grande liberté de déplacement qui s’est révélée cruciale. Les photographies de cette série ont été réalisées après un long repérage, à Paris et en proche banlieue. La période de la saison durant laquelle je pouvais photographier, dans les contraintes que je m’étais fixées, s’est avérée très brève, j’ai donc dû consacrer trois ans à la réalisation de ce projet.

 

 


Christophe Maout ©

 

 


Christophe Maout ©

 

 


Christophe Maout ©

 

     
   

 

 

dernière modification de cet article : 2007

 

 

     

 

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