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juin-2018 

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les auteurs

  

Dan FROMM



Dan Fromm est né en 1944
Il a suivi des études d'économie
a travaillé comme spécialiste
des modèles en économétrie,
comme prévisionniste
économique et comme statisticien
Mais il a toujours refusé de répondre
aux questions concernant
la valeur des actions
cotées en bourse

La photographie est une autre
de ses vocations
il a commencé la photo
dans le but d'enregistrer
les couleurs naturelles des poissons
tropicaux qu'il avait choisi
d'héberger et de nourrir chez lui
En plus des photos de ses poissons
il a préparé et présenté de nombreux
diaporamas et films de ses voyages
dans les pays où il est allé
étudier les poissons

contact :
danielwfromm(at)hotmail.com

 

Mise en page et traduction
Emmanuel BIGLER :
 

Emmanuel Bigler est professeur d'optique
et des microtechniques
à l'école d'ingénieurs de mécanique et des
microtechniques (ENSMM) de Besançon.
Il a fait sa thèse à l'Institut d'optique à Orsay
E. Bigler utilise par ailleurs
une chambre Arca-Swiss

26 chemin de l'Épitaphe
25030 Besançon cedex
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Grand merci à
Georges Laloire
pour sa relecture bienveillante

 

 

Objectifs anastigmats Berthiot pour le grand format

par Daniel W. Fromm
Mise en page et traduction Emmanuel BIGLER

Table des matières


 

1  Introduction

La seule étude existant à ma connaissance traitant des objectifs Berthiot pour le grand format est celle de Patrice-Hervé Pont et Jean-Loup Princelle (2013) [37]. Cet ouvrage richement illustré est essentiellement une liste d’objectifs avec très peu de texte. Avec seulement 100 exemplaires publiés, c’est un objet rare, plutôt inaccessible, et qui est affecté de quelques erreurs et omissions. C’est l’un des volumes d’une collection dédiée aux objectifs photographiques français dans la période 1839–1939 ; il décrit les objectifs Berthiot fabriqués avant 1939. De fait, la production de ces optiques était pratiquement figée bien avant 1939, cette date n’est donc guère significative. Les catalogues Berthiot du début des années 1950 ne mentionnent que trois objectifs qui n’apparaissent pas dans les catalogues antérieurs à la deuxième guerre mondiale.

Malgré l’existence du travail de Pont et Princelle, et bien que Berthiot ait été, très probablement, l’un des principaux fabricants français d’objectifs, les optiques Berthiot pour le grand format restent mal connues. Dans cet article, je présente les objectifs Berthiot anastigmats pour le grand format ; l’information provient des catalogues Berthiot ([1]–[7]), et principalement pour ceux d’avant 1912, la source est le monumental Traité encyclopédique de photographie de Charles Fabre ([15]–[20]), ainsi que différents numéros du Bulletin de la Société Française de Photographie (BSFP) [8].

2  Sources

Les catalogues que j’ai utilisés, et que l’on peut dater, sont de 1889, un autre qui n’est pas antérieur à 1908 (peut-être 1910) [1], puis : 1912 [2], 1915, 1922 [3], 1927 [5], 1936, et enfin aux environs de 1950 [6]. J’ai utilisé d’autres catalogues que je n’ai pas pu dater plus précisément que les années 1920 et la fin des années 1940 / début des années 1950. Le trou qui existe dans la collection entre 1889 et 1908 (ou 1910) pose problème, parce que je ne sais pas à partir de quand chez Berthiot ont commencé à nommer leurs objectifs en termes de « série », comme dans le catalogue de 1908 (1910 ?) [1].

Le Traité encyclopédique de photographie de Charles Fabre ([15]–[20]) fut publié en 8 volumes entre 1889 et 1906. Les volumes 5 (premier supplément A, 1892), 6 (second supplément B, 1897), 7 (troisième supplément C, 1902) et 8 (quatrième supplément D, 1906) décrivent les objectifs nouveaux produits depuis les volumes précédents. Les objectifs Berthiot sont présentés dans les volumes 7 et 8, mais ne sont pas désignés en termes de « série ». Ceci nous suggère que chez Berthiot on commencé à utiliser l’appellation « série » après 1906.

La Société Française de Photographie se réunissait chaque mois. Son bulletin, le BSFP [8], qui contient les comptes-rendus des réunions et d’autres articles, était publié avec une numérotation mensuelle pour un volume annuel. On discutait des nouveaux objectifs pendant les réunions, et ces objectifs étaient décrits dans le bulletin. Des versions numérisées de ce bulletin sont accessibles par téléchargement pour la période 1855 – 1909 et 1920 – 1924 [8]. Il est fait très peu mention des objectifs Berthiot dans les volumes 1901 – 1909. Je ne peux donc qu’émettre des hypothèses sur ce qu’on disait dans le BSFP à propos des nouveaux objectifs Berthiot dans le catalogue 1912 [2].

J’aurais bien aimé pouvoir compléter ces sources historiques avec des retours d’expérience d’utilisateurs contemporains affichés sur Internet. Malheureusement, les recherches que j’ai pu faire aux endroits habituels,
http://www.galerie-photo.com, http://www.galerie-photo.info,
http://www.largeformatphotography.info/forum/,
http://www.largeformatphotography.info/,
et http://www.photrio.com
m’ont fourni beaucoup d’erreurs et finalement peu d’information utilisable.

3  Une brève histoire de l’entreprise

Claude Berthiot (1821 – 1896) a commencé à fabriquer des objectifs photographiques en 1857. Son neveu Eugène Lacour rejoignit l’entreprise en 1884 et en assura la direction à partir de 1894. De 1894 à 1908, la raison sociale était Lacour-Berthiot. À partir de 1908, l’entreprise devint Établissements Lacour Berthiot S.A., avec Eugène Lacour comme directeur général et Charles Henri Florian comme directeur technique. Cette histoire est racontée dans le catalogue de 1908 (1910 ?) [1]. La raison sociale resta la même de 1908 à 1913, puis l’entreprise devint La Société d’Optique et de Mécanique de Haute Précision (S.O.M). À cette époque, les fabricants d’armement Schneider-Creusot fournirent une grande part de capital et prirent 50% des actions de la firme. Par la suite, les objectifs commercialisés furent marqués SOM Berthiot. En 1934, SOM racheta le vénérable fabricant d’objectifs Hermagis. La plupart des produits Hermagis furent alors retirés de la production, à l’exception des optiques pour banc de reproduction Hermagis T.P.H. et les objectifs à flou artistique Eidoscope. L’entreprise vendit ses objectifs sous la marque SOM Berthiot jusqu’au milieu des années 1960, lorsqu’elle fusionna avec la Société Optique et Précision de Levallois, S.A. (OPL) pour former d’abord la SOPEM, puis la SOPELEM.

SOM Berthiot semble avoir arrêté de fabriquer des objectifs pour la photo grand format au début des années 1950. L’entreprise continua à fabriquer des objectifs pour la photo 24x36 et le moyen format ainsi que pour les caméras de cinéma et les projecteurs. Étaient également fabriqués des objectifs et des systèmes optiques pour les applications militaires.

4  Benoist Berthiot

Si on fait des recherches sur Internet (par exemple sur eBay.fr) avec « Berthiot » comme mot-clé, on trouve souvent des références aux objectifs Benoist Berthiot. Il ne faut pas les confondre avec les objectifs fabriqués par Claude Berthiot et ses successeurs.

L’entreprise Benoist Berthiot, qui existe encore aujourd’hui sous le nom de B.B.G.R., est une filiale du groupe d’optique ophtalmique Essilor. L’entreprise Benoist Berthiot fut fondée en 1836 comme fabricant de verres appartenant à Louis Berthiot. Après l’association de F. Benoist avec L. Berthiot, l’entreprise devint F. Benoist, L. Berthiot et Cie. En plus du verre, Benoist Berthiot fabriquait des verres ophtalmiques, des objectifs de projection et quelques rares objectifs de prise de vue, par exemple l’objectif Oscillo-Star ouvrant à 1,9 pour les appareils de capture d’écran des oscilloscopes Ribet-Desjardins, et un objectif de 40 mm ouvrant à 2,8 pour le reflex mono-objectif Mécaflex.
Il n’y a jamais eu aucun lien entre l’entreprise Benoist Berthiot et celle de Claude Berthiot et successeurs.

5  Nomenclature des objectifs Berthiot

Au départ, Berthiot désignait ses objectifs par un nom, par exemple : Objectif Périgraphique. L’entreprise a commencé à utiliser une nomenclature organisée en série et sous-série, à une époque qui se situe entre 1906 et 1908 (ou, peut-être, 1910). Le catalogue de 1908 (1910 ?) [1] parle en page 8 de « nos précédents anastigmats Eurygraphe, séries I, II, III et IV » et nomme les nouveaux modèles « séries Ia, IIa, IIIa, et IVa » en pages 8 et 9. Cependant, les seuls objectifs décrits dans le catalogue s’appellent « séries Ib, IIb, IIIb, et IVb »; c’est probablement une erreur typographique. Les Eurygraphes qui portent les numéros (II, IIa, III, IIIa) sont cependant mentionnés en pages 156 et 176 de la Photo Gazette du 25 Juillet 1908, et ne sont pas mentionnés du tout les deux années précédentes. La nomenclature sous le nom de « série » a donc peut-être commencé en 1908.

Après 1908 (1910 ?), chez Berthiot désignent leurs objectifs par leur nom commercial, par exemple Stellor ; en ajoutant la série et sous-série, par exemple série Ia (pour le Stellor f/3,5) et série Ib (pour le Stellor f/4). La correspondance entre un nom, une série et sous-série et une combinaison optique changeait parfois au cours du temps. De ce fait, il peut être difficile de savoir exactement quelle est la combinaison optique utilisée pour les plus anciens des anastigmats Berthiot. Ce problème est particulièrement ardu pour les objectifs de la dernière série des ultra grand-angulaires rectilinéaires fabriqués jusque vers 1912, comme l’objectif Périgraphique de 1889 et l’objectif Périgraphique Extra-Rapide de 1892, qui ne sont ni l’un ni l’autre des anastigmats (contrairement à ce qui disent Pont et Princelle).

En 1912, les anciens noms et séries furent remplacés par de toutes nouvelles appellations, de nouvelles classes d’objectifs anastigmats (de formule Tessar, des triplets, etc.) furent introduites dans la gamme de produits et quelques combinaisons anciennes furent abandonnées. Quelques-uns des nouveaux types d’objectifs comprenaient différentes variantes dans leur conception.

Après 1912, la gamme de produits Berthiot n’a plus beaucoup changé. Quelques nouveaux noms et nouvelles combinaisons furent introduits, quelques-uns furent retirés de la production. L’éventail des focales disponibles va se restreindre au cours du temps. La nomenclature en termes de séries n’apparaît plus dans mes catalogues postérieurs à la seconde guerre mondiale.

6  Quand Berthiot a-t-il cessé de fabriquer des objectifs pour le grand format ?

À ce jour, Patrice-Hervé Pont a publié deux chronologies Berthiot. La seconde, par Pont et Princelle [37], s’arrête en 1939. La première (Pont, 2000) [36] s’étend jusqu’à 1982/1985. Elle indique qu’au départ, Berthiot numérotait les objectifs en séquence. Les numéros de série les plus anciens ne permettent pas de remonter à la date d’attribution ou d’utilisation. P.H. Pont pense que les derniers numéros de série de type ancien s’arrêtent autour de 1 180 000, correspondant à l’année 1951.

À partir de 1952, Berthiot utilise des numéros de série alphanumériques, avec le premier caractère qui est une lettre correspondant à l’année. La dernière lettre d’année listée dans la chronologie de P.H. Pont fut le U, années 1982/1985.

J’ai suivi pendant plusieurs années des ventes d’objectifs Berthiot et je n’ai jamais vu de numéro de série commençant par une lettre sur un Berthiot pour photo grand format à usage civil. Bien entendu, sur les objectifs pour le 24x36 et pour le cinéma, on trouve de tels numéros de série, mais je n’en ai jamais trouvé pour les objectifs destinés au grand format. Pont et Princelle disent qu’il y a eu de nombreux objectifs Berthiot pour le grand format produits jusqu’aux années 1960. Je ne suis pas d’accord. Il est nettement plus probable que la production de ces objectifs a cessé vers 1951. Néanmoins, Berthiot à continué à fabriquer des optiques pour banc de reproduction qui n’étaient pas vendues comme optiques de prise de vue pour le grand format.

7  Les objectifs

Le premier anastigmat de chez Berthiot fut l’Eurygraphe Extra Rapide vers 1894, suivi par une succession d’Eurygraphes de différentes combinaisons optiques ; ainsi que le Périgraphe f/14, un grand-angulaire extrême qui est la dernière version des Eurygraphes. Eugène Lacour est le concepteur de tous ces objectifs. Certaines variantes d’Eurygraphe de Lacour proposées dans le catalogue de 1908 [1] ne figurent plus dans celui de 1912 [2].

Charles Henri Florian devint directeur technique chez Berthiot en 1908. Il introduisit de nouveaux modèles d’objectifs dans les catalogues de 1912 (Graphor, Nébulor, Olor, Stellor) et de 1922 (Flor, Orthor). Le Color, également introduit en 1922, fut conçu par le Dr. Aron Polack. Les optiques pour le grand format qui suivront chez Berthiot sont l’Apographe, l’Aquilor, et l’Orthor (pour lequel je n’ai aucune documentation et qui n’est pas le même que l’Orthor de 1922). Elles apparaîtront seulement après la fin de la seconde guerre mondiale. Aucun de ces derniers objectifs n’était prévu pour la photographie à usage général.

Les tout premiers anastigmats de chez Berthiot étaient gravés « N° » qui est l’abréviation française pour « numéro », mais aucune distance focale n’était marquée. Les catalogues contenaient des tables de spécifications donnant la correspondance entre la combinaison (nom commercial / numéro) et la focale. À partir de 1908 (ou peut-être 1910), les optiques Berthiot furent également marquées avec leur distance focale. Je présente ici les tables dont j’ai pu avoir connaissance.

Le fait que chez Berthiot n’ont plus introduit beaucoup de nouvelles optiques après 1912 pourrait donner la fausse impression que les progrès techniques chez SOM Berthiot s’étaient arrêtés un peu avant la première guerre mondiale. Néanmoins, à l’époque où l’édition 1936 du catalogue est publiée, Berthiot avait développé une gamme complète d’objectifs pour le cinéma, pour les projecteurs ainsi que pour les appareils photo 24x36 et ceux à rollfilm. C’est donc sur ce segment de marché que s’est porté l’effort de l’entreprise, là où elle a continué à progresser. Je suppose que c’est tout simplement là où se trouvaient les nouveaux marchés les plus intéressants.

Il y a cependant un domaine où l’entreprise Berthiot se montrait extrêmement conservatrice. Comme beaucoup de fabricants des débuts de la photographie, Berthiot proposait des trousses d’objectifs rectilinéaires « rapides », c’est à dire : lumineux. Après que les anastigmats eurent remplacé les rectilinéaires, Berthiot proposa des trousses à éléments interchangeables basés sur l’Eurygraphe, et même pendant un temps, utilisant des groupes optiques des Périgraphes. Berthiot semble être la seule entreprise qui continua à proposer des trousses d’objectifs à éléments interchangeables après la fin des années 1920, et qui continua cette production jusqu’au début des années 1950.

7.1  La période Berthiot-Lacour

Pendant cette période – de 1888 jusqu’à environ 1910 – Berthiot a utilisé des variantes de noms commerciaux pour les anastigmats : le Périgraphe, qui apparut pour la première fois en 1888, et l’Eurygraphe, proposé pour la première fois en 1894. C’est Claude Berthiot qui calcula les deux premiers Périgraphes, les deux sont des grand-angulaires rectilinéaires. Son neveu et successeur Eugène Lacour calcula tous les anastigmats.

La plupart des objectifs, sinon tous, furent l’objet d’abondantes discussions dans la presse photographique française. Les nouveaux développements induits, je pense, par une combinaison de pression compétitive et de progrès techniques, surtout dans le domaine des verres d’optique, sont assez bien documentés (quoique parfois, de façon confuse). Je vais maintenant les présenter dans l’ordre chronologique où les noms commerciaux furent introduits.

7.1.1  Périgraphes

Le premier Périgraphe Berthiot, un grand-angle rectilinéaire, fut introduit en 1888. Ce nom de modèle fut appliqué à toute une succession de combinaisons optiques, tous des grand-angulaires, culminant avec les modèles f/6,8 série VIb de 1912. Le premier anastigmat dans cette ligne de produits fut le Périgraphe Anastigmatique f/14 de 1899. Berthiot continua à fabriquer des Périgraphes jusqu’à la fin de fabrication des optiques de chambre au début des années 1950.

Berthiot n’était pas forcément le premier fabricant d’objectifs à utiliser le nom commercial Périgraphe ou Périgraphique. La société Gundlach Optical de Rochester (New-York, États-Unis) fabriquait des optiques sous le nom de Perigraph dès 1888. C’était un rectilinéaire rapide, triple convertible, dont les groupes étaient constitués de triplets aplanétiques. La plus ancienne référence que j’aie trouvée concernant ce type d’objectif est dans un répertoire des industries de la ville de Rochester, publié en 1888. Voir également le brevet US N°442,251.

Objectif Périgraphique (1888)

C’est un objectif grand-angulaire rectilinéaire avec une couverture plus large que ses prédécesseurs. Comme eux, c’était une formule à 4 lentilles en 2 groupes. Je commence par ce modèle parce que c’est le premier d’une longue lignée de « Périgraphes », la plupart d’entre eux sont des anastigmats. Il fut introduit en 1888.

Fabre (1889, p.86) était enthousiaste à propos de cet objectif :

60. Objectif périgraphique de M. Berthiot. -- Dans le but d’obtenir un très grand angle, tout en conservant la rectitude des lignes, M. Berthiot vient de modifier la fabrication de ses anciens objectifs et d’établir une nouvelle série donnant un très grand angle. Les essais que nous avons faits récemment de deux objectifs, l’un de 97 millimètres de distance focale, l’autre de 118 millimètres, nous ont prouvé que ces instruments ne le cédaient en rien au Pantoscope comme grandeur d’angle embrassé, tout en présentant une intensité lumineuse plus considérable, le plus grand diaphragme étant d’ouverture 1/15. Cet objectif est précieux pour l’obtention de vues d’intérieurs lorsque le recul est insuffisant : grâce à sa courte distance focale, sa profondeur de foyer est en quelque sorte illimitée. C’est de tous les objectifs connus celui qui, pour la dimension 13 x 18, donne le plus grand angle.

Le catalogue Berthiot de 1889 liste cinq distances focales (« Foyers absolus »):


Objectif Périgraphique Extra-Rapide (1892)

C’est un autre grand-angle rectilinéaire, introduit en 1892. Il est abondamment décrit en page 44 du numéro de janvier 1892 du Paris-Photographe. L’article ne tarit pas d’éloges sur cet objectif : les slogans ronflants inventés par les services commerciaux ne sont pas une invention nouvelle. Fabre parle de cet objectif à la réunion de la SFP du 8 janvier 1892 (BSFP, 1892, p. 71). Il l’appelle « Périgraphe Extra-Rapide » et indique que son ouverture maximale est f/11.

Fabre (1892, p.39) nous dit :

1054. Objectif périgraphique extra-rapide. – Cet objectif tient à la fois du Périgraphe par la grandeur du champ et de l’aplanétique par la rapidité. Le diamètre de l’ouverture utile est environ f/12, et avec cette ouverture on obtient une image nette sur une surface dont le diamètre est égal aux trois quarts de la distance focale principale. Avec le diaphragme f/20, le diamètre devient égal à f ; c’est là un avantage très précieux pour la production des images instantanées, parce que, à égalité de surface couverte, et d’ouverture de diaphragme, on peut obtenir un angle assez grand et une grande profondeur de foyer. Si l’on emploie les plus petits diaphragmes, l’objectif fournit d’excellents résultats comme grand-angulaire, et le diamètre du champ de netteté est supérieur au double de la longueur focale principale.


Périgraphe extra rapide (selon Fabre, 1897)

Fabre (1897, pp. 106-107) mentionne le Périgraphe Extra-Rapide modèle 1892 and annonce immédiatement un nouvel anastigmat. Ce texte apparaît autour d’une table intitulée « Périgraphes Extra Rapides Berthiot ».

… l’emploi de nouveaux verres français lui [M. Lacour] a récemment permis de corriger complètement l’astigmatisme et d’accroître le champ de netteté. Cet objectif se construit en huit dimensions, depuis 7,5 centimètres jusqu’à 42 [sic, le foyer plus long dans le tableau est de 37 cm] centimètres de foyer. L’objectif de 7,5 centimètres est un objectif des plus précieux pour l’obtention d’épreuves stéréoscopiques d’intérieurs, monuments, etc.

Ce texte porte à confusion, il est même probablement erroné. Le premier Périgraphe anastigmatique est sorti en 1899. Néanmoins, les quelques objectifs mentionnés dans la table ci-dessous dont les focales correspondent à celles des Périgraphes Anastigmatiques de 1899 ont des angles de couverture différents et des lentilles frontales de diamètres différents.


Périgraphe anastigmatique

Pont et Princelle (2013) [37] indiquent que cet objectif, le premier Périgraphe anastigmatique et le premier objectif Berthiot portant le nom de Périgraphe, fut introduit en 1899. Son ouverture maximum est f/14. Si Fabre (1902) [19] ne se trompe pas, l’objectif était initialement livrable en seize distances focales différentes. Un objectif supplémentaire (N°1 bis, 75 mm) fut ajouté au catalogue en 1908 (1910 ?) [1]. Dans ce catalogue, l’objectif s’appelle Périgraphe Anastigmatique Symétrique, sans désignation de série. Tous les autres objectifs du catalogue de 1908 (1910 ?) [1] ont des désignations en termes de séries.

Fabre (1902, p. 103)[19] écrit :

Le Périgraphe anastigmatique grand angle de Lacour embrasse un angle considérable : avec des petits diaphragmes, le diamètre de la surface pratiquement nette est plus grande que le double de la longueur focale principale ; l’angle embrassé correspond sensiblement à 106°. Les deux lentilles qui constituent cet objectif sont symétriques ; elles peuvent être employées individuellement et constituent alors de bons objectifs simples. Les longueurs focales ont été choisies de telle sorte que l’angle nettement couvert sur le plus grand côté de la plaque dépasse 90° lorsqu’on emploie le diaphragme f30 à f40 ; il dépasse 96° lorsque le diaphragme employé est f/50 à f/70 et que l’objectif est utilisé à photographier des intérieurs ou des sujets rapprochés. En combinant deux lentilles de foyers différents, on obtient des Périgraphes asymétriques permettant l’établissement de trousses grand-angulaires donnant des combinaisons dont la longueur focale est sensiblement le quart de la somme des longueurs focales constituantes. La série de ces Périgraphes anastigmatiques symétriques comprend quinze [sic. en fait, seize.] numéros.

La liste des focales disponibles et leurs spécifications selon Fabre (1902, p. 103)[19] correspond aux catalogues de 1908 (1910 ?)[1] et 1912[2]. Voici la liste de 1908, qui contient toutes les focales disponibles :

De façon surprenante, je n’ai pas trouvé mention du Périgraphe Anastigmatique Symétrique dans la littérature photographique française. Vidal (1900)[42] le mentionne dans son article sur les objectifs présentés à l’exposition universelle de Paris en 1900. Quelques-uns ont été effectivement commercialisés. Voici une image de l’un d’entre eux :
https://picclick.it/
Very-rare-early-LACOUR-BERTHIOT-F-240mm-Perigraphe-Anastigmatique-122589071027.html

Ce catalogue confirme ce que mentionne Fabre sur le fait que ces objectifs sont dédoublables. Il dit :

Les lentilles [les groupes] composant ces objectifs, étant corrigées séparément, peuvent s’employer comme objectifs simples ou se combiner de différentes façons ; nous donnons ci-dessous, les prix des Périgraphes anastigmatiques symétriques et nous nous tenons á la disposition de nos clients pour leur fournir tous les renseignements sur les modifications qu’on peut apporter aux longueurs focales par l’emploi des lentilles différentes.

En plus des Périgraphes Anastigmatiques Symétriques, Lacour-Berthiot proposait une « Trousse Anastigmatique à Tirage Constant » pour monter sur un appareil à tirage fixe utilisé dans le système Bertillon de photographie anthropométrique. La plus ancienne mention que j’aie trouvée pour cet objectif est dans les comptes-rendus du congrès de la SFP en 1905 (texte du colonel Fribourg, BSFP, congrès du 5 mai 1905, pp. 256-259)[8].

Il est bien évident que l’objectif destiné à la photographie métrique doit être dépourvu de toute aberration pour ne pas fausser les proportions des images ; il doit donner une netteté absolue pour qu’il n’y ait pas d’incertitude sur les points d’origine qui servent aux mesures des distances ; l’angle de champ doit être très grand, de façon que la même image contienne des points parfois très éloignés entre lesquels il peut être nécessaire d’établir des relations ; enfin, sans être d’une grande luminosité, il doit en avoir une suffisante pour permettre son emploi dans un intérieur sans une excessive dépense de magnésium.

La pratique montre que quatre objectifs de ce genre sont suffisants, avec des longueurs focales respectives de 0m,135, 0m,140, 0m,145 et 0m,149 environ.

C’est à M. Lacour que s’est adressé M. Bertillon pour la partie optique de son appareil. Ce constructeur, pour remplir les multiples conditions ci-dessus énoncées, a établi, pour la première fois, un type de trousse anastigmatique dit à tirage constant de 0m,150 et à zones de netteté progressivement éloignées, donnant les quatre longueurs focales nécessaires par le simple changement de la lentille antérieure. Cette trousse est donc composée de cinq lentilles, dont chacune est, bien entendu, corrigée de toutes aberrations. L’angle de champ de chaque combinaison est de 115°, ce qui permettrait, en cas de nécessité, un grand décentrement, puisque, avec les plaques 0m,30 x 0m,30 qu’emploie M. Bertillon et le tirage de 0m,150, un angle de 109° est suffisant.

Les personnes qui ont eu sous les yeux quelques-unes des photographies exécutées par le Service que dirige M. Bertillon, ont pu apprécier le degré de perfection auquel permet d’arriver la trousse construite par M. Lacour. Je ne veux pas insister sur ce sujet et je me borne à faire connaître que ces lentilles sont établies d’après le même principe que les Eurygraphes de ce constructeur, sur lesquels M. Wallon a autrefois appelé notre attention. Chaque lentille est composée de trois verres collés : biconvexe, biconcave et ménisque convergent, dans lesquels les pouvoirs, dispersif et réfringent, varient dans le même sens du premier au dernier verre. [Ce qui correspond à la combinaison employée dans l’Eurygraphe extra-rapide de 1897]. L’angle de champ de 115° est obtenu avec l’ouverture F:25 mais avec l’ouverture maxima F:14 cet angle est encore de 90°. Par suite de la correction parfaite de l’aberration de sphéricité, la mise au point peut se faire avec la plus grande ouverture, ce qui est précieux pour une photographie d’intérieur.

En raison de ses nombreuses qualités, une trousse de ce genre paraît devoir trouver de nombreux emplois en dehors du but spécial pour lequel elle a été créée. Notamment, elle nous semble être l’instrument par excellence des alpinistes qui, pour les panoramas de montagnes, ne sont généralement pas maîtres de choisir leurs points de vue. De plus, en raison de ce que chacune des cinq lentilles dont elle se compose est absolument corrigée de toutes aberrations, on voit que l’on peut disposer de neuf longueurs focales différentes.

Comme expliqué par Tomellini (1908) [41], les trois combinaisons décrites par le colonel Fribourg (il n’en restait déjà plus que trois au lieu de quatre) donnent leur meilleure netteté à 1,5 m devant l’objectif, à 2,5 m et de 5 m à l’infini. Toutes ces combinaisons ont une ouverture maximum de f/14. Il mentionne une distance focale, 10 cm.

Sur le site de Sylvain Halgand,
http://www.collection-appareils.fr/objectifs/html/
objectif-660-Berthiot_Trousse%20%C3%A0%20tirage%20constant.html
on peut voir une image d’une telle trousse. Sur la monture de la lentille frontale est gravée la mention « 10 m & ∞ »

Voici une autre image :
http://www.collection-appareils.fr/objectifs/html/
objectif-45-Berthiot_P%C3%A9rigraphe%20S%C3%A9rie%20VIa%20.html
avec un diaphragme à disque rotatif et aucune indication de la distance de travail. Si on met de côté ce qui est gravé sur la monture, cela ressemble à un Périgraphe ordinaire f/14. Son numéro de série, selon la chronologie de Pont et Princelle, le fait dater du milieu des années 1920.

Fabre (BSFP 1905, pp. 354-8, réunion du 24 au 27 avril 1905) [8] ainsi que le colonel Fribourg mentionnent tous les deux que les Périgraphes Anastigmatiques Symétriques sont séparables et que chaque groupe isolé peut être utilisé. Aucune de ces deux sources ne mentionne l’ouverture maximum des groupes utilisés séparément.


Série VIa - Périgraphe f/14

C’est la désignation définitive des ultra grand-angulaires Périgraphe, qui apparut pour la première fois au catalogue en 1912 [2]. La dernière fois qu’il en est fait mention, c’est au début des années 1950. Je pense que ce n’est rien d’autre que le Périgraphe Anastigmatique Symétrique dont on a changé le nom. Pont et Princelle suggèrent fortement que le Périgraphe f/14 fut re-calculé vers 1920. Je n’ai trouvé aucun argument pour soutenir cette affirmation. Donc en l’absence de preuve, je continuerai à penser que ces objectifs restèrent inchangés de 1899 jusque vers 1951. On notera également que le catalogue de 1912 [2] ne fait aucune mention à propos de la séparabilité des objectifs ni des caractéristiques obtenues en combinant des groupes optiques séparés de focales différentes.

Les Périgraphes f/14 sont les seuls objectifs Berthiot pour lesquels j’ai trouvé sur Internet plus qu’un ou deux retours d’expérience des utilisateurs. En général, les utilisateurs disent que leurs Périgraphes donnent de bonnes images, mais ne sont pas franchement enthousiastes de la modeste ouverture maximale. Sur ce point, les objectifs modernes avec une couverture analogue sont bien préférables. J’en possède trois, un 60 mm, un 75 mm et un 90 mm, tous furent fabriqués autour de 1950. Je n’ai jamais essayé de les utiliser en lumière atténuée, mais je n’ai jamais eu de difficulté à faire la mise au point à l’extérieur avec l’aide d’une loupe Toyo 3,6x. Le commentaire le plus « négatif » que j’aie pu lire, est celui de Martorana, Gaud et Cousin (2013) qui font remarquer :
« ... résolution raisonnable, ce n’est pas un Tessar, mais 120° d’angle de champ. »

Tous les Périgraphes f/14 que j’ai vus à vendre – les miens sont les seuls que j’aie vus dans la réalité, dans leur état d’origine – étaient proposés sans obturateur. Les plus courtes focales – du 60 mm au 150 mm selon le catalogue de 1936 – sont assemblés sur la même monture No 3-bis et peuvent être fixés devant un obturateur Ilex N°3. Selon la focale et le format, le tube arrière de l’obturateur doit éventuellement être raccourci pour éviter le vignettage mécanique. J’ai dû faire cela pour mon que mon 60 f/14 puisse être utilisé en 6x9. Voir mon article (Fromm, 2011) [22] pour les images et les explications. Il semblerait que les Périgraphes de plus longues focales (f >= 120 mm) puissent être montés sur un obturateur. J’ai vu une image d’un Périgraphe 120 f/14 que le regretté Steve Grimes avait monté sur un obturateur Ilex N°3.


Série VIb - Périgraphe f/6,8

Le dernier et le plus rapide des Périgraphes apparut pour la première fois au catalogue de 1912 [2] et fut produit sans changement jusqu’à l’arrêt de sa fabrication au début des années 1950. C’est un autre exemple de formule Dagor, six lentilles en deux groupes (structure symétrique à deux triplets collés). En 1912, le constructeur annonce une couverture de 96° « lorsque l’objectif est fortement diaphragmé ». Le catalogue de 1936 annonce une couverture de netteté de 85° aux petites ouvertures. Et un catalogue du début des années 1950 spécifie 65°. Eric Beltrando suggère que cette spécification du début des années 1950 est en fait à pleine ouverture, et que tous les Périgraphes ouvrant à 6,8, pour toutes les années de fabrication, ont la même couverture lorsqu’ils sont diaphragmés. Donc c’est comme pour le Dagor, au plus 85°, et même moins pour les applications exigeantes. De mon point de vue, les Périgraphes 6,8 de chez Berthiot et les Béryls de chez Boyer, bien que sous-estimés, sont équivalents aux Dagors de chez Goerz.

7.1.2  Eurygraphes

L’Eurygraphe fut le premier anastigmat de chez Berthiot. Tous, sauf le premier (1894) étaient séparables. Ce nom commercial fut utilisé jusqu’au début des années 1950, lorsque Berthiot arrêta de fabriquer des objectifs pour le grand format. Le travail de développement sur les Eurygraphes fut continu et très approfondi entre 1894 et 1908 (1910 ?) où il s’arrêta. Il n’y eut aucun autre modèle d’Eurygraphe annoncé, et les spécifications publiées semblent avoir été fixées définitivement après 1908.

Berthiot ne fut pas le premier fabricant d’objectifs à utiliser la marque déposée Eurygraphe. On peut trouver une référence à un Eurygraph chez Barker & Starbird en page 86 du magazine American Amateur Photographer, Volume 1 (Juillet à Janvier 1889) [40]. C’était un grand angle rectilinéaire.


Eurygraphe Extra Rapide f/5,7 (1894)

Ce fut le premier Eurygraphe Berthiot, et le premier anastigmat de la firme. E. Wallon (BSFP, 1894, pp. 251-253, réunion du 4 Mai 1894) [8] en parle ainsi :

Le nouvel eurygraphe que j’ai eu l’honneur de présenter à la Société a été étudié et établi par M. Lacour, chef actuel de la Maison Berthiot.

C’est un objectif anastigmatique à quatre verres et à grande ouverture ; il comprend une combinaison frontale de type anormal [c’est à dire un achromat nouveau : la lentille convergente du doublet collé a un indice plus élevé et une dispersion plus faible que la lentille divergente] et une combinaison postérieure de type normal [c’est à dire un achromat ancien : la lentille convergente a un indice de réfraction et une dispersion plus faible que la lentille divergente]. Des matières employées, trois sont des verres d’Iéna, et la quatrième est l’un des nouveaux verres fabriqués par M. Mantois.

Les deux combinaisons ne sont pas isolément corrigées de façon complète (ainsi que cela, d’ailleurs, a lieu, de manière générale, dans les objectifs anastigmatiques non symétriques), mais les aberrations résiduelles se compensent et le système résultant est très bien corrigé. La distance focale principale est, pour l’instrument présenté, de 215mm, ce qui donne, pour la glace 13 x 18 à laquelle il est destiné, un champ de 54° suivant la diagonale et de 45° suivant le plus grand côté de la plaque. Les points nodaux, distants de 4mm, sont tout au voisinage de la combinaison frontale.

Le coefficient d’ouverture utile est 1,26 et l’ouverture maxima est f/5,7, quoique l’ouverture seule soit annoncée !

Les essais que j’ai faits, avec M. Cousin, au laboratoire de la Société, au moyen des appareils d’essai de M. le commandant Moëssard et de M. le capitaine Houdaille, sont d’accord avec ceux que j’avais effectués déjà en photographiant des mires variées. Ils montrent que le nouvel objectif présente une surface focale remarquablement plane, tout en étant bien corrigé d’astigmatisme. Le volume focal, à pleine ouverture, et pour la netteté de 0mm,1, est limité par deux surfaces très sensiblement planes et parallèles, d’environ 22cm de diamètre.

Aussi la plaque 13 x 18 peut-elle être nettement couverte sans le secours d’aucun diaphragme, à condition, bien entendu, que les objets compris dans le champ ne se trouvent pas à des distances trop différentes : en se servant de diaphragmes de moins en moins grands, on voit d’abord augmenter presque uniquement la profondeur de foyer et l’amplitude du champ, puis, mais plus lentement, l’étendue de la surface couverte.

Nous signalerons seulement, aux amateurs qui voudront utiliser cet objectif sans le diaphragmer, la nécessité de faire avec un très grand soin la mise au point et l’inégalité qu’ils pourront observer dans l’éclairement de l’image s’ils opèrent par lumière très faible : ce défaut, qui disparaît dès que l’on diaphragme et dont les effets peuvent être généralement supprimés au développement, est, comme le précédent, une conséquence presque forcée de la très grande ouverture adoptée, la monture arrêtant partiellement les faisceaux obliques et la profondeur de foyer étant nécessairement très faible.

En résumé, je considère cet objectif comme étant certainement l’un des meilleurs qui aient été encore mis dans le commerce.


Eurygraphe Extra Rapide f/7 (1896)

C’est le second Eurygraphe Berthiot et le premier anastigmat symétrique de formule (6/2). De façon surprenante, il n’est pas fait mention de la possibilité d’utiliser un seul groupe séparé dans la présentation qu’en fait E. Wallon (BSFP 1896, pp. 574-57, réunion du 4 décembre 1896) [8] :

... deux nouveaux objectifs anastigmatiques symétriques, construits l’un par M. Lacour, chef actuel de la maison Berthiot ; l’autre par M. Turrillon, successeur de M. Darlot.

Le premier est un double-anastigmat du type ordinaire ; chaque combinaison, formée d’un flint compris entre deux crowns dont l’un est moins réfringent et l’autre plus réfringent que lui, présente à la fois le caractère normal et le caractère anormal.

Le second au contraire, le nouvel Eurygraphe extra rapide de M. Lacour, s’écarte assez notablement de ce type ; dans chacune des deux combinaisons semblables, formées de trois verres à la baryte, qui constituent cet instrument, les pouvoirs dispersifs et les indices de réfraction varient dans le même sens, mais ceux-ci assez rapidement, ceux-là très lentement. La « formule de Petzval » est donc appliquée ici sous une forme assez différente de celle qu’a utilisée le Dr Rudolph. L’astigmatisme est cependant fort bien corrigé.

Comme l’objectif antispectroscopique de M. Roussel, présenté à la dernière séance, ces objectifs sont entièrement construits en verres français. Comme lui également, ils sont remarquables par l’étendue de la surface qu’ils couvrent nettement à toute ouverture. Destinés à la plaque 13 x 18, ils peuvent donner, sans diaphragme, une image dans laquelle la netteté s’étend jusqu’aux bords extrêmes de la plaque 18 x 24 ; celui de M. Turrillon avec 190 mm de distance focale et une ouverture relative utile de f/7,5 ; celui de M. Lacour avec une distance focale de 213 mm et une ouverture relative utile égale à f/7.

Le diaphragme est ainsi ramené à son véritable rôle, qui doit être seulement d’accroître, en même temps que la finesse de l’image, la profondeur de champ.


Eurygraphes Anastigmatiques Simples f/12,5 – Symétriques f/6,8 – f/8 & Doubles f/7,2 – f/8,5 (1896-1897)

Eurygraphe Anastigmatique Simple

Eurygraphe Anastigmatique Symétrique Eurygraphe Anastigmatique Double

Fabre (1897, p. 98, paragraphe 1318) [18] mentionne : « Eurygraphes anastigmatiques simples » c’est à dire des groupes séparés qui sont chacun totalement corrigés et qu’on peut utiliser seuls montés derrière le diaphragme. Il indique que des paires de groupes de même focale peuvent être combinés pour donner des « Eurygraphes anastigmatiques symétriques », et que des paires de focales différentes donneront des « Eurygraphes anastigmatiques doubles». C’est la plus ancienne mention que j’aie trouvée concernant ces trois idées. Elles n’ont pas pu apparaître plus tard que 1897, elles furent probablement inventées en 1896. Après tout, on peut remarquer que l’Eurygraphe Extra Rapide de 1896 est composé de deux triplets anastigmatiques.

M. Lacour, successeur de Berthiot, a récemment construit des eurygraphes anastigmatiques simples formés de trois verres collés que l’on peut employer comme objectifs à paysages ; les matières qui composent ces instruments ont été fondues par Mantois. Ces lentilles sont peu épaisses, très perméables à la lumière et par suite très rapides ; leur ouverture maxima est d’environ f 12,5. … Ces objectifs forment l’une des plus belles séries qui existent actuellement ; cette série comporte dix-huit numéros d’objectifs couvrant les dimensions inscrites dans le tableau. Employés deux à deux, ces objectifs simples, s’ils ont même foyer forment des eurygraphes anastigmatiques symétriques ; si les deux combinaisons [sic] ont des foyers différents on obtient un eurygraphe anastigmatique double.

Fabre (1897, p. 124) [18] discute un peu plus à propos de ces objectifs. Il nous dit :

M. Lacour a établi deux séries d’eurygraphes anastigmatiques doubles : l’une est constituée par les objectifs symétriques et comprend dix-huit objectifs dont les longueurs focales varient de 0m075 à 1m10, et les ouvertures de f/6,8 à f/8.

La seconde série d’eurygraphes anastigmatiques doubles est formée de deux objectifs simples à trois verres de longueur focale différente ; les ouvertures de ces objectifs varient de f/7,2 à f/8,5. Avec les eurygraphes simples employés deux à deux, on peut obtenir un très grand nombre de combinaisons ; il est bon cependant de n’utiliser que les lentilles présentant des longueurs focales peu différentes, de telle sorte qu’en réalité en combinant ces lentilles de foyers différents deux à deux on obtient un très grand nombre d’objectifs dont les foyers sont distincts de ceux fournis par les dix-huit anastigmats symétriques. Nous avons formé un tableau qui en comporte plus de trente, soit en tout plus de cinquante distances focales distinctes constituant la plus belle série d’anastigmats qui existe.

Je présente maintenant la liste de Fabre (1897, p. 125) [18], bien qu’elle soit à peine lisible et qu’elle risque (j’insiste sur ce point) de ne pas présenter les numéros d’objectifs effectivement utilisés chez Berthiot.


Trousse Anastigmatique 1897

Deux comptes-rendus par M. Wallon (BSFP, 1897, pp. 293-4, réunion du 4 Juin 1897 et pp. 510-511, réunion du 5 au 8 juin 1907, respectivement) [8] :

C’est la première qui ait été construite en France. [p. 510]

Cette trousse est construite en matières françaises et d’après le principe nouveau appliqué déjà dans les eurygraphes extra-rapides récemment présentés ; c’est-à-dire que contrairement aux dispositions adoptées dans les anastigmats allemands, par exemple, les indices de réfraction et les pouvoirs dispersifs des verres constituant chacune des combinaisons varient dans le même sens, mais de façon très inégale. L’instrument comprend quatre lentilles complexes : deux de 390mm, une de 310mm et une de 225mm de distance focale, les diamètres étant de 29,5mm, 23mm et 17mm ; les lentilles peuvent être employées seules, même à toute ouverture, les deux premières sur la plaque 18 x 24, la troisième sur 13 x 18 : celle-ci couvrirait une surface plus grande, mais avec une déformation sensible.

Combinaison Focale Maximum Longueur Ouverture
I. 390-390 208 f/7,2
II. 390-310 185,5 f/7,1
III. 390-225 154 f/8,5
IV. 310-225 142 f/8,1

Les deux premières peuvent être employées à toute ouverture sur 18 x 24 et couvrent nettement cette surface de façon complète si l’on a soin de faire la mise au point à deux ou trois centimètres du centre; la troisième pourrait aussi être utilisée à toute ouverture sur la même surface, mais les coins seraient un peu insuffisants avec des poses courtes; diaphragmée, elle donne une image très belle et très complète sur 18 x 24 et même davantage, et rend, par exemple, de très grands services pour les photographies d’intérieur, donnant, suivant la diagonale de la plaque, un angle de 90º environ et pouvant même être décentrée. Enfin, la combinaison IV n’éclairerait pas le 18 x 24, mais sur 13 x 18 elle donne, même à toute ouverture, une bonne image, qui devient extrêmement fine lorsque l’on diaphragme.

L’astigmatisme est très bien corrigé; et, chose assez curieuse, les diverses combinaisons donnent sur la plaque sensible une image nette plus étendue que sur le verre dépoli; plus que suffisantes à couvrir nettement, à toute ouverture, la plaque à laquelle elles sont destinées, elles peuvent presque toutes servir pour des dimensions supérieures.

Fabre (1897, p. 146) [18] ajoute :

M. Lacour construit dix trousses différentes formées avec des eurygraphes anastigmatiques simples. Ces trousses, établies pour tous les formats (depuis le 9 x 12 jusqu’au de 40 x 50 centimètres), comportent trois ou quatre objectifs simples de foyers différents. Pour le format 13 x 18, les longueurs focales sont 225, 310 et 390 millimètres; pour le 18 x 24, on ajoute aux lentilles de 340 et 390 millimètres celles de 480 et 580 millimètres.


Nouvel objectif Eurygraphe Anastigmatique f/5,3 (1899)

M. Wallon (BSFP 1899, p. 340, réunion du 7 Juillet 1899) [8] nous dit :

… un objectif eurygraphe anastigmatique nouveau, dont les essais ont donné d’excellents résultats.

Cet objectif est symétrique : chacune des deux combinaisons, formée de trois verres collés, est isolément corrigée. Contrairement à ce qu’on peut voir dans les anastigmats symétriques mis jusqu’à présent dans le commerce, ces combinaisons présentent une épaisseur plus grande aux bords qu’au centre, et leur forme générale est celle d’un ménisque divergent ; il est bien entendu qu’elles sont convergentes.

L’ouverture utile maximum de l’objectif est f/5,3 environ ; c’est donc la plus grande qui ait encore été donnée à un anastigmat symétrique.

Avec cette ouverture, l’instrument essayé, dont la distance focale est de 141mm, et qui est destiné à la plaque 11 x 15, couvre nettement la plaque 13 x 18 tout entière, pourvu qu’on ait soin de faire la mise au point à 0m,04 environ du centre. On se trouve donc en possession d’un grand angulaire très rapide. M. Wallon conseillerait cependant, au cas où l’on utiliserait ainsi l’objectif pour des dimensions supérieures à celles pour lesquelles il est construit, de réduire l’ouverture à f/10 pour assurer de façon plus certaine l’uniformité d’éclairement et empêcher l’intervention de la monture.

Les combinaisons dont la réunion forme l’objectif peuvent être employées isolément ; travaillant par toute leur surface et, par conséquent, à l’ouverture relative de f/10 environ, elles couvrent nettement la plaque 13 x 18.

M. Wallon fait ressortir les deux caractères essentiels de ce nouvel objectif : forme nouvelle des lentilles, ouverture plus grande que dans tous les instruments de type analogue.


Groupes optiques formés de quatre éléments collés (1899)

M. Wallon (BSFP, 1899, p. 589, réunion du premier décembre 1899) [8] mentionne que M. Lacour lui a demandé de présenter un nouvel assortiment d’objectifs à quatre lentilles qu’il n’a pas pu tester à cause du mauvais temps. Il en a montré le schéma en coupe sur une image.

M. Wallon (BSFP, 1900, p. 64, réunion du 5 janvier 1899) [8] avait dû présenter ces objectifs durant la séance du premier décembre 1899.

Il y a quelques mois, un brevet a été pris en Allemagne pour la construction de lentilles anastigmatiques à cinq verres, pouvant être employées seules avec une ouverture relative de f/11 ou former des combinaisons d’ouverture comprises entre f/5,9 et f/6,3. M. Lacour, convaincu qu’il est possible d’arriver plus simplement à une ouverture encore plus grande, a construit trois types de lentilles à quatre verres, dont l’ouverture est de f/10 environ, et il a formé de ces trois lentilles la trousse que j’ai l’honneur de présenter en son nom.

Bien que je n’aie pu encore procéder sur ces lentilles qu’à un examen sommaire, que je tiens à compléter avant d’en donner les résultats, fort satisfaisants jusqu’ici…

M. E. Wallon (BSFP, 1900, p. 198, réunion du 6 Avril 1900) [8] ...

... rappelle comment, à la séance du 5 janvier, il a présenté, au nom de M. Lacour, trois types de lentilles à quatre verres, affectant des dispositions non encore employées, mais qui, par cette publication même, étaient mises volontairement dans le domaine public.

Depuis lors, les études et les essais, qui ont été régulièrement poursuivis, ont montré la supériorité d’une de ces combinaisons sur les deux autres : c’est celle qui … est placée au centre …

Elle fournit un très bon objectif simple à grande ouverture (f/10) et semble propre à donner aussi un excellent objectif symétrique.

J’ai inclus ces objectifs avec les autres Eurygraphes parce que Fabre (1902, p. 73) [19] remarque :

En 1899, M. Lacour a établi des combinaisons de quatre lentilles collées qui, associées deux à deux, donnent des eurygraphes symétriques de diamètre relatif 1/5,4. Ces lentilles sont formées de quatre verres différents.


D’autres remarques de Fabre (1902) :

Fabre (1902) [19] parle des objectifs introduits sur le marché après sa publication de 1897 [17]. Il ne donne pas toujours les dates. Je pense – j’espère serait plus approprié – que ses listes d’objectifs sont par ordre chronologique, de façon que, par exemple, ses remarques en page 99 se réfèrent aux objectifs introduits après ceux qui sont présentés p. 73 (voir ci-dessus).


Une autre série d’Eurygraphes avec des triplet collés. Symétrique, f/5,4 ; asymétrique, f/5,6 - 6 (plus anciens que 1902)

Fabre (1902, pp. 74-5) [19] ajoute au commentaire précédent :

La même série d’objectifs avait été établie avec des combinaisons triples, composées de trois verres collés. Ces combinaisons, associées deux à deux, donnent un diamètre relatif égal à 1/5,4 et constituent d’excellents anastigmats pour portraits et groupes à l’atelier ; employées avec des diaphragmes réduisant l’ouverture à f25, ils peuvent servir comme objectifs grands-angulaires, car le champ de l’image nette est d’environ 85°, comme l’indique le tableau [p. 73]. Les combinaisons de lentilles que forment une moitié de ces objectifs peuvent d’ailleurs être employées sans que les distances focales des combinaisons soient identiques. On réalise alors des objectifs non symétriques dont l’ouverture varie de f/5,6 à f/6. Ces objectifs sont construits dans les dimensions inscrites au tableau, p. 74.

Les pouvoirs réfringents et dispersifs des verres qui entrent dans la composition des objectifs de cette série vont en diminuant graduellement de la première lentille à la dernière ; ce sont de véritables objectifs universels.

Les aberrations de chacune des combinaisons que constituent ces objectifs sont réduites à un minimum, de telle sorte qu’en les associant deux à deux, on peut former, soit des anastigmats symétriques, soit des anastigmats dissymétriques, et constituer des trousses d’objectifs dont l’emploi est dans les plus utiles.


Nouveaux objectifs simples

Fabre (1902, p. 99) [19] :

Les nouveaux objectifs simples de M. Lacour composés de trois verres collés au baume, admettent un diamètre relatif de f/9 à f/10. Les trois lentilles que constituent l’objectif sont les trois taillées dans des verres différents. Lorsque l’on doit combiner ces divers objectifs deux à deux pour obtenir les anastigmats de diamètre relatif  f5, on utilise des combinaisons disposées de telle sorte que la combinaison résultante contienne six variétés de verres ; dans ces conditions, les diverses aberrations de l’objectif sont parfaitement corrigées. Ces lentilles simples sont construites dans des dimensions à peu près identiques à celles des objectifs de la série f/12,5.

La grande luminosité de ces objectifs, le brillant de l’image qu’ils fournissent les rendent précieux pour l’obtention des groupes et des paysages.

J’ai trouvé peu plausible cette affirmation de Fabre selon laquelle un double anastigmat assemblé en combinant ces groupes donnerait six combinaisons différentes. Si c’était vrai, en combinant deux groupes de même distance focale pour faire deux anastigmats doubles différents, il faudrait deux versions différentes de chaque groupe, chacune avec son propre triplet. Néanmoins, Vidal (1900) [41] est d’accord avec Fabre :

Enfin, et ceci est, je crois, fort intéressant, M. Lacour a pu récemment, en renonçant à la symétrie parfaite, puisqu’il emploie pour les six lentilles six matières différentes, mais en conservant une disposition sensiblement symétrique, construire des eurygraphes anastigmatiques dont l’ouverture utile atteint la valeur considérable de f5.


Eurygraphes simples F/10,2 (antérieurs à 1902)

Fabre (1902, p. 104) [19] parle de ces objectifs. Il dit que c’est une famille à 3 ou 4 lentilles, comprenant probablement quelques-uns des groupes des Eurygraphes annoncés en 1899. Il semblerait que ce soient les groupes utilisés dans les Eurygraphes symétriques et asymétriques listés dans les tables ci-dessus.

Les eurygraphes anastigmatiques simples de Lacour sont formés de trois ou quatre lentilles cimentées au baume du Canada ; l’aberration sphérique est bien corrigée dans cet objectif, de telle sorte qu’avec un diaphragme moyen (f25) on peut l’utiliser pour l’obtention de paysages pour lesquels il y a insuffisance de recul. L’image obtenue est extrêmement brillante … On peut utiliser avec avantage les lentilles dont la longueur dépasse 50 centimètres pour obtenir des portraits directs de grande dimension dans l’atelier, et pour ce travail spécial, l’image obtenue avec les lentilles simples de M. Lacour présente plus de fondu, est d’un effet plus artistique que celle obtenue par l’emploi des objectifs à portraits. La série de ces eurygraphes simples comprend douze objectifs d’ouverture relative f10,2.


Un objectif rapide qui, apparemment, ne fut jamais commercialisé (1904 - 1908) :

Dans plusieurs numéros de l’Aide-Mémoire de Photographie [15], Fabre mentionne que M. Lacour termine en ce moment la construction d’un objectif ouvrant à f/3.

En 1904, p. 174, il est formé de deux groupes à f/6. En 1905, p. 153, le groupe frontal est formé de trois lentilles collées, le groupe arrière étant formé de quatre lentilles collées. Il le mentionne à nouveau en 1908, p. 162, et dit qu’il couvre à pleine ouverture un diamètre d’image égal à sa focale (53°), et une distance focale et demie (74°) lorsqu’il est diaphragmé, et précise qu’il faut faire la mise au point soigneusement. Je n’ai trouvé aucun élément bibliographique prouvant que cet objectif ait jamais été commercialisé.


Eurygraphes dans les catalogues de 1908 (1910 ?) et de 1912 :


Paraphrase d’une longue discussion dans le catalogue de 1908 [1] à propos de l’histoire des Eurygraphes :

« Cependant, nous avons fabriqué dans le passé des groupes optiques de grand diamètre, et pour certaines combinaisons, nous avons utilisé des quadruplets collés afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles avec le nombre limité de verres d’optique disponibles à l’époque. Grâce aux progrès dans la fabrication des verres, nous avons pu améliorer nos fabrications [baisser les coûts] en n’utilisant que des triplets pour les groupes des Eurygraphes. »


Paraphrase d’une explication dans le catalogue 1908, pour démontrer que les doubles anastigmats de formule (6/2) et les groupes de formule (3/1), anastigmats simples dont ils sont formés, sont – bien entendu – les meilleurs

« Bien que d’autres fabricants d’objectifs utilisent des groupes optiques avec des lentilles simples non collées [Tessars, Celors, ...] nous nous en tenons aux anastigmats de formule (6/2) malgré les nombreuses difficultés techniques, parce la qualité d’image qu’ils délivrent est supérieure. Comme ils ont moins de surfaces air-verre, ils transmettent plus de lumière et sont moins sujets à la lumière parasite diffuse. De plus, leur angle de couverture est plus élevé. À pleine ouverture, un double anastigmat de type Eurygraphe couvre plus de 65°, et une fois diaphragmé à f/25, sa couverture monte à 80° pour tout le champ de pleine lumière. »


Eurygraphes Anastigmatiques – Lentilles Simples Série I B, Série III à partir de 1912

Je crois que le développement des Eurygraphes se termina avec ces anastigmats simples et doubles, ainsi qu’avec les trousses associées, qui sont listées dans ce catalogue. Les objectifs simples listés ici correspondent à ceux des catalogues de 1912 [2] et de 1936. les distances focales, les ouvertures maximum, le diamètre des lentilles frontales et les formats d’image recommandés sont identiques dans les deux catalogues. Il y a trois différences entre les catalogues de 1908 [1] et de 1912 [2] en ce qui concerne ces objectifs. Le catalogue de 1908 [1] présente une liste de 1 à 12, avec des focales entre 100 et 690 mm ; celui de 1912 [2] indique de 1 à 20, avec des focales entre 100 et 2180 mm. Les prix sont plus élevés en 1912. Les diamètres de cercle-image sont plus petits. Le texte de 1908 annonce 50° à pleine ouverture, la liste d’objectifs de 1912 annonce 50° à pleine ouverture et 80° quand l’objectif est diaphragmé. Les prix pour les focales les plus courtes sont les mêmes, mais le 690 mm coûte huit pour cent de plus en 1912 [2]. Le catalogue de 1936 n’indique aucune couverture angulaire ni aucun prix.


Eurygraphes Anastigmatiques Symétriques Série II B, Série IVa à partir de 1912

De même que les groupes simples de formule (3/1) dont ils sont composés, ces anastigmats doubles furent les derniers développés. Les catalogues de 1908 (1910?), 1912 et 1936 indiquent les mêmes spécifications, y compris les mêmes angle de couverture. Les trois catalogues annoncent la même valeur de 64° à pleine ouverture, 80° lorsque l’objectif est diaphragmé. Même prix en 1912 qu’en 1908.


Eurygraphes Anastigmatiques Doubles Série III B, Série IVb à partir de 1912

C’est la même histoire avec ces objectifs triple convertibles. Ils ont les mêmes spécifications que dans les catalogues de 1908, 1912 et 1915. Les prix sont les mêmes en 1908 [1] et en 1912 [2], plus élevés en 1915, probablement à cause de la guerre. Pont et Princelle [37] (p. 18) indiquent que la dernière année de fabrication est 1918.


Trousses d’eurygraphes Anastigmatiques Doubles Série IV, Série IVc à partir de 1912

Trousses assemblées à partir d’objectifs simples de la série I. Toujours la même histoire, mêmes spécifications que dans les catalogues de 1908 [1], 1912 [2] et 1915.

Fabre (1897, p. 146) [18] mentionne qu’il y avait dix trousses pour les différents formats. Le catalogue de 1908 (1910 ?) propose dix trousses en série IV. Il y a trois jeux d’objectifs, chacun donnant six distances focales, pour les formats [en cm] 9 x 12, 13 x 18, 18 x 24, 24 x 30, 30 x 40 et 40 x 60 ; et quatre jeux d’objectifs, chacun donnant dix distances focales, pour les formats 9 x 12, 13 x 18, 18 x 24, 24 x 30, 30 x 40 et 40 x 60. Tous ces objectifs couvrent au minimum le format indiqué à pleine ouverture, et nettement plus fermés à f/24.


Nouveaux Eurygraphes Séries IV b f3,8 – f/4

Retirés du catalogue en 1912. Ce sont de nouveaux modèles, ce sont les plus lumineux des doubles anastigmats de formule (6/2) dont j’ai pu avoir connaissance. Il y a quinze numéros, avec des distances focales entre 54 et 415 mm. Les groupes utilisés seuls ouvrent à f/9,8, les objectifs complets ouvrent entre F/3,8 et f/4,5 (pour les trois plus longues focales). La couverture est censée être la même, 64° à pleine ouverture, 80° à f/25 comme les moins lumineux de la série III B. Les groupes sont peut-être ceux que Fabre mentionnait (1902, P.99).


Trousses d’Eurygraphes Anastigmatiques Doubles Série IV a

Retirés du catalogue en 1912. Ce sont également des nouveaux modèles, assemblés à partir des mêmes groupes que la série IV b. Les groupes seuls ouvrent à f/9,8, lorsqu’ils sont combinés, l’objectif ouvre entre f/5,2 et f/6. Les distances focales ne correspondent pas à celles de la trousse série IV, mais les couvertures annoncées sont les mêmes.


Eurygraphes Anastigmatiques Symétriques Série V – f/10

Il s’agit des Eurygraphes Apochromatiques Série V en 1912, retirés de la fabrication en 1915. C’est un objectif pour banc de reproduction, un autre modèle nouveau. Disponible en neuf distances focales, de 360 à 1100 mm. Ils ont à peu près la même couverture à pleine ouverture (f/10) et à f/25 que les plus lumineux des Eurygraphes symétriques.


Brevets jamais commercialisés

La base de données des brevets français ne donne aucun brevet pour des produits optiques au nom de Berthiot entre 1887 et 1920, mais il y a tout de même deux brevets accordés à Eugène Lacour et Benoît-Marie-Eugène Lacour, respectivement.

Le premier, N° FR 338.344 publié le 16 mai 1904, décrit un anastigmat rapide à quatre lentilles. Le brevet ne donne pas l’ouverture maximum de cet objectif. En dépit des commentaires dans le catalogue de 1908, Lacour n’était clairement pas opposé aux objectifs à lentilles non collées.

FR 338 344

Le second, N°374 045 publié 3 Juin 1907, décrit un anastigmat rapide à cinq lentilles. De la même façon, le brevet ne donne pas l’ouverture maximum de cet objectif.

FR 374.045

Les deux brevets revendiquent l’invention d’objectifs anastigmats doubles utilisables soit en groupes séparés, soit sous forme de combinaison symétrique ou asymétrique.

7.2  de 1912 à 1936

La catalogue de 1912 [2] introduit deux nouveaux noms commerciaux ; de nouvelles combinaisons optiques créées par le directeur technique de la firme, Charles Henri Florian ; modifie la correspondance entre les désignations en séries avec les noms commerciaux et les combinaisons optiques ; réduit le nombre d’Eurygraphes proposés. Tous les nouveaux objectifs sont des anastigmats, aucun n’est séparable. Je vais maintenant les présenter ainsi que les objectifs postérieurs à 1912, par ordre de série.

7.2.1  Série Ia – Stellor f/3,5 (1912)

C’est un anastigmat rapide symétrique, quatre lentilles non collées. La page du catalogue annonce qu’il couvre 35°, mais une feuille d’errata corrige cette valeur à 45°.
Le texte dit : « L’image tout en ayant une excellente netteté, possède un certain fondu dont les vrais portraitistes sauront tirer le plus grand parti. »

Je ne suis pas certain que la formule optique employée ait un nom. À première vue, le Stellor f/3,5 (1912) ressemble à l’Unar de chez Zeiss.

Série Ia – Stellor f/3,5 (1912)

7.2.2  Série Ia – Stellor 1:3,5 à 1:4 (1936)

Dans le catalogue de 1936, le Stellor Ia de 1912 est remplacé par une nouvelle formule de type triplet, sous le nom de série Ia. La couverture angulaire est toujours de 45° et l’objectif est toujours recommandé pour le portrait. C’était encore un triplet dans le catalogue de 1950 [6]. Le premier numéro de série pour ce type d’objectif est probablement autour de 250 000.

Série Ia – Stellor 1:3,5 à 1:4 (1936)

7.2.3  Série Ib – Stellor f/4 (1912)

C’est un autre anastigmat symétrique rapide recommandé pour le portrait. Tous les objectifs Stellor de la série Ib, de 1912 jusqu’à la fin, sont des des formules ressemblant au Tessar, mais à cinq lentilles. Ils se distinguent des Tessars de chez Zeiss par le fait d’avoir un triplet collé comme groupe arrière au lieu d’un doublet. L’angle de couverture annoncé est de 52°. Quelques-uns des Stellor Ib proposés à la vente indiquent que l’objectif est breveté, donc c’est peut-être la réalisation du brevet français de C. Florian, N°456.484. Les deux objectifs diffèrent sur certains détails, mais le texte du brevet indique « ... les valeurs numériques indiquées ci-dessus sont données seulement à titre d’exemple et peuvent varier dans des limites suffisamment larges, il en est de même pour l’ouverture relative, du moment que les conditions générales énoncées ici sont observées. »

Il est difficile d’être sûr, et je peux me tromper, mais je pense que le Stellor Ib fut fabriqué sans changement jusqu’au début des années 1950 [6].

Série Ib – Stellor f/4 (1912)

FR 456 484

7.2.4  Série Ic – Flor f/4,5 (1921)

Flor est un nom commercial [d’après le nom Florian]. La série Ic d’objectifs Flor f/4,5 et f/3,5 (1936) (sans numéro de série) sont des formules de type Tessar pour le grand format et ne doivent pas être confondus avec d’autres objectifs Flor plus lumineux, de type double Gauss, développés pour les appareils 24x36 et les moyens formats. Les catalogues ne le mentionnent pas de façon aussi explicite, mais je crois que toutes les focales de la série Flor f/4,5 sont des formules à cinq lentilles proches du Tessar, comme la série Stellor Ib.

Chez Berthiot ont soumis un exemplaire de leur nouvel objectif à la Société Française de Photographie pour le tester. Le rapport des essais fut présenté à la réunion du 28 octobre 1921 et publié au BSFP (1921, pp. 319-320) [8]. Le rapport remarque que la formule optique ressemble à celle du Stellor, et qu’il est mieux corrigé. La focale utilisée pour le test était un 135 mm. À pleine ouverture il résout 10 cycles/mm sur un cercle de 170 mm, et 20 cy/mm dans un cercle de 120 mm.
«  Cet objectif se classe parmi les meilleurs qu’il nous a été donné d’examiner.»

Série Ic – Flor f/4,5 (1921)

La liste ci-dessus avec les focales et autres informations provient du catalogue de 1936. Le catalogue de 1922 [3] ne fait pas mention des N°s 1 bis, 6, 7, et 8.

7.2.5  Flor f/3,5 (sans indication de série, 1936)

Les nouveaux objectifs Flor f/3,5 sont des formules proches du Tessar, à 4 ou 5 lentilles selon les focales. Principalement pour la photo 24x36 et le moyen format. Aucun des catalogues n’indique la formule utilisée pour chaque focale, mais une figure dans le catalogue de 1950 [6] me fait penser, peut-être à tort, que les focales de 105 mm et plus courtes sont des formules à 4 lentilles.

7.2.6  Série Id – Color f/4 (1922)

C’est un objectif rapide « hyperchromatique » particulièrement utile, selon le catalogue de 1922 [3], pour la photographie artistique en couleurs. En France dans les années 1920, cela signifiait : travailler avec les plaques Autochromes Lumière, ou bien en trichromie. Le catalogue recommande les plaques ortho- ou panchromatiques pour le noir et blanc, ou bien de mettre au point sur une « radiation bleue » lorsqu’on utilise une plaque ordinaire non chromatisée. Il y a un exemple de photo en noir en blanc en page 21 du catalogue. On peut la voir ici :
http://www.largeformatcameras.net/picture.php?/2623/category/14

Cet objectif réalise l’effet de flou artistique par une aberration chromatique volontairement accentuée. Il fut calculé par le Dr. Aron Polack (voir le catalogue de 1922, p.6 [3]), qui en breveta l’idée. Voir le brevet français N°566.133 [32].

Le Dr. Polack explique :

... l’objectif hyperchromatique possède un profondeur de champ inaccoutumée et donne des résultats intéressants : il adoucit les contours, supprime les détails inutiles et simplifie la retouche, il augmente l’effet plastique, ainsi que l’effet de lumière et de couleurs. Il peut donc être employé avec succès dans la photographie en couleurs, à condition que les épreuves soient examinées à une distance suffisante.

Le schéma ci-dessous en coupe, repris du catalogue 1922 [3], ne correspond à aucun des exemples décrits dans le brevet de A. Polack.

La liste des distances focales et autres caractéristiques indique un 150 mm N°2 avec une lentille frontale « de 19 mm » : cela ne peut être qu’une erreur typographique.

7.2.7  Série Id – Color 1:4 à 1:5 (1936)

Le Color de 1936, du moins si les diagrammes en coupe des catalogues de 1922 [3] et 1936 sont corrects, est une combinaison optique entièrement recalculée, une formule Tessar hyperchromatique à quatre lentilles, similaire à l’Opale de chez Boyer. Voir Fromm et Beltrando (2008) [22] pour une discussion sur les objectifs Opale. Le premier numéro de série pour le Color est probablement autour de 250 000.

Série Id – Color 1:4 à 1:5

La couverture du format « 6,5 x 24 » annoncée pour le N°1 ne peut également être qu’une erreur typographique. Si on suit ce que dit le catalogue de 1922 [3], le format est plus probable le 6,5 x 6,5.

7.2.8  Série IIa – Olor f/5,7 (1912)

C’est un objectif moins lumineux et qui couvre plus de 60°. Le catalogue déclare qu’il donne les images les plus nettes à pleine ouverture, et que la seule raison pour diaphragmer est d’augmenter la profondeur de champ. Il est également mentionné que les Olors f/5,7 de focale plus courte que 255 mm sont si bien corrigés, qu’on peut les utiliser pour de la reproduction ou de la trichromie.

Berthiot avait accordé pour l’Olor f/5,7 une licence de fabrication à l’entreprise Koristka à Milan. Je n’ai rien pu trouver qui confirme cela, mais un certain nombre d’objectifs ont été effectivement vendus sous cette marque, voir par exemple :
https://web.archive.org/web/20170929161131/http://www.ebay.fr/itm/
 S-G-D-G-Berthiot-Koristka-Milano-Olor-N-6-serie-IIa-200mm-F5-7-leather-cap-/282672690849

Bien que le catalogue de 1912 [2] montre un schéma en coupe pour l’Olor f/5,7 qui soit identique à celui de la série IIb – Olor f/6,8, une publicité de 1913 dans le livre de Pont & Princelle (en troisième de couverture) [37], ainsi que des catalogues ultérieurs indiquent que c’est une espèce de Tessar de formule (5/3) très proche d’un Stellor de la série IIb ainsi que du brevet français N°456.484 [31]. Comme le montre le lien ci-dessus, quelques-uns des Olors série IIa portent une mention de brevet. Sauf si on me prouve le contraire, je prétends que le diagramme en coupe dans le catalogue de 1912 [2] est une erreur typographique.

Voici un diagramme en coupe extrait du catalogue de 1915 :

Série IIa – Olor f/5,7

La liste des distances focales et autres caractéristiques ci-dessus provient d’un catalogue de 1915. Les séries N°3 bis et N°6 bis ne figuraient pas dans le catalogue de 1912 [2]. Si l’on ne tient pas compte des prix, les listes de 1912 et de 1915 étaient par ailleurs identiques. En 1922 [3] s’ajoutèrent au catalogue le N°4 bis, un 140 mm couvrant le format 9 x 14 cm à pleine ouverture et le N°4 ter, un 165 mm couvrant le format 10 x 15  cm à pleine ouverture. Je crois que l’objectif avait été recalculé en 1936. Cette année-là, furent ajoutés au catalogue le N° 8 bis, un 400 mm couvrant le format 21 x 27 cm à pleine ouverture.

7.2.9  Série IIa – Olor f/6 (1936)

L’objectif Olor f/5,7 continua à être fabriqué jusqu’au début des années 1950. Dans le catalogue de 1936, il est rejoint par un modèle f/6 proposé en quatre focales, également disponible jusqu’au début des années 1950.

7.2.10  Série IIb – Olor f/6,8 (1912)

C’est un autre objectif nouvellement calculé. Il n’a de commun que le nom d’Olor avec la série IIa. Ce n’est pas une formule Tessar, c’est quelque-chose d’autre avec un groupe frontal similaire et un groupe arrière derrière le diaphragme formé d’une paire de ménisques concaves épais collés.

7.2.11  Série IIc – Orthor f/7,5 (1922)

C’est un triplet bon marché pour les amateurs qui n’ont pas besoin d’un objectif lumineux. Introduit en 1922, il disparaît en 1936. La dernière mention de l’Orthor que j’aie trouvée est en p. 7 du catalogue de 1923 de chez Omnium Photo [26]. Il était proposé sur les appareils à film 6 ½ x 11 et 8 x 10 ½, série A et B du fabricant Demaria-Lapierre Caleb.

7.2.12  Série VI Graphor (1910)

Pont et Princelle [37] disent que cet objectif, un triplet ouvrant à 6,8, fut introduit autour de 1910 et retiré en 1919. Ils mentionnent quatre focales, 9,5, 14, 17 et 20 cm. Le Graphor était proposé par le magasin Au Printemps sur la version la plus chère de l’appareil N°40754 Rapid-Printemps, un 9x12 pliant métallique listé dans leur catalogue de 1910 [23]. Il n’est indiqué dans aucun autre de mes catalogues.

7.2.13  Série VII Nébulor f/4,9 (1912)

C’est un objectif à flou artistique introduit dans le catalogue de 1912 et qui n’est pas mentionné dans aucun catalogue ultérieur. La couverture est autour de 55-58°.
Selon le catalogue, « Le Nébulor f/4,9 est bien corrigé des aberrations chromatiques et astigmatiques ; il possède un champ parfaitement plan, le fondu de l’image est donné par l’aberration de sphéricité. »

Série VII Nébulor f/4.9

La diagramme en coupe du Nébulor f/4,9 est similaire à celui de l’objectif décrit dans le brevet de C. Florian N° FR 456.434 [31], sauf que l’exemple donné dans le brevet est celui d’un objectif ouvrant à f/3,5 couvrant 43°. De plus, le brevet concerne « un objectif avec une relativement grande ouverture qui est corrigé de la meilleure façon possible du chromatisme, de l’aberration de sphéricité, de la courbure de champ et de l’astigmatisme. »

FR 456.434

7.2.14  Objectifs Hermagis (sans indication de série Berthiot)

Après que SOM-Berthiot eut racheté Hermagis en 1934 [11], deux objectifs continuèrent à être produits et furent référencés au catalogue : l’Eidoscope f/5, un objectif pour flou artistique, et l’anastigmat T.P.H, une optique pour banc de reproduction. Les deux objectifs continuèrent à être fabriqués jusqu’à la fin de la production des optiques de chambre Berthiot.

Eidoscope f/4,5
Selon Colucci (référence non datée) [9], Hermagis a introduit l’Eidoscope ouvrant à f/4,5 en 1903. C’est un anachromatique rapide rectilinéaire, son effet de flou artistique provient de l’aberration chromatique.

Cet objectif était référence comme ouvrant à f/5 dans le catalogue Hermagis de 1919, mais apparemment son ouverture était déjà f/4,5 avant le rachat par Berthiot. Colucci (référence non datée) [2] nous montre un Eidoscope de 375 mm f/4,5 gravé « Hermagis ».

Anastigmat T.P.H. f/8 – f/12 (pas de désignation en série)

C’est une formule triplet destinée aux bancs de reproduction. Bien qu’il apparaisse dans les catalogues de 1936, de 1950 [6] et un autre catalogue des années 1950, c’est un objectif spécialisé qui n’est probablement pas utilisable en photographie générale. Je crois que les surfaces couvertes (c’est à dire : les formats couverts) qui sont donnés dans les listes avec les focales et les autres caractéristiques sont spécifiés pour le grandissement 1:1, comme il est d’usage avec les objectifs de reproduction.

Anastigmat T.P.H.

7.3  Après 1945

Après la 2e guerre mondiale, Berthiot mit au catalogue trois nouveaux objectifs pour le grand format, mais aucun n’était prévu pour un usage général. Puis l’entreprise retira du marché toutes les optiques pour le grand format.

7.3.1  Apographe f/9 – f/10 (et peut-être plus fermé)

C’est un objectif pour banc de reproduction de type dialyte, dont les lentilles intérieures biconcaves sont formées d’une paire de lentilles plan-concaves collées. Mon catalogue des années 1950 dit que ces objectifs sont très résolvants et que la distorsion et l’aberration chromatique résiduelles sont pratiquement éliminées ; mais ce catalogue ne dit pas explicitement que ce sont des apochromats. Compte tenu de ce qu’un ami, qui en est enchanté, m’a dit après avoir acheté l’un de ces objectifs Apographes 140/9 ; et sachant par ailleurs que de très nombreux utilisateurs d’Apo-Artars, Apo-Ronars et d’Apo-Nikkors en sont également très satisfaits, on peut raisonnablement supposer que l’Apographe qui est de la même famille convient parfaitement pour la photographie générale.

Saudax (2014) [39] cite un catalogue de 1954 qui liste dix focales : 80, 140, 240, 300, 360, 450, 600, 750, 900 et 1 200 mm. Toutes ouvrent à f/10 sauf le 80, qui ouvre à f/9.

7.3.2  Aquilor 125/6,2

Cet objectif, une formule voisine du Topogon couvrant 90° sur plaques et film de format 18 cm x 18 cm, était destiné à la cartographie aérienne. Il fut en service sur plusieurs modèles d’appareils SOM-Poivilliers pour la photo aérienne. La façon dont les lentilles sont montées n’est pas claire, on ne voit pas bien si les lentilles sont dans une monture classique elle même fixée à un tube-support, ou bien si toutes les lentilles sont directement assemblées sur un seul tube. On peut néanmoins dire que tout l’ensemble optique se présente extérieurement comme une pièce monobloc de forme cylindrique avec une fente pour installer un obturateur central. Reading et Deeg (1948, pp. 238-9) [38] expliquent les raisons du montage de l’obturateur de l’Aquilor ainsi : « Ce montage avec un seul bloc optique et une construction spéciale de l’obturateur est destiné à maintenir le meilleur centrage possible pour les lentilles. »

Il existe également une version de l’Aquilor pour les agrandisseurs, afin de tirer les négatifs exposés avec le même objectif à la prise de vue.

7.3.3  Le mystérieux Orthor

Le nom commercial Orthor fut utilisé pour la première fois pour la série IIc, un triplet ouvrant à f/7,5. Après la deuxième guerre mondiale, le nom a été repris pour des objectifs, probablement orthoscopiques, pour les appareils de photo aérienne.

Mon catalogue des années 1950 [6] mentionne l’Orthor, il dit que le champ est plus étroit que celui de l’Aquilor (62°), la distorsion est presque totalement corrigée, une exigence pour la photogrammétrie. Creuset (1954) [14] mentionne un Orthor de 300 mm ouvrant à f/5 utilisé sur les appareils de photo aérienne Poivilliers-SOM.

Enfin, il y a un Orthor de 215 mm également utilisé pour la photographie aérienne.
Il est fait mention de cet objectif ici,
https://books.google.com/books?id=iaPwCAAAQBAJ&pg=PA53&lpg=PA53&dq=
lens+OR+objectif+OR+objektiv+%22orthor%22&source=bl&ots=08A3mgLrPR
&sig=hvi3kcZWXe2bYfXgVUoBJ5Ptjrg&hl=en&sa=X
&ved=0ahUKEwjm2tvT1M_WAhXRDRoKHW44D3oQ6AEIODAF#v=onepage
&q=lens%20OR%20objectif
où il est noté qu’il est orthoscopique mais il n’est pas fait mention de l’ouverture.

Le document suivant :
https://web.archive.org/web/*/http://www.ebay.com/itm/
Som-Berthiot-Orthor-15-210-mm-Z0210-Lens-/253064370243
montre un Orthor 210/15 N° de série Z0210 qui ressemble à la version de l’Aquilor pour agrandisseurs. Ce numéro de série ne figure pas dans la chronologie de Patrice Pont [36].

J’aimerais pouvoir penser que l’Orthor de 210 mm est une réalisation de l’objectif grand angle orthoscopique de J.M. Baluteau décrit dans le brevet français N°FR 1.124.653 [33], mais je n’arrive pas à être convaincu que l’objectif pour agrandisseur vendu sur eBay a les mêmes grosses lentilles proéminentes que sur le brevet. De plus, l’exemple décrit dans le brevet a une ouverture maximum de f/5,5, le brevet décrit un objectif grand angulaire avec une couverture qui peut excéder 90°.
Bref, cela ne ressemble pas du tout à l’Orthor couvrant 62° qui se trouve dans mon catalogue des années 1950.

FR 1.124.653

8  Annexe : liste des noms commerciaux par séries

8.1  Série I

Année/Série
I
Ia
Ib
---
Ic
Id
             
avant 1908 (ou 1910 ?) Eurygraphes Anastigmatiques f/9,8          
1908 (ou 1910 ?)     Eurygraphes Anastigmatiques f/10,8 - f/12,1      
1912   Stellor f/3,5 Stellor f/4      
~ 1915   Stellor f/3,5 Stellor f/4      
1922   Stellor f/3,5 Stellor f/4   Flor f/4,5 Color f/4
1936   Stellor f/3,5 Stellor f/4 Flor f/3,5 Flor f/4,5 Color f/4

 

8.2  Série II

Année/Série
II
IIa
IIb
IIc
         
avant 1908 (ou 1910 ?) Eurygraphes Anastigmatiques Symétriques f/5      
1908 (ou 1910 ?)     Eurygraphes Anastigmatiques Symétriques f/5,7 - f/6,2  
1912   Olor f/5,7 Olor f/6,8  
~ 1915   Olor f/5,7 Olor f/6,8  
1922   Olor f/5,7 Olor f/6,8 Orthor f/7,5
1936   Olor f/5,7 Olor f/6,8  

 

8.3  Série III

Année/Série
III
IIIb
     
avant 1908 (ou 1910 ?) Eurygraphes Anastigmatiques Doubles f/5,1 - f/6  
1908 (ou 1910 ?)   Eurygraphes Anastigmatiques Doubles f/6,7 - f/7,2
1912 Eurygraphes f/12 - f/12,1  
~ 1915 Eurygraphes f/12 - f/12,1  
1922 Eurygraphes f/12 - f/12,1  
1936 Eurygraphes f/12 - f/12,1  

 

8.4  Série IV

Année/Série
IV
IVa
IVb
IVc
         
avant 1908 (ou 1910 ?) Trousses d’Eurygraphes Anastigmatiques Doubles f/5,1 - f/6      
1908 (ou 1910 ?) Trousses d’Eurygraphes Anastigmatiques Doubles f/6,7 - f/8 Trousses d’Eurygraphes Anastigmatiques Doubles f/5,1 - f/6 Nouveaux Eurygraphes f/3,8 - f/4  
1912   Eurygraphes symétriques f/6 -f/8 Eurygraphes f/6,7 - f/7,2 Trousses d/Eurygraphes f/6,7 - f/8,2
~ 1915   Eurygraphes symétriques f/6 -f/8 Eurygraphes f/6,7 - f/7,2 Trousses d/Eurygraphes f/6,7 - f/8
1922   Eurygraphes symétriques f/6 -f/6,4   Trousses d/Eurygraphes f/6,9 - f/7,9
1936   Eurygraphes symétriques f/6 -f/6,4   Trousses d/Eurygraphes f/6,9 - f/8,2

 

8.5  Série V, VI & VII

Année/Série
V
---
VIa
VIb
VII
           
1908 (ou 1910 ?) Eurygraphes Anastigmatiques Symétriques f/10 Périgraphes Anastigmatiques Symétriques      
1912 Eurygraphes Apochromatiques f/10   Périgraphe f/14 Périgraphe f/6,8 Nébulor f/4.9
~ 1915     Périgraphe f/14 Périgraphe f/6,8  
1922     Périgraphe f/14 Périgraphe f/6,8  
1936     Périgraphe f/14 Périgraphe f/6,8  

9  Annexe biographique

J’aurais aimé présenter ici une brève biographie de Claude Berthiot, Eugène Lacour et Charles Henri Florian, le fondateur et les principaux ingénieurs concepteurs chez Berthiot ; ainsi que la biographie de Charles Fabre et d’Étienne Wallon, les deux plus importantes sources d’information sur les premiers objectifs anastigmats Berthiot. Malheureusement, il n’y a pratiquement rien de disponible sur la vie d’Eugène Lacour, et il n’y a rien du tout à propos de Charles Henri Florian.
Je regrette ces lacunes.

9.1  Claude Berthiot (1821 – 1896 ou 1897)

Les informations biographiques disponibles concernant Claude Berthiot sont succinctes.
Il est né à Censeray (Côte d’Or) et déménagea très jeune à Paris, où il termina ses études. Il créa sa propre entreprise de fabrication d’objectifs en 1857. Il réalisa des améliorations importantes dans le domaine des objectifs existant à l’époque. Il créa et breveta de nombreux types de trousses d’objectifs. En 1888, il créa une série d’objectifs grand-angulaires, appelés objectifs périscopiques, dont la couverture angulaire n’a jamais été dépassée de son vivant. Il fut le premier en France à utiliser les verres au baryum dans les optiques à grande ouverture. Il fut le premier à reconnaître l’utilité des filtres en verre coloré sous forme de lames à faces parallèles, et les breveta en 1875. E. Wallon voyait en lui l’un des grands maîtres parmi les concepteurs d’optiques qui, par leur talent et leur ingéniosité, ont maintenu la haute réputation des objectifs français, malgré le côté non-scientifique de leurs méthodes considérées aujourd’hui comme inadaptées.

L’information provient des sources suivantes : Pont & Princelle [37] et hommage rendu à Claude Berthiot par Eugène Wallon (BSFP 1897, pp. 46-7) [8].

9.2  Charles Fabre (1851 - 1933)

Charles Fabre est né en 1851 à Toulouse (Haute-Garonne) où son père était notaire. Il commença son éducation à l’école de Sorrèze. Il reçut un diplôme en sciences en 1879 (d’une université inconnue, mais probablement l’université de Toulouse), et il fut admis comme étudiant en astronomie par l’observatoire de Toulouse en 1880. Par la suite, il devint assistant-astronome. Il reçut le diplôme de doctorat en 1889 (d’une université toujours inconnue, mais probablement à Paris). En temps que membre de la faculté des sciences de l’université de Toulouse, il enseigna la chimie agricole. Il prit sa retraite en 1922 et mourut à Toulouse le 28 mars 1933.

Fabre avait de nombreux centres d’intérêt, en particulier l’astronomie, l’histoire naturelle et les sports de montagne. De plus, c’était un photographe enthousiaste et un propagandiste de la photographie. Il créa la Société Photographique de Toulouse en 1875, la troisième société du genre en France (Paris, 1851, et Marseille, 1863 furent les deux premières). À partir de 1876, il publia annuellement l’« Aide-mémoire de photographie » [15], qui rendait compte des progrès réalisés dans l’année dans le domaine de la photographie (physique, chimie, science des matériaux). Cet annuaire fut publié régulièrement pendant presque quarante ans. À partir de 1889, il publia un monumental « Traité encyclopédique de photographie » ([16] – [20]) ; le dernier des huit volumes sortit en 1906 [20].

L’information provient des sources suivantes :
http://www.obs-hp.fr/dictionnaire/par_lettre/lettre_F.pdf

http://www.galeriechateaudeau.org/wp/blog/1983/07/31/charles-fabre/

9.3  Étienne Wallon (1855 - 1924)

Étienne Wallon fut l’une des figures les plus prestigieuses dans le développement et les progrès de l’industrie photographique en France pendant le premier quart du XXe siècle. Il était le fils d’Henri-Alexandre Wallon, sénateur et l’un des principaux contributeurs à la rédaction de la Constitution de la IIIe République. Étienne Wallon naquit à Paris le 11 novembre 1855. Après avoir terminé ses études à École Normale Supérieure à Paris, il fut nommé comme professeur associé en physique. Il passa l’essentiel de sa carrière d’enseignant au lycée Janson de Sailly où il fut le promoteur de l’enseignement des sciences physiques par la pratique. Il introduisit en France des méthodes modernes pour l’optique géométrique. Grâce à ses efforts pédagogiques, furent adoptées en France des méthodes de calcul qui permirent un développement remarquable dans les industries de l’optique.

Étienne Wallon témoignait d’un grand intérêt à la fois pour les aspects techniques et artistiques de la photographie. Membre de la Société Photographique de France depuis 1892, il en devient vice-président en 1921. En 1893 il fut l’un des fondateurs du Photo-Club de Paris, et il organisa plusieurs congrès. Il est également l’un des fondateurs de l’Institut d’Optique Théorique et Appliquée. Il a également occupé les fonctions de vice-président de la Société Française de Physique et président de l’Union des Physiciens. Il prit sa retraite en 1914, mais continua à enseigner au lycée Janson de Sailly. Par la suite, après la première guerre mondiale, il assura la direction effective du Comité des Réfugiés du Nord. En collaboration avec G. Puyo, il écrivit un intéressant traité de photographie pour les débutants, en plus d’avoir publié de nombreux livres sur l’optique photographique. Il collabora à des articles dans de nombreux magazines de photographie français et étrangers, et donna de nombreuses conférences sur la photographie. En plus de son côté technique, il était aussi un artiste, et ses photographies étaient admirées : il gagna des prix dans plusieurs expositions.
Étienne Wallon mourut le 11 Août 1924 à Saint-Etienne-de-Baïgorry, dans les Basses-Pyrénées (aujourd’hui : Pyrénées Atlantiques).

Source : pp. 77-78 dans l’ouvrage de Luís Miguel Bernardo, 2010, Histórias da Luz e das Cores, volume 3. U. Porto Editorial. Porto. 511. ISBN 9789898265234

https://books.google.com/books?id=4hHqo5MCB70C

10  Notes et références

[1]
Certains catalogues Berthiot sont disponibles sur Internet :
1908 (ou peut-être 1910), daté par erreur de 1892 :
http://www.largeformatcameras.net/index.php?/category/41
[2]
1912 : http://cnum.cnam.fr/CGI/redir.cgi?M11121
voir également : http://www.largeformatcameras.net/index.php?/category/28
[3]
1922 : http://www.largeformatcameras.net/index.php?/category/14
[4]
non daté, années 1920 :
http://www.collection-appareils.fr/accesnotices/html/lire_repertoire?
?repert=som_berthiot&marque=Som%20berthiot&modele=Catalogue
voir également : http://www.largeformatcameras.net/index.php?/category/40
 
[5] 1927 : http://cnum.cnam.fr/CGI/redir.cgi?M11189
 
[6]
1950 : http://www.largeformatcameras.net/index.php?/category/36
 
[7]

 

site de Carlo Granata : http://www.catalogoitalyfoto.com
il vend les catalogues des années 1889, 1908 (ou 1910 ?), 1915, 1922 et 1936 (ou autour de 1936, mal indiqué comme 1926). Ces catalogues ne sont pas affreusement chers.
 
[8] Bulletin de la Société Française de Photographie (1875, 1899 -1909, 1920 – 1924)
https://www.sfp.asso.fr/collection/index.php/
recherche-dans-la-collection/bulletins-de-la-sfp
disponibles : 1855 – 1898) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb344457059/date
 
[9] Colucci, Dan. (non daté). An Illustrated Guide to Antique and Classic Soft Focus Lenses. http://www.antiquecameras.net/softfocuslenses.html
 
[10]
Histoire de l’entreprise : voir le catalogue de 1908 (ou 1910 ?).
 
[11] Pour un aperçu général sur SOM-Berthiot ; parle de l’acquisition de l’entreprise Hermagis.
Bandelier, Gérard. Non daté. La SOM, Société d’Optique et de Mécanique.
http://web.archive.org/web/20001217201200/
http://www.leprogres.fr:80/fex-indo/som/som1.htm
 
[12] Beaud Claude. 1995. Les Schneider marchands de canons (1870-1914).
Dans : Histoire, économie et société, 1995, 14ième année, n°1. pp. 107-131
http://www.persee.fr/doc/hes_0752-5702_1995_num_14_1_1763
Voir pages 121-122 pour les liens avec. Schneider.
 
[13]
https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Benoist_Berthiot
 
[14]

 

Creuset, J. 1954. Evolution of French Photogrammetric Equipment From 1949 To 1954. Photogrammetric Engineering, Vol. XX, September. pp. 651 – 658.
https://www.asprs.org/wp-content/uploads/pers/
1954journal/sep/1954_sep_651-658.pdf
 
[15] Fabre, Charles. 1876 – 1910, et peut-être années suivantes, Aide-mémoire de photographie.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34398193b/date
 
[16] --- 1889. Traité encyclopédique de photographie. Tome premier. Matériel photographique. Gauthier-Villars et fils, Paris. pp. 512. http://cnum.cnam.fr/redir?8KE304.1
 
[17] --- 1892. Traité encyclopédique de photographie. Premier supplément A. Gauthier-Villars et fils, Paris. 400 pp. http://cnum.cnam.fr/redir?8KE304.5
 
[18]
--- 1897. Traité encyclopédique de photographie. Deuxième supplément B. Gauthier-Villars et fils, Paris. 424 pp. http://cnum.cnam.fr/redir?8KE304.6
 
[19] --- 1902. Traité encyclopédique de photographie. Troisième supplément C. Gauthier-Villars et fils, Paris. 423 pp. http://cnum.cnam.fr/redir?8KE304.7
 
[20] --- 1906. Traité encyclopédique de Photographie. Quatrième supplément D. Gauthier-Villars et fils, Paris. 414 pp. http://cnum.cnam.fr/redir?8KE304.8
 
[21]

 

Le document http://www.suaudeau.eu/memo/Fabre/Fabre.html contient le volume 1 du traité encyclopédique de Fabre, année 1889 Vol. 1, ainsi que les suppléments de 1892, 1897, 1902 and 1906. Ce document est plus difficile à utiliser que la version disponible sur le site CNUM, mais les scans sont bien meilleurs.
 
[22] Fromm, D. W. 2011.
http://www.galerie-photo.com/telechargement/
optiques-6x9-dan-fromm-v2-2011-04-08.pdf
et http://www.galerie-photo.com/telechargement/.
dan-fromm-6x9-lenses-v2-2011-03-29.pdf
--- et E. Beltrando (2008). http://www.galerie-photo.com/boyer-lens-optic.html
 
[23] Un Graphor monté sur un appareil Rapid-Printemps 
http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/html/
affichage_un_catalogue.php?nom=Au%20Printemps&annee=1910.
 
[24] Catalogue Hermagis 1919 : l’Eidoscope ouvre encore à f/5 en 1919.
http://www.largeformatcameras.net/picture.php?/2088/category/22
[25]

 

Cinzia Martorana, Henri Gaud et Jacques Cousin, 2013, Optiques et Collodion.
https://web.archive.org/web/20160805031818/
trichromie.free.fr/trichromie/index.php?post/2013/06/03/OEC
 
[26] Catalogue Omnium Photo 1923 : un Orthor sur un appareil Demaria-Lapierre Film.
http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/html/
affichage_un_catalogue.php?nom=Omnium%20Photo&annee=1923
 
[27] Paris-Photographe. 1892.
http://www.cineressources.net/consultationPdf/web/o001/1194.pdf
 
[28] brevet FR 338.344 le premier anastigmat extra-rapide de Lacour à quatre lentilles non collées
https://bases-brevets.inpi.fr/fr/document/FR338344/publications.html
 
[29]
brevet FR 374.045 le premier anastigmat extra-rapide de Lacour à cinq lentilles collées
https://bases-brevets.inpi.fr/fr/document/FR374045/publications.html
[30]
brevet FR 456.434 et US 1,168,873 objectif de Florian similaire au Nébulor
https://bases-brevets.inpi.fr/fr/document/FR456434/publications.html
http://pdfpiw.uspto.gov/.piw?Docid=01168873
[31] brevets FR 456.484 et US 1,122,895 objectif de Florian proche du Tessar, mais à cinq lentilles
https://bases-brevets.inpi.fr/fr/document/FR456484/publications.html
http://pdfpiw.uspto.gov/.piw?Docid=01122895
 
[32] brevets FR 566.133 et US 1,629,361 objectif hyperchromatique de Polack
https://bases-brevets.inpi.fr/fr/document/FR566133/publications.html
http://pdfpiw.uspto.gov/.piw?Docid=01629361
 
[33] brevets FR 1.124.653 et US 2,845,845 objectif grand-angulaire orthoscopique de Baluteau
https://bases-brevets.inpi.fr/fr/document/FR1124653/publications.html
http://pdfpiw.uspto.gov/.piw?Docid=02845845
 
[34] brevet US 442,251 objectif Périgraphique de Gundlach
http://pdfpiw.uspto.gov/.piw?Docid=00442251
Pour effectuer une recherche par numéro dans la base de données des brevets des États-Unis, utiliser ce lien :
http://patft.uspto.gov/netahtml/PTO/srchnum.htm
et rentrer le numéro dans le formulaire.
La base de données des brevets français est accessible ici :
en français https://bases-brevets.inpi.fr/fr/accueil.html
en anglais http://bases-brevets.inpi.fr/en/home.html
 
[35] Photo-Gazette Revue Internationale Illustrée de la Photographie. Le lien ci-dessous permet d’accéder aux numéros des années 1890 à 1911 :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32839484s/date
 
[36] Pont, Patrice-Hervé. 2000. Les chiffres clés : de A comme Alpa à Z comme Zeiss (3e édition). Les Éditions du Pécari, Biarritz. 98 pp. ISBN 9789128481472, 2912848148.
 
[37] --- et Jean-Loup Princelle. 2013. Berthiot Opticien. Le Rêve Édition, F-56910 Carentoir. pp. 28. ISBN 2-9522521-7-3.
 
[38] Reading, O. S. and J. J. Deeg. 1948. Report of Commission I – Photography. Photogrammetric Engineering, Vol. XIV, June. pp. 229-79.
https://www.asprs.org/wp-content/uploads/pers/
1948journal/jun/1948_jun_229-279.pdf
 
[39] Saudax, Armaud. 2014. distances focales des Apographes :
https://collection-appareils.fr/phpBB3/viewtopic.php?f=10&p=155079
 
[40] The American Amateur Photographer, Volume 1 (juillet à janvier 1889),
voir p. 86 l’Eurygraph de Barker & Starbird.
https://babel.hathitrust.org/cgi/
pt?id=mdp.39015023169272;view=1up;seq=124
 
[41] Tomellini, L. 1908. Photographie Métrique (Système Bertillon). Archives d’Anthropologie Criminelle, de Médecine Légale et de Psychologie Normale et Pathologique. Volume 23. pp. 149-74.
https://books.google.com/books?id=E2bLAAAAMAAJ&pg=PA152&lpg=PA152
&dq=bertillon+trousse+%22photographie+metrique%22&source=bl
&ots=y8uZV_zzI0&sig=SW3ohwGKutSnd-v44DX1V55mmMU&hl=en&sa=X
&ved=0ahUKEwjazYGv5qrWAhUFMSYKHTPHCwkQ6AEIRzAJ#v=onepage
&q=bertillon%20trousse%20%22photographie%20metrique%22&f=false
 
[42] Vidal, Léon. 1901. Exposition universelle internationale de 1900 à Paris. RAPPORTS DU JURY INTERNATIONAL CLASSE 12 PHOTOGRAPHIE Rapport du Jury international
http://fotohist.blogspot.com/2010/03/
exposition-universelle-internationale_18.html

 

 

Dernière modification : 2018

 

 

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