
[abonnement gratuit]
les auteurs
|
Justine Montmarché

Arts graphiques au
lycée Auguste Renoir, Paris
. Ecole des Beaux-Arts du Port, la Réunion
travaille parallèlement dans le domaine
de la photographie événementielle
en suivant des groupes de musique
En 2010, IRD (Institut
de recherche pour le développement)
pour un reportage photographique sur le paludisme chez la femme enceinte
et le nouveau né.
Fin 2010, trois mois
sur les routes d’Afrique de l’ouest (Maroc, Mauritanie, Mali)
Depuis 2011, elle se consacre au partage des savoirs, en intervenant au
sein d’écoles primaires dans le Val d’Oise, et en initiant les enfants
aux procédés alternatifs de photographie.
www.justinemontmarche.com
Sébastien Bergeron

Québec, 2005 à 2008 : études de photographie
Cégep de Matane, en Gaspésie pour devenir photographe professionnel
Fin 2010, embarque pour
un voyage de deux mois et demi, en Afrique de l’Ouest
traverse le Maroc, la Mauritanie et le Mali, à
bord d’un poids lourd équipé en labo argentique ambulant
fait la connaissance, durant cette aventure, de Justine
Ensemble, en 2011, ils décide de commencer à donner des ateliers de
photographie, aux enfants des écoles primaires, à Auvers sur Oise
Fort de cette première expérience réussie, ils décident de créer l’Atelier
des petits photographes, qui aura pour but la transmission des
savoirs photographiques aux jeunes générations.
|
|
|
Street Box Camera
Justine Montmarché, Sébastien
Bergeron et Adrien Tache donnent ici un aperçu sur un voyage en
Afrique récent, réalisé ensemble en utilisant des street-box
différentes mais toutes artisanales, faites en matériau de
récupération, conçues comme des appareils-laboratoires (1)
(...)« Pesante et rudimentaire, elle
chasse l'authenticité dans une seconde.
Oubliant les vitesses, les perfections, elle émerveille de ces
accidents.
Laisse entrer la lumière, du pêcheur à la jeune mère, dans des
vapeurs d'argent.
Tant que le soleil la caresse, elle te surprendra.
Des sourires curieux à la fierté offerte sur un bout de papier.
Toujours te rappelant que voyager avec l'alchimie des simples, c'est
se réconcilier avec la lenteur ».

©Sébastien Bergeron. Sans titre, Touminian, Mali. 2014.
Pendant l'hiver 2013-2014, nous
sommes repartis en camion, direction l'Afrique de l'Ouest.
Accompagnés de chambres photo de rue, nous avons quitté le sud de la
France, et poussé le voyage jusqu'au Burkina-Faso, en traversant
l'Espagne, le Maroc, la Mauritanie et le Mali.
Les chambres photo de rue, « street
box » ou « minuteros » sont des chambres photographiques permettant
la réalisation de photo noir et blanc, sur place et en direct. Elles
sont composées d'une partie « prise de vue », avec un objectif et un
dépoli, et d'une partie « laboratoire » avec un bac de révélateur et
un bac de fixateur.
Nous avons eu l'occasion d'utiliser une chambre photo de rue de type
« africaine » pendant ce voyage, fabriquée spécialement pour
l'occasion.
Elle donne des négatifs au format 4 x 5 in sur du papier RC Ilford
multigrade.
Adrien a utilisé une chambre de type « afghane », qui donne des
négatifs au format carré sur papier Harmann positif direct.
Deux approches différentes pour une même et seule technique : la
photographie de rue noir et blanc, brut et en direct.
Afin de pouvoir transporter la chambre
de manière plus aisée, nous avons fabriqué un support dorsal
rudimentaire, à l'aide d'une chaise en bois, de lacets de
chaussures, de quelques clous et de lanières de cuir très solides, à
l'origine conçues pour les ânes et les mules, dénichés dans un souk
du Haut-Atlas, au Maroc.
Adrien s'est fait fabriquer un support dorsal avec tiroir, réalisé
par des artisans marocains. Une bonne manière de faire marcher
l'économie locale.
Notre première expérimentation en
terre africaine fut réalisée au milieu du Maroc, sur le bord de la
route. A environ 500 mètres à vol d'oiseaux, nous avons posé notre
camp, près de collines creusées de grottes troglodytes. Aux environs
de 6H du matin, nous sommes partis, avec tout notre attirail,
réaliser quelques essais de nos box, sur les grottes troglodytes,
abri de fortune des bergers et de leurs troupeaux.
La lumière changeant à une vitesse incroyable, nous n'avons eu le
temps de réaliser que quatre essais.

©L'atelier des petits photographes - Grottes troglodytes, Maroc.
2014.
A quelques minutes d'intervalle, deux
photos sont sorties avec un rendu totalement différent.

©L'atelier des petits photographes. 2014.
Poursuivant notre périple, nous nous
sommes arrêtés à Ait Melloul, dans la banlieue d'Agadir.
Avec Adrien, nous sommes partis rejoindre le quartier des
ferrailleurs d'Inezgan, avec les box.
Ce quartier est un endroit dédié au recyclage de divers matériaux :
pneus, pièces autos, ferrailles, travail des métaux, etc...
Une « cour des miracles » du recyclage, visuellement très puissante,
humainement attachante.
Quelques ouvriers du quartier ont donc participé aux prises de vue.
Ce jour-là, le ciel était souvent couvert et un vent fort balayait
le quartier d'une poussière métallique.

© Adrien Tache. Les deux zingueurs, Inezgan, Maroc. 2014.

© Justine Montmarché. Jeune ferrailleur, Inezgan, Maroc. 2014.

© Justine Montmarché. Les recycleurs de pneus, Inezgan, Maroc. 2014.
La prochaine étape fut le village de
Chica, dans le sud du Maroc.
Chica est un village éphémère de pêcheurs, fait de baraquements en
taule et d'abris loufoques.
Les pêcheurs y travaillent durs durant quatre mois, afin de mettre
de l'argent de côté pour leurs familles.
Ce jour-là, seul Adrien s'est baladé
dans le village avec la street box.
L'effet fut saisissant. L'accueil y fut convivial et surprenant.
Une curiosité mutuelle a envahi tout le monde.
Nous sommes partis avec de belles images en tête et quelques
poissons fraichement pêchés, offerts en guise d'au revoir.

© Adrien Tache. Groupe de pêcheurs, plage de Chica, Maroc. 2014.
|
|
|
|
Avec Justine, nous avons choisi de
faire le portrait de personnes que nous avions rencontré trois ans
auparavant.
Justine a donc tiré le portrait de
Sorona, jeune maman, et de son bébé.
Pour ma part, j'ai réalisé le portrait
de Massiga Diawara et de sa femme.
Massiga est le jardinier du village. Une personne travailleuse,
courageuse et de compagnie apaisante. J'ai de l'admiration et
beaucoup de sympathie pour cet homme, à chaque fois que je le vois.
On a tous nos héros du quotidien...Un des miens est un jardinier
malien.
Pour l'anecdote, nous avions apporté
des graines de melon, il y a quelques années.
Les fruits ont bien poussés dans les conditions difficiles de la
région.
Depuis, cet homme est surnommé « Papa Melon ».
Avec les graines apportées, il a contribué à faire découvrir de
nouvelles saveurs de fruits et de légumes aux gens de la région.
Si vous venez à voyager dans ces régions, emportez quelques sachets
de graines dans vos sacs.
Très peu encombrant, très léger et surtout très utile pour eux !

©Sébastien Bergeron. Massiga et sa femme, Lattakaf, Mali. 2014.
Adrien est parti à la rencontre des
femmes de Lattakaf, pour une belle journée de travail et de
rencontres.

©Adrien Tache. Jeune mère, Lattakaf, Mali. 2014.
Pendant plusieurs semaines, nous avons
poursuivi la route, traversant plusieurs villages du Mali :
Baguineda, Fana, Touminian.

©Adrien Tache. La petite fille et l'épave, Baguineda, Mali. 2014.
|
|
|
|

©Sébastien Bergeron. Tata, Fana, Mali. 2014.
L'expérience fût très enrichissante.
Bien que le poids du matériel additionné aux fortes chaleurs ait été
parfois redoutable, les rencontres avec les gens et leur
disponibilité nous ont réjouis au plus haut point.
L'accueil fut à chaque fois chaleureux, et la curiosité créée, une
belle récompense.
Il y a trois ans, nous découvrions cette technique, au hasard d'une
rue de Mophti, au Mali.
Ramener cette technique dans ce pays avait donc un sens particulier.
Et aussi...
Justine, Sébastien et Adrien ont en
parallèle chacun travaillé sur des projets personnels.
Justine a improvisé des studios
éphémères dans les rues d'Afrique de l'Ouest, à l'aide d'un fond de
studio. Elle a voulu immortaliser les anonymes des rues africaines,
vendeurs ambulants, femmes, artisans, pour en faire des icônes de
leur métier.
Son travail « Dogo Don » est visible sur :
www.justinemontmarche.com
Adrien a continué son magnifique
projet sur les photographes africains : Photografrika.
Son travail est visible sur :
www.adrientache.com
Sébastien a poursuivi son travail
d'errance photographique dans les rues d'Afrique de l'ouest, en
portant cette année, principalement son regard sur les récupérateurs
d'objets usagés ou cassés et le recyclage des matériaux. Une quête
d'alter-égo en terres africaines...
Justine et Sébastien ont réalisé aussi
un travail sur l'éducation en Afrique de l'ouest, en partant à la
rencontre d'écoles et de classes, au Mali et au Burkina-Faso.
Association de lutte contre l'analphabétisme au Burkina-Faso, école
primaire en brousse au Mali, etc...
Notes
(1) pour plus de précisions voir,
par exemple, sur ce site
www.galerie-photo.com/photographie-de-rue.html
dernière modification de cet article
: 2014
|