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l'auteur

Henri Peyre
Né en 1959
photographe
Beaux-Arts de Paris en peinture
webmaster de galerie-photo
ancien professeur de photographie
à l'Ecole des Beaux-Arts
de Nîmes

www.photographie-peinture.com
www.stage-photo.info


 

 

    

Copie, imitation et ressemblance

Une recherche de l'Etre

 

par Henri Peyre
 
 
Un dessinateur de portrait qui cherche la ressemblance sait qu’il doit « rendre » la personne appréhendée dans le réel avec des moyens limités, ceux de la technique de son dessin, 2D au lieu de 3D, noir et blanc au lieu de couleur, trait au lieu de chair, absence des sons et des odeurs. Au moyen de raccourcis, qui peuvent être foudroyants (mais excessifs) dans la caricature, il pourra atteindre la ressemblance entre le dessin et son modèle de sorte que l’observateur de son dessin pourra dire : « oui, c’est tout à fait X qui est représenté ».
En aucun cas cet observateur ne pourra évidemment annoncer que le dessinateur a fait une « copie de X » : il va de soi qu’il y a une différence de nature entre la personne portraiturée et le dessin résultant. La faiblesse des moyens employés obtenant tout de même une ressemblance, est perçue au minimum comme la preuve du talent de l’artiste, et parfois, dans l’histoire, comme une puissance magique donnant un pouvoir sur la personne représentée(1).

Haine acquise de la recherche de la ressemblance dans les Beaux-Arts

J’ai vécu la grande période, en peinture, de l’abstraction triomphante et il était courant alors d’entendre des peintres abstraits dire « qu’eux, ils ne copiaient pas le réel ». Cet argument décisif répété jusqu’à plus soif m’avait dans ma jeunesse d’emblée amené à me méfier de ceux qui l’employaient. Y croyaient-ils, et ils étaient des sots, ou l’employaient-ils le sachant faux ? Dans les deux cas cela ne portait pas à compter à leur nombre. La possession de la capacité de la représentation par les meilleurs dessinateurs suscitait chez eux une telle haine qu’il me semblait évident que s’y jouait une question viscérale, et à l’époque je ne comprenais pas laquelle ; ce n’est que plus tard que je réalisai combien l’arrivée de la photographie en art avait bousculé le monde de la représentation et écarté les peintres de la ressemblance, en étant sur ce domaine d’emblée plus efficace. La haine des abstraits pour les figuratifs descendait en fait de l’amertume des peintres au regard des combats perdus contre la photographie. La bataille de la représentation avait été une défaite, il fallait garder le pouvoir ailleurs au sein du monde des Beaux-Arts, et soutenir contre toute vraisemblance que la recherche de la ressemblance était forcément de la copie et, partant une chose vile.

Recherche de la ressemblance et travail de copie ne procèdent pourtant pas du même mécanisme.
On ne peut parler de copie que, lorsqu’au sein du même medium, on tente de figurer une représentation déjà faite (et non pas sa source dans le réel) une nouvelle fois. Effectivement alors, le travail du copieur est une tâche difficile qui demande beaucoup d’attention et de soin, mais pas cette capacité à dénicher et transcrire immédiatement l’essentiel, et à le traduire dans un autre medium aux moyens limités, qui est celle de l’artiste. La copie doit être juste jusque dans le détail, la recherche de la ressemblance procède plus du résumé fulgurant. La copie est plus analytique, la recherche de la ressemblance plus synthétique.

Ressemblance, copie et être

Encore plus loin, la recherche de la ressemblance est implicitement basée sur la pensée que ce qui est sous les yeux présente une identité fondamentalement originale, qui doit être extraite et traduite dans le medium. Les traits rapportés doivent être si spécifiques à ce qui est vu qu’ils doivent frapper l’esprit du spectateur. Le spectateur doit s’exclamer : « c’est tout à fait lui (elle) ! ». La recherche de la ressemblance suppose la détermination la plus aboutie possible d’un être singulier, et, pour être reconnue, la ressemblance suppose que le spectateur s’engage aussi dans cette recherche d’être, et trouve satisfaction d’avoir « reconnu » l’être qu’il attendait de retrouver. A cet égard, la copie travaille aussi à s’emparer par imitation complète de l’œuvre phagocytée (de son être en tant qu’œuvre) mais, répétons-le, on reste pour la copie dans le même medium. C’est pourquoi un faussaire est moins qu’un artiste. Reste que les deux fascinent, travaillant la question de l’être.

On peut parler d’imitation dans le cas de la copie, quand on reste à l’intérieur du même medium.
On ne peut pas parler d’imitation dans le cas du transport d’une ressemblance d’un support à un autre, lorsqu’il y a changement de medium.

Confrontation du vocabulaire au réel

La plupart d’entre vous auront reconnu ci-dessous un wagon corail, traité ici en Lego.

 

   

©Henri Peyre - voiture corail SNCF en briques

 

Cette reconnaissance ne peut s’effectuer que si existe auparavant une connaissance de l’objet représenté : c’est une re-connaissance. Si vous ne vous êtes jamais intéressé au train, si vous êtes toujours parti en vacances en voiture et si vous n’avez jamais vu de wagon Corail, vous ne pouvez pas ressentir de reconnaissance et votre intérêt pour ce Lego est forcément nul. Si au contraire vous reconnaissez l’original, vous jouissez de cette jouissance particulière que donne la contemplation des œuvres d’art, cet aller-retour interne jouissif de la perception de l’objet à celle de sa représentation.

Plus vous connaissez l’objet et plus par contre vous êtes capable d’éprouver l’insatisfaction d’une reconnaissance qui aurait pu être encore plus aboutie. Et si vous êtes l’artiste qui a fait passer ce fragment du réel en Lego, qui est allé au bout de l’œuvre, là où l’on cale parce que le medium est impuissant, il n’y a pas toutes les formes de pièces ou toutes les couleurs disponibles en Lego, alors peut-être vous êtes même fatigué et déçu de n’avoir pas pu aller plus loin. Et à ce moment c’est avec le Lego comme avec tous les mediums, vous êtes las de cette œuvre qui, dans vos rêves, avant de commencer, aurait pu être meilleure… et il vous reste à passer sans vous retourner à la suivante.

Le Lego est-il un art ?

Dans ces considérations, nous avons parlé du Lego comme si c’était de l’art. Est-ce bien légitime ?

Dans le principe du fonctionnement qui mène à la ressemblance, cela nous semble tout à fait légitime : le Lego est un mode de représentation. Toutefois tout mode de représentation a ses limites, et le fait de vouloir représenter le monde avec des petits bouts de plastique semble une gageure à côté d’autres modes de représentation pré-existants, comme par exemple le dessin, la peinture, ou la sculpture qui préexistent depuis longtemps dans les Beaux-Arts.

Dans cas du Lego, on se présente à la course à la représentation avec un handicap sévère. Pour pousser la métaphore, le Lego a l’allure d’une discipline, avec, comme toutes les disciplines, des règles strictes. Au foot, on n’utilise pas ses mains, sauf si on est gardien de but. Avec le Lego on n’a le droit qu’aux bouts de plastique créés par la maison-mère.

Mais dès qu’il y a discipline, il y a relâchement de la discipline et un grand nombre de puristes regrettent déjà la multiplication des pièces qui, diminuant la difficulté de la représentation, diminue l’écart entre le réel et son illustration et, partant, une jouissance fondée sur l’appréhension de cet écart. De la même façon nombre de peintres ont assez reproché à la fin du XIXème à la photographie de la jouer trop facile sur le terrain de la représentation, par rapport au dessin et à la peinture. Si on va jusqu’à Duchamp et à ses Ready-Made, qui constituent une abolition de la représentation, on est dans la logique du système de représentation le plus abouti, qui constitue dans le fait de mettre l’objet lui-même au musée. Mais c’est lourdement se tromper sur la nature de la jouissance artistique, qui est jouissance de la représentation, c’est-à dire de l’écart entre le réel et l’œuvre qui la représente. Duchamp d’ailleurs en tirera les conclusions, dont la fin de l’existence sera consacrée à la fabrication d’un véritable trompe-l’œil autrement dit un long travail sur la représentation…(2)

Revenons à Lego : le mode de fonctionnement de cette activité apparaît donc très voisin de celui des Beaux-Arts. L’emprunt au monde de l’enfance et le côté dérisoire d’une représentation à partir des éléments de ce qui n’était d’abord qu’un jeu, le caractère de discipline emprunté à l’enfance, et la sévérité de cette discipline en regard de la représentation, marquent plus sûrement sa distance aux Beaux-Arts que sa nature même. Son succès d’estime vient paradoxalement de cet aspect, dans des époques où l’on aime le dépassement, la remise en cause des valeurs et où la modernité de l’art, au nom de du dépassement du sérieux bourgeois, en appelle aux enfantillages et à l’idiotisme.(3)

Le wagon Lego :
copie, imitation et ressemblance

Maintenant que nous avons établi que le Lego pouvait présenter dans son fonctionnement des similitudes avec l’art, nous pouvons revenir nous intéresser au rapport d’une réalisation en Lego au sujet représenté. Dira-t-on que le Lego est une copie du wagon ?

Si celui qui regarde l’image du wagon a déjà pratiqué du Lego et qu’il a à la fois une connaissance un peu développée du matériel SNCF, ou la pratique du train Corail, il examinera très attentivement le modèle propos���������������� pour en évaluer l’écart au réel et la qualité -ou non- de la représentation ; partant de là, il discutera des mérites de la réalisation et saluera ou pas le travail du créateur du wagon Lego. Autrement dit, plus il aura de culture à la fois dans le domaine de la discipline et dans le domaine du réel, plus il appréciera le travail fait.

A ce moment ne se posera jamais la question de savoir si le wagon est une copie du réel. La notion de copie est impossible à concevoir : toute la question est celle de savoir si la représentation « marche » ou pas. On est là dans le même moment que décrit Roland Barthes dans la Chambre Claire quand, après le décès de sa mère chérie, il tente de retrouver sa présence dans un lot de photos : il la retrouvera dans une photo où elle n’est qu’une fillette, mais a tout à fait son « air ». La ressemblance est une question d’essentiel, de rapports fulgurants entre certains traits plutôt que d’autres. Pour être discutée elle nécessite un savoir et un vécu.

Si celui qui regarde l’image du wagon n’a jamais fait de Lego ou ne sait pas ce qu’est un wagon Corail, il est bien incapable d’évaluer quelque qualité que ce soit et la chance qu’il emploie le mot de copie pour qualifier le rapport entre deux objets dont il ignore tout est maximale. Mais il ne s’agit là que d’un mauvais emploi du vocabulaire, basé sur le fait que l'observateur n’a aucune familiarité avec le wagon ; on parle bien plutôt de copie dans le cas où il y a tout simplement deux wagons lego identiques, l’un fait d’après l’autre. Il n’y a pas là de changement de medium, on emploie les mêmes pièces et on ne discute nullement d’interprétation de réalité.

Représentation et œuvre d’art : le sujet ne suffit pas

La discipline Lego, bâtie sur la manipulation de petits cubes, est par essence, condamnée à ne pas traiter de sujets vaporeux : difficile d’évoquer en Lego des ciels comme ceux qui fascinaient Boudin ; on pourrait concevoir, par contre la représentation d’autres sujets largement traités par les Beaux-Arts, et l’exposition Lego en cours ne se prive pas de le faire (4). Le malaise inhérent à cette exposition est qu’on ne sait pas bien si c’est une exposition qui œuvre dans le registre de la dérision, ou si les œuvres Lego terminées sont réellement prises au sérieux. La gêne vient naturellement de ce que les représentations sont souvent des transcriptions en Lego d’œuvres d’art reconnues pour telles, et très malheureusement présentées aussi comme des œuvres, comme si elles en étaient de strictes équivalent et pouvaient s’y substituer. La ressemblance de ces œuvres à une réalité antérieure à laquelle elle font référence est niée, puisqu’on les prend comme réel de base. Enfin, comme le medium Lego est plus aride que le medium peinture ou le medium sculpture, on aboutit à une perte de richesse des œuvres, qui deviennent en Lego la caricature de ce qu’elles étaient en réel. D’où l’impression pénible d’une galerie d’œuvres desséchées.

De meilleurs sujets pour chaque medium

L’assemblage des cubes Lego fabriquant des objets en 3 dimensions, le lego comme medium est bien plus directement approprié à la représentation d’objets qu’à la représentation de portraits par exemple. De même que tous les mediums employés dans la représentation, il offre des terrains d’emploi plus favorables. Il suffit d’ailleurs de faire l’inventaire historique des pièces progressivement sorties par la firme pour constater une nette évolution de la construction de bâtiments vers la représentation des machines, des mécanismes et de la technique. L’acte même d’assembler des cubes porte l’utilisateur du medium naturellement vers la représentation d’assemblages, et d’assemblages de plus en plus complexes.

La même réflexion portée sur la photographie invite de son côté à reconnaître qu’elle est naturellement destinée à représenter l’effet de la lumière et les moments de suspension du temps ; de là que, pour une bonne efficacité, l’amoureux du Lego comme le photographe savent où porter leur effort pour la meilleure efficacité possible.
Pour utiliser les deux mediums conjugués dans un sens d’efficacité maximale, on pourrait ainsi envisager ainsi de fabriquer des photographies dans lesquelles on conjuguerait la tendance des Lego à la représentation des assemblages, avec un effet de suspension comme sait en offrir la photographie, qui rappelle la capacité de ce deuxième medium à surprendre des instants arrêtés :

 

    ©Henri Peyre - Briques et photographie

Ce raisonnement est celui tenu par les peintres abstraits au XXème siècle. Comme le sujet figuratif issu du réel avait été volé à la peinture par la photographie, ils ont médité sur leurs forces et leurs faiblesses avant de se lancer à fond dans ce que la peinture pouvait le mieux leur proposer : une méditation sur la façon dont une matière encore un peu épaisse pouvait couvrir une surface plane que l’on expose sur un mur. Autrement dit le sujet devient le medium lui-même, et la réalité extérieure n’est plus qu’un aiguillon qui peut inviter à modifier ici ou là les prétextes de couleur ou de composition. De là deux conséquences : le public, qui a l’habitude d’une jouissance basée sur la reconnaissance du sujet et l’écart de l’œuvre au réel, est perdu : il cherche en vain le sujet référent sur lequel baser sa jouissance. Les artistes quant à eux développent leur art comme des machines d’exploration tournées vers elles-mêmes, déclinant dans chaque œuvre des micro-différences à l’infini. Au total, ils parlent de façon intarissable mais autistique de la conception qu’ils se font de leur métier. Cela garantit aux œuvres réalisées une signature facile à identifier qui plait au marché et encourage le système à continuer. Mais l’art devient alors uniquement spéculatif.

L’histoire de l’art comme sujet

Cette coupure entre le public et l’art est devenue une obsession pour les artistes : il fallait justifier absolument qu’on ait déserté le front du réel en évoquant des raisons positives. Il y en a eu des tas : des raisons politiques, l’art devant être révolutionnaire et anti-bourgeois, des raisons historiques : l’art devait sans arrêt annoncer un nouveau monde, enfin moderne… La recherche de justifications plausibles de l’abstraction a obligé à un lourd travail théorique sur les mediums traditionnels des Beaux-Arts… mais tous ces développements ne peuvent cacher qu’il y a eu tout simplement une crise de la représentation, l’apparition de la photo puis de l’image animée offrant de nouveaux moyens de figuration du réel bien plus capables d’en témoigner que le dessin ou la peinture.

Cette agitation théorique dans le fond assez vaine a conséquemment eu pour effet de constituer toute une histoire de l’art hautement documentée, si bien que les artistes ont pu commencer à concevoir des œuvres dont le sujet est l’histoire de l’art elle-même, faites pour être décryptées par des gens au courant, capables de mesurer la jouissance entre le sujet « histoire de l’art » et la façon dont l’histoire de l’art est convoquée dans l’œuvre…(5) Comme illustration de ce glissement du sujet-réel au sujet-théorie, je vous propose, par exemple, une image illustrant l’idée que le Lego est un medium de représentation :

   

©Henri Peyre - Pépite de BB16700 dans du materiau-brut

 

Cet objet Lego ne reproduit pas quelque-chose qui existe dans la nature, mais représente quelque-chose qui pourrait être une pure idée comme « la construction en Lego »

Mauvaise foi et conséquences

Nombre d’artistes sentent toutefois suffisamment que l’histoire de l’art récente est un narratif un peu mince plutôt qu’une démonstration solidement structurée. Ce qui est perçu comme l’institution d’un mensonge et une insulte au bon sens attire de fait une ironie irrépressible qui se manifeste par des tentatives antisystème ou de l’idiotisme. Pour rester dans la métaphore du Lego, on pourrait construire, par exemple, cette proposition d’art idiotique :

   

©Henri Peyre - Modèle de locomotive en brique pas catholique

 

Dans de telles tentatives, il s’agit de surprendre par la nouveauté, de faire se heurter des concepts que rien ne rapproche, dans l’esprit du surréalisme et de Dada. De montrer aussi que rien n’a beaucoup d’importance et que tout se vaut. On n’est donc pas là dans une liberté de penser (qui est une capacité de donner du sens), mais au fond dans une démonstration de désespoir, puisque que plus rien n’a de sens.

Et plus loin…

Au-delà de la constitution de l’idiotisme, si les propositions artistiques ne s’énoncent plus comme un combat pour la ressemblance ou une forme de raisonnement analysable et rigoureux partant du réel, on trouve malheureusement ouverte la possibilité de vérités alternatives, autrement dit de mensonges purs et simples, qui s’offrent comme représentation des choses, en prétendant que le réel a existé.

L’ironie énonçait des faussetés en riant d’elle-même, mais le menteur crée sciemment des représentations fausses pour faire croire qu’il existe un réel correspondant et servir ses intérêts. La représentation devient discipline en soi : la communication détermine les éléments fondamentaux de ce qui constitue un réel crédible pour l’observateur, par exemple une prise de vue réalisée en vidéo faite à caméra portée et tremblante, présentée en montage haché et inabouti, jouant sur des pulsions de peur. A partir de là, un réel mensonger est inféré, destiné à être pris pour du réel sonnant et trébuchant : la représentation affecte de se nier elle-même pour accomplir le mensonge. Le spectateur pense accéder au fait brut sans aucun filtre et y croit.

Art et représentation

Il est très important pour le bon fonctionnement des sociétés de soigner la formation à la réflexion sur la représentation, qui permet de voir les éléments dans le bon ordre : le réel et les intérêts des uns et des autres d’abord, la représentation du monde qui en est faite ensuite, qui elle sert enfin, et de garder clairement en tête que les choses existent dans cet ordre et pas dans un autre, et que la totalité du raisonnement doit être conduit à chaque fois.

Gardons-nous de confondre réel et représentation. Vérifions toujours qu’il y a un réel antérieur à la représentation, et que la représentation est inquisitrice et bien calibrée.

Toutes nos actions ont un sens et des conséquences. Apprendre à mieux voir ce sens et à se le représenter permet d’accéder à une meilleure responsabilité.

L’art a toujours été une éducation à la vigilance de l’observation en tant qu’il est singulièrement attaché à la représentation. Avoir un œil propre et qui voit juste n’est pas donné ; cela procède d’une discipline qui se travaille. Formons-nous en art.
Croisons les sources et les approches sans tabous.

Ne respectons que ce qui est respectable : ce qui est respectable est ce qui est clairement énoncé, solidement étayé et repose sur des sources vérifiées et justes, un réel solide dont la représentation est de qualité.

Même si cela embarrasse sa parole, n’écoutons que celui qui évite le mensonge. Pensons que toute présentation du monde n’en est qu’une représentation, ne la qualifions pas à l’aune de la puissance de celui qui l’invoque, mais uniquement à la vérité vérifiée de ses propos.

Et armons-nous intellectuellement pour en éprouver la justesse.

 

 

Notes

(1) Lire à ce sujet :
L’Image de l’Artiste, Editions Rivages, Paris 1979
(original : Legend, Myth, and Magic in the Image of Artist, Yale University, 1979) - Ernst Kris, Otto Kurz

(2) Sur Duchamp, lire sur ce site :
Marcel Duchamp : l'homme qui roulait des mécaniques
www.galerie-photo.com/marcel-duchamp.html

(3) Sur l'idiotisme, lire :
Jean-Yves Jouannais : L'Idiotie, Collection Champs, Flammarion - Format poche EAN : 9782081406834 ISBN : 9782081406834
https://editions.flammarion.com/lidiotie/
9782081406834

(4) Exposition the Art of the Brick :
https://theartofthebrickexpo.com/fr/

(5) c’est dire combien la perte de la représentation est une souffrance !


 

    Dernière modification mai 2025
     
     

 

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