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 l'interviewée

Sophie le Poittevin


Née en 1964
Ex-journaliste presse écrite
reconvertie en brocanteur
sophielepoit@gmail.com

 

 

Autochromes :
une collection familiale

Interview de Sophie le Poittevin

 

 

Sophie, d'où viennent ces Autochromes ?

Nous les devons à mon arrière-grand-père, Léon Ottenheim (1858-1940). Passionné de photographie, il était considéré dans la famille comme un amateur très averti.

La plupart des photos Autochromes ont été prises par lui entre la fin du XIXe siècle, peu avant 1900, et 1936. Il a arrêté 3 ans avant sa mort.

Mon arrière-grand-père utilisait un appareil imposant pour prendre les Autochromes et un autre, plus petit, qu'il emportait lors de ses voyages et avec lequel il faisait des plaques en noir et blanc.

Il faut noter qu'il avait été amputé d'un bras à l'adolescence. Mais il avait inventé divers systèmes pour se débrouiller seul.

 

 


La première femme à gauche, assise sur le banc avec tenue et chapeau gris, est ma grand-mère paternelle, Germaine Ottenheim le Poittevin (1893-1988), plus jeune fille de Léon Ottenheim.
La deuxième femme au centre, assise sur le banc avec une tenue noire est mon arrière-grand-mère, Jeanne Ottenheim (1857-1945), épouse de Léon...
Je ne sais pas qui sont les 4 autres personnes sur la photo... des amis sans doute.

   


Qui sont ces personnages ?

Sur les 2 photos, ce sont des membres de la famille et des amis : ma grand-mère le jour du mariage de sa sœur dans la maison familiale, rue Sainte-Sophie, à Versailles, mon arrière-grand-mère...

 


La femme la plus à droite, assise sur le banc avec une tenue et un chapeau rose, est ma grand-mère paternelle (1893-1988), la plus jeune fille de Léon Ottenheim.
La femme assise au centre, sur le banc, avec une robe de mariée, est la grande sœur de ma grand-mère, Simonne Ottenheim (1889-1948). Cette photo a été prise le jour de son mariage avec Paul Haillot (l'homme de la photo). Je ne connais pas la femme assise à gauche. Peut-être est-ce la sœur du marié, officiant comme témoin pour le mariage de son frère ? Ce n'est qu'une supposition… cette photo a été prise le 7 mai 1912 dans la maison familiale à Versailles. Mes arrière-grands-parents ont eu 3 enfants : Pierre, Simonne et Germaine. 

 

 

interview par

Henri Peyre
Né en 1959
 photographe
Beaux-Arts de Paris en peinture
webmaster de galerie-photo
ancien professeur de photographie
à l'Ecole des Beaux-Arts
de Nîmes

www.photographie-peinture.com
www.stage-photo.info

 

 

...j’ai peur que tous ces gens sombrent dans l’oubli mais, en gros, je n’ai pas eu trop de mal à les identifier, grâce à Papa. Il m’a expliqué toute la généalogie de la famille, et dès qu’il voyait une photo sans légende, s’empressait de l'annoter pour, disait-il, qu’on sache qui est qui plus tard.

J’ai aussi passé du temps à légender les photos de famille et je continue toujours, dès que j’en ai, même si c’est moins facile avec le numérique. Je me rends compte que toute une branche de la famille de la même génération que moi ne sait pas reconnaître les ancêtres sur les photos, et c’est cela qui me fait peur.

Une photo sans légende ne parle pas.
Même si on sait qui est sur la photo, on ne la regarde pas de la même manière qu'une photo légendée.

C’est important pour moi de pouvoir identifier les gens, afin de les replacer dans l’histoire de la famille.

Concernant les 2 photos citées plus haut, je ne connais pas certaines personnes mais je n’ai pas cherché non plus. Si je me plonge dans les documents de famille je vais sans doute trouver ! Tout ceci est aussi lié à la généalogie, un sujet que j’adore. Il faut que je demande à ma tante, qui a presque 104 ans et toute sa tête ! 



Savez-vous quelle place tenait la photographie dans la vie de votre arrière-grand-père ?

Une place assez importante, qui l’est sans doute devenue encore plus lorsqu’il a laissé les rênes de son entreprise à son fils.

Léon Ottenheim était marié, avait 3 enfants, dont ma grand-mère, et était tanneur à Versailles, rue Duplessis.

Il avait aménagé son atelier, qu'on voit sur cet Autochromes, dans sa maison. Il avait aussi un petit labo dans sa résidence secondaire, en Normandie.

 

 

rassemblement autochromiste


 

    Y a-t-il encore beaucoup d'Autochromes dans la famille ?

Oui, il y en a encore quelques centaines... 


autochrome 

    Vous sentez-vous une responsabilité particulière en face de ces images ?

C’est un trésor du passé qu’il faut protéger. Et certaines vues sont très instructives pour se représenter la vie à l’époque.


 
    autochrome

Y a-t-il un sujet prédominant dans cette collection familiale d'Autochromes ? Qu'est-ce qui semble avoir intéressé le plus le photographe ?

Léon Ottenheim était particulièrement intéressé par les paysages. Il voyageait énormément et rapportait des montagnes de photos de tous ses déplacements : Egypte, Maroc, Angleterre, Tunisie, Belgique... et bien sûr de toute la France, ou presque !
Il photographiait aussi régulièrement toute sa famille, souvent lors des vacances ou d’événements familiaux : il y a les enfants, les petits-enfants, les mariages... Mon père se souvenait très bien des nombreuses séances de pose lorsqu’il était enfant, souvent dans le jardin...
Mon arrière-grand-père a également composé quelques belles natures mortes.


autochrome 

    Comment voyez-vous l'avenir de cet ensemble d'Autochromes ?

L’idée de la famille est, je pense, de confier un jour toutes ces plaques à un institut ou quelque autre autorité compétente qui pourrait veiller à leur bonne conservation... et en permettre la consultation. Mais pour l’instant rien n’est encore décidé et chaque branche de la famille conserve sa part d’Autochromes.

Il y a 2 ans, un de mes cousins, Xavier Courteix, photographe lui aussi, a eu la formidable idée de rassembler toutes les plaques pour les scanner et les trier. Un travail énorme ! Les scans sont désormais sur un disque dur, donc visibles beaucoup plus facilement.

Bibliographie

Martine Lani-Bayle & Eric Milet
(préface de Pierre Bergounioux) :
Traces de sel, Léon Ottenheim,
Regards Photographiques,

Ed. Opéra, 2011, ISBN : 978-2-36085-021-1

 

     
   

 

dernière modification de cet article : 2016

 

 

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