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l'auteur

Todd Stewart


Todd Stewart a commencé sa carrière comme photographe travaillant pour la publicité et le graphisme à Columbus, Ohio et à Atlanta, Géorgie. En 2004, il obtient une maîtrise en beaux-arts de l'Université de l'Indiana. Depuis, il est professeur adjoint de photographie et d'image numérique à l'Université de l'Oklahoma.

Pendant de nombreuses années les préoccupations de Stewart en tant qu'artiste ont porté sur les relations entre l'histoire, les mythes et la culture. Ce travail a déterminé une exploration croissante du paysage américain et un examen continu de la question: est-ce que les lieux portent la mémoire?

Stewart est l'auteur de deux livres

 
 Placing Memory: A Photographic Exploration of Japanese American Internment
et, à paraître, Picher, Oklahoma: Catastrophe, Memory, Trauma
Les photographies de Stewart ont été largement exposées à travers les États-Unis; elles figurent dans les collections
du Whitney Museum of American Art, du Museum of Photographic Arts, Santa Diego; Stewart a obtenu de nombreuses publications en particulier dans Aperture ou le New York Times Magazine.

http://toddstewartphotography.net

interview

Henri Peyre
Né en 1959
photographe
Beaux-Arts de Paris en peinture
webmaster de galerie-photo
ancien professeur de photographie
à l'Ecole des Beaux-Arts
de Nîmes

www.photographie-peinture.com
www.nature-morte.fr
organise des stages photo

 

 

Version originale, en anglais

 

Une interview de Todd Stewart autour de
Twentysix Gasoline Stations d'Edward Ruscha

 

Comment présenteriez-vous le livre Twentysix Gasoline Stations, de Edward Ruscha, publié en 1963, à un jeune photographe d'aujourd'hui qui ne le connaîtrait pas ?

Le photographe baigne aujourd'hui dans une culture visuelle complètement différente de celle d'il y a 50 ans. Nous sommes inondés d'images tous les jours, qui toutes se battent pour retenir notre attention et sont digérées trop rapidement pour laisser la moindre place à la subtilité ou à la complexité. Pour comprendre la signification des Twentysix Gasoline Stations d'Ed Ruscha il est important de comprendre le contexte dans lequel elles ont été publiées pour la première fois, et à quel point ce travail était différent de tout ce qui existait auparavant.

J'ai eu connaissance de ce livre à la fin des années 1980. Je venais de découvrir les images d'Ansel Adams et de Lewis Baltz et je cherchais à comprendre ce qui faisait que leur travail était à ce point convaincant. J'étais un jeune photographe à l'époque, et pour moi leurs photographies ne ressemblaient en rien aux paysages que j'avais pu voir et apprécier avant. Leurs images étaient banales, des vues figées de sujets que je n'avais jamais réellement considéré comme des sujets "valant" une photographie. Et pourtant ces photographies me semblaient importantes.

William Jenkins citait dans le catalogue de l'exposition New Topographics de 1975 les livres de Ruscha comme ayant été les précurseurs influents des travaux de Adams, de Baltz et d'autres ; et quand j'ai vu les Twentysix Gasoline Stations pour la première fois, j'ai compris ce qu'il voulait dire. Ce que j'apprécie le plus et la façon dont ce petit livre sévère et simple peut être à ce point dense d'un point de vue critique.

 

Quel est l'intérêt pour vous de ce livre ? En quoi l'approche de Ruscha vous semble-t-elle actuelle ?

Je comprends l'importance de l'ouvrage pour à la fois le pop art et l'art conceptuel mais, pour moi, en tant que personne obsédée par l'image photographique, son importance réside ailleurs. Comme je l'ai dit plus tôt, ce travail était très différent de celui d'autres travaux que je connaissais à l'époque. Comme beaucoup de photographes de ma génération, le début de ma carrière était plus éclairée par Ansel Adams que par Robert Adams. Cela conduisait à penser que le grand travail était caractérisé par l'élégance et des démonstrations de virtuosité technique formelle. Robert Adams, Baltz, et surtout Ruscha m'ont amené à considérer les choses autrement. Grâce à leur travail, j'ai compris que les photos pouvaient être des idées. Les considérations techniques et formelles sont importantes, mais elles sont des choix à faire au service de ces idées et non pas des fins en soi. Grâce à leur travail, j'ai commencé à apprécier des photographies qui révèlent leur sens lentement. J'ai commencé à comprendre comment une image radicalement sévère dans sa simplicité pouvait souvent communiquer beaucoup plus qu'une belle photographie conventionnelle.

Alors oui, je crois que cette approche est toujours d'actualité; mais trouver un public dans une culture visuelle centrée sur la gratification instantanée est problématique.

 

Pensez-vous que la photographie soit avant tout documentaire ?

Une photographie est un objet culturel extrêmement complexe et sa grande puissance vient de ses connexions à la fois avec le temps et avec le réel - deux signifiants très importants dans le document. Mais, pour moi, la photographie est un langage hautement adaptatif et sa pratique est autant littéraire qu'autre chose. Pour ces raisons, c'est un medium très efficace pour décrire, interpréter et comprendre le monde autour de nous.

 

Pensez-vous que le livre soit la présentation la plus adaptée de la photographie ?

Je crois qu'il y a de nombreuses façons efficaces de présenter les photographies, mais le livre est certainement l'une des meilleures - surtout pour quelqu'un comme moi qui voit sa pratique comme essentiellement littéraire.

 

Des photographies choisies pour leur banalité et leur absence de qualité : cette tendance issue du pop'art et résolument anti peinture a largement révolutionné l'art…qui fait aujourd'hui couramment de nouvelles valeurs artistiques de ces antivaleurs sociales. Pensez-vous qu'une nouvelle révolution du regard, basé sur la densité et la qualité de l'œuvre elle-même pourrait à présent avoir lieu ?

Si je comprends bien votre question comme une question de pratique, (au sens de : est-ce qu'il peut apparaître une nouvelle façon de faire des images en retenant les enseignements de Ruscha, mais indépendantes de son style?), La réponse est oui, absolument. En fait, je crois que que quelques uns des meilleurs photographes contemporains font juste cela - ils reviennent à l'esthétique tout en restant fermement ancrés dans la recherche critique et conceptuelle.

 

 

 

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