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 Contact photographe


Julie (and Johnie) J. Shimon & J. Lindemann 719 York Street Manitowoc
WI 54220 920.682.0337
www.shimonlindemann.com

This page in english

biography
John Shimon (b. 1961)
& Julie Lindemann (b. 1957)
have been photographing collaboratively since the mid-1980s.
They met as college students in Madison where they formed a band,
Hollywood Autopsy.
Their prints are in numerous public collections including
The Art Institute of Chicago and the Milwaukee Art Museum.
They have photographed for publications including Fortune, Metropolis, New York, People and The New York Times Magazine and their work has been included in books such as Photography's Antiquarian Avant-Garde: The New Wave in Old Processes by Lyle Rexer (Harry N. Abrams, 2002), Only Skin Deep: Changing Visions of the American Self by Coco Fusco and Brian Wallis (Harry N. Arbrams, 2003), and Season's Gleamings: The Art of the Aluminum Christmas Tree (Melcher Media, 2004).
They have bachelors degrees from the University of Wisconsin, Madison (1983), and Masters degrees from Illinois State University, Normal (1989).
They are Assistant Professors of Art at Lawrence University teaching photography and digital processes.

 Interview par

Pierre FILLIQUET
Artiste plasticien
Né en 1970
 Vit et travaille à Strasbourg
Pratique le dessin, la photographie et la vidéo
filliquet@gmail.com
www.pierrefilliquet.com

   

 Traduction

Claude Eichel
né en 1953
juriste de formation
informaticien depuis 1982
Passionné de grand format
  claude.eichel(@ntispam)laposte.net

 

 

 

 

Une interview de J. Shimon & J. Lindemann

par Pierre Filliquet

 

 


Nigel Face Tin © J. Shimon & J. Lindemann - 2002

 

Votre approche du portrait est paradoxale : vous photographiez des jeunes, souvent marginaux mais vous utilisez des matériels et des procédés anciens (8x10 et 12x20). Les tirages sont au platine ou à la gomme bichromatée. Pourquoi choisissez-vous ces techniques ?

Bon nombre de personnes présentes dans nos images sont ignorées par la plus grande partie de la société américaine. Photographier ces gens et faire des tirages de leurs portraits avec des procédés au platine ou à la gomme fait entrer leur existence dans une dimension monumentale d’une façon tranquille. C’est l’inverse de l’intuitif. Typiquement on tire au platine de belles images de fleurs et des paysages exotiques. Nous tirons des images de parking forcés ou de personnes vivant hors des normes culturelles dans de petites villes du centre de l’Amérique. Un spectateur pourrait regarder nos images et dire « qui s’en soucie ? » Mais c’est ce geste d’attention envers ces personnes, sur une durée de temps, qui est au cœur de notre projet. C’est une narration dans la durée et nous ne savons pas comment et quand se sera terminé.

 


Nigel smoking © J. Shimon & J. Lindemann - 1994

 

Où avez-vous appris la technique et quel matériel utilisez-vous ?

Nous sommes autodidactes bien qu’ayant des diplômes en photographie. Nous avons beaucoup appris de photographes plus âgés qui ont critiqué notre travail et nous ont donnés des indications. Nous avons aussi appris en examinant des tirages dans les musées et en tentant de les reproduire. Une part de notre expérience est tirée de l’évolution de toutes les phases de la photographie afin de voir différents sujets de la même manière (le contemporain au travers des yeux de l’histoire) et le même sujet de façons différentes (même sujet traité par différents procédés).

 


R.J. at Punk House © J. Shimon & J. Lindemann - 1996

 

Certaines de vos images me font à tous les coups penser à des scènes de film ("Susan with Anne Holding Apple", "Eric with the Sun in His Ear"...) probablement à cause du cadrage en format allongé 12x20. Je crois que vous faites aussi de la vidéo... quel influence a le cinéma sur votre travail ?

L’une des premières fois où nous avons sorti la chambre 12x20 sur le terrain, l’homme que nous étions en train de photographier regarda au travers du dépoli et dit que c’était comme de regarder la télé. Il avait raison : l’image semble cinématographique tant elle est grande. Beaucoup de nos vidéos et de nos films donnent plus une impression de photo immobile venant à la vie. C’est notre ressenti lorsque nous regardons au travers du dépoli avant de photographier. Les films permettent à nos images d’avoir le mouvement et le son et une vie qui croit à partir d’une simple trame. Nos films et nos vidéos sont posté sur « Youtube »
(http://www.youtube.com/profile?user=shimonlindemann)
Ce sont plus des films expérimentaux que des productions Hollywoodiennes.

 


Brad X. with telephone © J. Shimon & J. Lindemann - 1996

 

Quelle importance donnez-vous au texte ajouté à vos photographies ?

Nous avons toujours écrit sur nos images. Peut être parce qu’elles viennent d’un monde spécifique (éloigné et obscur) et sont mises à l’extérieur. Ce déplacement demande des explications. Mélanger les mots et les images est un peu contradictoire mais nous acceptons ceci. Les circonstances qui nous poussent à photographier sont compulsives ou poétiques et pas forcément assez « dramatiques » ou spectaculaires pour être publiées par les médias. Nous désirons nous rappeler les faits et les circonstances qui entourent cette image, l’écriture en est le moyen. Il y a toujours une raison à un moment donné qui a causé la prise de l’image. Nous expliquons souvent notre travail et racontons l’histoire de ces gens. Nous avons remarqué que les explications donnent le contexte au spectateur et les personnes qui généralement pensaient avoir compris l’image constatent qu’elles s’étaient trompées. Lorsque nous avons construit notre site en 1996 nous voulions que les spectateurs puissent lire ces « histoires » s’ils le désiraient. Cela pouvait sembler à l’époque inhabituellement voyeur et intimiste à la fois. Après l’explosion de Myspace et des blogs de ces dernières années, le fait de pénétrer dans l’intimité d’anonymes et devenu commun.

 

 


Making Hay © J. Shimon & J. Lindemann - 2004

 

 

Vos images sont profondément humanistes. Vos sujets et les titres de vos séries sont clairs : "images de personnes inconnues", "Midewestern Rebellion". Pensez-vous que la photographie grand format, avec ses contraintes, peut être un outil de critique sociale aujourd'hui (ce travail étant généralement confié au photo-reportage) ?

La chambre ralentit tout. Faire ces portraits donne un sentiment de découverte mutuelle. Nous avons tous grandis entourés d’images de magazines, de photos sur des couvertures de disques, de boites à chaussures remplies de photos de famille et de vedettes souriantes à la télé ; nous avons assimilé cet ensemble d’images et l’avons intégré à notre personne. Ceci a contribué à la façon dont nous nous sommes construits et à l’image que nous voulons projeter de nous. Les jeunes sont très conscients de la façon dont ils se construisent.

Avec la chambre l’image est capturée dans une tranquille boite en bois avec son soufflet et son optique. L’appareil photo est un témoin : il doit être présent et le sujet doit exister. Le processus est lent et calme. Il y a un sentiment d’intensité et de focalisation qui découle de l’arrêt et de la concentration de l’énergie. L’image est fixée pour l’examen et la contemplation. Les images nous donnent souvent l’occasion de mettre en œuvre notre faculté de compréhension de notre environnement. C’est le support qui nous confronte le plus souvent à nos illusions, qui nous interroge sur ce que nous avons vu. Ces questions ne trouvent pas de réponses satisfaisantes. Si nous y réfléchissons plus profondément notre survie est basée sur l’intuition et le hasard.

Tout ce que nous savons n’est qu’illusion !

Vous avez choisi de vivre et travailler à Manitowoc (35 000 âmes) dans le Wisconsin après un bref passage par New York. Aujourd'hui la galerie Saachi de Londres (galerie Internet) et la Sarah Bowen Gallery de New York vous exposent... la route est longue de New York à New York ?

Lorsque nous avons quitté le Wisconsin pour New York nous étions jeunes, sans argent ni relations. Nous savions qu’il y avait de l’art, de la musique des actions et un historique de contre culture. Cet historique nous voulions le vivre, juste après avoir grandi dans une campagne tranquille.

Nos amis d’université partaient pour l’East Village et nous les avons suivis. Beaucoup sont morts du sida ou d’overdoses mais ceci est une autre histoire. Nous avons visité beaucoup de musées et de galeries d’art, avons été confrontés aux magistraux tirages à la gomme de Edward Steichen et aux lecture poétiques au Time Café.

Après un an nous sommes retournés dans notre Winsconsin natal, nous avons alors examiné la culture et les gens de là bas. Nous avons appris et appréciés les histoires. La galerie de Sarah Bowen à Brooklyn dans le coin de Williamsburg avaient une attitude expérimentale et nouvelle qui procurait un contexte favorable pour l’exposition de notre travail c’est pour cela que nous l’avons choisie.

Comme nous vivions dans de petites villes et étions connus comme photographes une semaine à peine se passa avant que nous recevions des appels téléphoniques pour aller faire des photos de mariages ou d’animaux de compagnie, enfin tout ce que nos voisins croyaient être les attributions d’un photographe.

 

 
Amber Bradbackyard © J. Shimon & J. Lindemann - 2005

 

 

A vos dernières expositions, vous avez présenté des grands tirages couleur. Pourquoi cette évolution de votre travail ?

L’an dernier nous avons été engagés comme professeurs assistants en art à l’université Lawrence à Appleton Wisconsin. Ces postes nous ont donné accès aux techniques et aux support numériques. Nous avions toujours voulu faire de grands tirages de nos diapositives 8x10. Il était maintenant possible de le faire en les numérisant puis en les imprimant sur une Epson 9800. L’intensité des couleurs, l’échelle et les détails de ces très grands tirages a donné une nouvelle dimension à notre projet. Nous avons aussi récemment testé un imprimeur à la demande (impression ou téléchargement à partir de données numériques NdT) (http://www.lulu.com/content/393296) pour éditer un petit livre de nos photographies et de nos histoires et nous mettons des photos de ce qui tourne autour de notre travail sur Flickr (http://www.flickr.com/photos/shimonlindemann/).

Nous considérons toutes ces technologies comme d’importantes extension du royaume numérique qui rendent possible un accès universel à notre travail fait depuis cette petite ville du Middlwest Américain.

 

Julie (and Johnie) J. Shimon & J. Lindemann
719 York Street Manitowoc, WI 54220 920.682.0337
www.shimonlindemann.com

 

 

 

 

 

dernière modification de cet article : 2006

 

 

 

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