[abonnement gratuit]

l'auteur

Henri Peyre
Né en 1959
photographe
Beaux-Arts de Paris en peinture
webmaster de galerie-photo
ancien professeur de photographie
à l'Ecole des Beaux-Arts
de Nîmes

www.photographie-peinture.com
www.nature-morte.fr

 

 

Veuillez noter :
Il nous est extrêmement difficile de réunir les autorisations nécessaires à la présentation des photographies originales dans le texte et nous n'avons pas de budget pour la rémunération des ayant-droits. Le principe que nous suivons pour l'illustration des articles est le suivant : les auteurs des articles peuvent utiliser, sous réserve que soient indiqués clairement le nom de l'auteur et la source (...) les analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information de l’œuvre à laquelle elles sont incorporées. Nous nous conformons en cela aux textes en vigueur (voir en particulier sur ce site : http://www.culture.gouv.fr/culture/infos-pratiques/droits/exceptions.htm). Si vous contestez l'utilisation faite d'une photographie, merci de bien vouloir nous en informer. Nous retirerons aussitôt la photographie incriminée des illustrations.

 

 

Sarah Moon - éléments de style

par Henri Peyre

 


© Sarah Moon

 

Sarah Moon utilise le film Polaroid et la chambre photographique. Les tirages sont confiés à un tireur. D’un commun accord, l’image peut être enrichie en grattages, détériorations, salissures, afin que l’objet apparaisse appartenir plus encore à la mémoire.

 


© Sarah Moon

 

Le succès de cette excellente photographe, d’abord modèle photographiant ses amies modèles puis photographe de mode, en particulier pour les campagnes de Cacharel qui lui assurèrent sa juste renommée, se fonde largement sur un style très riche et raffiné qui a toujours résisté à l’obligation des commandes.

 


© Sarah Moon

 

Née en 1941, dans une famille juive qui doit fuir la France occupée, Sarah Moon ne dit rien de son enfance, de ses années passées en Angleterre, de son père ingénieur, des ses quatre frères et sœurs...

Pourtant l’analyse de ses oeuvres amène à penser que son enfance a été déterminante pour un art dont le style est très arrêté.

Des constantes se retrouvent en effet dans ses photographies :

  • le rapport à une nature inaccessible. La nature est conjuguée au passé ; on y trouve des pyramides, des rhinocéros, des mythes, au moins de la nostalgie, parfois de la tristesse

  • pas de vrai blanc dans ses images, tout est en low key, pas d’échappées claires dans les ciels

  • du flou, du vignettage

  • de l’exotisme : animaux ou monuments lointains, avec une tonalité coloniale

  • souvent du mouvement, comme effacement des premiers plans

  • des yeux fermés, ou des visages effacés ou baissés

  • des références aux années 30, à la modernité (dans le vêtement, dans la représentation de la femme)

  • une grande importance des mains (qui sont la partie du corps des adultes à la hauteur du visage d’un enfant…)

  • la martyrisation (par le corset, par les griffures, par le grattage du négatif)

  • l’allusion au cauchemar d’enfant

  • des personnages sans tête, sans bras, sans mains ou avec des bras en bois, ou amputés, une assimilation des êtres à des poupées

  • un espace confiné auquel on n’échappe pas

  • des signes, du graphisme contrasté augmentant le confinement par des impératifs autoritaires

  • le silence, dont la suggestion dans l’image est renforcé dans le procédé par l’interposition de matières, de gestes, de cadres, de grattages entre le sujet et le spectateur.

Ces éléments nous semblent directement mener à une interprétation autour du souvenir de la prime enfance dans une Grande-Bretagne en guerre, un pays obligé d’appeler à l’aide les forces vives de ses colonies... d’où une atmosphère pleine d’inquiétude, de violence et de mutilation conjuguée au passé, avec la guerre en creux, une atmosphère où l’ailleurs colonial dans sa vision enfantine déborde de partout. Où le cadre familial confiné n’empêche pas l’arrivée des monstres et des mutilations probablement liées à l'omniprésence de la guerre. L’ailleurs est ainsi toujours présenté entre rêve, menace et souvenir dans une décor qui tient de la nature empaillée du musée d’histoire naturelle et de la violence du cirque.

 


© Sarah Moon

 

Sites internet

http://www.seniorplanet.fr/seniorplanet.fr.php?
id=3368&action=article&id_cat=282&page=1
  

http://www.humanite.presse.fr/journal/
2001-12-08/2001-12-08-254761
 

http://www.photographiz.com/
?rub=biographie&id_photographe=24
 

http://expositions.bnf.fr/contes/pedago/illustra/esthe.htm 

Livres

"Coïncidences"
Delpire éditeur, 288 pp., 172 photographies, 49,24 euros
(dont sont tirées les illustrations de l'article)

Souvenirs improbables

DVD 


Contact vol.2 
des présentations de10mn de plusieurs photographes contemporains, dont Sarah Moon

 


© Sarah Moon

 

 

dernière modification de cet article : 2004

 

 

tous les textes sont publiés sous l'entière responsabilité de leurs auteurs
pour toute remarque concernant les articles, merci de contacter henri.peyre@(ntispam)phonem.fr

une réalisation phonem

nouveautés
galerie
technique
matériel
stages
adresses
librairie
boutique amazon
magasin arca-swiss 

plan
forum
liens
contact
radio-labo

abonnement gratuit
recherche sur le site
(chargement lent en première utilisation - veuillez patienter)