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Une photographie
de Roberto Aita

Galerie-photo : Comment en êtes vous venu au sténopé ?

Roberto Aita : C’était il y a quelques années, alors que j’étais à la recherche d’un moyen de faire des images photographiques à l’aspect pictorialiste : j’avais remarqué de belles images faites au sténopé sur un site internet voué à cette technique : http://www.pinholeresource.com. J’ai été tellement ému par l’aspect « hors du temps » de certaines des images que je décidais d’essayer le sténopé ; je modifiais un vieil appareil Polaroid à soufflet, en retirant l’objectif et en le coiffant d’un « trou » Nikon trouvé sur Ebay. Les résultats étaient assez extraordinaires dès les premiers films… du coup j’ai continué avec comme un drogué.

Pourquoi le sténopé sur format 4x5 ?

A l’époque où j’ai commencé mes expériences au sténopé je faisais de la photographie à la chambre, en travaillant avec une technique de mise au point sélective que j’avais apprise du photographe français Patrick Messina lors d’un stage en Arles. Il était naturel que j’essaie de faire des images au sténopé en 4x5. Au lieu d’utiliser une chambre grand format modifiée à cet usage je décidais d’acheter un appareil en bois de Zeroimage (http://www.zeroimage.com), appareil que je trouvais beau, intelligent et pas cher. Il me donnait aussi la possibilité de basculer de la photographie en sténopé à la photographie en zone plate, une technique intéressante quoique peu connue. Depuis je continue de travailler avec ces trois appareils dans différents formats et principalement en utilisant du film Polaroid pour son rendu coloré que j’apprécie.

 

 

 l'auteur

Roberto Aita
né à Udine, Italie, en 1963
Etudes de philosophie et de chinois
à l'université de Venise
puis de cinéma.
Vidéaste d'information pour la RAI
télévision publique italienne
Les travaux des philosophes
Henry Laborit et François Jullien
ont profondément influencé
sa vision du monde.
L' image sous toutes ses formes
est pour lui une obsession.
se définit comme un "amoureux fou"
de la photographie...



r_aita@(ntispam)virgilio.it
http://www.absolutearts.com/
portfolios/m/masanete/
 

 

 

 

 

© Roberto Aita

 

Est-ce que le sténopé sur format 20x25 vous tenterait ?

Si cela m’était économiquement possible, bien entendu, je ferais des images au sténopé dans des formats géants !

Concrètement comment se passe une prise de vue

Ce n’est pas évident d’emporter avec moi tous ce dont j’ai besoin pour faire des sténopé au Polaroid… le problème avec le film pelable Polaroid est qu’il donne une émulsion très fragile lorsqu’elle est humide… et beaucoup de déchets si bien qu’en plus de l’appareil, du dos et de votre régime de films vous devez emmener différents seaux et boîtes pour les films développés et vos déchets. Plutôt ennuyeux quand vous photographiez au bord de la mer ou dans endroit sauvage !

Y a-t-il pour vous la logique esthétique (ou philosophique) du sténopé ?

Il me semble évident que les images faites au sténopé ont des qualités à elles que vous ne pouvez pas obtenir en utilisant des appareils munis d’objectifs. Il s’agit également d’une technique photographique qui est plus en prise avec le concept de temps. Si vous faites attention aux mots, qui sont plus importants dans la langue que nous n’avons tendance à le penser, la photographie au sténopé est philosophiquement plus proche du concept de « prise de vue » que de « shooting ». Le mot anglais, plus récent, me fait penser à l’acte de faire feu avec des armes ; d’une façon étrange, «shooter» sa photo y tue le temps et ce que vous obtenez sur le film est une impression de «monde sans vie»… regardez ce que l’artiste Français Maurice Benayoun dit avec son travail sur la réalité virtuelle
(World Skin http://www.moben.net/Worskieng.htm) !
La photographie au sténopé me permet de respirer à la fois avec l’appareil ET le sujet, et en plus je ne suis plus obligé de regarder dans quelque viseur que ce soit, mon regard est toujours ailleurs que dans l’appareil. Il y a du hasard à faire des images de cette façon.

Pourquoi photographiez-vous si souvent des bords de mer ?

J’ai une attirance étrange et profonde pour l’eau ; quand je suis au bord de la mer ou d’une rivière, je ressens une grande énergie venant de l’eau… De plus je suis fasciné par les vieilles activités humaines autour de l’eau : collecte du sel, pêche, thermalisme, etc. Mon corps vibre à une fréquence plus basse au bord de la mer…
à la fréquence des rêves et du fœtus.

Pourriez-vous tenter de définir avec des mots le sujet de vos photographies ?

Le sujet de ma photographie est une sorte de « paysage mental », quelque chose que vous pouvez aussi trouver par exemple dans les films de Andrei Tarkovskij, Alexandr Sokurov, Artavazd Pelesjan et d’autres cinéastes-poètes d’Europe de l’Est et d’Asie Centrale. Il y a aussi une influence profonde des cinéastes britanniques Brothers Quay, du metteur en scène expérimental espagnol Josè Val del Omar et des peintres de la Renaissance. A cause des émotions profondes et sauvages que leurs images m’ont donné j’ai une dette envers les photographes Français André Naggar, Sarah Moon and Antoine d'Agata.

 

 

dernière modification de cet article : 2005

 

 

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