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l'auteur

Robert Colognoli
Né en 1952
Médecin, passionné de photographie
(moyen format et 4X5")
Travaille en noir et blanc et en couleur
surtout sur des séries
Pratique le sténopé depuis quelques années
Fabrique lui-même son matériel de prise de vue
 robert.colognoli@laposte.net
 

 

 

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Sténopés 4x5" de Robert Colognoli

 

 

Robert, vous avez en photographie un parcours un peu bizarre : vous y êtes vraiment venu sur le tard !

Je me suis engagé dans un parcours d’études puis professionnel qui m’a occupé à temps plein aussi bien physique que moral pendant… si j’en fait le compte, environ trente ans, avant que l’esprit accepte de libérer un peu de place pour d’autres centres d’intérêts, même si l’activité professionnelle reste toujours très présente. La vie familiale est sous entendue !

 

 

Votre photographie est-elle une photographie obsessionnelle du corps ? Votre métier semble avoir une grosse influence sur elle ?

Une photographie du corps qui nous abrite, notre interface avec le monde… et qui passe ; je dirais exploration plus qu’obsession. L’influence de mon métier ? Probablement, mais je n’en ai pas conscience. Ai-je fait un choix professionnel pour les mêmes raisons qui conduisent aujourd’hui mon exploration photographique ? Je crois que tout se recoupe. Il n’y a aucune allusion à l’autoportrait dans vos questions, et je suis d’accord, il s’agit plutôt d'une représentation non rapportée à un individu particulier. Instinct de survie, transfert, mimesis…? Je ne sais pas !

 

 

On est frappé par le côté forcené des images, autant que par l'ambiguïté de ce qui est représenté. Vous revendiquez ces deux aspects ?

Forcené dans le sens de violent ? Ces images font face, frontalement. C’est forcément une exposition au sens propre du mot, une mise à nu... dans ce sens là, on peut les recevoir comme violentes et se sentir agressé mais j’aimerais mieux faire passer une interrogation. L’ambigüité, s’il y a, est pour moi une force de l’image. Ces photographies ne se veulent pas trop explicites, aidées en cela par l’aspect de « presque flou » du à l’utilisation du sténopé et même de «bougé» du fait des temps de pose longs. Elles ne doivent pas guider le spectateur mais seulement le placer au départ d’un chemin, à lui de le poursuivre s’il accepte l’invitation.

 

 

Pourquoi ces tonalités sombres, ce travail en low-key ?

La technique doit se mettre au service du discours tenu, et les tirages ne fonctionnent qu’avec ce choix de présentation. Il y a peu de choses sur ces photographies ; une simple présence, sur fond noir, qui permet l’apparition… ou la disparition. Le format relativement petit convoque le spectateur en un face à face avec chaque photographie. Cet isolement me semble faciliter la réflexion et l’échange. Le regard est pris au piège, il n’y a aucune distraction ; seule une forme incertaine sur fond noir. Il est obligé d’affronter, ou de passer son chemin.

 

 

Techniquement, comment travaillez-vous ?

Toutes les opérations sont réalisées en technique analogique. Il n’y a à aucun moment intervention ou aide de procédé numérique, ni à la prise de vue, ni lors du développement et du tirage. Il n’y a non plus aucune manipulation de quelque nature que se soit du négatif ou des épreuves. Les seules interventions se résument à l’utilisation de masquages manuels classiques lors du tirage C’est un travail très lent qui utilise peu de moyens, et j’ai le sentiment que cette pauvreté contraignante m’aide au lieu de me limiter. Dans un espace réduit, un drap noir, deux spots de chantier, la lumière est diffusée par un fin tissu blanc. Cadrage «au jugé», suivant quelques repères d’alignement. Je ne vois pas ce que je photographie ! Mesure du temps d’exposition empirique s’étalant approximativement de vingt secondes à plus d’une minute. Film argentique noir et blanc 4x5 pouces, développement en cuve et bains classiques. Chambre photographique 4x5 pouces, pour certaines photos, fabriquée par mes soins. Objectif à sténopé : un tout petit trou dans une feuille de papier aluminium de cuisine. Les photons vont en ligne droite du sujet au film, ils ne rencontrent rien, ne sont pas déviés… la matière émise par le sujet vient directement sur le film créer son image. Tirage contact complétant la fusion du sujet avec son image.

 

 

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dernière modification de cet article : 2007

 

 

 

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