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l'interviewé

Louis-Michel Bergereau
Photographe, responsable de l'audio-visuel du service Formation Commerciale BMW
tél. 01 45 98 72 59
louis-michel.bergereau1@libertysurf.fr

 

 

 

 

 

 

Passion : une vie en Mamiya

 

Louis-Michel Bergereau, vous possédez quatre Mamiya du 6x9 au 4,5x6 : un Press 23, un Press universel, un RB et un 1000s. Belle fidélité à la marque... comment en êtes-vous arrivé là ?

Depuis 20 ans que ces boîtiers tournent je n'ai pratiquement pas eu de problème.et vous savez, je suis un peu malade de moyen format ! J'aime le contact du film 120. Un film 120 est tellement agréable à regarder sur une table lumineuse... Si je n'étais pas si sérieux je me laisserai bien tenter par le 7 II pour me mettre au goût du jour avec un boîtier moderne... mais avant toute chose il faut, sans doute, que je vous explique. J'ai 59 ans et j'ai toujours gagné ma vie avec et par la photo ! Je n'ai jamais fait connaissance avec le roll-film, je suis tombé dessus quand j'étais petit. Mes parents possédèrent un folding 6.5x11 jusqu'en 1956 année à laquelle mon père se Kodachromisa avec la Rétinette* ! Mon père avait transformé la cuisine familiale en labo photo. Mon grand plaisir était d'allumer et d'éteindre la lampe d'exposition sous sa direction. A son époque on tirait tout par contact ! Ah les tirages aux bords déchiquetés sur papier chamois ! A 12 ans j'eus mon premier appareil photo, un Photax de format ... 6x9 vous avez deviné ! N'aurais-je pas été conditionné ?

Vous avez toujours été dans la photographie ?

A 17 ans, il fallut prendre un métier. Tout naturellement j'entrais en photographie en débutant par le bas de l'échelle dans un labo photo couleur. Un de ses principaux clients était Baranger**. Celui qui n'a jamais tenu entre ses mains un négatif 18x24 ne sait pas ce qu'est la vraie photo ! Le mots peinent à décrire un tirage contact dans ce format ! Du brin d'herbe au premier plan jusqu'aux montagnes à l'infini tout était net à tomber par terre (j'ignorais à cette époque les lois de la bascule et du décentrement). Du laboratoire j'en suis venu à la prise de vues. Je passais le service militaire au service photo du régiment (service dans lequel j'étais seul) et l'armée m'avait alloué deux magnifiques Semflex Standard ! Encore du 120 ! J'étais poursuivi ! A mon retour à la vie civile je retrouvais la photo. Je naviguais entre labo, photo industrielle, mariage, scolaire, négoce, artisanat de quartier, en free-lance jusqu'en 1985. Depuis, je suis au service Formation Commerciale BMW où j'ai la "haute main" sur l'audio-visuel du service.

Qu'avez-vous eu comme matériel ?

Du point de vue du matériel : en 1963 je rachetais d'occasion un Semflex Auto que je gardais jusqu'en 68. Cette année là, toujours d'occasion, j'achetais un Minolta Autocord. Ce dernier m'était malheureusement "emprunté" avec un Leica M4 et un Calypso Nikkor. Fin de la première période. En 75 quand je me mis "à mon compte" j'eus besoin d'un appareil pour faire face à des travaux différents et c'est là qu'il me fallut faire un choix. Ca a été le début des Mamiya. Le matériel le plus polyvalent de l'époque (et le plus abordable pour ma bourse) me sembla être le Mamiya Press Universel. Avec ses optiques et ses dos interchangeables je pouvais faire face à des conditions de prises de vues diversifiées. Il est vrai qu'on n'atteint pas le confort d'un réflexe, mais j'étais formé depuis longtemps au télémètre et je n'étais pas dépaysé. La qualité des optiques était très bonne (Ah! Un Panatomic 32 ASA tiré en 30x40 !) et je n'avais pas peur de faire mes reportages de mariage avec. Ce matériel m'a toujours suivi fidèlement, et je l'ai encore aujourd'hui.

Pouvez-vous nous donner un jugement sur les Mamiya Press ?

J'ai deux Mamiya Press. le Mamiya  Press Universel et le Mamiya Press Super 23. Pour du primitif c'est du primitif ! Un corps en fonte d'alu, un grand viseur télémétrique avec un curseur pour les focales de 100, 150 et 250 et c'est tout !
- L'universel pouvait servir et me servait dans nombre de circonstances jusqu'aux identités Polaroïd couleur et N/B avec la focale de 127 mm coiffée du système tétraphotos. Grand avantage également : en prise de vue traditionnelle le format du Pola est couvert intégralement (ce qui n'est pas le cas avec les dos Blad, 645 et autres!)
- Je n'utilise la Super 23 que pour faire des reproductions ou de la macro. Avec son dos à soufflet on peut aborder (un peu) l'architecture ou les photos de chantier puisqu'il bascule. Ce n'est certes pas une monorail mais c'est moins lourd ! Avec le jeu de tubes allonge et le dos étendu au maximum on obtient facilement le rapport 1/1. Avez-vous déjà vu une petite fleur en dia 6x7 ? C'est autre chose que l'APS !

Et les dos ?

J'ai : un dos 6x9 120 / 220, un dos 6x7 120 / 220, un dos universel 120 6x9, 6x6 et 4.5x6 2, un dos Polaroïd.
Ah ! Les dos ! Je suis un inconditionnel des dos interchangeables, c'est d'un tel confort ! Enfin quand je dis confort, il ne faut surtout pas oublier d'enlever le volet car il n'y a pas de blocage. C'est un peu comme les bouchons d'objectifs ! Que celui qui n'a jamais fauté me jette la première pierre !
- Le dos 6x9 qui en général était considéré comme standard, malgré son autonomie de 8 ou 16 vues selon le 120 ou 220, fournit des images homothétiques avec le 24x36 mais pas avec les papiers de tirage. (Vive la normalisation des formats!). Le rapport 1.5 est heureusement bien entré dans les mœurs et ne choque plus personne. Mise à part l'obligation d'avancer le film en plusieurs fois, la manipulation est très simple et sans surprise.
- Le dos 6x7, qui lui ressemble comme un frère, offre une autonomie de 10 ou 20 vues et un format au même rapport que le 4x5". Pratique pour la couleur et les labos de façonnage !
- Le dos universel est plus rigolo. Il rappelle le bon vieux temps de la petite fenêtre rouge servant à l'avance du film. Grâce à des caches en métal, on choisit entre les trois formats 6x9, 6x6 ou 4.5x6, c'est à dire 8, 12 ou 16 vues. Le dos est livré avec des caches métalliques pour le viseur... plus primitif on meurt ! Mais on n'est pas obliger de rire, le cadrage n'est pas si aléatoire que ça ! Je connais pire avec de modernes photoscopes numérique ! Seul pépin qui me soit jamais arrivé avec ce dos : au cours d'un reportage en 4.5x6 : le cache n'est pas resté en place. L'avancement était réglé sur le 4.5x6 et les images sur 6x9. Depuis j'ai redécouvert l'utilité du scotch. Les trois dos précités vont évidemment sur la Super 23 comme sur l'Universel.
- Les dos Polaroid, eux, ne s'adaptent pas sur la Super 23. Inutile de vanter l'usage de ces bons vieux films Pola pelliculables. Celui d'entre vous qui n'en a jamais vu est un phénomène de foire ! J'utilise énormément le 655 avec son négatif récupérable qui se lave dans le lavabo et que l'on fixe plus tard par sécurité. "Tiens Coco voilà ta photo, attention au vernis il faut que ça sèche", et moi je garde le négatif. Voilà du social bien compris ! Un autre avantage de ce boîtier est constitué par la possibilité d'utiliser, avec un raccord, les dos du RB 67, et inversement les dos Press sur le RB. Cela ouvre pas mal de possibilité à faible coût.

Que pouvez-vous dire des objectifs ?

Les objectifs : jolie gamme! Du 50mm au 250, il y en a pour tous les goûts !
On retrouve la manipulation d'une chambre. Obturateur central de la seconde au 500e, petit levier pour ouvrir l'obturateur et faire la mise au point sur dépoli. C'est merveilleux. On se prend pour un grand ! Tous les objectifs couvrent le 6x9 sans problème. Pour le 8.5x10.5 (Polaroid) on a toutefois un léger vignettage y compris à 8-11. Seuls le 75mm et le 127mm couvrent ce dernier format. C'est comme pas hasard exactement l'équipement de feu la Polaroïd 600. Que dire du rendu? En N et B c'est parfait puisque le rendu final est donné au labo. Quant à la couleur le contraste doux passe parfaitement. Je trouve qu'il est difficile de donner un avis impartial trop de facteurs entrant en ligne de compte : développement du film, objectif de tirage, marque et type de papier et pour finir traitement. Quand on ne maîtrise pas ces éléments...

Notes

*"Rétinette". C'était un appareil Kodak 24x36 équipé d'un 3.5 / 45mm Angénieux des années 50. Il a été vendu jusqu'en 67 avant que les Hi Matic Minolta et autres Canonet. A l'époque ou j'étais vendeur photo c'était le boîtier n° 1 des photographes amateurs qui le chargeaient souvent en Kodachrome 25, belle époque !

**Baranger était la plus grosse boîte de photographie industrielle de Paris. Il travaillait en 18x24 Kodacolor et 13x18 Ekta. Ses principaux clients étaient EDF et les machines Poclain.

dernière modification de cet article : 2001

 

 

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