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l'auteur

André MOUTON est photographe et passionné de grand format. Il a créé TAOS PHOTOGRAPHIC 
(1 impasse Laporte
11400 Castelnaudary)
taos@wanadoo.fr 

 

 

 

 

 

Le procédé Piezography d’impression numérique

 

Avec le développement rapide des performances du traitement numérique des images on assiste à un regain d’intérêt pour la photographie noir & blanc. Toutefois les tirages obtenus conventionnellement avec les imprimantes à jet d’encre ne sont pas satisfaisants : dominantes non maîtrisables, métamérisme, conservation limitée. Le procédé Piezography mis au point par Jon Cone de la société Inkjetmall et introduit sur le marché en 2000 révolutionne la photographie noir et blanc numérique en permettant une qualité des tirages équivalente à celle obtenue en argentique, avec la puissance de traitement et la répétitivité en plus.

Il s’agit en fait d’un système dont le cerveau est un logiciel qui remplace partiellement le driver standard de l’imprimante et dont  le cœur sont des encres spéciales aux pigments de charbon. Ce système fonctionne sur les imprimantes Epson , de la 860 à la 9000. Les images ouvertes dans Photoshop doivent être impérativement dans le mode niveau de gris 8 bits.

Configuration de l’imprimante

J’utilise personnellement une Epson 1290 que j’ai dédié aux travaux noir et blanc. Il est en effet important de ne pas mélanger le noir et blanc et la couleur sur la même imprimante car outre le changement de configuration fastidieux cela occasionnerait une pollution des encres.

Le procédé Piezography fonctionne soit avec des cartouches d’encre du même type que les cartouches d’origine, soit avec un dispositif continu d’alimentation. C’est ce dernier que j’ai choisi car il procure une très grande autonomie et un coût des consommables inférieur. La modification de l’imprimante consiste :

-  à remplacer les cartouches d’origine par de fausses cartouches reliés à 6 flacons d’encre par des tuyaux plastiques souples. Les fausses cartouches sont équipées de microchips destinés à "leurrer"‘ le driver Epson  et permettre ainsi l’utilisation d’encres différentes de celles d’origine. Les encres Piezography, nommées Piezotone, sont disponibles en 4 versions correspondant à 4 rendus d’impression différents : neutre-chaud, neutre-froid, sépia et sélénium. J’utilise la version neutre-chaud.

 

-  à installer un logiciel sous forme d’un plug-in de Photoshop. Ce logiciel permet notamment de sélectionner le profil du papier utilisé parmi un grand nombre de papiers du commerce. Une fois installé on accède à ce logiciel par la commande Fichier / Exportation. Le driver Epson d’origine n’est plus utilisé que pour sélectionner le format de sortie.

 

Les photographies ci-dessous montre mon imprimante Epson 1290 configurée avec le kit d’alimentation continu.

 

Réglage du système

Pour obtenir une parfaite correspondance entre l’image imprimée et celle sur l’écran il est nécessaire de procéder à un réglage qui peut être différent en fonction du papier utilisé. J’utilise personnellement le papier Hanhnemuhle Photo Rag 308 pour mes tirages d’exposition et le papier Epson Archival Mat pour les tirages de test. Le principe du réglage consiste à utiliser la commande Edition / Couleurs de Photoshop pour accéder aux espaces de travail. En sélectionnant un espace de travail gris personnalisé on accède ensuite  à une courbe dite d’engraissement. Il suffit d’imprimer une image sans aucun réglage, puis de régler la courbe d’engraissement de façon à faire correspondre l’image sur l’écran avec celle du tirage. Cela peut demander plusieurs itérations mais on finit par y arriver assez vite.

Les captures d’écran ci-dessous montrent la configuration de réglage que j’utilise.

 


Configuration des paramètres dans la boite de dialogue Couleurs

 


Réglage de la courbe d’engraissement de l’espace de travail gris.

Résultats

La photographie ci-dessous est la reproduction d'un tirage de test réalisé avec le procédé Piezography sur papier Epson Archival Mat. Le tirages a été numérisé en mode couleur à 100 dpi avec un scanner à plat Canoscan D 2400 U. La résolution et la dynamique reproduites sur l’écran ne rendent pas justice à la finesse du tirage original mais donnent toutefois une idée de la qualité générale obtenue, notamment l’absence de dominante et la tonalité chaude produite par les encres utilisées.

 

Conclusion

Je trouve que le procédé Piezography, associé à la puissance de Photoshop, me permet d’obtenir de meilleurs résultats que ceux que j’obtenais dans mon labo traditionnel. Le rendu est certes différent du rendu argentique en raison du papier utilisé qui n’a pas le même toucher qu’un baryté, mais la remarquable continuité de tons que ce procédé permet d’obtenir, associée à l’excellente  résolution de l’imprimante Epson,  fournit des images d’une grande finesse. On a désormais un outil qui  permet d’exploiter efficacement la puissance de traitement de Photoshop et de fournir en final des images très abouties. Les longues heures passées dans le noir sont désormais réduites à un souvenir nostalgique. Elles sont remplacées aujourd’hui  par de longues heures passées devant un écran.

 

dernière modification de cet article : 2003

 

 

 

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