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l'auteur

Olivier DELOUCHE

Olivier Delouche
né en 1973
études d'arts plastiques et d'audiovisuel
enseignant en arts plastiques
vit et travaille à Bordeaux

delouche.compte.photo
@gmail.com
 

 

 

 

 

 

 

Olivier Delouche : la Réunion

 


©Olivier Delouche - Cascade Niagara, Sainte-Suzanne, la Réunion, 2012

 

Olivier, comment êtes-vous venu à la photographie ?

J'ai fait des études d'arts plastiques durant lesquelles je me suis beaucoup intéressé à la peinture, la sculpture et la vidéo. La photographie, dont je ne connaissais d'ailleurs quasiment rien, ne tenait aucune place dans ce panthéon. Et puis, assez tardivement, j'ai découvert quelques photographes (par le livre surtout) qui ont attisé ma curiosité. J'ai fini au début des années deux mille par acheter un appareil et apprendre les bases du développement et du tirage. C'était parti.

 


©Olivier Delouche - Chez Ben, Saint-Leu, la Réunion, 2014

 

Que représentent ces images ?

Dès 2011, date à laquelle j'ai commencé cette série, j'ai choisi de photographier mon quotidien à la Réunion, mes errances, mon environnement immédiat plutôt que les plages, les cirques et les cases typiques. Je vis à la Réunion plus que je ne la visite. Ces photos sont à voir comme une sorte de journal personnel qui esquisse pourtant, in fine, entre routes de montagne, aires de pique-nique, terrasses et jardins, chiens errants... un portrait éclaté et contemporain de l'île, aux antipodes des dépliants touristiques.

 


©Olivier Delouche - Chiens errants, Saint-Benoït, la-Réunion, 2012

 

Vous êtes métropolitain et vous photographiez à la Réunion. Pouvez-vous dire que vous photographiez malgré tout le banal ?

Malgré mon statut de métropolitain, je ne vis pas à la Réunion comme un touriste lambda. J'y fais de nombreux séjours depuis une douzaine d'années, souvent longs, et suis hébergé chez des amis, loin des circuits balisés. C'est à cet ordinaire que renvoient mes photographies plus qu'au banal, trop souvent apparenté à l'insignifiant, l'indigent ou le presque rien. Mes images témoignent au contraire d'un ordinaire fait d'une grande diversité de lieux, de climats, de formes de bâti etc. Je photographie toujours la Réunion comme un lieu spécifique. Je ne vois rien de banal dans une chapelle noyée dans la brume de la forêt primaire.

 


©Olivier Delouche - Chapelle de la Sainte Famille, route de Bébour (petite plaine?), la Réunion, 2012

 


©Olivier Delouche - Eglise, l'Etang-Salé les Bains, la Réunion, 2012

 


©Olivier Delouche - Coco, Plaine des Sables, la Réunion, 2011

 

Qu'est-ce pour vous qu'une bonne photographie ?

Passées certaines considérations techniques de cadrage, d'exposition, de mise au point ou de profondeur de champ, importantes mais non décisives, une bonne photographie est ici une image qui parvient, de manières diverses, à transcender son sujet. Il y a bien plus à voir dans un chien traversant un espace volcanique que ce qui est montré. Pour moi, cette image tire clairement vers la fiction : Qui est ce chien ? Que fait-il, seul, dans cette zone désertique ? Où sommes-nous ? Autant de questions qui parasitent le statut documentaire de l'image, mais enrichissent sa lecture. Ailleurs, un ciel orageux donnera une certaine théâtralité à un bâtiment sans qualité, une pluie battante transformera une pyramide de béton en une sorte d'énigme architecturale... Comme je l'ai dit tout à l'heure, j'aime les images qui sous atours de la banalité ne sont au final pas si banales.

 


©Olivier Delouche - Manguier, Saint-Leu, la Réunion, 2014

 

Avec quel appareil ont été réalisées ces images ?

Toutes les photos de cette série ont été faite avec un Mamiya 6 et le 50mm, couple parfait pour déclencher à basse vitesse sans (grand) risque de bougé. Seules les photos prises en 2014 (souvent recadrées au format carré) ont été faites avec un Mamiya 7 et le 65mm. La pellicule est de la Kodak Portra 160 ou 400, choisie pour sa souplesse d'utilisation et sa grande plage dynamique. Tous les films ont été numérisés sur un Eversmart Pro II.

 


©Olivier Delouche - Panneau Rivière à Saint-Louis de la Réunion, 2014

 

Pourquoi l'argentique et le moyen format ?

J'avais déjà beaucoup photographié la Réunion en noir et blanc avec un boîtier 35mm. Mais en 2011, j'y pars avec de nouvelles envies. Je tenais à m'essayer à la couleur et voulais avoir des images riches en détails, avec un rendu très différent de celui obtenu en 24x36 tout en sachant que l'emploi de la chambre, que je commençais à expérimenter, me serait impossible. Je voulais en effet du matériel peu encombrant qui puisse m'accompagner tout au long de la journée, robuste et souple d'utilisation. Le moyen format argentique s'est logiquement imposé comme le seul système capable de répondre à ce cahier des charges.

 


©Olivier Delouche - Sentier, Coteau-Sec, Entre-Deux, la Réunion, 2014

 

   

 

dernière modification de cet article : 2016

 

 

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