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l'Auteur

Michel Guigue, né à Paris, est familiarisé à la photographie depuis tout petit par son père, qui utilise une chambre folding 9x12 Voigtlander puis un reflex 6x6 Korelle et fait du cinéma 9,5 avec une grosse Pathé-Wébo. Il voit ensuite défiler un Iloca (24x36 à viseur collimaté), des Edixa (réflex 24x36 en 42 à vis) avec l'un desquels il fait ses premières armes. Puis il prend la relève avec un Asahi Pentax spotmatic II et un Rolleiflex 75/3,5 acheté d'occasion à Odéon Photo en mai 68. Un Leica M4 lui passe entre les mains ; il le revend et le regrette encore...
Aujourd'hui, entre autres appareils (X700, RB, Leica, Cambo 13x18, µ2, numérique Epson,…) un petit dernier, le Noblex panoramique, l'accompagne souvent et l'oblige à repenser la perception de l'espace et sa représentation
Contact : photo.guigue@free.fr

 

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Voir aussi sur le Noblex, l'article "Noblex sculpteur de lumière"
d'Arnaud Frich

 

 

 

   

Photographier en panoramique
avec un Noblex Pro 6/150 U

 

 

Michel, comment s'est faite cette première rencontre avec le Noblex ?

Le hasard fait que l'été dernier, lors d'une visite à ma sœur, en Suisse, je découvre en vitrine d'un photographe un énorme appareil qui siége au beau milieu d'autres - plus petits - appareils d'occasion. Je passe et repasse devant cette vitrine, entre, me renseigne, prends cette chose en main... et ressort avec un superbe NOBLEX PRO 6/150 U dans sa boîte d'origine, avec certificat en règle.

 

C'est vraiment différent d'un appareil de moyen ou de grand format classique ?

Non. J'étais habitué aux gros appareils lourds, comme le Mamiya RB et les chambres (Cambo 13x18), et n'ai pas été particulièrement dérouté par le format 120 ou son chargement.


Quelles sont les caractéristiques techniques de cet appareil ?


Commençons par le détail des réglages de diaphragme et de mise au point :
L'ongle du petit doigt réussit très bien à manœuvrer les roues dentées. Le crantage des différentes valeurs de diaphragme est peu marqué et il arrive de modifier en même temps la mise au point et le diaphragme. 

On trouve les vitesses et l'interrupteur de mise en route sur le dessus de l'appareil à gauche, comme sur les boîtiers classiques. Vitesses allant en standard du 1/15 au 1/250. Des vitesses plus lentes sont accessibles avec un accessoire particulier.

Un voyant-led de couleur verte indique la mise sous tension de l'appareil dont le moteur se nourrit de 4 piles AA ; moteur qui fait tourner l'objectif (on verra plus tard).

Côté droit, on trouve d'autres boutons : avancement du film, déclenchement, bouton de multi-exposition (M).A remarquer une partie du viseur à gauche, avec un niveau.

 

Vue arrière, appareil ouvert. Fente de l'obturateur.
Le système est conçu pour faire 6 vues sur une bobine 120 ; le principe du compteur, du chargement et de l'avancement du film correspond tout à fait aux dos roll-films des chambres photographiques.

L'objectif est un 
NOBLAR T 4.5/50 S. Son cercle d'image est de 60.1 mm, sa focale de 50,75 mm. Le cercle de confusion est de 0,05 et 0,07 en mise au point rapprochée.
La dimension image est de 50 x 120 mm, l'angle de champ H/V 135°/52° et 146° en diagonale. (Données constructeur).

Mise au point :
Trois positions pour la mise au point ; la table de profondeur de champ ci-contre est explicite.

 

J'ai collé cette table au dos de l'appareil et la consulte pratiquement à chaque prise de vue. On peut voir de part et d'autre de la table les logements de piles.

 

Déclenchement :
Au moment du déclenchement, une mécanique inhabituelle se met en branle, qui déroute quelque-peu. L'ensemble cylindre objectif se met à tourner et fait pratiquement un tour pour régulariser sa vitesse, puis réalise un tout à nouveau. C'est lors de ce deuxième tour que l'exposition du film s'effectue. Le concept est tel que c'est la vitesse de rotation qui détermine le temps d'exposition à travers une fente de 3 mm. En fin d'exposition, tout s'immobilise et on ressent une secousse quand l'appareil est tenu à la main ; mais ce " bougé " intervient après et n'a pas d'incidence. Il faut alors avancer le film ; l'avancement se bloque automatiquement sur la vue suivante. Il est cependant possible de réaliser une surimpression, voire des surimpressions multiples en positionnant le bouton sur M, … et surtout ne pas oublier de le repositionner en mode normal (un point blanc) pour les vues suivantes, sinon ça continue à tourner tant que le déclencheur est maintenu enfoncé. Sans cette précaution, on réalise facilement dès le 1/60ème des doublés involontaires.

Le viseur : 
Il est détachable, on peut donc faire du repérage sans tout transporter ; il est muni de deux niveaux à bulle et - nul n'est parfait - est d'une précision douteuse. Son champ est trop restreint, obligeant souvent à recadrer ! C'est de mon point de vue l'unique point faible du système.

Trépied-Rotule : 
Un trépied est le compagnon indispensable du NOBLEX, une rotule-ball de grosse dimension est idéale ; j'utilise pour ma part soit un gros joy-stick, soit une ancienne rotule modifiée que j'ai vue utilisée par mon père avec une caméra Pathé Wébo 9.5. Dans les deux cas, l'utilisation d'un système de fixation rapide (pas en plastique) permet d'arpenter la campagne avec l'appareil autour du cou et le pied sur l'épaule. De toute façon l'ensemble est assez lourd, le Noblex pesant déjà à lui seul 1840 grammes.

 

 

Et les résultats ?

 

D'abord quel plaisir sur la table lumineuse !
Mais... les résultats se méritent. Avant de vous montrer quelques images réussies, je voudrais vous montrer quelques pièges propres à l'appareil...



Les deux photographies ci-contre montrent les grilles du château d'Ampuis sans et avec décentrement vertical. Ces mêmes vues montrent aussi comment se comporte un appareil à objectif tournant face à un large sujet plan. A noter également que les barreaux restent bien verticaux aux extrémités de l'image.
J'utilise très souvent l'appareil en position décentrée pour diverses raisons : l'imprécision du viseur et l'erreur de parallaxe pour les plans rapprochés, mais surtout pour éviter dans de nombreux cas une trop grande importance du sol.

 



 

Mais regardez encore la dernière photographie... que voyez-vous tout à fait à droite ? Ni plus ni moins que les doigts de votre serviteur !
On pourrait penser que les deux importantes poignées (caoutchoutées) sont là pour tenir l'appareil lors de la prise de vue... et bien non. Je me suis encore fait piéger récemment après onze mois d'utilisation. Il faut donc tenir l'appareil d'une autre façon, en faisant attention de ne pas appuyer avec les pouces sur les logements de piles.
Sur trépied, pas de problème ; à main levée ou avec monopode il faut être plus attentif.

 

Le type de l'appareil rend également toute visée en plongée ou en contre-plongée difficile : jugez plutôt !

 

Prise de vue verticale

De nombreuses possibilités s'offrent avec cet appareil, en prise de vue verticale. La vision traditionnelle est fortement interpellée par un tel cadrage ; l'œil étant surtout habitué à des excursions dans le sens horizontal. Certains sujets se prêtent bien à ce genre de sport ; il faut oser. Par contre, attention au trépied ou à ses propres pieds, pas toujours visibles dans le viseur. 

Comme pour les grilles du château ci-dessus, les arbres semblent se rejoindre en haut de l'image ; ce sont des points de repère trop significatifs et l'œil remarque tout de suite ce petit défaut. A droite, je n'avais pas vu mon ombre !

 

 

Quelques belles photographies à présent ?

 


Ruisseau © M.Guigue

 

Puisque nous sommes dans le format vertical, en voilà une qui donne satisfaction. 

Je voudrais aussi ajouter un commentaire :

Après plusieurs mois d'utilisation et une bonne vingtaine de bobines faites, inconsciemment il m'arrive fréquemment de " penser NOBLEX " ; c'est à dire de regarder les choses avec un collimateur au format  greffé sur l'œil.

En reprenant un format traditionnel, on se sent légèrement étriqué !

 


Vienne © M.Guigue


Route © M.Guigue

 

 

Je voudrais également vous donner quelques liens spécifiques au grand format et au panoramique à objectif tournant :
http://www.noblex.com 
Le site du fabricant allemand (aussi en anglais) avec des liens vers de nombreux photographes utilisateurs des appareils Noblex.
http://www.arnaudfrichphoto.com 
Un superbe site qu'il faut visiter en priorité. Arnaud utilise exactement le même appareil "pris en main" précédemment ; il va beaucoup plus loin que la simple découverte.
http://www.mmf-pro.com/ 
Le site de l'importateur français.
http://www.whistlerinns.com/noblex/photos.htm 
Site canadien d'un négociant photo, quelques photographies à voir.
http://panphoto.com/gallery.html  et http://photopano.com/ 
deux sites intéressants sur la photographie panoramique.
http://perso.club-internet.fr/montjay/ 
Un site très complet sur le sujet.
http://www.pellizzari.net/ 
De belles photographiques panoramiques de sport cycliste.

Il y en a bien entendu de nombreux autres à découvrir ; sachant que les liens des sites ci-dessus permettent de faire le tour de la question, sachant aussi que je me suis limité aux appareils à objectif tournant.

 

dernière modification de cet article : 2002

 

 

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