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Mustapha Azeroual : Résurgence

Œuvres visibles à la Capsule (Le Bourget) :
http://www.le-bourget.fr/Resurgence-de-Mustapha-Azeroual.html
du 14/10/2010 au 19/11/2010
Vernissage de fin d'exposition :  le 19/11/2010 à 19h

 

 

Mustapha, vous faites actuellement une exposition de gommes bichromatées autour du thème de l'arbre. La photographie y est associée à la sculpture et à l'installation. Est-ce que vous pensez que la photographie à elle seule ne peut pas suffire à exprimer ce que vous voulez dire ?

Résurgence est un travail sur l’image comme déclencheur de mémoire, c’est en partant de l’hypothèse d’universalité du langage pictural que je tente de générer des objets photographiques, fragments d’un souvenir individuel. Par la réalisation d’une sculpture composée de 200 plaques de porcelaine reprenant la forme de l’arbre par des volumes synthétisant le feuillage et le tronc. Il s’agit de provoquer l’immédiateté par le rapport physique à l’œuvre.

Le motif arboricole ainsi suggéré au spectateur le conduit à reconstruire un « arbre souvenir » ; la mémoire est sollicitée, lui permet de s’approprier, de visualiser un arbre plus personnel, plus concret que la confrontation directe avec un tirage photographique.

 

Vous employez volontiers le terme de déconstruction : invoquez-vous des références structuralistes ? Quelle est votre position par rapport au structuralisme ?

Je cherche à aborder de nouveaux concepts afin de nourrir mes réflexions et enrichir ma pratique, mais sans chercher à en faire les supports d'une activité photographique.
Il est vrai que mon intérêt s’est particulièrement porté sur les questions posées par les courants de pensée que sont le déconstructivisme et le structuralisme.
La question du visible et de son organisation est au cœur de l’art, je m’interroge sur la capacité du photographe à contrôler ces visibilités, à conditionner le regard du spectateur. C’est une approche que j’aborde dans un travail du noir, par le fragment et la distance, à l’œuvre dans l’image.

Le rôle de la mémoire dans notre rapport au monde est de permettre l’analyse et la reconnaissance de son environnement par l’accès aux souvenirs.
En interférant à la lecture directe de l’image, je crée des lieux de résurgences.

Il s’agit aussi d’ouvrir des pistes, de se demander comment à l’aide d’un appareil photographique on peut créer des conditions dans lesquelles le regard va être conduit à déborder ses habitudes.

 

 

 

l'auteur

Mustapha AZEROUAL
Photographe
Collectif Atelier-22



www.azeroualmustapha.com
 www.atelier-22.com
 Tél : +336 08 98 93 10

Né à Tours, vit et travail à Paris

Publications
10.2010 : Revue #0
04.2008 : Livre Noirlac(s) Réel(s) photographique(s) projet collectif autour de l'abbaye de Noirlac
03.2007 : Catalogue d’exposition « Froid – Glacé »

Expositions / Résidences
10.2009 / 10.2010 : Résidence de création au centre d’art « la Capsule » au Bourget.
10.2009 : Résidence d’écriture avec le Groupenfonction, au pOlau. St-Pierre-des-Corps.

 

 

 

Vous semblez convoquer l'immédiateté de la perception avec cet arbre portant des feuilles photographiques. En même temps, s'il s'agissait d'invoquer strictement l'arbre, il y aurait eu des tas de chemins plus courts pour le faire. La photographie dans un type ancien éloigne ce qui est montré de l'expérience sensible. Ainsi à la fois vous tentez une immédiateté de la perception et vous tenez la perception directe à distance : revendiquez-vous cette contradiction ? Que veut-elle créer chez le spectateur ?

Effectivement si ce travail consistait en une invocation de l'arbre, soit comme végétal, soit comme symbole, il y aurait certainement des chemins plus directs, plus figuratifs de le faire. Mais ce ne sont pas ces approches qui ont motivé mes choix.
L'arbre est ici une forme qui se décline tout au long de l'exposition selon divers procédés photographiques.
Peu à peu, l’ajout successif de strates photographiques forme un volume qui, par une lente accumulation redessine l'arbre.
Par la mise à distance, la perception devient plus lente de façon à ce que le spectateur s'empare de la forme d’un souvenir et y transpose ses propres images.

Ce qui est à l’œuvre de manière différente dans les tirages en gomme bichromatée sur papier par l’utilisation de plusieurs techniques, c’est la disparition de l’image originale. Tout d’abord, la prise de vue sur un négatif argentique noir et blanc, puis l’action de la numérisation, lors de cette étape, je superpose deux prises de vues d’arbres différents, l’impression du nouveau négatif et enfin le tirage en gomme bichromatée multicouche. Ces derniers étant composés de plus de cinq couches de pigments, le calage du négatif ainsi que les déformations successives du papier provoque des vibrations dans l’image.

Le contexte de perception contradictoire (immédiateté/distance) crée des lieux hybrides, exactement comme la mémoire qui sélectionne ou ajoute pour finir par réinventer.
Ainsi c’est par la contradiction entre présence et retrait que je tente de restituer la lenteur.
Lenteur des procédés, lenteur de l’enregistrement, lenteur de l’image.

 

 

Pourquoi ce travail autour de l'arbre ?
Vous pourriez faire cela avec autre chose ?

Dans le cadre de ce travail, j’ai choisi l'arbre comme motif pour son potentiel propre. Son pouvoir d'évocation d'un temps long, d'une croissance qui s'inscrit dans la durée, permet d'installer le propos du côté de la mémoire.
La symétrie aussi bien horizontale que verticale de l’arbre dans la nature est la base à partir de laquelle je développe une esthétique et un travail du motif pour ce projet, bien loin du naturalisme.

Par ailleurs j’essaye d’aborder ce travail à travers d’autres « objets », selon d’autres formes, en partie en raison d’un intérêt grandissant pour l’abstraction.

 

 

Et pourquoi la gomme bichromatée ?

La gomme bichromatée est un des procédés offrant la plus grande liberté d’interprétation d’un point de vue chromatique mais aussi dans le choix du support.
Comme je l’ai indiqué plus tôt, la lenteur du procédé est en phase avec le rythme de l’arbre, l’individualité est aussi à l’œuvre, le tirage est unique tout comme l’arbre.
C’est pourquoi le choix de ce procédé s’est avéré évident pour cette production.

 

Œuvres visibles à la Capsule (Le Bourget) :
http://www.le-bourget.fr/Resurgence-de-Mustapha-Azeroual.html
du 14/10/2010 au 19/11/2010
Vernissage de fin d'exposition :  le 19/11/2010 à 19h


 

 

dernière modification de cet article : 2010

 

     

 

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