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Mon sac en technika 2000

 

Vous trouverez dans cet article une présentation de ma chambre préférée, celle avec laquelle je vais jour après jour chercher un peu de lumière. Je vais en dire du bien, pas parce que je suis chauvin mais simplement parce que si j'en pensais le moindre mal, j'en changerais aussitôt !

La totalité de l'équipement en ordre de marche (à pied) est illustrée sur la vue ci-dessus. Au total 7,2 kg de matériel. Soyons plus précis. Avec un poids pareil, on peut visiter un château le dimanche, en posant son sac pour souffler dans chacune des pièces, pendant que le guide donne des explications. Ce n'est déjà plus un équipement de promenade, mais ce n'est pas encore une masse telle qu'on ne puisse plus prendre des photographies que sur un parking !

 

 

l'auteur

Henri Peyre
Né en 1959
photographe
Beaux-Arts de Paris en peinture
webmaster de galerie-photo
ancien professeur de photographie
à l'Ecole des Beaux-Arts
de Nîmes

www.photographie-peinture.com
www.nature-morte.fr
organise des stages photo

 

 

 

 

 

Détail de l'équipement sorti du sac

1. la Technika 2000
2. le viseur zoom universel. Cet accessoire permet de choisir facilement ses sujets. Il couvre les objectifs du 75mm au 360mm. Une bague de distance à 4 couleurs lui permet de corriger la parallaxe induite par sa position haute sur la griffe d'accessoire de la Linhof. La visée est magnifique, plus belle encore que celle de l'Hasselblad. Le viseur permet de se promener sans la chambre, afin de déterminer rapidement le meilleur angle et le meilleur objectif pour le sujet. Il m'arrive à vrai dire plus souvent de me promener avec le sac complet, et le viseur simplement à la main. Ce viseur m'est devenu absolument indispensable et il me permet de gagner un temps fou.
3. Le cordon de déclenchement. C'est un cordon de 50 cm. A moins on est gêné, on sert la chambre de trop près et, si on est concentré sur le sujet, on risque de donner un coup dans l'appareil et de le faire bouger au déclenchement.
4. ce mètre de couturière me sert à calculer les compensations de lumière en fonction de l'allongement du soufflet. J'ai en permanence dans mon sac les abaques imprimées. Vous pouvez imprimer les vôtres depuis la page
http://galerie-photo.com/indice-de-soufflet.html
Je profite souvent de l'énorme allongement de la Technika pour faire des photographies à très faible distance du sujet. En mesurant directement l'allongement du soufflet, je lis sur mes papiers la compensation à apporter en terme d'ouverture de diaphragme.
J'ai également en permanence avec moi les tables de profondeur de champ obtenues à partir de la feuille d'Excel sur ce site (calculer la profondeur de champ avec excel). Je m'en sers sans arrêt, me fiant plus à elles qu'à l'œil au moment du calcul de la profondeur de champ idéale.
5. J'ai été obligé d'acheter ce petit niveau chez Hama (ref.5411) pour une trentaine d'Euros. Incroyable mais vrai, la Technika 2000 n'est pas munie d'un niveau ! En paysage c'est un accessoire qui me semble indispensable pour établir rapidement des horizons droits, et il ne suffit pas d'avoir des niveaux sur le pied. Périodiquement je me dis que je vais même coller directement le niveau sur la machine. Mais j'attends un peu que la chambre ait pris quelques coups avant de coller l'indispensable accessoire sur le superbe revêtement de l'appareil...
6. Mon flashmètre Minolta IV se montrant délirant sous les températures caniculaires de l'été méridional (au moment d'ailleurs où mon Bosscreen de son côté coince quelques bulles), j'ai choisi la très légère cellule CDS Sekonic L188 pour le remplacer. Elle pèse moins de 50g, indique les diaphragmes jusqu'à 64 et les temps de pose jusqu'à 2mn. Rien pour le flash, mais ce n'est pas un gros manque pour un paysagiste amoureux des natures ensoleillées...
7. Je ne pars jamais sur le sujet avec plus de 3 châssis. J'aurais même tendance à considérer que 3 est encore un de trop. En réalité à la troisième vue qu'on fait, si on fait les choses bien et qu'on pense à faire le mieux possible, on est crevé. Ce n'est donc pas la peine de trop se charger. Mes châssis sont des Fidelity standard. Il y a 2 vues par châssis, donc je pars avec 6 vues. Cela fait 10 ans que j'ai les mêmes. Je les traite avec douceur, je passe l'aspirateur avant d'y placer les films (dans l'obscurité d'un manchon de chargement). Je les nourris de Provia 100F, trouvant que c'est la pellicule qui rend les couleurs au plus près de la sensation que j'en ai.
8. Ce voile de visée BTZS a remplacé depuis peu le pull-over qui me servait à la prise de vue. Le pull-over me donnait en fait toute satisfaction. Mais je l'oubliais l'été. La visée est effectivement plus limpide avec cet accessoire, mais il fait surtout partie de mon équipement parce qu'il peut rester sur le sac sans attraper toutes les poussières comme un vêtement. Du point de vue de la visée, encore une fois je préfère le viseur multifocal. Comme pour la netteté je me sers beaucoup des tables, il n'y a qu'un moment où je vérifie netteté et organisation des couleurs sous le voile. Si vous faites de la photographie rapproché il devient effectivement indispensable parce que le viseur multifocal jette l'éponge en dessous de 2 mètres.
9. Le pied est un modèle de marque Velbon, le Sherpa 750.
Il n'a certainement pas été conçu pour une chambre. Il est assez léger (mais est muni d'une colonne centrale qu'on peut lester), possède un système de verrouillage rapide des pieds. J'en ai essayé pas mal, mais c'est le seul pour lequel je me sois pris d'affection. Je le trouve parfaitement adapté à la chambre. Sa seule faiblesse serait la crémaillère, naturellement insuffisante pour tenir une Technika. Mais il ne faut pas exagérer. Il y a mieux mais c'est toujours plus lourd.
10. Le sac est le Nova 4 de Lowepro. Très belle qualité avec ce qu'il faut de rangement pour organiser son intérieur et y être à l'aise. Il permet de se déplacer avec une allure encore modeste. 

 

 

   

 

Toujours prête !

Ma première chambre a été une monorail. Sur le terrain je la trouvais trop fragile parce qu'aucune des pièces vitales (objectif, soufflet) n'était protégée. Ces quelques vues de la Technika 2000 vous la montrent ouverte, 15 secondes après qu'elle ait été sortie du sac. C'est une machine merveilleuse pour le paysage parce que toute fermée c'est une coque d'acier d'une robustesse sans égale... et pourtant elle est instantanément déployée ! 
J'ai acquis récemment un objectif Rodenstock Apo-Sironar N 5,6/150mm (objectif standard), celui qu'on voit ci-dessus. C'est en soi un excellent objectif, mais il est aussi tout petit et tient dans la chambre celle-ci repliée. C'est son énorme avantage. Linhof recommande la gamme Schneider, mais aucun 150mm de Schneider ne peut faire son nid ainsi dans l'appareil. Le Rodenstock est donc incontournable !(1)

Universelle

Sur l'image précédente, une flèche rouge signale un des très gros avantage de la Technika sur un certain nombre de chambres de campagne : son capot avant est susceptible de s'effacer en basculant lors de l'utilisation d'un objectif grand angulaire. Le dispositif est complété d'ailleurs par une petite crémaillère de mise au point installée dans le corps de l'appareil. Franchement je ne me suis jamais servi de cette dernière puisqu'elle s'utilise avec de très grands angles... que je n'ai pas.
Je signale ce détail pour enfoncer un clou : celui de l'universalité de cette chambre. Pour un paysagiste, c'est surtout avec l'allongement du soufflet, encore une fois, qu'on fait la différence :

Regardez cette vue :

 

   

 

J'ai essayé de vous donner ici une idée de l'extraordinaire allongement du soufflet que permet (avec une rigidité impeccable) ce bel engin. Centimètre en main, on mesure 38 cm du plan film à la planchette d'objectif (1) en position d'étirement maximum (en gris transparent je vous ai figuré le boîtier en position avec un 150mm). J'utilise très souvent cet allongement avec le merveilleux et tout petit objectif Nikon M9/300mm. 

Pas de soufflet additionnel, pas de bague allonge, pas de manipulation compliquée sur les rails. On positionne en les cliquant les rails du porte-objectif, on tire sur les 2 verrous (5) du plan avant et on y est !

L'ensemble des mouvements sur la planchette avant (3), la possibilité d'escamotage du capot avec le très grand-angle (4) et les mouvements arrières (sommaires mais suffisants) commandés par des boutons (2) achèvent de donner à cette chambre une universalité réelle.

C'est un très bel objet, cher mais parfaitement raisonnable si on veut bien examiner tout ce dont l'appareil est capable.

J'aurais envie de dire que c'est l'appareil idéal pour ceux qui, comme moi, veulent une chambre qui puisse à peu près tout faire, soit belle, simple et solide, une chambre qui vous ôte toute envie d'avoir les autres en vous permettant avec discrétion de faire simplement tout ce que vous désirez et soit assez légère pour vous permettre de l'emporter avec vous.

 

Télécharger la brochure technique (1,4Mo)

 

(1) A ce sujet, cette juste observation d'un lecteur,
Claude Lorenzato :
Relisant en détail votre article sur la Technika :
«
 J'ai acquis récemment un objectif Rodenstock Apo-Sironar N 5,6/150mm (objectif standard), celui qu'on voit ci-dessus. C'est en soi un excellent objectif, mais il est aussi tout petit et tient dans la chambre celle-ci repliée. C'est son énorme avantage. Linhof recommande la gamme Schneider, mais aucun 150mm de Schneider ne peut faire son nid ainsi dans l'appareil.»
En fait, l'Apo-Symmar L 5.6/150 est à demeure sur la mienne, y compris avec un filtre jaune, mais sur une planchette rentrante. Il est donc dommage de restreindre le choix au seul Apo-Sironar N 5.6/150, d'autant plus que le Schneider possède un cercle d'image légèrement plus grand (233 mm).
Sinon, je partage ce choix du matériel essentiel.

Ci-dessous deux vues illustrant une Master Technika 2000 équipée d’un Schneider Apo-Symmar L 5.6/150 sur planchette rentrante (12,67 mm mesuré, je suppose donc d’un ½ pouce). Le montage de l'objectif sur la planchette rentrante est effectué par Linhof et coûte environ deux mois d’attente et près de 300 € ttc.

Sur la vue en plongée, le caractère rentrant de la planchette me semble assez explicite ; sur la vue de face, vous noterez les reports des commandes de diaphragme, d’ouverture de l’obturateur, de la prise de flash ainsi qu'un nouveau marquage des diaphragmes sur la planchette. Équipé d’un filtre (de marque BW de 4,5 mm d’épaisseur) – comme installé sur l’optique –, le système peu resté à demeure dans la chambre repliée.

 

 

dernière modification de cet article : 2002
(2014 pour l'observation en note)

 

 

 

tous les textes sont publiés sous l'entière responsabilité de leurs auteurs
pour toute remarque concernant les articles, merci de contacter henri.peyre@(ntispam)phonem.fr

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