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Michel MAZZONI

 

 

Galerie-photo : Michel, comment êtes-vous venu à la photographie ?

C’est une longue histoire, et un parcours un peu atypique. Je me suis toujours intéressé aux images, j’ai fait des études de colorimétrie et sensitométrie, mais je me suis rendu compte que je n’étais pas fait pour travailler dans un labo ni pour faire une carrière dans la publicité.

Ensuite j’ai fait divers métiers commerciaux et alimentaires. C’est surtout la découverte du cinéma réalisé à partir des années 60, Antonioni en tête, que j’ai beaucoup regardé et étudié, qui m’a fait aimer et revenir à la photographie, que je pratique de façon quotidienne depuis 2004.

 

Vos images semblent être volontairement dépouillées pour mieux confronter les notions d'intimité et d'étrangeté. Est-ce le thème qui vous intéresse ?

Le dépouillement d’une image vient avant tout de la façon dont elle est cadrée, et j’y attache beaucoup d’importance. Je ne pense pas que ce soit volontaire, je pense que c’est en moi, je le fais instinctivement.

Bien sûr il y a le sillage de ces grands cinéastes du dépouillement que sont Antonioni, Bergman, Bresson, Tarkovski… Mais j’ai aimé ces réalisateurs aussi par instinct. Je ne cherche pas à faire comme ceci ou comme cela, il y a des filiations, des attitudes communes, elles sont en soi et un jour elle ressortent.

Je suis incapable de faire des photographies ou il y a trop de choses à voir dedans car le "trop" devient vite le "plus rien". Je pense au contraire que lorsqu’une image est dépouillée, presque vide, elle a la capacité de faire apparaître des choses qui interrogent celui qui la regarde.

Le sentiment d’étrangeté dans mes images naît souvent à partir de choses banales, c’est aussi une histoire de cadrage, de point de vue, de hors-champ. Ce sentiment s’installe à chaque fois que l’image crée une attente de signification, par exemple la vue de la forêt par le terrain vague ou le bâtiment avec les caméras.

 

 


Michel Mazzoni ©

   

 

Vous faites volontiers usage de l'obscurité dans vos photographies. Y-a-t-il une raison particulière à cela ?

J’ai utilisé pas mal ces ambiances dans ma série zones qui est un travail où le hors champ occupe une certaine importance et m’a permis de renforcer cet effet, mais j’aime aussi créer des contrastes et passer de l’obscurité à la lumière crue. C’est d’ailleurs ce que relève Emmanuel d’Autreppe dans la préface du livre.

Ce n’est pas un thème qui m’intéresse plus qu’un autre, c’est comme dans un film, il y a des scènes en plein jour et d’autres plus obscures.

En ce moment je développe un projet, ordinary landscapes ou toutes les images sont faites en plein jour avec beaucoup de lumière.

Je projette également une série dans les déserts Californiens sous une lumière crue, pour cet automne. Ce qui m’intéresse c’est d’obtenir une certaine froideur dans les images, qu’elles soient nocturnes ou diurnes.

 

 


Michel Mazzoni ©

   

 


Michel Mazzoni ©

     

 

Dans votre photographie diriez-vous que vous parlez plus de solitude, ou de la peur du rapport au monde ?

Je pense que la solitude est un malaise de notre société moderne. Les gens vivent de plus en plus isolés, tout cela à cause des moyens que sont les télévisions, les ordinateurs, les jeux électroniques et je ne sais quoi d’autre qui fait que les gens restent cloîtrés et isolés.

Ce qui crée, passée une certaine heure, des villes désertes et étranges.

Plus on monte vers le nord et plus ce sentiment se ressent. Dans certaines villes scandinaves, cela devient presque métaphysique. Je n’irais pas jusqu'à dire que je parle de la peur du rapport au monde mais vraiment de cette solitude, ce vide qui est vraiment une incarnation de notre monde contemporain.

 

 

 


Michel Mazzoni ©

     

 

Y a-t-il eu des événements particulièrement déterminants dans votre vie qui ont pu orienter votre photographie vers ce qu'elle est aujourd'hui ?

Oui je pense que des évènements ont été déterminants, par exemple j’ai grandi dans une famille ou mon père avait une entreprise de bâtiment, il m’a souvent emmené avec lui, j’ai ainsi été confronté, jeune, à des constructions, des architectures, des zones en mutations, en transformations, il y a eu ensuite cette passion pour le cinéma de la modernité…

Tout cela l’un dans l’autre a forgé une certaine sensibilité, une attirance, un regard, on retrouve souvent dans mes travaux, même lorsque je photographie des personnages, une relation à l’environnement, au paysage.

 

 


Michel Mazzoni ©

     

 

Techniquement, comment sont réalisées ces images ?

Je travaille avec trois appareils photos :
- un Mamiya 7,
- un Hasselblad équipé du 80 mm standard et d’un 60 mm que j’utilise surtout en intérieur,
- un Rolleiflex 2,8 f.

Pour les films j’ai beaucoup utilisé de la 400 NC Kodak, que je trouve un peu plate dans nos régions sans soleil et que j’ai remplacée par du 160 VC. J’ai aussi une petite caméra DV sony, un stylo et un carnet pour mes repérages.

 

 


Michel Mazzoni ©

     

 

Quels sont les photographes qui ont compté pour vous ?

Tous ceux qui sont hors-mode, intemporels, qui ont un rapport avec le cinéma et qui ont su faire ressortir du banal des choses extraordinaires et étranges, qui sont en phase avec leur époque sans tomber dans le sensationnel et la facilité de l’impudeur ou de l’anecdote.

Pour en citer quelques un : Adam Bartos, Stephen Shore, Jeff Brouws, Robert Frank, William Eggleston certaines images d’Ed Ruscha, de Jeff Wall (immenses et magnifiques noir et blanc) sans oublier les travaux vidéo de Mark Lewis. Il y a aussi des réalisateurs actuels que j’aime beaucoup, Nuri Bilge Ceylan, Nabuhiro Suwa, Aki Kaurismäki, Pedro Costa…

 

le photographe

Michel Mazzoni

vit à Bruxelles
Bibliographie :
zones
édité chez Yellow Now

michel.mazzoni@free.fr
photographie / vidéo
13 a Avenue du pesage
 1050 Bruxelles
Belgique
+32 488 772 361
+33 685 127 104
www.michelmazzoni.com
www.yourshot.eu/michelmazzoni
www.artslant.com/global/artists/
show/81011-michel-mazzoni

michel mazzoni 20 04 66 (France)

2009 Galerie Lillebonne Nancy, France. zones. Le Botanique Bruxelles. La Nuit de la vidéo Nancy, France C.C.A.M, (Scène Nationale de Vandoeuvre lès Nancy
2008 Asoko galerie Bruxelles, Belgique MCL, centre culturel de la ville de Metz, France. Le Carreau, scène nationale de Forbach. Festival d’ARLES 2008 (Vidéos), MAMAC Lièg
2007 Festival Arles : série interstices. Galerie Farmani, Los Angeles, Best off of Arles, Voies off Arles Galerie Confluence Nantes, France.
2006 My Monkey : espace d’art contemporain, Nancy, France.
2002 Galerie FNAC France : Dijon, Paris, Strasbourg, Nancy, Troyes, Le Mans. Publications Artenews Magazine Bruxelles. The exposure project New York.Photos Nouvelles Paris. Humble art foundation New York. Le Vif L’express, Weekend, Belgique. Revue Singe, France.

Livres :
zones : ouvrage monographique aux éditions Yellow Now

Collections
Belgique : Bruxelles, Knokke.
France : C Gugnon, Paris , Galerie photo FNAC Paris.

 

 

     
   

dernière modification de cet article : 2009

 

 

 

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