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l'auteur

 

Henri Peyre
Né en 1959
 photographe
Beaux-Arts de Paris en peinture
webmaster de galerie-photo
ancien professeur de photographie
à l'Ecole des Beaux-Arts
de Nîmes

www.photographie-peinture.com
www.nature-morte.fr
organise des stages photo

 

 

 

Nous recommandons à l'achat
le superbe catalogue édité par la Fondation Regards de Provence :




Joseph Garibaldi
Le midi paisible
(mars 2012)

L’ouvrage « Joseph Garibaldi, Le Midi paisible », édité par l’Association Regards de Provence, reproduit les œuvres de l’exposition avec des textes de l’historien de l’art Pierre Murat. A l’occasion de cette exposition, la Fondation publie le premier catalogue raisonné de l’œuvre d’un peintre présent dans de nombreux musées et dont on redécouvre les mérites.

Prix à l’unité : 40 €uros + 10 €uros de frais d’envoi (emballage compris), soit 50 €uros.

 

Peinture depuis la photographie :
Joseph Garibaldi

par Henri Peyre

 

On apprécie dans l'œuvre du peintre marseillais Joseph Garibaldi(1), très bien présentée dans le catalogue Joseph Garibaldi, le Midi paisible (2), à la fois la sûreté du dessin et l'extraordinaire sens des couleurs, d'un réalisme et d'une justesse souvent confondants.

Comment le peintre pouvait-il parvenir à un résultat aussi époustouflant ?

 


Joseph Garibaldi - Trois voiliers sur le quai des Baux à Cassis
Huile sur toile 73x55cm, collection Galerie Pentcheff

 


Joseph Garibaldi - Cathédrale d'Auxerre le soir avec un pêcheur, 1909
Huile sur toile 73x60cm, collection particulière

 


Joseph Garibaldi - Déchargement face au fort Saint-Jean, 1897
Huile sur toile 73,5x54cm, collection Galerie Pentcheff

 

Certaines peintures moins réussies, moins naturelles, détaillées mais nettement moins vivantes, peuvent nous mettre sur la voie. La précision photographique du trait y distance en effet quelque peu la véracité parfaite de la couleur, qui reste à la traîne... ainsi dans les 2 tableaux suivants :


Joseph Garibaldi - Cocher attendant sa cliente sur la plage du Prado, vue vers Marseilleveyre, 1889
Huile sur toile 69x102 cm, Collection Crédit Municipal, Marseille


Joseph Garibaldi - La plage du Prado, vers le Roucas, 1887
Huile sur toile 71x104 cm, Collection Crédit Municipal, Marseille

Ces deux peintures sont parlantes. Joseph Garibaldi s'est beaucoup servi de la photographie pour atteindre la perfection en peinture. Et il ne faut pas s'en étonner.

Antoine Lumière (1840-1911), le père des fameux frères Lumière, qui ont l'âge de Garibaldi, est peintre avant d'être photographe et connaissait bien Joseph : il l'avait en effet engagé pour réaliser un panneau décoratif représentant le château du Clos des Plages qu'il avait fait bâtir à la Ciotat. Ce château avait été pourvu de trois ateliers pour toujours pouvoir travailler au soleil. La commande devait décorer sa Villa Lumière à Evian-les-Bains, actuellement Hôtel de ville. Les deux hommes ont sympathisés ainsi que le peintre Roybet, professeur de peinture de Lumière, puisqu'ils passent en 1900 plusieurs semaines ensembles sur la côte des Lecques. Lumière est aussi témoin de mariage de Garibaldi 1903, et lui dédicace un tableau la même année. Les frères Lumière, ses enfants, inventent l'autochrome en 1907. Aussitôt le procédé est utilisé par Garibaldi en particulier pour photographier ses propres tableaux, mais aussi pour garder des vues de paysage qui l'intéressent.


Plaque autochrome réalisée par Garibaldi à La Ciotat en dessous de la Villa Lumière

Evidemment on ne peut pas penser que ces plaques Autochrome n'aient pas servi à Joseph Garibaldi pour la confection de ses paysages, puis qu'on voit qu'il utilise en 1907 des photographies en noir et blanc issues d'un carnet de voyage en Tunisie pour monter pièce à pièce un tableau : La Halte au Riad. Il semble évident que Joseph Garibaldi ait été coutumier du procédé.


Joseph Garibaldi - La halte au Riad, 1907


Quelques clichés pris en Tunisie par Garibaldi
extraits de son carnet de voyage

 

Ainsi Joseph Garibaldi, à une époque où la peur des peintres face aux capacités de figuration de la peinture commence à les amener à théoriser un art non-figuratif, utilise lui sans aucune crainte les commodités apportées par la photographie dans la dimension figurative de la peinture. Il pourra ainsi mieux se consacrer à la composition et à la qualité des couleurs disposées sur la toile. Sa proximité géographique à la genèse même de l'invention photographique lui fait goûter dans le procédé une alliée nouvelle plus qu'une menace majeure... Ne connait-il pas directement et amicalement les Lumière ? Dès lors qu'aurait-il à craindre d'un procédé aussi familier ?

Ces explications étant données, il ne nous reste plus qu'à apprécier à quel paroxysme de vérité des couleurs et à quelle netteté du trait Joseph Garibaldi a pu hisser une peinture délibérément alliée à une photographie qu'il a toujours considéré sans honte comme une formidable alliée...

 

 


Joseph Garibaldi - Port de Cassis depuis le quai des Baux, 1893
Huile sur toile 80x116cm

 

     


Joseph Garibaldi - Le vallon de Camp Long, vers Sormiou, 1907
Huile sur toile 120x161cm, Collection particulière

 

     


Joseph Garibaldi - Vue de Cassis vers le Cap, 1897
Huile sur toile 93x 130cm
Collection Musée des Beaux-Arts de Marseille

 

     


Joseph Garibaldi - Abbaye de Montmajour, 1898
Huile sur toile 65x87cm, Collection particulière

 

     

Notes

1 Voir Joseph Garibaldi sur Wikipedia

2 Joseph Garibaldi, le Midi Paisible, Catalogue raisonné par Pierre Murat, Fondation Regards de Provence, 212 pages, février 2012 - ISBN 978-2-9143-7431-6

 

   

dernière modification de cet article : 2015

     

 

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