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l'auteur de cet article

Pierre Hébert
1968-2010



Photographe intimiste
et pourtant passionné
de grand format
Pierre Hébert a réalisé
de nombreuses photographies
d'une très grande sensibilité
dans le cadre familial
où son approche pudique
et silencieuse trouvait à se
déployer sans contrainte

Après une formation
au noir et blanc classique
il se révèle un coloriste très doué
et ses images progressivement
vont placer la recherche
de subtiles harmonies colorées
en tête de tout autre projet.

Photographe du bonheur
Pierre est rattrapé par la maladie.
Il nous a quitté prématurément
en novembre 2010

Ces pages restent en ligne
à sa mémoire.

 

British Landscape
de John Davies, éditions Chris Boot

le Paysage anti-social
(Notes de lecture)

 

par Pierre Hébert

 


The British Landscape
 

J'ai acheté ce livre sur internet, presque par hasard. Je cherchais quelque chose d'autre que le sempiternel paysage social américain à la chambre 20x25...

Premier coup d'oeil sur les photographies

La composition est établie selon une règle simple : un point de vue en hauteur, un horizon dégagé. John Davies nous montre le réel dans son entièreté par un point de vue dont la répétitivité tend vers une certaine objectivité. Au contraire exact d'Henri Cartier-Bresson, qui lui marche dans le réel pour le trouer avec son Leica, John Davies prend un peu de hauteur pour nous le montrer. Toujours à la bonne distance, ce qui n'est pas la moindre de ses qualités, et sans volonté de trier ce qui est là : ses paysages sont peuplés d'êtres quotidiens qui mènent leur existence sans se soucier du photographe. Parfois même, une scène. On ne s'étonnerait pas de voir Cartier-Bresson s'agiter parmi les silhouettes qui continuent à vivre sans se soucier du photographe, et si on ne l'y voit pas (mais peut-on vraiment le jurer ?) on se prend à imaginer que c'est sans doute une question de concordance des temps.

L'absence totale
de volonté de boxer dans une certaine catégorie

Rien ne laisse deviner l'utilisation d'autre chose que d'un 24x36, surtout pas l'homothétie, sauf peut-être la masse d'information disponible (et même, rien n'est moins sûr), c'est sans prétention.

Sur une des images, une centrale nucléaire et ses tours de refroidissement. Et elle paraît parfaitement à sa place. Nul sous-entendu politique ou écologique. On n'est pas étonné, les joueurs de football sur le plan plus bas non plus, pas plus que les personnages du premier plan, qui semblent avoir affaire à toute autre chose. Elle fait partie du paysage.

 

 


© John Davies - Agecroft Power Station, Salford 1983 - The British Landscape, p 34

   

 

 

Une autre image : un train de marchandise traverse un village, peut-être une banlieue. Il pleut, le ciel est bas, l'habitat modeste. Pourtant, c'est le contraire de la tristesse qui nous prend. La composition est parfaite de simplicité, la photographie forme un ensemble où rien ne manque. Il faut aller lire la légende pour se rendre compte que le train transporte du combustible et des déchets nucléaires...

 

 


© John Davies - Ffestiniog Railway, Blaeneau Ffestiniog, Snowdonia 1994 - The British Landscape, p 88

 

John Davies

Sur John Davies

 Cv
Site internet
Quelques images

 

Commander le livre de John Davies :


The British Landscape (Relié)
de John Davies (Auteur), Jonathan Glancey (Introduction)

 

 

 

Souvent, l'horizon est souvent au milieu de l'image : rien ne peut départager le ciel et la terre. Ils restent ex-aequo. Angleterre, angleciel ? Lorsque l'image est décentrée, ce n'est pas par souci de la composition, mais parce qu'il y a du réel à voir par là. D'ailleurs les décentrements sont  presque toujours réalisés vers le bas.

Ni richesse ni pauvreté, ni beauté ni laideur, rien de ce qui ne serait au fond qu'une question de point de vue. Le réel dans sa splendeur neutre, et en filigrane, tout de même, l'amour. Car voilà ce que sont au fond les images de ce livre : un long chant d'amour d'un homme pour sa terre. On sort du livre en ayant l'impression de connaître l'Angleterre, que précisément, on méconnaissait. Faute d'être anglais. On le feuillette une seconde fois en sachant qu'il faudra y revenir encore : ces photographies regorgent de vie.

Aux antipodes de tous les ouvrages sur le paysage américain, furent-ils en leur temps des révolutions (mais une révolution, par définition, tourne sur elle même et nous remet, un peu étourdi, au point de départ), au contraire du gigantisme un peu vain des maîtres de la forme-tableau, voilà un des plus beaux livres que j'ai pu voir ces dernières années...

Un dernier commentaire, enfin : il est magnifiquement imprimé, c'est sans commune mesure avec quelques pastilles sur internet. Mais on ne reprochera pas au web d'être prescripteur d'achat, c'est sans doute un de ses plus beaux rôles...

   

 

 

Dernière mise à jour : 2008

 

 

 

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