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 les auteurs

Emmanuel Bigler est professeur d'optique
et des microtechniques
à l'école d'ingénieurs de mécanique et des
microtechniques (ENSMM) de Besançon.
Il a fait sa thèse à l'Institut d'optique à Orsay
E. Bigler utilise par ailleurs
une chambre Arca-Swiss

26 chemin de l'Épitaphe
25030 Besançon cedex
Mail

 

Yves Colombe est ingénieur
actuellement étudiant en thèse
(expérience de physique atomique)
 en grand format il utilise
une chambre Bender 4x5 pouces

yves.colombe@worldonline.fr
 

 

 

 

 

 

Glossaire des termes techniques
de l'optique photographique


Résumé:
Nous proposons ici un glossaire des termes techniques de l’optique instrumentale appliquée aux objectifs photographiques. Ce document accompagne la publication d’une série d’articles sur l’application des principes et règles de l’optique instrumentale aux objectifs photographiques. La correspondance avec la terminologie anglaise et allemande est indiquée pour les termes les plus fréquemment rencontrés.


 

afocal
(système) Un système afocal a comme propriété de faire sortir parallèles entre eux un faisceau de rayons qui entrent parallèles sous un angle α (figure 1), et qui sortent sous un autre angle α′ (mesuré par rapport à l’axe) qui définit le grossissement angulaire de l’instrument : Gα = α′/α.

 

 

Figure 1: Système afocal et grossissement angulaire Gα

On ne peut pas former l’image d’un objet lointain sur un film avec un tel système, c’est pourquoi tous les objectifs photographiques ont une distance focale nominale. Une lunette astronomique ou terrestre, ou l’un des deux éléments monoculaires dans une paire de jumelles est un système afocal lorsqu’il est réglé en position standard infini → infini. En pratique la plupart des instruments visuels renvoient l’image environ à un mètre de distance vers l’avant, ils sont donc très légèrement divergents. Ne pas confondre un système afocal avec un convertisseur de focale pour appareil reflex à optiques interchangeables.


approximation de Gauss
Théorie des systèmes optiques centrés qui rassemble en quelques formules et règles de tracés tout ce qui est nécessaire pour la construction de la position et de la grandeur des images. Le modèle ne s’applique au départ qu’aux rayons peu inclinés et qui passent très près de l’axe optique, mais tous les systèmes centrés si complexes soient-ils se comportent de façon analogue pour ces rayons-là. Pour une optique photographique réelle, les tracés de l’approximation de Gauss permettent dans les objectifs modernes bien corrigés de la distorsion de trouver correctement la position et la grandeur des images en extrapolant les tracés symboliques en dehors de l’axe ou pour des rayons très inclinés. Exception en photographie : les objectifs ultra grands angulaires de type “fish-eye” couvrant 180 degrés et plus, où les règles de construction des images sont particulières.


cardinaux
(points, éléments) voir : éléments cardinaux


chambre de campagne
Chambre photographique légère, parfois pliante, souvent en bois surtout dans les formats supérieurs au 9x12-4"x5", héritière des premières chambres photographiques. Certaines chambres de campagne permettent de replier la planchette d’objectif derrière un abattant frontal qui rend l’appareil facilement transportable sur le terrain. En anglais : field camera, flatbed view camera, folding view camera. En allemand : Laufboden Fachkamera (Großformatkamera).


chambre monorail
Chambre technique basée sur la fixation des éléments sur un banc optique unique permettant la mise au point par déplacement le long du rail et l’échange rapide d’accessoires. Les chambres monorail, surtout celles servant en studio, sont le plus souvent en métal. Par rapport aux chambres de campagne, leurs possibilités de tirage ou de mouvements ainsi que leurs gammes d’accessoires sont bien plus étendus, souvent au détriment du poids et de la compacité. En anglais : monorail view camera. En allemand : Optische-Bank Fachkamera (Großformatkamera).


combinaison optique
Association de dioptres plans, sphériques ou asphériques permettant la formation d’images de haute qualité par correction poussée des aberrations. Une même combinaison peut être extrapolée à différentes focales par multiplication de toutes les dimensions par un même facteur. D’où la classification des optiques de chambre par familles, les grands angles, les standards, les télé-objectifs, les apo-symétriques, etc…  Pour une même focale nominale, on trouvera des combinaisons optiques très différentes selon qu’il s’agit d’un grand angulaire pour un autre format supérieur, d’un standard ou d’un apochromatique symétrique pour un format donné, ou d’une longue focale de type « télé-objectif » couvrant un plus petit format.


conjugaison
(formules) Connaissant la distance focale f d’un système épais et la position des foyers F, F′ et des plans principaux H, H′, on détermine la position des images par rapport aux objets soit par les formules de Descartes (avec origines aux plans principaux) soit par les formules de Newton (origines aux foyers). Si A et A′ sont deux point conjugués sur l’axe, on a les formules suivantes :

  1. formules de Descartes

     

  2. formules de Newton

     

  3. grandissement transversal γ, et lien entre la position et la grandeur des images :


     

    À l’exception de certains tracés symboliques pour des objets situés au voisinage immédiat des plans principaux pour lesquels les grandissements sont positifs (emplacements qui ne sont le plus souvent pas accessibles physiquement, mais on peut y renvoyer une image grâce à un autre système optique), le grandissement est négatif dans un appareil photographique entre un objet réel et son image réelle sur le film. Ce signe − du grandissement exprime simplement le fait que l’image est renversée sur le dépoli.

     

     

    Figure 2: Grandissement transversal γ

     

  4. lien entre le grandissement transversal et le tirage : si |γ| désigne la valeur absolue (positive) du grandissement, on a la relation suivante :
    E = |γ|× f
    qui relie l’extension de tirage à partir du plan focal et le grandissement transversal. On note souvent la valeur absolue du grandissement sous la forme |γ|=1:10 ; 1:5 ; 1:2 ce qui signifie : |γ| = 1/10 = 0,1 ; 1/5 = 0,2 ; 1/2 = 0,5


convergence
Inverse de la focale ; la convergence C s’exprime en dioptries par la relation : C(dioptries) = 1/f(en mètres). Un objectif de 100 millimètres de focale a une convergence de +10 dioptries.


convergence (rapport de) [1] : voir : grandissement angulaire


convergent
(système) Système optique pour lequel la distance focale HF est positive ; un tel système est capable de former sur un film ou un détecteur électronique l’image d’objets éloignés en « concentrant » dans l’image l’énergie lumineuse émise par l’objet. Un système divergent ne peut pas faire cela tout seul, mais il peut déplacer la position et le grandissement des images photographiques s’il est associé avec un système convergent. Anglais : positive optical system; Allemand : Positiv Linsensystem.


convertisseur de focale
Système optique pour appareils à objectifs interchangeables qui s’intercale entre l’objectif et le boîtier et qui multiplie la distance focale par × 1,4 ; × 2 ; × 3…  sans changer le plan de mise au point. Les systèmes utilisés couramment en 24x36 et moyen format sont des systèmes divergents. Ne pas confondre avec les compléments afocaux qui se placent devant l’objectif.


dioptre
Surface de séparation entre deux milieux transparents d’indice de réfraction différents, par exemple l’air et le verre à l’entrée d’une lentille ; une lentille mince se compose de deux dioptres. Dans l’oeil humain, l’essentiel de la convergence provient du premier dioptre sphérique formé par la cornée ; le cristallin, lentille déformable, fournit un appoint (indispensable) pour l’accommodation.


distance algébrique
Sur un axe orienté positivement de gauche à droite, on dira que la distance AB est positive si B est à droite de A ; on a AB = − BA. Dans les tracés optiques on fait parcourir en général la lumière de gauche à droite, espace objet à gauche, image à droite. Pour les axes verticaux on oriente positivement vers le haut ce qui permet de définir une valeur algébrique pour les grandissements. En photo courante, l’image est réelle (on peut la détecter sur un film) et le grandissement est toujours négatif (l’image est renversée).


divergent (système)
Système optique pour lequel la distance focale HF est négative comme dans une lentille divergente. En associant plusieurs lentilles convergentes avec des distances bien choisies entre elles, on peut néanmoins obtenir un système divergent. L’association de lentilles divergentes en revanche ne permet pas d’obtenir un système convergent. Anglais : negative optical system. Allemand : Negativ Linsensystem.


éléments cardinaux
Les éléments cardinaux d’un système épais sont les foyers, les plans et les points principaux, les plans et les points nodaux. La connaissance de la position de ces éléments suffit à la détermination de la position et de la grandeur des images en partant d’objets donnés. Pour ce qui concerne les questions de photométrie et de profondeur de champ il faut de plus connaître la position des pupilles.


épure d’un système optique centré
Tracé géométrique symbolique plaçant pour un système centré les foyers, les plans principaux et nodaux ; pour une optique photographique dans l’air, on placera les foyers, les plans principaux, les sommets des lentilles en entrée et sortie, les plans d’appui mécanique (planchettes, montures à vis ou à baïonnette) et les pupilles.


espace objet
Milieu transparent où est émise, en entrée, la lumière captée par l’appareil pour en faire une image. Dans ce milieu supposé homogène, les rayons se propagent en ligne droite. Si le milieu n’est plus homogène (si l’indice de réfraction varie le long du trajet des rayons) les rayons peuvent se propager sur des trajets courbes ; cette courbure explique l’origine des corrections à appliquer au pointé de la hauteur des astres mesurée au sextant au ras de l’horizon et le phénomène de mirage. Anglais : object space. Allemand : Gegenstandseite


espace image
Milieu transparent où est reçue, en sortie, la lumière qui a traversé l’objectif et qui se focalise pour en faire une image. Dans ce milieu les rayons se propagent également en ligne droite. À chaque point de l’espace objet on associe un point de l’espace image par les formules de conjugaison. Anglais : image space. Allemand : Bildseite


focale (distance)
Distance algébrique notée dans le cas général f′, définie par f′ = HF qui sépare le plan principal image du foyer image. Dans l’air, on a HF = −HF pour tous les systèmes. Pour simplifier l’écriture, on appellera f cette distance focale HF qui est positive pour tous les objectifs photographiques. Anglais : focal length. Allemand : Brennweite.


focaux (plans)
Plans perpendiculaires à l’axe optique et qui contiennent l’un ou l’autre des foyers F et F′ du système…  du moins si on n’a pas affaire à un système afocal. Un faisceau de rayons émis par un point Fs du plan focal objet hors de l’axe sort dans l’espace image sous forme de faisceau parallèle incliné (figure 3). Un faisceau de rayons entrant dans le système, parallèles entre eux mais inclinés par rapport à l’axe ressortent en un point Fs′ du plan focal image ; on dit parfois que Fs′ est un foyer secondaire. Un objet situé à l’infini voit son image se former dans le plan focal image. Un objet placé au plan focal objet voit son image renvoyée à l’infini en sortie.

 

 

Figure 3: Plan focaux


formules de conjugaison : voir conjugaison


foyer image
Point de l’axe optique où se forme l’image d’un faisceau de rayons parallèles à l’axe, ou, ce qui est synonyme, point de l’axe optique où se forme l’image d’un point objet à l’infini sur l’axe. Tout rayon entrant dans l’objectif parallèle à l’axe sort en passant au foyer image. On le note : F′. Anglais : focus, focal point. Allemand : Brennpunkt. Attention : le foyer image n’est pas l’image géométrique du foyer objet !. L’image du foyer objet est renvoyée à l’infini sur l’axe sous forme d’un faisceau sortant de rayons parallèles à l’axe.


foyer objet
Point de l’axe optique pour lequel l’ensemble des rayons passant par ce point dans l’espace objet sortent parallèles à l’axe dans l’espace image. On le note : F. L’image du foyer à travers l’objectif objet est le point à l’infini sur l’axe dans l’espace image.


foyer secondaire
Désigne un point tel que Fs ou Fs (figure 4) d’un des deux plans focaux objet ou image qui n’est pas situé sur l’axe optique. L’image d’un faisceau parallèle incliné en entrée d’un angle α, ou ce qui est synonyme, l’image d’un point à l’infini vu sous l’angle α, se forme en un foyer secondaire situé dans le plan focal image. Inversement l’image d’un foyer secondaire dans le plan focal objet est un point à l’infini correspondant à un faisceau parallèle incliné par rapport à l’axe optique.

 

 

Figure 4: Foyers secondaires


grandissement (transversal) voir : conjugaison (formules)


grandissement (angulaire)
Le grandissement angulaire [2] G appelé également rapport de convergence [1] est le rapport des angles G = u′/u formés par des rayons coupant l’axe au niveau d’un objet A (angle u) et de son image A′ (angle u′). Si l’objet et l’image sont dans le même milieu transparent, on a la relation entre G et le grandissement transversal γ : G× γ = 1. (Relation de Lagrange-Helmholtz dans le cas de milieux d’entrée/sortie identiques).

 

 

Figure 5: Grandissement transversal γ et grandissement angulaire (rapport de convergence) G

grossissement (angulaire)
On définit le grossissement angulaire Gα pour un instrument visuel afocal (voir figure 6) en traçant un faisceau de rayons parallèles qui coupent l’axe optique en entrée en faisant un angle α avec l’axe ; en sortie les rayons sont parallèles et coupent l’axe en formant un angle α′. Le grossissement angulaire Gα est égal au rapport des angles α′ / α.

 

 

Figure 6: Définition du grossissement angulaire Gα

Gα étant un rapport d’angles, on peut définir ces angles dans l’unité que l’on veut, en radians ou en degrés du moment que les deux sont exprimés dans la même unité.

Pour un instrument tel qu’une loupe ou un microscope où les objets sont situés à distance finie, on définit le grossissement intrinsèque commercial Gic par le rapport entre l’angle sous lequel on voit l’objet à travers l’instrument et l’angle sous lequel on voit l’objet à l’oeil nu à la distance conventionnelle de 250 mm. Une loupe qui grossit 10 fois fait paraître une graduation millimétrique vue à travers la loupe sous le même aspect qu’une graduation centimétrique à l’oeil nu à 250 mm. Le lien entre Gic et la focale f d’une loupe est : Gic = 250/f(en mm). Une loupe 5x a une distance focale de 50 mm, une loupe de 100 mm de focale « grossit » 2,5 fois.


image géométrique
Lieu de l’espace image où se coupent les rayons issus des différents points de l’objet qui ont pu traverser complètement l’objectif. Dans l’approximation de Gauss, tous les rayons issus d’un point de l’espace objet se recoupent en un même point de l’espace image qu’on appelle image géométrique. Les systèmes optiques modernes et très bien corrigés des aberrations réalisent très sensiblement cette propriété même pour des grands angles ou de grands objets, ce qui fait que dans un système optique épais réel, on peut se servir des formules de l’approximation de Gauss pour déterminer la position et la grandeur des images.


infini
L’infini en optique géométrique correspond aux notions suivantes ;

  1. mathématiquement, lorsque dans les formules de Descartes 1/p + 1/p′ = 1/f , la distance à l’objet p où à l’image p′, tendent vers l’infini, les quantités 1/p ou 1/p′ tendent vers zéro, l’image ou l’objet se situent respectivement au foyer image (p′=f) ou au foyer objet (p=f) ;

  2. physiquement, si une source ponctuelle s’éloigne de l’objectif, le cône rayons émis, passant par la pupille d’entrée, devient de plus en plus étroit, correspondant à une seule inclinaison par rapport à l’axe optique (figure 7) ; son image se forme alors près du plan focal ; un point source à l’infini est synonyme d’un faisceau de rayons parallèles s’appuyant sur la pupille d’entrée de l’objectif ; de même un point source placé dans le plan focal objet voit son image renvoyée à l’infini, ce qui est équivalent à dire que le faisceau de rayons en sortie est parallèle (voir figure 4).

 

 

Figure 7: L’image d’un objet lointain se forme au voisinage du plan focal image


interstice (optique)
Distance algébrique HH′ entre les plans principaux d’une optique épaisse. Cette distance peut être positive ou négative.


nodaux (plans)
Couple de plans conjugués situés perpendiculairement à l’axe optique et passant par les points nodaux correspondants. Pour une optique photographique utilisée dans l’air, les plans nodaux sont identiques aux plans principaux.


nodaux (points)
Couple de points conjugués, N et N′ sur l’axe optique pour lesquels le grandissement angulaire ou rapport de convergence G est égal à +1, c’est à dire que tout rayon passant par N en entrée ressort en coupant l’axe en N′ en étant parallèle au rayon d’entrée. Pour une optique photographique utilisée dans l’air, les points nodaux sont identiques aux points principaux, N=H ; N′ = H′. Une propriété importante du point nodal image N′=H′ est qu’une petite rotation de l’objectif autour de N′ ne déplace pratiquement pas l’image d’un objet lointain qui se formerait sur un écran fixe placé à proximité du plan focal. On suppose ici que les objets dont on forme l’image sont situés très loin de l’appareil, cas classique en photo de paysage panoramique. Cette propriété de stationnarité de l’image est mise à profit dans les appareils panoramiques à tambour rotatif pour lesquels le film est fixe par rapport au paysage (ou reste fixe par défilement rétrograde en synchronisme avec l’appareil en entier) et l’optique tourne par rapport au paysage pour accumuler une succession de bandes minces reconstituant le panorama. Le point nodal objet N joue un rôle analogue si l’optique est inversée…  mais c’est une utilisation qui ne sert pas en pratique. Anglais : nodal point. Allemand : Knotenpunkt.


plans nodaux : voir nodaux (plans)


points nodaux : voir nodaux (points)


plans principaux : voir principaux (plans)


points principaux : voir principaux (points)


plans focaux : voir focaux (plans)


principaux (plans)
C’est un couple de plans conjugués parallèles entre eux et perpendiculaires à l’axe optique pour lesquels le facteur de grandissement transversal est égal à +1. Dans une optique photographique quasi-symétrique, ces plans H et H′ sont très rarement accessibles physiquement. Ils sont situés dans ce cas particulier « géométriquement » l’intérieur de l’objectif sur l’épure du système. Dans le cas le plus général, ils peuvent être placés en dehors des lentilles et ils n’ont qu’une signification symbolique permettant de déterminer la position et la grandeur des images par un tracé de rayons géométrique. Le plan principal image se trouve à l’intersection d’un rayon incident parallèle à l’axe (de fait, son prolongement symbolique) avec le rayon émergent correspondant ; le plan principal objet se trouve à l’intersection d’un rayon émergent parallèle à l’axe avec le rayon incident (son prolongement) correspondant. Anglais : principal plane. Allemand : Hauptebene.


principaux (points)
On les note traditionnellement H et H′. Points de l’axe optique situés respectivement dans le plan principal objet (H) et dans le plan principal image (H′). H et H′ sont conjugués. Anglais : principal point. Allemand : Hauptpunkt.


pupilles
On appelle pupilles les images du diaphragme-iris données respectivement dans l’espace objet par la partie antérieure de l’objectif (ce qui donne la pupille d’entrée) et dans l’espace image par la partie arrière de l’objectif (ce qui donne la pupille de sortie). La plupart du temps en optique photographique le diaphragme iris est situé entre les lentilles. Il y a quelques exceptions comme l’Imagon de chez Rodenstock où le diaphragme (très spécial) est placé en avant des lentilles. Il y a aussi des objectifs où le diaphragme-iris est placé après la dernière lentille comme un Nikkor de 180 pour 24x36. Ce qu’on voit en fait lorsqu’on ferme le diaphragme et qu’on regarde une optique par l’avant ou par l’arrière, ce n’est pas le diaphragme lui-même mais les images de l’iris données par les deux moitiés de l’objectif. Il y donc a priori un facteur d’agrandissement ou de réduction de diamètre entre le diamètre réel de l’iris et le diamètre de ses images, les pupilles. En laissant ce diaphragme grand ouvert et en ajoutant soi-même un diaphragme assez fermé par devant ou par derrière, on force les pupilles à s’identifier avec ce nouveau diaphragme ou son image donnée par l’objectif en entier. Les pupilles n’interviennent pas dans la position et la grandeur des images géométriques vraies, en revanche elles sont très importantes pour le problème de la profondeur de champ où on prend en compte des images défocalisées. La pupille d’entrée d’un objectif est le point autour duquel il faut tourner un appareil ordinaire (non panoramique) pour réaliser un raccordement panoramique d’images avec le moins possible de défauts de parallaxe gênant le raccordement d’une image avec sa voisine en bord de champ.
Anglais : entrance pupil, exit pupil. Allemand : Eintrittspupille, Austrittspupille.


pupillaire (grandissement)
Le grandissement pupillaire est le rapport des diamètres de la pupille de sortie à la pupille d’entrée. Les optiques de chambre quasi-symétriques ont un grandissement pupillaire proche de l’unité. Les formules télé-objectif ont en général un grandissement pupillaire inférieur à 1, les rétrofocus ont un grandissement pupillaire supérieur à 1.


reflex (appareil)
Appareil photographique pour lequel on regarde se former l’image à l’échelle 1 sur un dépoli en visant, via un système à miroir, soit à travers l’objectif de prise de vue (miroir mobile, reflex mono-objectif, en anglais : single-lens reflex, SLR  ; en allemand : Ein-aügige Reflexkamera) soit à travers un objectif de visée de même distance focale, très précisément appairé et jumelé à l’objectif de prise de vue (reflex bi-objectif, en anglais twin-lens reflex, TLR ; en allemand : Zwei-aügige Reflexkamera)


rétro-focus (objectif)
Terme technique dû à la société française Angénieux pour désigner une classe d’objectifs grands angulaires pour appareils reflex à miroir dans lequel la lentille arrière se trouve suffisamment en avant du plan principal image pour ne pas gêner le passage du miroir dans un reflex mono-objectif.


système optique centré
Association de dioptres plans, sphériques ou asphériques, de lentilles minces ou épaisses présentant une symétrie de révolution autour d’un même axe optique. On peut étendre assez facilement les propriétés de ces systèmes à une association de systèmes centrés couplés entre eux par des miroirs dans la mesure où les réflexions font correspondent entre eux les axes de différents sous-systèmes. Par exemple le système de visée totalement redressé d’un appareil reflex à pentaprisme associé à l’optique de prise de vue, au miroir reflex et à l’oculaire de visée se comporte, à un décalage latéral d’image près, presque comme un système centré unique.


télé-objectif
Formule optique en général de longue focale par rapport à la diagonale du format, dans laquelle l’encombrement mécanique total est plus court que la distance focale ; de ce fait le plan principal image H′ est situé dans l’air, en avant de la lentille frontale.


télécentrique (objectif)
Objectif non utilisé en photographie artistique, mais qui est très utilisé dans les machines optiques permettant des mesures dimensionnelles sans contact, comme les projecteurs de profils. Très utilisé dans le domaine des machines automatiques de production avec vision robotisée. Une optique télécentrique a l’une ou l’autre, ou ses deux pupilles renvoyées à l’infini.


tirage mécanique
En tant que spécification intrinsèque d’un objectif, c’est la distance entre le foyer image de l’objectif et un élément mécanique de référence, soit le plan d’appui de la planchette ou la monture du groupe optique arrière (objectif de chambre) ou le plan d’appui de la baïonnette (appareils reflex). Ce qui est intrinsèque à l’objectif c’est la spécification de tirage mécanique en infini → foyer. Dans le cas général, le tirage mécanique sera la distance entre l’élément de référence mécanique et l’image. Entre la position infini → foyer et la position « 2f-2f », le tirage mécanique doit augmenter d’une distance focale.


tirage optique
En tant que spécification intrinsèque d’un objectif, c’est la distance entre le sommet de la lentille arrière et le foyer. Dans un appareil reflex mono-objectif à miroir mobile, la lentille arrière ne doit pas gêner le passage du miroir. Les solutions mises en oeuvre (parfois simultanément) sont : soit l’utilisation d’une formule optique rétro-focus, soit l’utilisation d’un miroir à cinématique complexe qui s’escamote sans percuter la lentille arrière. Une optique rétro-focus a un tirage optique infini → foyer plus long que la distance focale. Dans le cas général, le tirage optique sera la distance entre le sommet de la lentille arrière et l’image. Exactement comme le tirage mécanique, entre la position infini → foyer et la position « 2f-2f », le tirage optique doit augmenter d’une distance focale. Il est possible d’utiliser sur un reflex mono-objectif des objectifs dont le tirage optique est insuffisant à condition de ne les utiliser qu’en macrophoto. Anglais : back focal distance.

Références

[1]

André Moussa & Paul Ponsonnet, Cours de Physique, Optique (Desvignes, Lyon, 1977)

 

[2]

Luc Dettwiller, Les instruments d’optique : étude théorique, expérimentale et pratique, ISBN 2-7298-5701-X (Ellipses, Paris, 1997)

 

[3]

David Jacobson, http://www.graflex.org/lenses/lens-faq.html

[4]

 

Jost Marchesi, Handbuch der Fotografie ISBN 3-9331-3122-7 (Verlag Photographie, Gilching, 1999)

 

[5]

 

Un glossaire des termes de l’optique photographique en allemand était autrefois disponible ici : http://www.fotoreflexion.de/foto_lexikon_optik.html

Une copie de cette page est accessible sur Webarchive Wayback Machine :
http://web.archive.org/web/20080112164216
 /http://www.fotoreflexion.de/foto_lexikon_optik.html

 

[6]

 

« Un objectif photographique n’est pas une lentille mince ! » Première partie, introduction aux systèmes optiques centrés épais, Emmanuel Bigler et Yves Colombe
http://www.galerie-photo.com/un-objectif-photo.html

 

[7]

 

« Lumière, diaphragme et pupilles : Optiques épaisses, deuxième partie. », Emmanuel Bigler
http://www.galerie-photo.com/pupilles-objectif-photographie.html

 

[8]

 

« Angles de champ, focales, projections et rendu de perspective », Emmanuel Bigler http://www.galerie-photo.com/angle-de-vue.html

[9]

 

« Pupilles et raccordement panoramique », Emmanuel Bigler,
http://www.galerie-photo.com/pupilles-et-panoramique.html

Emmanuel Bigler et Yves Colombe 2 octobre 2015

 

 

dernière modification de cet article : 2015

 

 

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