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l'auteur

Jacques GERARD
 gerard.jac@wanadoo.fr

Ingénieur ENSI GRENOBLE
 Métallurgie et Chimie

Parcours professionnel
métallurgie de transformation
 en tubes particulièrement
 en aciers inoxydables
 et alliages de nickel
 Divers arts
 et pratiques de l'ingénieur
 en usine de production

Activités parallèles
 - depuis 1948
photographie format 35 mm
puis en 1956
(initié par les frères GARGAT
 valeureux photographes à Grenoble)
 format 120,
 en 1962
cinématographie 9.5mm
- depuis 1950
conception de la bicyclette
puis à dater de 1970
 incitations successives
des industriels à des choix
 plus judicieux de matériaux métalliques
 pour cadre de cycles

Caractère peu enclin aux théories
très expérimental

 

 

merci à
Emmanuel Bigler
pour sa relecture

 

 

 

Tirage sur papier obtenu 
par plusieurs cycles
(exposition-développement)

 

Présentation

Besoin ayant motivé la recherche d'une méthode de tirage des papiers

tireur amateur autodidacte, j'ai été naturellement conduit à rechercher un procédé pour tirer des cieux quasi vides, ou des lointains par nature surexposés.

Phases de la mise au point du procédé

J'ai commencé il y bien 20 ans et terminé il y a 10 ans, ordres de grandeur. Je n'ai jamais divulgué le procédé. 
1- initialement, j'envisageais un obturateur à fente variable (en translation au dessus du papier photosensible) avec cinématiques spécifiques pour chaque lame. Un système relevant de la micro-mécanique pilotée par automate programmable. A priori non totalement satisfaisant d'abord pour le piqué des tirages le bord des fentes aurait été par construction nécessairement éloigné de la surface sensible. Ensuite pour les objets isolés type clochers dans le ciel qui ne peuvent être traités sélectivement par ce procédé. Il n'y a pas eu de réalisation concrète. 
2- ensuite j'ai procédé par une première exposition avec pose convenable pour le premier plan, puis ayant substitué un négatif avec nuages bien visibles, à une seconde pose convenable pour le négatif nuages. Après développement l'image des nuages apparaissait également dans le premier plan, ce qui est rarement tolérable. 
3- considérant que le noircissement est proportionnel au temps d'exposition et à la densité d'argent non révélé présent, j'ai imaginé logiquement, de développer (évidemment sans fixer) après la première exposition ; ce qui a pour conséquence dans la zone déjà noircie de laisser peu d'argent photo sensible, mais d'en conserver proportionnellement beaucoup plus dans la zone vide. Et donc de pratiquer une seconde phase exposition-développement en substituant le négatif nuages. Les nuages sont encore quelques fois un petit peu visibles sur le premier plan. 
4- quelques années de plus, et il m'est venu l'idée toujours logique de ne pas substituer le négatif nuages, mais de faire suivre le premier développement en maintenant le même négatif d'une seconde phase exposition-développement ; puis si nécessaire d'une troisième. Succès.

Conditions expérimentales

- des négatifs très durs 
- papiers divers 
- révélateur Dektol standard.

Evaluation des durées successives des expositions, un exemple non limitatif

- les tests locaux d'exposition développement complet conduisant à 10 secondes pour les parties les moins denses du négatif, et à 40 secondes pour les plus opaques.
- on peut procéder à une première exposition de 10 secondes, et après développement, à une nouvelle exposition de 30 secondes. Le papier sensible étant imprégné de révélateur le développement commence pendant l'exposition. Si l'effet souhaité n'est pas atteint, une nouvelle exposition de 30 secondes ou plus est possible. 
Nota : j'ai envisagé par la suite de multiplier des essais systématiques bien paramétrés, afin de programmer le proces … mais je ne l'ai pas réalisé.

Exemple de résultat obtenu sur le classique arcade clocheton

Les figures XYZ sont les tirages d'essai de l'époque, en vérité les premiers qui furent obtenues par le procédé.

- X exposition 10 secondes, puis développement complet :

- Y exposition 40 secondes, puis développement complet :

- Z première exposition 10 secondes, révélateur 2 mn, seconde exposition 30 secondes, développement complet :

 

Intérêts du procédé

- je n'utilise qu'un seul grade de papier (3) 
- je n'ai jamais produit un négatif non tirable en raison de ses écarts de densité. 
- sortir les nuages est grandement facilité, pas un clocheton vu sous arcade qui ne puisse être mis en valeur, peu d'arrières plans lointains qui se dérobent. 
- on peut compenser au tirage les écarts de densité des négatifs d'objectifs très grands angles. 
- ou repousser la limite du cercle optique utilisable.

Résultat synthèse du procédé

Des tirages, caractérisés en ce que le produit "transparence locale du négatif par durée d'exposition", est maîtrisé.

Inconvénients

Perte de piqué si les cotes du papier photosensible ne sont pas stabilisées, si des vibrations mécaniques déplacent la tête d'agrandisseur, si le ménisque de liquide résiduel est trop épais au point de remettre en cause la mise au point.

Suite récente

Combinaison de la méthode exposée avec l'utilisation de papier multigrade par filtrage chromatique. La possibilité d'utiliser un filtre différent au cours du premier puis du second cycle exposition-révélateur crée un grand nombre de possibilités pour le tireur.

Suite à venir

Créer un programme informatique qui en tant que guide conseil génère des instructions séquentielles quantifiées, sur la base de la mesure et de l'acquisition préalable de la densité de zones. Un système à règles, et calculant.

Antériorité

La photographie est un domaine abordable avec de modestes investissements ; il a de ce fait été possible à un très grand nombre d'hommes, d'y exercer leur analyse et leur créativité. Bien que je n'en aie trouvé aucune trace, il serait surprenant que cette méthode n'aie jamais été utilisée. Il est si fréquent que l'on constate que les hommes redécouvrent perpétuellement les mêmes techniques.

Procédure

Voici donc dans son état actuel, ma procédure tirage photographies blanc et noir, avec possibilité de multiples cycles exposition/révélateur (Je l'ai écrite selon mon habitude professionnelle c'est-à-dire précisément et si possible avec un minimum d'ambiguïté. Ce qui en rend le texte un peu sec. Chacun ne peut que l'adapter à ses propres moyens)

- opérer sur planchette noire (abréviation PN) mate de dimensions un peu supérieures au papier sensible, montée sur des pieds (ex vis en acier inoxydable) qui la soulève à 10 mm au moins du fond de la cuvette de recueil du produit ; les bords de la cuvette ne doivent pas renvoyer de lumière vers la surface sensible, donc cuvette mate et réglage de la hauteur suffisante au dessus du fond. Cuvette et planchette sont sous l'agrandisseur, sur la table de tirage. Etablir un calage qui évite le déplacement accidentel de ces éléments sous le bloc optique. 
- préparer 3 petits arrosoirs (abréviation A) pour les 
  - révélateur R 
  - neutraliseur N 
  - fixateur F 
  - eau de lavage E ; 
approvisionner en réactifs ces arrosoirs A-R (révélateur tenu sur le chauffe plat dans un bain à 30°c) A-N A-F. Les arrosoirs sont utilisés pour apporter rapidement les réactifs en quantité importante. 
- effectuer cadrage et mise au point optique sur feuille blanche posée sur PN. 
- établir l'éclairage inactinique. 
- mouiller la planchette au moyen d'eau ou de révélateur au choix 
- plaquer le papier sensible (abréviation PS) sur PN, en commençant par un bord, en allant vers le bord en face. 
- laisser le liquide imbiber PS, afin que ses dimensions se stabilisent. 
- en utilisant le rouleau dur (abréviation RD), rouler le PS plusieurs fois dans le même sens, en sorte de chasser les bulles d'air qui se trouvent enfermées entre PN et PS. Ne pas appuyer très fort, sous peine de reproduire dans PS les éventuels défauts de surface de PN. Cette opération cruciale élimine le ménisque + ou - régulier de liquide en surface de PS, à tout le moins en fait une lame régulière. 
- ouvrir l'objectif au maximum. 
- mettre en place le filtre rouge sous l'objectif. 
- éclairer la source lumineuse du dispositif optique. - déplacer PN pour cadrer sur PS. 
- rétablir le diaphragme de l'objectif à la valeur de tirage. 
- éteindre la source lumineuse. 
- éliminer le filtre rouge du trajet optique. - procéder à la première exposition 
- développer PS sur PN en utilisant A-R abondamment garni de R ; veiller dans cette phase développement, à ce qu'elle concerne rapidement la totalité de PS. 
- juger du résultat et décider de la durée de la prochaine exposition. 
- en utilisant RD, rouler le PS plusieurs fois dans le même sens. Ne pas appuyer très fort, sous peine de reproduire dans PS les éventuels défauts de surface de PN. Cette opération cruciale élimine le ménisque + ou - régulier de R en surface de PS, à tout le moins en fait une lame régulière. 
- procéder à la seconde exposition. 
- mouiller PS sur PN en utilisant A-R abondamment garni de R 
- pour d'autres expositions répéter le même cycle, expo, A-R, RD. 
- récupérer dans la cuvette noire le R en excédant, qui pourra servir aux tests locaux par exemple. 
- les opérations exposition développement étant achevées, transporter PN sur l'évier, laver à l'eau tempérée abondamment. 
- neutraliser avec A-N quelques minutes. 
- laver très abondamment à l'eau courante, recto et verso. A l'aide de RD propre éliminer l'excès d'eau. 
- si possible effectuer le fixage sur une cuvette de recueil, afin de recycler aussi le fixateur 
- traiter PS par le moyen de A-F, plusieurs fois pendant 10 mn pour papier RC, 30 mn pour papier bromure traditionnel. Une bandelette échantillon à côté du tirage effectué, permettra de contrôler à la fois que le fixage est complet et si l'on pratique avec recyclage que F est bien encore opérant. 
- laver abondamment recto verso. 
- éliminer le maximum d'eau à l'aide de RD, et en égouttant. 
- laver alcool au moyen de A-A 
- sécher en courant d'air pendu ou en clayette.

Nota 1 : je n'utilise ainsi que du révélateur neuf donc bien maîtrisé. 
Nota 2 : verser un flux de liquide sur le papier sensible, adhérent seulement par tensio-activité, est délicat car, une lame de liquide peut se glisser sous le papier, et en entraîner un déplacement. Il est donc prudent d'assurer sa position par des épingles. Je réaliserai" un jour" une boîte pouvant être mise en légère dépression, dont le plan supérieur perforé recevra le papier sensible. Après quoi il serait souhaitable d'opérer sur une planchette inclinée, avec un arrosage assuré par une pompe reprenant le révélateur dans la cuvette de récupération. Etc… de la pratique.

 

Article de J.GERARD 18/04/2005.

 

dernière modification de cet article : 2005

 

 

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