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l'auteur

Henri Peyre
Né en 1959
photographe
Beaux-Arts de Paris en peinture
webmaster de galerie-photo
ancien professeur de photographie
à l'Ecole des Beaux-Arts
de Nîmes

www.photographie-peinture.com
organise des stages photo
www.stage-photo.info


 

 



Merci
à Georges Laloire
pour sa relecture bienveillante.









 

    

Choisir un appareil photo numérique moyen et grand-format

par Henri PEYRE

 

Galerie-photo s'intéresse, par définition longuement discutée sur le forum, aux appareils moyen-format, aux chambres photographiques et aux procédés qui les entourent. Il est communément admis sur ce site que nous visons les appareils présentant une résolution de 50mpx ou plus en numérique, et tout appareil photographique argentique de format 120 ou plus (6x6 cm ou au-delà).

Cet article essaie de faire une synthèse rapide de l'offre existante correspondant à ces critères. Nous n'essayons pas ici de discuter du meilleur appareil dans l'absolu, mais de donner un éclairage très général qui permettra au photographe d'orienter ses choix suivant une approche liée aux types de sujets qu'il entend traiter en photographie voire à l'approche qu'il a de la discipline.

Pour des tests techniques précis, nous renvoyons le lecteur aux magazines du marché : Chasseur d'Images offre de très bons tests et y met de gros moyens. Réponses Photo, moins technique, apporte une vision plus orientée image.

reflex à 50mpx et plus

à capteur de taille 24x36

Canon EOS 5DS R à 50,6 mpx (version du 5DS sans filtre passe-bas) https://www.canon.fr/for_home/product_finder/cameras/digital_slr/eos_5ds_r/

C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleurs soupes : en utilisant des boîtiers standardisés et depuis longtemps testés en vraie grandeur par la multitude, les marques proposent des produits bien rôdés, qui ont déjà convaincu le public, et dotés de nombreux accessoires. Le capteur aux pixels plus concentrés peut toutefois nécessiter, pour profiter de la résolution nouvelle, de nouveaux objectifs mieux définis. Par ailleurs certaines images peuvent, dans des conditions difficiles, avec des temps de pose peu rapides, nécessiter l'usage d'un pied là où un reflex d'ancienne génération présentait des images nettes. Globalement la plus forte concentration des capteurs sur la même surface oblige, si l'on n'utilise pas le pied, à monter en vitesse. Dégât collatéral, monter en vitesse oblige, à sensibilité égale, à ouvrir le diaphragme pour compenser la perte de lumière, ce qui fait perdre de la profondeur de champ. On peut naturellement aussi compenser en montant dans les ISO. Là on perd de la dynamique. On voit tout de suite que des appareils plus résolus ne font pas très bon ménage avec des sujets rapides. Sportifs s'abstenir...

Revenons au vieux pot et à la soupe : le boîtier de Canon est quasi identique au 5D Mark III en termes de conception. Il a tout de même bénéficié d'un nouveau mécanisme d'amorti du miroir, le propre des réflexes étant, avec la remontée du miroir juste avant la prise de vue, d'ébranler l'appareil au plus mauvais moment ; avec les pixels plus petits, induisant une sensibilité plus grande au moindre tremblement, il était devenu nécessaire de protéger mieux le nouvel appareil de la tare congénitale des reflex. On le pressent : plus on monte en format et plus la visée reflex est une mauvaise idée.

Côté positif : l'intérêt de cet appareil est l'intégration dans une très belle gamme riche en optiques, conjointe à une légèreté qui reste celle des appareils de petit format, puisque le capteur est toujours au format 24x36.

Au total, le Canon EOS 5DS R est un appareil qui reste relativement universel, en dépit des précautions à prendre pour éviter les bougés dûs à la très petite taille des capteurs. L'appareil découragera sportifs et reporters, probablement plus heureux avec des reflex ordinaires. Le photographe amateur, à cause des limitations de mouvements comme du prix de l'appareil, restera lui aussi sur des capteurs autour de 20mpx, plus universels et plus efficaces en photographie d'action.

 

Appareils Non-reflex
avec capteur à 50mpx ou plus

Hasselblad X1D 50C
https://www.hasselblad.com/fr-fr/x1d/

Le très élégant appareil de chez Hasselblad n'est pas un appareil reflex, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Son capteur est plus grand que celui du Canon 5DS R et pourtant l'appareil, parce qu'il n'a pas de miroir à faire passer entre le capteur et l'objectif, est beaucoup plus fin (725g le boîtier seul). Il est en compétition directe avec le Fujifilm GFX 50 S, moins onéreux, bien moins joli aussi, il faut le reconnaître, mais dont les images seraient plutôt meilleures. L'appareil de chez Hasselblad reste en tête pour la photo de personnes en studio avec une synchro-flash qui monte dans les très hautes vitesses et permet de mieux jouer entre lumière du jour et lumière de flash (aux normes Nikon). Les deux appareils tirent parti du même capteur CMOS Sony de 50 MP (8 272x6 200 pixels) qui équipe aussi le Hasselblad CFV50-C

 

Fujifilm GFX 50 S http://www.fujifilm.com/products/digital_cameras/gfx/fujifilm_gfx_50s/

Si le X1D a été dès le départ un colossal succès de vente, au point qu'Hasselblad a du réformer très rapidement sa chaîne de production pour faire face à la demande, le Fuji a, lui aussi, connu un très grand et rapide succès. Le prix de l'Hasselblad était juste calé sur le prix de son capteur, et on avait un appareil d'une grande beauté pour le même prix... on comprend le succès sans peine. Pour le Fuji, on avait un appareil qui faisait de meilleures photos que l'Hasselblad à un prix encore plus bas. On avait donc potentiellement toute une clientèle qui cherchait d'abord le rapport qualité/prix sur l'image, et était prêt à pardonner au Fuji une apparence moins noble.

Dans les deux cas les constructeurs ont dû proposer malgré tout des objectifs fabriqués tout exprès pour les appareils et les photographes, regardants ou pas sur le rapport qualité / prix, ont été invités à passer gentiment à la caisse.

Un article très intéressant ici comporte une comparaison entre des images faites avec les trois premiers appareils présentés. On remarquera sur ces comparaisons les problèmes d'artefacts de couleur (moiré), très présents sur tous les appareils, plus importants chez Hasselblad que chez Fuji et qui viennent un peu gâter la fête... d'où l'intérêt de votre serviteur pour les capteurs fovéon, présentés dans un un article récent de galerie-photo (4) concernant l'ancien dp2 Merrill de chez Sigma : la résolution ne fait pas tout... la qualité des pixels obtenus compte ! Relativisons quand-même le reproche : c'est si l'on profite de la résolution jusqu'au bout (grands tirages) qu'on voit apparaître ces problèmes. Tant qu'on n'agrandit pas trop l'image, le moiré présent sur les images ne se voit pas. Et en même temps, si on achète des appareils avec de très gros capteurs, n'est-ce pas justement parce qu'on veut aller "jusqu'au bout" et obtenir de forts agrandissements ?

Les exemples présentés montrent assez nettement qu'il y a un saut de qualité des 50mpx de chez Canon aux 50mpx de chez Fuji ou de chez Hasselblad. C'est sûr, on a tout repayé, boîtier et objectifs, mais on a quand même vraiment mieux. Ca reste moral.

Le même article conclut à une latitude de pose de 6,6 IL pour le GFX 50S "équivalente à un capteur 24x36 moyen" (?). Il y a donc, certes du mieux, mais tout n'est pas rose. Faute d'images parfaites, on a, avec l'Hasselblad, au moins tout de suite le plaisir du bel appareil... ça console.

 

Pentax 645 Z
https://www.ricoh-imaging.fr/fr/moyen-format-numerique/group/128/body/overview/PENTAX-645-Z.html

Troisième compère à utiliser le capteur CMOS 51,4 MP (43.8x32.8mm) de chez Sony, l'appareil de chez Ricoh a moins fait parler de lui que les deux précédents. Il ne présente ni l'allure élégante du X1D ni la qualité d'image du GFX si l'on en croit les tests DXO. Il a ses avantages néanmoins, offrant en particulier un format particulièrement réduit.

Terminons avec ces machines à faire de belles images.

D'abord un détail irritant par rapport aux reflex. Comme il n'y a pas de miroir, le capteur n'est pas protégé contre les poussières lors des changements d'objectif. Il y a donc plus de nettoyage en vue si l'on est du genre à changer souvent d'objectif.

Ensuite, et beaucoup plus important. Plus on monte en taille de capteur et plus la profondeur de champ diminue(5). C'est un avantage et un inconvénient. L'inconvénient est pour celui qui aime que l'image soit nette de A à Z (cas typique de l'amateur). Si on veut que tout soit net, il vaut mieux acheter un reflex à 20mpx, ou même moins si possible. Et peut-être même ne faire que de la photographie en grand-angle, tellement en usage dans les photographies de guerre, où l'action ne permet pas d'ajuster la prise de vue : l'ensemble de l'environnement compte, et la survie même du photographe dissuade d'avoir trop à réfléchir sur place. Au moins est-on sûr que la photographie restera ainsi parfaitement nette.

Si vous avez aussi un rapport goulu à la réalité, si vous trouvez que tout est beau, que l'ensemble du moment qui vous est offert est déjà parfait dans la façon qu'il s'offre à vous, que le Seigneur vous a tout donné et que votre intervention de pourceau ne peut que gâter la perfection du tableau qui s'offre à vous, non, ces appareils moyen-format ne sont définitivement pas pour vous. Le moyen-format apporte des contraintes techniques qui rendent la photographie plus difficile et la diminution de la profondeur de champ est la première de ces contraintes.

Un mal pour un bien : à partir du moment où certaines parties de l'image sont très souvent, du fait des conditions de prise de vue, obligatoirement plus nettes que d'autres, vous êtes forcé de vous poser la question de la hiérarchie de ce qui est montré au sein de l'image. En d'autres termes, vous êtes obligé de vous poser la question du sens que peut avoir votre photographie et d'admettre également que vous êtes sur chaque image obligé de faire des choix et d'influer sur le résultat. Cela vous porte forcément à vous détacher du sujet, à garder une distance, celle de l'analyse et de la critique, au moment même où vous faites la photographie. Donc vous n'êtes plus le béat qui s'approprie goulûment le réel en le photographiant ; vous devenez l'artiste, ce malheureux qui a perdu le réel et a compris que toute image n'est plus qu'interprétation. Celui aussi qui peut conduire l'œil du spectateur exactement à l'endroit où il le désire et suggérer le sens. Vous passez de la position de spectateur à celle de créateur. C'est bien triste, le monde a perdu de son innocence et ne sera plus jamais comme avant. Par contre, et même si vos images vous donnerons moins de satisfaction, simplement parce que vous êtes devenu plus sévère, elles seront objectivement toutes plus belles parce que vous aurez été obligé d'y réfléchir. Et vos flous seront non seulement esthétiques mais justifiés (normalement...).

Voilà probablement le meilleur effet de ces appareils de moyen-format. Oui ils sont moins pratiques que les reflex à 20mpx. Certes ils fournissent, avec plus de réflexion, des images plus résolues qu'un reflex à 50mpx. Le rendu des couleurs dans les ombres est meilleur, grâce à la dimension supérieure des pixels, qui permet de collecter plus de lumière avec moins de bruit. Mais surtout, leur défaut de commodité vous oblige à passer à l'artistique, et c'est la grande et belle nouvelle.

 

Dos numériques
et appareils moyen-format

En présentant l'Hasselblad X1D 50C, le FUJI GFX 50 S et le Pentax 645 Z avant les dos numériques, nous avons en fait inversé l'histoire. Les capteurs moyen-format ont été d'abord montés sur des dos. Et ils sont venus après sur ces deux appareils dédiés.

Les premiers dos moyen-format ont tenté de se substituer au dos film 6x6, dont ils ont encore l'encombrement, sur les appareils qui utilisaient ces dos, principalement Hasselblad et Mamiya.
On trouve donc aujourd'hui des combinaisons de ces dos avec des appareils chez ces deux marques. Si Hasselblad est toujours Hasselblad, Mamiya a été racheté par Phase One (dos Leaf).

Hasselblad H6D-100C
https://www.hasselblad.com/fr-fr/h6d/

On trouve ainsi chez Hasselblad le H6D-100c, qui présente un dos amovible à 100mpx dont on ne s'étonnera pas, après ce qu'on a dit sur la profondeur de champ, que la marque le valorise sur ses performances couplées avec un objectif grand-angle. Les appareils de chez Hasselblad ont vu apparaître toute une nouvelle gamme d'objectifs dédiés ; les anciens objectifs marchaient tout à fait correctement(6) mais l'augmentation de la résolution sur de tels dos nécessitait encore mieux. A noter puisqu'on en parle : les corrections de profil en numérique ont notablement rapproché l'acuité des objectifs moyen-format, traditionnellement plus difficiles à produire sans défaut en raison de leur plus grande taille, de celle des objectifs de petit format, contribuant du coup à fortifier l'écart final entre petit et moyen-format.


H6D 400C MS
https://www.hasselblad.com/fr-fr/h6d-multishot/

Mieux, pour les sujets immobiles, Hasselblad propose un appareil en Multishot, basé sur le même capteur CMOS 100 MP de 53,4 × 40 mm de chez Sony que l'appareil précédent. On atteint là des images de 400mp et naturellement des prix impressionnants : Hasselblad, sur la page de cet appareil, sur son site en décembre 2018, n'annonce d'ailleurs pas le prix de l'engin mais le tarif de location à la journée : 399 € pour 1 jour. Si plus de 10 jours, 199 € par jour, juste une misère. L'idée de location n'est pas que de la pudeur quant au prix, les applications multishot constituant naturellement un domaine spécialisé. Par ailleurs, les images en multishot font 925 Mb. Autrement dit, il est nécessaire d'avoir une informatique extrêmement rapide pour traiter les fichiers issus des prises de vue de l'appareil.



Phase One XF
https://www.phaseone.com/fr-FR/Camera-Systems/XF-Camera-System/IQ4.aspx

Phase One propose pour monter ses dos numériques Leaf un système très inspiré de chez Hasselblad, avec un boîtier carré où tout peut être démonté et interchangé : viseur, dos, objectif.
L'offre ancienne comportait les dos Leaf Credo proposés à 40, 60 et 80 mpx autour de capteurs Dalsa CCD de 53.7 x 40.3 mm.
Le dos Leaf Credo 50 utilisait, lui, la technologie CMOS de Sony sur un capteur de 44x33mm.
On rappelle que les couleurs en CCD sont plus naturelles qu'en CMOS. Tout acheteur aura intérêt à considérer avec attention son ressenti personnel avant tout investissement (le CCD gère par contre moins bien le bruit électronique dans les hautes sensibilités et la visée sur écran est moins fluide qu'avec les CMOS, raison pour laquelle le CMOS tient la corde).

L'offre récente est celle du XF IQ4 150 mpx  sur un CMOS de 14204 x 10652px pour des images de 1,20m x 0.90m.

Rappelons que le dos numérique présente une surface de capteur plus grande que celle d'un capteur d'appareil photographique 24x36 pour un nombre de pixels n'augmentant pas forcément dans la même proportion. La dimension de chaque puits de lumière est ainsi souvent supérieure, si bien que la précision des couleurs est théoriquement(1) plus grande sur un dos numérique, en particulier dans les basses lumières. La capacité à saisir un registre étendu de niveaux lumineux (entre hautes et basses lumières), est du même coup supérieure. La qualité supérieure des images du moyen-format numérique vient d'abord et avant tout de là.

On l'a vu, le principal problème posé est un problème de profondeur de champ. Même si on a salué le côté artistique de la solution du problème, force est de reconnaître que les photographes professionnels en paysage et plus encore en architecture peuvent avoir envie d'obtenir à la fois des clichés de grande taille et parfaitement nets.

La seule façon à leur disposition pour augmenter la profondeur de champ est alors l'utilisation des bons vieux mouvements de la chambre photographique. On pourrait même dire que plus le capteur numérique est grand et plus les mouvements deviennent obligatoires, pour augmenter la profondeur de champ par des mouvements obéissant à la règle de Scheimpflug(7) (ce n'est pas toujours possible et dépend du sujet). A la limite, l'utilisation de grands capteurs sans la disposition de mouvements, en d'autres termes sans chambre, apparaît comme contradictoire.

Avec un appareil à capteur moyen-format, l'utilisateur averti aura donc probablement, à certains moments, besoin de mouvements.

Dans le cas où l'on désire monter un capteur derrière une chambre, pour profiter des mouvements des plans, le dos numérique, dont la surface sensible est à fleur de dos, permet bien plus de mouvements que le montage sur la chambre de son appareil moyen-format. En effet, dans ce deuxième cas, le capteur est alors enfoncé dans le boîtier : les mouvements sont du coup gênés soit par l'appareil qui bute sur les bords du plan avant de la chambre en cas de tirage court, soit par l'ombre que projette la monture d'objectif sur le capteur placé au fond du boîtier. Bref on connaît avec les appareils montés sur des chambres des limitations mécaniques qu'on ne connaîtra pas avec des dos numériques, à la surface sensible à fleur de dispositif, montés sur les mêmes chambres.

C'est une des raisons pour lesquelles il existe quelques appareils offrant la possibilité de monter des dos numériques détachables et montables sur des chambres. Avec le dos sur l'appareil, la prise de vue est relativement rapide et on peut penser promener l'appareil facilement sur le terrain. Lorsqu'on veut vraiment travailler avec les mouvements, on porte son dos numérique sur une chambre, et le tour est joué. Un certain nombre de marques présente des appareils de cette sorte. Citons par exemple Arca-Swiss, Alpa ou Silvestri.

Les photographes spécialisés dans l'architecture et le paysage ou vraiment intéressés par les mouvements auront toutefois vraiment intérêt à utiliser les dos numériques directement sur des chambres photographiques et à faire l'impasse sur ces matériels.

Dos numériques
et chambres moyen-format

Quelle chambre photographique choisir ?

Si l'intérêt d'un dos numérique moyen-format est de présenter la surface du capteur à fleur du montage, il faut préserver dans le montage sur la chambre cette faculté offerte au mouvement. C'est pourquoi on évitera absolument de monter le capteur sur un plan arrière de grande taille ; on n'essaiera donc pas de monter le capteur sur une chambre 4x5"; on n'utilisera qu'une chambre à l'origine faite pour le moyen-format (6x6).

Attention : si vous possédiez une chambre moyen-format ancienne, les objectifs que vous utilisiez pour l'argentique en 6x6 ne conviendront pas à votre nouveau dos, qui exige des optiques de haute résolution (de chez Rodenstock donc, ou de la série TSE de chez Canon, qui offre également un cercle d'image suffisant).

Enfin, attention en architecture, où l'emploi des objectifs très grands angles nécessite des réglages très fins du focus. Les manettes des chambres sont souvent assez approximatives. En cas d'utilisation de très grands angles, disons en-dessous de 40mm en moyen-format, orientez-vous vers l'utilisation de chambres vraiment faites pour cela, comme les chambres de la série Rm d'Arca-Swiss, spécialement faites pour le photographe d'architecture, qui n'ont pas d'équivalents quant à la finesse de la mise au point.

On monte sur le plan arrière des chambres un adaptateur correspondant à la marque du dos choisi, sur le plan avant un objectif Rodenstock ou Canon TSE si la chambre l'accepte (voir si la marque propose le bon adaptateur), et c'est parti... ou presque : il peut y avoir un câble de déclenchement spécial à acheter auprès du vendeur de dos (à voir avec lui).

A partir de ce moment, à vous les mouvements et la possibilité, pourvu que le sujet s'y prête, d'obtenir à la fois une résolution et une netteté maximale. Mieux, avec les mouvements, vous pouvez décider de privilégier certaines zones de netteté contre d'autres zones, laissées intentionnellement floues.

Les principaux fabricants de chambre sont :

Arca-Swiss, bien connu des lecteurs de ce site. Ce fabricant suisse-allemand d'origine est établi en France. C'est à la fois le leader technique sur les rotules destinées aux appareils photographiques et le fabricant de magnifiques chambres moyen et grand-formats.
www.arca-swiss-magasin.com

Sinar : ce fabricant suisse propose une gamme moins étendue qu'Arca-Swiss, mais la qualité reste très bonne. On trouve des chambres photographiques. Les objectifs Rodenstock y sont rebaptisés Sinaron.
https://sinar.swiss/en/

Alpa : fabricant suisse proposant appareils photos manuels sur une gamme qui ne comporte pas de chambres.
http://www.alpa.ch/de/

Silvestri : fabricant italien. Les appareils sont, du point de vue de la qualité, un peu en retrait par rapport aux fabricants précédents. Pas de chambre moyen-format.
http://www.silvestricamera.com/

Dos numériques et chambres 4x5"

A cause de la grande taille des plans qui limite les mouvements avec les courtes focales, monter un dos numérique moyen-format sur une chambre 4x5" n'est pas une bonne idée, même si des fabricants proposent les adaptateurs permettant de monter jusqu'à des réflexes numériques sur des chambres 4x5". L'offre existe parce qu'il y a toujours des idiots pour essayer et voir ce que cela donne. Nous faisons d'ailleurs partie de ces idiots et jurons qu'on nous y reprendra plus.

Outre les dos utilisés par les appareils moyen-format déjà énumérés ci-avant, certains fabricants proposent des solutions originales. Nous voudrions en citer au moins un.

Betterlight
La société propose des dos qui marchent comme des scanners de bureau : il faut que le sujet ne bouge pas ou pas trop (un paysage, oui, une vache qui marche, non).
Le scanner est un élément qui s'accroche dans un dos de chambre 4x5" standard, permettant à l'appareil d'être porté même par des chambres anciennes. Comme le format est très important, les pixels ne sont pas très concentrés et on peut aussi utiliser sans problème ses objectifs anciens. Le résultat sera bon voire très bon, puisqu'on dépasse la résolution des meilleurs dos numériques actuels. Toutefois, rappelons-le, il ne faut pas que cela bouge trop. Ce genre de dispositif est très bien adapté à la photographie patrimoniale (bâtiments ou objets d'art).
http://www.betterlight.com/products4X5.html

Plan films et chambres argentiques

Un mot enfin pour terminer, et hors sujet, sur les chambres argentiques. S'il s'agit de faire quelques images de grand-format de temps en temps, l'argentique est une très bonne solution. Nous rappelons quelques équivalences :

Avec un bon travail sur une image faite par un Mamiya 7II, le champion de la résolution en moyen-format argentique, vous pouvez obtenir des images supérieures en résolution à celles obtenues avec un X1D est ses 50 mpx, peut-être pouvez-vous arriver à un équivalent de 65 ou 70 mpx. Avec une chambre 4x5" vous pouvez atteindre un équivalent 80 ou 90 mpx.

La principale difficulté avec l'argentique moyen-format est l'étape de la numérisation qui nécessite le passage par un scanner, forcément professionnel et coûteux. Les films de la chambre 4x5" peuvent à la rigueur être numérisés sur un scanner à plat, la quantité d'informations étant moins dense en 4x5", à cause de la mollesse traditionnelle des objectifs à grand cercle d'images. Toutefois, pour un meilleur résultat, on utilisera, surtout en couleur, un scanner à tambour ou à pseudo-tambour (scanner Imacon-Hasselblad). Reste qu'en face du prix des dos moyen-format cette étape, parcourue de façon exceptionnelle, reste abordable.

Disons qu'en-dessous d'une trentaine d'images exceptionnelles par an, par exemple si l'on veut réaliser de façon exceptionnelle des images de très grandes dimensions, l'argentique reste dans la course.

 

Notes

(1) A traitement proposé par le constructeur égal...

(2) http://www.galerie-photo.com/numerique-argentique.html

(3) Technologie CMOS (Complementary Metal Oxide Semiconductor). Technologie à base de transistors permettant une acquisition d'image à haute vitesse

Technologie CCD (Charge-Coupled Device)

Sur la comparaison entre les deux technologies, lire l'article de Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Capteur_photographique
On retiendra que
la consommation électrique des CMOS, beaucoup plus faible que celle des capteurs CCD, leur vitesse de lecture et le plus faible coût de production sont les principales raisons de leur grande utilisation. La zone sensible est très petite sur un CMOS, qui exige un réseau de lentilles pour mieux récupérer la lumière. Sur les CCD, où plus de lumière est récupérée à surface équivalente, les couleurs sont meilleures, toutefois les capteurs CCD sont plus sensibles à l'éblouissement (contamination des pixels adjacents). Traditionnellement, les CCD étaient réservés aux applications professionnelles, et les CMOS aux applications grand public. Le CCD reste utilisé dans certaines applications telles que l'imagerie très haute cadence ou à très bas niveau de lumière, car il génère des images moins bruitées que les CMOS.

(4) Un essai tardif du Sigma DP2 Merrill

(5) Puisque, pour garder le même effet visuel avec un capteur  plus grand, on doit utiliser une focale plus longue, et cette dernière diminue directement la profondeur de champ. Voir ici : http://www.galerie-photo.com/profondeur_de_champ_avec_excel.html

(6) voir ce test sur galerie-photo :
http://www.galerie-photo.com/hasselblad-dos-numerique-50c.html

(7) Sur les mouvements voir :
Les Mouvements de la chambre photographique : commentaire des effets, par Henri PEYRE
Décentrements, bascules et règle de Scheimpflug en petit et moyen-format, par Emmanuel Bigler
Les chambres, les optiques et les mouvements dans le contexte de la photographie haute définition, par Emmanuel Bigler

 

 

tous les textes sont publiés sous l'entière responsabilité de leurs auteurs
pour toute remarque concernant les articles, merci de contacter henri.peyre@(ntispam)phonem.fr

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