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l'auteur

Charles CRAMER, photographe américain, est connu pour son excellente maîtrise du tirage de photographies en couleurs. Son domaine de prédilection est le paysage de l’ouest américain qu’il photographie à la chambre 4x5 inches. Ses images ont fait l’objet de nombreuses publications aux Etats-Unis. Il a été sélectionné par le Service des Parcs Nationaux comme photographe-résident du parc de Yosemite. Ses travaux les plus récents lui sont inspirés par la couleur, l’ambiance et l’esprit du sud-ouest américain. Après avoir utilisé pendant plusieurs années le procédé de tirage par Dye-Transfer, Charles CRAMER utilise aujourd’hui les techniques numériques. 
www.charlescramer.com  

 

 

 

 

Charles CRAMER

Charles CRAMER, quelle est votre démarche photographique ?

Durant les 25 dernières années, j’ai parcouru les Etats-Unis avec ma chambre 4x5 inches. Je suis attiré en premier lieu par la lumière et en second lieu seulement par le sujet. Je recherche cette lumière particulière qui transforme l’ordinaire en extraordinaire. Cela me conduit à travailler au lever ou au coucher du soleil, pendant des orages ou des tempêtes de neige. Les conditions climatiques sont parfois pénibles, mais lorsque tout converge vers une bonne photographie, c’est vite oublié. Beaucoup de mes images ont été prises dans le sud-ouest des Etats-Unis. La lumière y est unique, notamment lorsqu’elle se réfléchit sur les parois des canyons et enveloppe le sujet d’un éclairage diffus et chaud. J’aime beaucoup aussi travailler dans le parc de Yosemite.
Le but final de mes photographies a toujours été d’aboutir à de beaux tirages. Cela m’a conduit à utiliser le procédé du Dye Transfer , un procédé splendide mais horriblement complexe et long. Récemment, j’ai opté pour un procédé numérique qui rivalise en qualité avec le Dye-Transfer.
Mon objectif est de traduire sur le papier ma réponse émotionnelle à ces moments qui transcendent le sujet.

Quelles ont été les principales étapes de votre engagement artistique ?

Comme de nombreux autres photographes j’ai commencé par la musique. J’ai étudié le piano pendant vingt ans et j’ai même reçu différentes distinctions et notamment celle du conservatoire de musique George Eastman, celui même qui fonda la société Eastman Kodak. Puis je me suis progressivement tourné vers la photographie pour m’y consacrer à temps plein à partir de 1980. Je continue de temps en temps à donner quelques concerts en privé et j’ai joué notamment pour Mme Ansel Adams il y a quelques années !
Ansel Adams considérait le négatif photographique comme une partition musicale, et le tirage comme l’interprétation de cette partition. Très concerné par l’interprétation photographique, je me suis fortement investi dans l’un des procédés de tirage les plus complexes qui soient, le Dye-Transfer. Ce procédé a longtemps été considéré comme le meilleur pour la reproduction de photographies en couleurs. S’agissant d’un procédé complexe, long et coûteux, il n’est guère plus utilisé aujourd’hui. A partir de 1997, j’ai délaissé le laboratoire au profit de l’écran de mon ordinateur. A la différence du travail fastidieux du laboratoire, le procédé numérique m’a apporté une rapidité de travail tout en garantissant un excellent contrôle de l’image finale.

Quelles techniques utilisez-vous ?

En ce qui concerne la prise de vues, j’utilise une chambre pliante Linhof Master Technika avec des objectifs de 90mm, 135mm, 210mm, 300mm et un téléobjectif de 500mm. Mon objectif préféré est le 210mm. Je n’utilise le 90mm qu’à de très rares occasions.
Je mesure la lumière avec un spotmètre Pentax que j’ai acheté en 1982 et qui fonctionne toujours à merveille. La plupart de mes sujets sont photographiés lorsque la lumière est très douce, et donc je fais une moyenne entre les basses et les hautes lumières.
J’utilise le plus souvent des plan-films Fuji Velvia ou Provia. J’utilise la Provia lorsque le sujet est plus contrasté. Je commence maintenant à utiliser le film négatif Kodak Portra 160 VS, car la numérisation des films négatifs est meilleure dans les situations de fort contraste. Lorsque je travaille non loin de ma voiture, je charge mes films dans un vieux chassis Grafmatic qui contient 6 plan-films. Si je pars pour une randonnée de plusieurs jours, j’utilise des films Readyload qui m’assurent une meilleure autonomie et un poids plus léger.
En ce qui concerne le tirage de mes photographies j’ai d’abord utilisé le Dye-Transfer. La réalisation d’un seul tirage par ce procédé demande au minimum une journée entière de travail en laboratoire : masques de contraste, masques de hautes lumières, négatifs de séparation, etc. Tous doivent être exposés et développés avec précision. Ils doivent ensuite être combinés pour réaliser les plaques de tirage, une par couleur primaire. Ces plaques sont ensuite plongées dans la teinture, puis transférées sur la feuille de papier blanc. L’épreuve résultante est étonnante de pureté et de saturation (après dix années de pratique !)
Au cours d’un stage que je dirigeais sur ce procédé en 1990, j’ai rencontré Bill Atkinson, un membre de l’équipe de développement Apple/Macintosh et spécialiste des logiciels graphiques. Atkinson pensait qu’il devait y avoir une méthode plus aisée et tout aussi performante pour obtenir d’excellents tirages photographiques en couleurs. Ce fut le début d’une collaboration qui me conduisit à maîtriser les techniques numériques pour obtenir des images encore plus abouties qu’avec l’ancien procédé. Après numérisation des originaux transparents à haute résolution, j’utilise Photoshop comme laboratoire digital. La transcription de l’image définitive se fait sur papier photographique négatif par l’intermédiaire de lasers rouge, vert et bleu. Et c’est pour moi un grand changement ! Au lieu de passer mes nuits au dessus de cuvettes malodorantes et nocives, je m’assoie maintenant devant l’écran de mon ordinateur. Le travail qui demandait une journée est désormais exécuté en une heure, avec un excellent contrôle sur l’image et une qualité de résultat encore supérieure.

 

 

dernière modification de cet article : 2001

 

 

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