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l'auteur

Henri Peyre
Né en 1959
photographe
Beaux-Arts de Paris en peinture
webmaster de galerie-photo
ancien professeur de photographie
à l'Ecole des Beaux-Arts
de Nîmes

www.photographie-peinture.com
www.nature-morte.fr
organise des stages photo

 

 

 

 

 

 

Charles Adams Platt,
le peintre-né

par Henri Peyre

 


Charles Adams Platt dans son atelier

Charles Adams Platt nait en 1861. Artiste intelligent et passionné mais extrêmement réservé et tout entier tourné vers son art, il devra à des circonstances de la vie particulièrement bouleversantes, auxquelles il opposera la brûlante passion de son art, d'être devenu un des architectes américains les plus célèbres de son temps. Graveur exceptionnel devenu peintre de tout premier rang, il finira par fidélité à des proches dont il observe, médusé, la disparition précoce, de reconstruire par l'architecture la beauté d'une jeunesse broyée par le sort.

Un peintre extrêmement doué et précoce, dans un environnement favorable

Un environnement favorable

Les parents de Charles Adams Platt, John Henry et Mary Elizabeth Cheney Platt habitent New York et jouissent d'une confortable fortune de famille : les Platt descendent de colons britanniques arrivés aux Amériques en 1638-39, puis installés vers le milieu du XVIIIe dans la vallée de l'Hudson. Le grand-père paternel de Charles Adams devient marchand à New-York et réalise des investissements heureux dans les transports sur la rivière. A la retraite de bonne heure, il devient directeur du chemin de fer et de deux banques. La sœur de ce grand-père, Elizabeth, se marie avec un avocat, politicien et membre du congrès du comté d'Albany.

Du côté maternel, la famille s'est enrichie dans les années 1830 grâce à la production industrielle de la soie dans la région de Manchester. Deux grands oncles de Charles Adams, libérés par cette fortune des obligations du travail, deviennent peintres. L'un d'entre eux, John Cheney, est à l'origine un graveur ; proche de sa nièce, la mère de Charles Adams, il exerce une grande influence sur l'enfant. C'est un homme entre puritanisme et rousseauisme, qui prône la modestie, une grande simplicité dans le vêtement, l'alimentation et le genre de vie. Avec cela un homme délicat et raffiné, amoureux de la beauté. Nul doute que Charles Adams ait hérité du caractère de ce grand oncle.

Charles Adams est aussi très fortement influencé par son père, John Henry Platt, et pas d'une façon forcément heureuse. Son père est avocat. Homme intelligent, cultivé, bien fait, doté d'un humour fin, il travaille dans un des plus grands cabinets de New York. Mais une timidité maladive lui interdit quasiment toute intervention en public. Il se rattrape dans les clubs où sa conversation raffinée est parfaitement adaptée. Charles Adams Platt sera comme lui un homme fin, intelligent et raffiné, excellent conteur, champion de club à cause de sa conversation brillante, mais totalement incapable de s'imposer en public, et répugnant à le faire.

De commerce agréable et distingué, les parents Platt fréquentent du beau monde à New York. John Platt est membre du Century Club de New York où se retrouve autour des Arts et Lettres la gentry new- yorkaise, avec par exemple Frederick Law Olmsted, le designer de Central Park, ou le peintre George Henry Hall qui accompagne à deux reprises Charles Adams Platt en Europe.

Des débuts météoritiques

A 8 ans déjà Charles Adams Platt veut être peintre et personne ne tente de l'en dissuader. Au contraire. Toute la famille l'encourage. Vers 15 ou 16 ans il est déjà extrêmement fort en dessin et en peinture. Il dessine souvent à Manchester, le fief des Cheney, où il peut noter les efforts familiaux pour créer des usines saines, et les implanter dans de magnifiques parcs arborés.

L'école traditionnelle ne l'intéresse pas. Il entre donc en 1878 à l'Antique School of the National Academy of Design. Cette école enseigne le dessin, la perspective et l'anatomie, mais pas la peinture. Les professeurs ont souvent été formés en Europe. Certains d'entre eux, comme Wilmarth, sont des modernes, qui prônent un dessin rapide et une observation très vive des ombres et des lumières. Platt en est proche. Il travaille la peinture le soir, à l'Art Students League, organisme pas cher fondé en 1875 par des peintres en réaction à l'enseignement jugé trop académique de l'école officielle. Les professeurs, souvent formés en Allemagne, se réclament de Franz Hals et du vérisme hollandais.

Au bout de 3 ans de ce double régime, Charles Adams Platt pense qu'il a fait le tour de ce que New York peut lui apporter. Il a heureusement, au cours d'une de ses fréquentes sorties en plein air dans la région de Manchester, fait la connaissance de l'excellent graveur Stephen Parrish, un artiste de Philadelphie. Celui-ci le prend sous son aile. Platt vit avec lui en famille à Gloucester (Massachusetts) une partie de l'année 1880. C'est là que Platt mettra au point un style extrêmement tendu autour d'un dessin tueur, au résumé rapide, capable d'évoquer toute une atmosphère avec une grande économie de moyens. Les sujets sont le plus souvent maritimes et la lumière de contre-jour. Platt se joint en 1881 au New York Etching Club, un club de graveurs qui prône la suggestion plus que la description complète du sujet dans la réalisation de la gravure, éloignant ainsi la gravure artistique de la gravure commerciale classique. En 1881 Platt est aussi fort que Parrish en gravure (et ses gravures sont proches de celles de son aîné). Il est déjà connu à 19 ans au point que John Platt, au Century Club, est connu comme "le père du graveur". Platt et Parrish se considèrent à cette époque comme des disciples de l'Anglais Seymour Haden, chirurgien britannique fondateur de la Société (devenue Royale) des Peintres et des Graveurs ; Platt ira d'ailleurs voir Seymour Haden en 1882, année où il décide de partir pour étudier la peinture à Paris, capitale incontestée des beaux-arts. Il part sûr de son dessin et sûr d'un talent de graveur qui lui a déjà rapporté pas mal d'argent. Même si déjà la gravure ne lui suffit plus, il continuera de la pratiquer toute sa vie.

Platt passe à peu près toutes les années de 1882 à 1887 en études à Paris. Pendant les vacances d'été, il voyage en Europe. Confiant dans son extraordinaire capacité à se former lui-même et dans son incroyable vitesse d'acquisition, il rencontre un grand nombre de peintres mais ne s'attache à aucune école ou à aucun maître. Il continue de vendre un grand nombre de gravures et tire fierté de l'autonomie financière que lui procure la reconnaissance de son talent.

Les deux premières années, Charles Adams Platt travaille seul, va voir des expositions, et tente de présenter des œuvres au Salon de printemps, où il éveille peu d'intérêt malgré ses succès commerciaux. Il passe son premier été à visiter la Normandie et la Bretagne. Août 1882 le trouve à Grand Camp en Normandie où il rencontre un autre expatrié américain, l'impressionniste Frank Myer Boggs dont sur le moment il apprécie peu le travail. Néanmoins Boggs le convainc d'aller peindre l'été suivant au Pays-Bas. Les deux hommes seront à Dordrecht l'été 1883. Platt découvre la tradition hollandaise du paysage, et se lie d'amitié avec Jacob Marris, un des chefs de l'Ecole Hollandaise. A cette période il retrouve Dennis Miller Bunker et Kenneth Cranford, peintres américains dont il connaissait le travail à New York, qu'il commence à fréquenter.

Bunker suit l'atelier Gérôme, Cranford est aux Beaux-Arts. Cela ne suffit toujours pas à décider Platt à suivre lui-même des cours, tant il est indépendant et déjà convaincu de la qualité de son travail. Il faudra que le salon l'ignore en 1883 et lui prenne 2 peintures en 1884 qui n'auront aucun succès critique, pour l'ébranler un peu. Il s'inscrit dans la moins académique des académies possibles, l'Académie Julian, et dans l'atelier de Jules Lefèvre. L'académie Julian est prisée par les peintres américains : y sont passés Will Low, Kenyon Cox ou Willard Metcalf. Fruit de ces efforts, le salon prend à Platt le tableau "Le Graveur" (the Etcher), en 1885. La critique française est excellente tandis que la critique américaine préfère les paysages de Charles Adams.

Charles Adams Platt - The Etcher, 1885

Ce sera la dernière fois que Charles Adams Platt présente quelque chose au salon. Trop indépendant, trop fier et pas assez social pour perdre plus de temps dans un exercice qui déjà le lasse. Un exercice aussi où il faudrait faire plus de figure humaine alors que Platt est résolument un paysagiste.

Charles Adams Platt : à l'origine un graveur amoureux des contre-jours

Que cherche Charles Adams Platt dans son art ? Il est très intéressant de parcourir les gravures qu'a réalisées l'artiste. Elles représentent sa vision naturelle du Monde, ce qui l'a d'abord ému en art. Voici quelques gravures, classées par ordre chronologique :


Bateaux sur la Basse Tyde (Grande-Bretagne) - Charles Adams Platt - 1882 - Gravure
plaque 14.9 x 25.1 cm - feuille : 22.5 x 29.7 cm
Metropolitan Museum of Art, New York

 


Une ferme anglaise
Charles Adams Platt, 1883 - Pointe sèche,
Dimensions : gravure : 14.6 x 22.5 cm, feuille : 22.2 x 30.5 cm
Metropolitan Museum of Art, New York

 


Vue de la rue du Mont-Cenis à Montmartre - Charles Adams Platt, 1884
Gravure - Dimensions : plaque : 13.7 x 21.3 cm - feuille : 20.2 x 27.3 cm
Metropolitan Museum of Art, New York

 


Le port de Naples - Charles Adams Platt - 1887 - gravure
Dimensions : plaque : 12.7 x 19.7 cm, feuille19.8 x 26.4 cm
Metropolitan Museum of Art, New York

 


Péniches avec remorqueur - Charles Adams Platt - 1887 - Gravure et pointe sèche
Dimensions : plaque 11.3 x 17.6 cm - feuille : 21.9 x 28.6 cm
Metropolitan Museum of Art, New York

 


Jour de vent à Dordrecht - Charles Adams Platt,1888
Gravure et pointe sèche
Dimensions : plaque : 34.4 x 47.3 cm - Feuille : 50.2 x 64.8 cm
Metropolitan Museum of Art, New York

 


Williamsburg vu du pont (Croquis)
Charles Adams Platt - 1889 - Gravure et pointe sèche
Dimensions : plaque 16 x 23.3 cm - feuille : 18.7 x 26.4 cm
Metropolitan Museum of Art, New York


La rivière Charles - Charles Adams Platt, 1890 - gravure
image : 16.2 x 36.4 cm - plaque : 20.8 x 37 cm - feuille :  24.8 x 41.6 cm,
Metropolitan Museum of Art, New York

Ces gravures somptueuses vont de 1882 à 1890, c'est-à-dire couvrent les années d'apprentissage à Paris et jusqu'à 3 ans au-delà. On peut dire qu'il n'y a aucune évolution visible. On retrouve ce sentiment que Platt sait ce qu'il aime avant d'arriver en Europe, et n'en démord pas. Les vues qui l'intéressent sont plutôt :
- des vues de contre-jour,
- avec une description atmosphérique de ce contre-jour,
- la présence d'eau,
- une activité humaine toujours un peu tenue à distance.

On trouve donc chez Charles Adams Platt le goût pour des sujets impressionnistes, tandis que la gravure l'entraîne vers des représentations peintes où la couleur, parfaitement maîtrisée, ne se substitue jamais à la représentation des valeurs ; la description des valeurs porte toujours l'effet le plus fort de la représentation.

Les études à Paris : hésitation entre l'esprit de Rome et le réalisme hollandais

Nous avons dit que Charles Adams Platt sait déjà ce qui l'intéresse en arrivant à Paris et s'y tient. Pour autant, est-il resté imperméable à tout ce qu'il a vu et entendu dans la capitale artistique du Monde ? Bien évidemment non.

D'abord, même si Platt tarde à accepter l'idée qu'il peut s'intéresser à autre chose que ces paysages de bord de l'eau en atmosphère de contre-jour, il finit, après 2 ans, par tenter l'aventure de l'atelier en entrant à l'Académie Jullian. Peindre en atelier est une contrainte forte pour l'amoureux de nature changeante qu'est Charles Adams. Peindre en atelier c'est accepter de s'intéresser à des compositions qui ne bougent pas, éclairées par la lumière fixe du Nord. La contrainte a du être terrible, mais elle amène Platt au séjour en Hollande, au cours duquel il s'intéresse aux œuvres des primitifs flamands, premiers peintres réalistes d'atelier, et à l'évolution de la peinture hollandaise vers le paysage. Platt, qui est intuitivement l'homme des bords de l'eau et de la représentation de l'atmosphère, se rend compte qu'en étant cela il appartient en fait à une tradition, dont il commence à entrevoir les sources. Et ces sources passent par la Hollande.

Platt évolue donc. Il sait à présent que ce qu'il cherche dans les paysages n'est pas tant, comme il le pensait en arrivant en France, une sorte d'anecdote géographique, le plaisir de peindre à l'extérieur des lieux différents pour simplement se les approprier par le trait ou la peinture ; il s'aperçoit qu'il poursuit sans le savoir une idée intérieure du Beau dont chaque paysage peint n'est qu'une tentative d'évocation.

Il faut maintenant comprendre où en est la tradition des ateliers en France. A cette époque, la grande tradition des ateliers est l'esprit de Rome. Les meilleurs élèves des Beaux-Arts comme de l'Académie Jullian passent le concours de la Villa Medicis pour devenir Prix de Rome et partir pour la capitale Italienne, en bourse d'études. Le modèle proposé dans les ateliers est un modèle de beauté plastique et morale à sujet historique, où la représentation humaine triomphe, et où le paysage apparait le plus souvent dans une représentation codifiée et non réaliste. On affecte de mépriser le goût pour la modernité contemporaine, qui s'intéresse au paysage et à la vie quotidienne, au nom de l'éternité d'un Beau à l'antique.

Platt fait les choses à l'envers. Il est naturellement et intuitivement moderne. En venant à Paris, dans un premier temps, il découvre l'énorme tradition en place. Dans un deuxième temps, par l'approche hollandaise, il accepte l'idée qu'il puisse lui-même dépendre de racines. Et, troisième temps, il commence à examiner avec curiosité la grande tradition italienne. Disons-le tout de suite, cette grande tradition n'entrera pas dans sa peinture ni dans ses gravures, déjà tellement mûres et au point, déjà tellement parfaitement adaptées au talent de dessinateur hors pair de Platt et à son intimité profonde avec le paysage et à son goût du plein-air, qu'il n'y avait pas de prise pour la moindre évolution.

Qu'on en juge dans ces quelques exemples de peintures : le style de Platt y demeure constant, la figure humaine est toujours aussi peu présente, le goût pour la représentation atmosphérique permanent, l'intérêt à la représentation des valeurs restant majeur ; les couleurs sont extrêmement délicates, subtiles et raffinées et se glissent sans bruit derrière le jeu des valeurs.


Charles Adams Platt - Hartford, Connecticut, 1885 - 10-1/4 x 13-3/4 in - Hartford Steam Boiler Collection, Florence Griswold Museum

 

 


Charles Adams Platt - Village sur un canal en Hollande, vers 1890
Huile sur toile, 36cm x 54cm
Inscrit au verso : Painted by My Father Charles A. Platt / about 1890 and given to Endry Worgh / William Platt
Period Watts framen
source : http://www.brockandco.com/inventory_detail.php?WorkID=418#.VgD5yLnovIU

 


Charles Adams Platt - Nuages (Paysage aux environs de Cornish),
vers 1894
Huile sur toile, 66cm x 89cm, signée en bas à droite C.A.Platt,
Museum of Fine Arts, Boston

 


Charles Adams Platt - Garden in winter - (The Croly Garden, Cornish), après 1904, Huile sur toile, 20 × 24 in., Collection Charles A. Platt II. Photo : Joshua Nefsky

 
 

Le triomphe d'une Rome paradisiaque

Le goût de l'éternité romaine se constitue peu à peu en Charles Adams Platt. Or la peinture de ce peintre-né est un art tellement constitué et solide qu'il ne bouge plus. En peinture Platt a été mûr tout de suite et n'a plus varié ensuite. Mais ce peintre supérieurement intelligent et profond a déjà commencé de bouger. Pas en peinture, puisqu'il est déjà au sommet de son art, le sait, et ne voit pas d'autre chemin. Vers 1885 Stephen Parrish, que Platt n'a jamais perdu de vue, vient s'installer avec sa famille à Paris. Dans son sillage, la vie sociale de Platt devient plus active, et Platt fait une rencontre décisive.

L'amour au secours de Rome

Charles Adams Platt, déjà influencé par la grande tradition romaine, avait pensé à faire le voyage de Rome, grand classique des peintres de l'époque, en 1884. Mais la présence du choléra dans la région l'en avait dissuadé. Fin 1885, le projet va aboutir. Platt a rencontré une jeune femme américaine, Annie Corbin Hoe, dont il est amoureux. Annie est née en 1852. Elle a 9 ans de plus que lui. Son père, gros fabricant de machines à imprimer les journaux, dans le Bronx, veut probablement hâter les choses, considérant son âge. Charles Adams, timide et discret, de bonne famille, lui semble le gendre idéal. La dureté refroidissante du jugement artistique de Platt a souvent été évoquée par les proches de Charles Adams. Elle ne rebute pas Annie qui est consciente de son immense talent ; plus expérimentée que le jeune peintre, elle reconnait sous cette dureté la protection du sérieux et du timide, et les fermes convictions de Charles Adams témoignent d'un esprit clair et intelligent, qui sait ce qu'il veut, garantie de fidélité à venir.

Il est convenu que Charles Adams accompagnera M. et Mme Hoe et leur fille dans un voyage de plusieurs semaines à Rome.

Vivre en paradis : l'expérience fondatrice de la lune de miel

Charles Adams rejoint les Hoes en février 1886 à San Remo. Au programme Gênes, Pise, Sienne, puis Rome. A Gènes, Platt déclare sa flamme à Annie. Ces dans ces dispositions que Platt amoureux va atteindre la Rome éternelle, le paradis sur terre vers lequel ses études de peinture à Paris le conduisaient. La belle famille est plus que consentante. Le printemps italien est somptueux ; Platt pense moins aux maîtres italiens qu'il ne parle sans discontinuer avec Annie dans les jardins de Rome. Un Beau qui n'est pas celui de sa peinture, mais celui d'un amour profond, ensoleillé et lumineux emporte la vie de Charles Adams et donne à toutes choses un sens profond et nouveau, comme si se réalisait à Rome, dans l'architecture des jardins et villas visités, la promesse entrevue dans les académies à Paris du paradis sur terre. Celle d'un Monde enfin organisé, maternel et accueillant, un Monde venant de très loin, tiède et infiniment consolateur de toute peine. Platt aime Annie qui s'offre à lui. Les Coe ont consenti à l'union. Le couple reviendra à New York en juin. Mais auparavant la lune de miel va se poursuivre. Il est convenu que les deux amoureux partiront de leur côté à Naples puis reviendront à Rome retrouver les Coe.

Charles Adam Platt est alors au moment culminant de sa vie et il ne le sait pas. C'est un peintre précoce et immense, déterminé et sûr de son art. Le mythe romain attrapé à Paris contribue à construire chez lui un amour d'autant plus profond qu'il permet de résoudre dans la vie une contradiction artistique : Platt comprend et admire l'esprit classique de Rome, mais ne peut qu'en constater l'inutilité pour sa peinture, totalement faite et mûre, de tradition réaliste et hollandaise, tournée vers le bonheur du présent. Aimer Annie à Rome lui fait ressentir comme un ordre nouveau l'ordre ancien appris dans les ateliers, fortifie son amour charnel et donne d'emblée une grandeur infinie à sa relation avec la jeune femme. Dans l'amour pour la tradition Romaine classique, il y a aussi la notion de paradis perdu, le regard voilé de larmes et tragique, tourné vers le passé, la peur de la perte. Le piège est en place et des circonstances familiales exceptionnelles vont le déclencher.

 


Charles Adams Platt - Hastings 1883
Huile sur toile, signée en bas à droite "Hastings", C.A.Platt, 83 : 60 cm x 38 cm - Collection privée, France

 

   

Une descente éclair au chaos

Au début d'avril 1886, alors que Charles Adams est en plein voyage de noces, le sort commence à tourner. Il attrape la "fièvre romaine", autrement dit la typhoïde. La maladie est suffisamment grave pour que les 2 amoureux envisagent de se marier sur le champ afin qu'Annie puisse rester en permanence auprès de Charles, pour le soigner ou peut-être accompagner une issue fatale. L'amour est grand et le dévouement absolu. Heureusement Charles commence à aller un peu mieux, et il est convenu de se marier quelques jours plus tard, toujours en Italie, et en présence des parents Coe. Le mariage se fera finalement le 10 avril, à Florence, quoique Charles passe encore le plus clair de son temps au lit.

Ce n'est qu'une première alerte. La descente ne fait que commencer. Le 7 juin le beau-père de Charles Adams, M.Hoe, meurt brutalement, interrompant définitivement le séjour italien. Charles, Annie et sa mère reviennent à New York avec le corps. La sortie du paradis est brutale.

Le 21 août la mort frappe une deuxième fois, et encore plus près de Charles Adams. Son père meurt. Charles Adams reste tout l'été à New York pour soutenir la famille. Il repart pour Paris en octobre. La vie va reprendre après ces deux coups du sort, d'autant qu'il y a bientôt enfin une bonne nouvelle : Annie est enceinte.

Mais la réjouissance est de courte durée ; de façon incroyable, la mort frappe une troisième fois. Le 18 mars 1887 Annie meurt en couche, et, avec elle, les deux petites filles qu'elle portait.

 

 


Charles Adams Platt - Dordrecht (Dordrecht on the Maas) vers 1883-1884
Huile sur toile, signée en bas à gauche C.A.Platt : 45.7cm x 60.9cm, Addison Gallery of American Art, Phillips Academy, Andover, Massachusetts, Etats-Unis

   
   

 

 

   


Charles Adams Platt - Paysage d'hiver aux environ de Cornish, vers 1890 - Addison Gallery of American Art, Phillips Academy, Andover, Massachusetts, Etats-Unis

   

Une reconstruction longue et difficile

Après le décès de sa femme et la ruine définitive de son mariage, Charles Adams entre dans une phase d'hébétude. Il revient à New York, ravagé par le chagrin. Il ne peut parler de la défunte tant aimée ni à sa mère, ni à sa sœur auprès desquelles il est revenu : elles ne l'ont jamais connue. Le deuil dure quelques années. Charles Adams Platt essaie de reconstituer sa vie en recommençant à exposer ses gravures en particulier au salon organisé par le New York Etching Club. Il passe l'été 1887 avec le peintre Dennis Bunker à Gloucester et un ami de la période parisienne, Olivier Walker, dans le Massachusetts. Gravure et peinture peuvent tout juste le maintenir.

En 1888, il revient peindre seul en Hollande, comme pour recommencer la vie là où elle l'avait abandonné. Mais en fait l'esprit de Rome, qui incarne maintenant la période apothéotique de sa vie, le travaille sourdement. L'éternité du beau romain, tournée vers le passé, est maintenant en plein accord avec son bonheur perdu, qui se conjugue lui aussi au passé. La production de peinture dans la veine hollandaise et le goût atmosphérique de l'instant au présent ne lui conviennent plus aussi bien.

L'été 1889 trouve encore Platt à la peine. Coup de pied de l'âne, la gravure, moins à la mode, commence à marcher commercialement moins bien. Plein de compassion, Olivier Walker entraîne son camarade dessiner à Cornish, dans le New Hampshire. Il y a là toute une colonie d'artistes désireux d'oublier, dans une campagne préservée, l'industrialisation à outrance des grandes villes côtières. L'ambiance est à la recherche du paradis perdu : on fait construire sa maison, on la borde d'un beau jardin.

Cela tombe bien. Platt lui aussi a perdu un paradis. Et son paradis ressemble à un jardin italien, un de ces jardins italiens qui a porté son bref et total bonheur, en 1886.

Dès 1890 Platt aura sa maison à Cornish. Il y viendra désormais tous les étés, pour éviter les chaleurs excessives de New York. Stephen Parrish viendra lui-même s'y établir en famille en 1893. Un goût commun se crée progressivement dans cette communauté d'artistes, qui partage le goût pour un esprit entre Classicisme et Renaissance.

Platt, que l'architecture intéressait déjà lorsqu'il était à Paris, s'engage à fond dans la construction de sa maison. Il la veut complètement intégrée au jardin qu'il conçoit, évidemment, à l'italienne. Il écrit à son ami, l'architecte Stanford White : "je veux construire une villa en U avec une colonnade", plan qui lui rappelle les villas italiennes.

La construction l'enthousiasme. Cet enthousiasme est aussi renforcé par le fait que le jeune frère de Platt, William, travaille comme apprenti au cabinet d'architecture paysagère de Frederick Law Olmsted, le célèbre architecte de paysage. William et Platt ont des discussions ensemble. Platt n'aime pas le travail d'Olmsted, qui prône des jardins naturels et moins organisés. Il parle à son frère des jardins italiens, de son paradis perdu. Les deux frères décident de faire en 1892 un tour d'exploration systématique des jardins italiens.

Charles Adams Platt en photographe

Rome : un séjour à la recherche d'un Paradis perdu

Dès le départ, le projet est fixé. Les deux frères partiront avec une chambre photographique. Il s'agit de photographier et de dessiner ou peindre systématiquement des éléments de vocabulaire du jardin italien : coins de jardin, mobilier, fontaines, terrasses, escaliers, pergolas... on reconnait dans cette volonté programmatique la volonté de Charles Adams de tenir à distance l'immense émotion qui l'étreindra probablement sur des lieux où il a été si brièvement heureux. Découper le bonheur en morceaux, c'est le comprendre, le posséder, l'emporter avec soi pour le remonter ailleurs, aux Etats-Unis, et finalement reconstruire sa vie dans l'idéal de Rome. Chacun de ces détails de jardin, témoin d'un instant du bonheur de Charles Adams Platt, résonne pour son auteur dans l'éternité.

C'est ainsi qu'il faut lire ces images rapportées des jardins italiens par Platt et son frère.


Villa Lante, Fontaine des Maures et jardin - Bagnaia (à côté de Viterbo), Italie. Publié dans  Italian Gardens, page 21 (1894) - Avery Architectural and Fine Arts Library, Columbia University

 


Charles Adams Platt - Jardins Colonna, niches, sculptures, et cyprès - Rome, Italy - Avery Architectural & Fine Arts Library, Columbia University.


Charles Adams Platt - Jardins Colonna, vue vers les jardins de fleurs, Rome, Italie - Avery Architectural and Fine Arts Library, Columbia University



Charles Adams Platt - Jardins Colonna, escalier, Rome, Italie - Avery Architectural and Fine Arts Library, Columbia University

 


Charles Adams Platt - Jardins Colonna, statuaire. Rome, Italie - Avery Architectural and Fine Arts Library, Columbia University

Le projet de Platt est finalement éminemment artistique : il consiste à se comprendre lui-même, à transformer la souffrance et l'émotion en carburant artistique et, par le travail, à en finir avec la souffrance sentimentale. Consolation par l'entreprise, intelligence pour guérir du sentiment : voilà l'ambition de Charles Adams Platt lorsqu'il monte ce voyage à Rome.

Le voyage de Platt et de son frère a lieu du 1er février jusque vers le milieu du mois de juillet 1892, autrement dit sur la même période que le voyage de noces dont il fouille le mécanisme, ce qui ne surprend pas. Les frères visitent 25 jardins italiens, principalement autour de Rome et Florence, sans oublier par ailleurs les jardins les plus remarquables, comme celui de l'Isola Bella dans la région des lacs.

Au retour de ce voyage, Platt visite Eleanor Hardy, veuve de son ami Denis Bunker, mort de pneumonie 3 mois après son mariage avec elle, en 1889. La communauté de destin des deux êtres les rapprochent au point que, nonobstant sa timidité, Charles Adams a commencé de se rapprocher de la jeune femme un moment retrouvée à New York. Cette visite est importante au point que son frère William rentre seul aux Etats-Unis. Dernier coup du destin, William meurt de noyade peu après son retour aux Etats-Unis, laissant Charles Adams Platt une nouvelle fois seul avec ses souvenirs de Rome.

Mais pour Platt, cette fois, ce n'est plus le moment de l'hébétude. Les monstrueux coups du destin qui, une première fois, avaient failli l'abattre, l'ont transformé radicalement. Il sait comment réagir. Il entre dans une sorte de processus de rage froide et organisationnelle. Il deviendra architecte et reconstruira aux Etats-Unis ces jardins italiens d'où est toujours venu l'amour.

Charles Adams Platt
reconstruit en architecte

Charles Adams se remarie avec Eleanor Bunker

Première étape de la reconstruction du peintre, Charles Adams épouse en 1893 Eleanor Bunker.


Eleanor Hardy (1869 - 1953) -  photographie prise en 1882
Mariée le 2 octobre 1890 avec Dennis Miller Bunker, le célèbre peintre américain, compagnon de peinture de Charles Adams Platt, elle se remarie en 1893 avec ce dernier.

Le père d'Eleanor était un marchand qui faisait du commerce avec l'Inde, commerce repris de son père. Eleanor rencontre Dennis Miller Bunker à une réception en 1889. Celui-ci est alors une étoile montante de la peinture américaine dont il apparaît déjà comme une figure majeure. Ils se marient en octobre 1890 et viennent s'établir à New York où Dennis sera enseignant. La même année Dennis contracte une pneumonie lors d'une visite à ses parents à Boston, et meurt. Il a peint un portrait d'Eleanor qui est actuellement accroché au Metropolitan Museum of Art de New York.

En 1893, Eleanor se remarie avec Charles Platt, ami très proche de Dennis avec lequel elle partage la même jeunesse hachée par le destin.

Ce mariage peut apparaître comme un lien renforcé pour Platt à l'ami disparu et à une jeunesse commune trop tôt arrêtée. Il symbolise aussi également une vie qui s'ancre plus que jamais vers un passé mythifié et donc vers la tradition romaine.

L'exploitation du voyage en Italie

En 1893, l'année du remariage de Platt, le Harper's Magazine commence la publication de deux articles de Platt intitulés "Formal Gardening in Italy". Harper & Brother ont déjà signé un contrat avec Platt pour un livre qui reprendra et étendra le contenu de ces deux articles. Le livre, intitulé Italian Gardens, sort de presse en 1894.

La critique n'accueille pas très bien l'ouvrage considéré comme un livre pauvre en idée qui vaut surtout par ses jolies photographies... et encore, des photographies où les lecteurs ne projettent pas autant de sentiments, et pour cause, que l'auteur lui-même. La grande idée du livre est simple : l'architecte de la maison doit aussi penser le jardin ; les extérieurs font partie de la maison. Mais cette idée gêne dans un pays où l'influence anglaise amène à penser qu'il n'y a de belle intervention sur le jardin que dans la mesure où il imite la nature.

Fortune critique

Dans les années 1890, le travail de Platt concerne surtout l'architecture des jardins. il est porté par une vague italianisante qu'il a contribué à lancer et qui renverse tout. De 1901 à 1913 il devient un des architectes les plus connus pour la construction de villas. Avec le succès il passe du privé au public, devient un architecte souvent consulté pour la création des musées, des écoles et des universités. Attaqué par l'école moderniste qui suivra tant il est devenu par son succès un des symboles de l'institution, il restera néanmoins indiscuté pour la période allant de 1900 à 1915, celle où il crée des maisons en s'intéressant autant à la maison qu'aux jardins dans lesquels elle est placée.

Quelques exemples des réalisations de l'architecte permettent de se faire une idée de son style et de l'importance des contrats obtenus.


Charles Adams Platt - La maison de Francis T. Maxwell, 9 North Park Street, Rockville, Vernon, 1902-1904

 


Charles Adams Platt - La maison Robert Schultze, 1075 Prospect Avenue, Hartford, 1907 (aujourd'hui Mark Twain Museum)

 


Charles Adams Platt - Freer Gallery of Art, Washington - dessinée en 1913, construite entre 1923 et 1928


Charles Adams Platt - Freer Gallery of Art, Washington, dessinée en 1913, construite entre 1923 et 1928

 

Conclusion : un peintre immense, sauvé par l'architecture

L'intérêt de Charles Adams Platt pour l'architecture de jardin, symbolisé par la publication du livre Italian Gardens, a plusieurs origines ; mais la première d'entre elle reste probablement l'intensité des moments passés dans les jardins italiens, dans un sommet de bonheur amoureux que plus rien ne dépassera jamais, auprès de sa première femme, juste avant leur mariage en Italie. Ce moment est le moment maximum de bonheur pour un Charles Adams plutôt secret et tourné vers le travail auquel tout d'un coup la vie entière sourit. A aucun moment de sa vie il n'aura été si ouvert, si heureux, si en accord avec un Monde où tout semble enchanté.

La deuxième origine est que Charles Adams, par goût, a toujours été sensible à l'architecture. Il a même hésité à tenter d'entrer comme étudiant en architecture à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris alors qu'il était déjà un excellent graveur et approfondissait sa peinture.

La troisième origine de cet intérêt est le fait que son frère ait travaillé pour un architecte paysagiste. Lorsque Charles Adams revient brisé de son deuil européen, il a des discussions avec son frère sur la question de l'architecture et celle en particulier de l'architecture des jardins, secteur où travaille son frère.

La quatrième origine est l'intérêt toujours montré par Platt pour le paysage, jamais démenti dans sa peinture.

Enfin lorsque Charles Adams, tenu à bout de bras par la gentillesse de ses amis, se retrouve à Cornwall, il trouve un milieu artistique et amical qui a confiance en lui et lui permet de faire ses premières commandes d'architecte sur des biens privés facilement disponibles. Autant de commandes qui permettront un envol professionnel favorisé par l'appartenance à un  milieu new-yorkais aisé et cultivé.

L'architecture comme raison, la peinture comme passion

Quels qu'aient pu être les succès de Charles Adams Platt en architecture, et ils sont immenses, il ne faut toutefois pas oublier que ces succès sont avant tout dus au caractère à la fois timide et organisé de Charles Adams Platt. L'architecture est d'abord pour lui une réaction d'orgueil face à un destin écrasant, une réaction de l'intelligence et de la détermination venant d'une nature toujours rebelle mais extrêmement organisée et pleine, une rage froide contre le sort, portée une vie entière.

Secret de nature, Charles Adams est naturellement un grand dessinateur et un grand peintre. Ses gravures et ses peintures sont dès le début de sa carrière d'un niveau exceptionnel ;  peu de peintres européens atteignent ce niveau, même parmi les peintres célèbres ; s'il n'avait été américain et aussi peu préoccupé de réseau, aussi sûr de lui et de son art, aussi peu communiquant, aussi peu intéressé par la figure et si proche du paysage, il aurait été l'un des peintres leaders à Paris au lieu d'être "seulement" un des graveurs et peintres leaders à New York. Platt possède un œil extrêmement sûr, son dessin est incroyablement précis et juste, tout comme ses couleurs. S'il fallait résumer son art de peindre d'un seul trait marquant, il faudrait probablement parler, et cela vient de sa sûreté en gravure, du meilleur peintre qui ait jamais existé dans l'art si difficile du contre-jour.

Du point de vue de la peinture, Charles Adams Platt est directement, naturellement, et sans effort, parce qu'il dessine superbement, un champion de la représentation de l'atmosphère, dans la grande tradition vériste hollandaise. Les combats artistiques qui font rage à Paris quand il s'y installe sont les combats de la tradition de Rome contre l'impressionisme, et ces combats ne sont pas les siens. Il est sûr de lui, ne s'est jamais posé la question de la filiation, et c'est parce que son séjour européen l'amène à découvrir la peinture hollandaise qu'il découvre avec stupéfaction que son savoir-faire si naturellement acquis s'inscrit dans une tradition et qu'il y en existe une autre, celle de Rome, pas tournée vers le présent immédiat et fugitif, comme la sienne, mais vers l'évocation du passé et du paradis perdu.

La tradition romaine qui pour Platt en peinture, n'a jamais compté, est explorée dans sa chair, au cours d'un voyage de noces dont le terme voit l'écroulement de sa jeunesse. L'effondrement du paradis fait de lui un architecte de cette tradition romaine, nostalgique d'un passé défunt, et lui donne le succès.

Le peintre à l'esprit hollandais de la lumière et du présent a ainsi officiellement laissé la place à l'architecte qui cherche dans le goût italien la consolation du paradis disparu. Platt continue néanmoins toute sa vie à peindre et il aura toujours dans son immeuble de New York, en refuge, un atelier au dernier étage.

Ses yeux se ferment en 1933 sur la déchirure portée tout au long d'une vie : il fut le double champion de deux traditions qui ont parcouru toute l'histoire de l'art : la tradition vériste et réaliste hollandaise à laquelle il appartient naturellement et la tradition classique de Rome marquée par le destin dans sa chair. On peut probablement dire que jamais artiste n'est allé à la fois aussi loin dans l'une et l'autre, et c'est ce qui donne à Charles Adams Platt une carrure artistique si exceptionnelle.

Bibliographie et références

Charles A.Platt, The Artist as Architect
Keith N.Morgan, 1985, An Architectural History Foundation Book, The MIT Press, The Massachusetts Institute of Technology, Cambridge, Massachusetts 02142

 
Italian Gardens
Relié: 178 pages, Editeur : Andesite Press (8 août 2015)
Langue : Anglais, ISBN-10: 1297505190, ISBN-13: 978-1297505195
Dimensions : 15,6 x 1,1 x 23,4 cm


Shaping an American Landscape:
The Art and Architecture of Charles A. Platt
Relié: 216 pages, Hood Museum of Art,Dartmouth College,U.S. (avril 1995) Langue : Anglais ISBN-10: 0874517044 ISBN-13: 978-0874517040
Dimensions : 28,5 x 23,5 x 2,5 cm


The Architecture of Charles A. Platt
Relié: 184 pages, Editeur : Acanthus Press,U.S. (février 1998)
Langue : Anglais, ISBN-10: 0926494171, ISBN-13: 978-0926494176 Dimensions : 2,5 x 24,8 x 32,4 cm

 

Source des gravures : The Metropolitan Museum of Art, New York
http://www.metmuseum.org/search-results?ft=charles+adams+platt&x=0&y=0&rpp=10&pg=1

Source des photographies Italian Garden : Archives de la Columbia University :
https://exhibitions.cul.columbia.edu/exhibits/show/platt
Accès à l'ensemble des documents sur Charles Adams Platt
http://library.columbia.edu/locations/avery/da/collections/platt.html

 

 

 

dernière modification de cet article : 2015

 

   
   

 

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