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le photographe

Bertrand Saint Guilhem



Né en 1969
1987 photos N&B au Rollei 35
puis au Rolleiflex
1999 arrive à Berlin et alterne
photos satellites (Spot, Ikonos, IRS) et photos moyen format
2007 exposition série paysage urbain à l’Office Européen des Brevets, Berlin
++49 173 77 16 224
germany - berlin
www.bsaintguilhem.com
bsaintguilhem@mac.com
 

 
 

Bertrand Saint-Guilhem :
pratique du Rolleiflex

 

Quelle place occupe le reflex dans votre photographie ?

En fait mon premier appareil moyen format fut un reflex, un Rolleiflex bi-objectif acheté d’occasion à Paris en 1989 et que j’utilisais avec du négatif noir et blanc. J’ai ensuite abandonné et le noir et blanc et le format carré pour la couleur et le format rectangulaire, d’abord un Fuji 6x9 rapidement revendu puis un Fuji 6x7. Donc le reflex moyen format n’occupait plus une grande place dans ma photographie, jusqu’à ce que récemment je ressente les limites du télémétrique au niveau du cadrage. La visée reflex s’est alors de nouveau imposée et j’ai ressorti mon Rolleiflex…

 


Varsaw express © Bertrand Saint-Guilhem (image réalisée au Fuji 6x7)

 

Quels sont pour vous les avantages et les inconvénients de la prise de vue avec le Rolleiflex ?

Avantages du Rolleiflex :
- composition au format carré
- solidité et simplicité de la conception autour d’une optique fixe (à comparer avec des systèmes modulaires avec optiques et dos interchangeables)
- confort du cadrage (une fois le verre dépoli d’origine remplacé par un dépoli plus lumineux)
- rendu velouté de l’optique
- capital sympathie que dégage l’appareil (surtout pour les portraits)
- valeur marchande réduite (permet de sortir l’appareil dans quasiment toutes les situations)
- silence de l’obturateur (à comparer au bruit du Fuji 6x7)
- absence de vibration (à comparer au coup de marteau du Pentax 6x7)
- encombrement réduit (à comparer aux reflex numériques pro)
- possibilité de visualiser la conception de l’image en pose longue (à la différence des reflex mono-objectif, Hasselblad, Mamiya, Bronica)

Inconvénients du Rolleiflex :
- tendance à la contre-plongée
- mise au point à partir de 1 mètre (en fait moins avec les bonnettes macro Rolleiflex)
- optique manquant de piqué (appareil de 1956 ; objectif Tessar 1:3,5 de 75 mm)
- optique pourrait être plus grand angle

En fait un appareil au rapport qualité/encombrement/prix/plaisir exceptionnellement élevé et particulièrement à l’aise en couleur.

 


Berlin - staatsratsgebaude © Bertrand Saint-Guilhem

 

Qu'avez-vous à l'heure actuelle et qu'avez-vous eu comme autres appareils ? Pouvez-vous "positionner" ces appareils par rapport à votre intérêt pour la photographie et au Rolleiflex ?

- Rolleiflex 6x6, Tessar f=75 mm (1:3,5 à 1 :22)
- Fuji GW 670 III, Fujinon f=90mm, (1:3,5 à 1:32)
- Konica Instant Press, Hexanon f=110 mm (1:4 à 1:64)
- Holga 4,5x6, f=60mm (1:8 à 1:11)

J’utilise le Rolleiflex pour une image que je souhaite bien composée, bien cadrée. J’utilise le Fuji pour la rapidité, pour le piqué, pour le format légèrement rectangulaire. J’utilise le Polaroid/Konica pour du portrait au flash J’utilise le Holga pour son coté ludique.

Pour le coté ludique et spontané je n’hésite plus à utiliser un compact numérique. De plus il m’arrive de louer un reflex numérique.

En moyen format j’ai eu un Fuji GW 6x9. En format 135 j’ai eu un reflex manuel et un Rollei 35, j’ai eu aussi un Kodak Instamatic (format carré 28mmx28mm, cassette 126)

 


Chisinau - moldavie © Bertrand Saint-Guilhem

 

Quelle pellicule utilisez-vous et pourquoi ?

Quand je suis passé du noir et blanc à la couleur, j’ai d’abord utilisé du film positif, de l’Ekta Kodak. Et puis, même si le visionnage d’un Ekta sur une table lumineuse reste irremplaçable, je suis passé au film négatif couleurs neutres car je recherche des couleurs douces, sans trop de saturation. Depuis des années j’utilise du film négatif Kodak 160 ASA NC, éventuellement poussé à 320 ASA. Je scanne moi-même mes films.

Pour les portraits au polaroid j’utilise le film instantané couleur Fuji FP-100 c (8,5cmx10,8cm). 

 


Marseille - la Joliette © Bertrand Saint-Guilhem

 

Il y a souvent une grande place donnée au vide dans votre photographie. Pourquoi ?

J’habite à Berlin depuis maintenant 9 ans et je me déplace souvent dans des villes d’Europe Centrale. Tout ce que je vois quotidiennement, des immeubles anciens non rénovés, des bâtiments industriels en milieu urbain, des chantiers partout, des réalisations très modernes, influence forcément ma pratique photographique. Le hall d’entrée du Staatratsgebaüde, l’ambiance formica-velours du train Varsaw express, la Karl Marx Allee et ses 120 mètres de largeur, voilà mon quotidien… Un certain dépouillement, un côté fonctionnel, une rigueur très germanique. Cet environnement me stimule mais en même temps je garde une distance car ce n’est pas celui dans lequel j’ai grandi, en l’occurrence Paris et le sud de la France. Cette distance m’aide à trouver un point de vue.

Pas impossible aussi que le côté figuratif, imagé de la langue allemande influence aussi ma pratique photographique : ici un avion est un « un truc qui vole » (Flugzeug), un briquet est un «truc à feu » (Feuerzeug), une piscine un « bain pour nager » (Schwimmbad), donc le simple fait de nommer oblige à représenter et la photographie n’est jamais très loin de la représentation…

 

 

   

dernière modification de cet article : 2009

 

 

 

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