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l'auteur

Henri Peyre
Né en 1959
photographe
Beaux-Arts de Paris en peinture
webmaster de galerie-photo
ancien professeur de photographie
à l'Ecole des Beaux-Arts
de Nîmes

www.photographie-peinture.com
www.nature-morte.fr
organise des stages photo

 

 

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Retrouvez le matériel présenté sur www.arca-swiss-magasin.com

 

 

Merci à Frédéric
pour la qualité de ses retours
et merci aussi à Sarah !


 

Arca-Swiss Rm3di
un avis d'utilisateur

Introduction

En matière d'appareil moyen format numérique, il est difficile de recueillir des avis d'utilisateurs :
- d'abord parce qu'ils sont peu nombreux,
- ensuite parce qu'il faut un certain niveau technique et de pratique pour émettre une opinion raisonnable sur ces appareils,
- enfin parce que les moyen formats numériques sont encore relativement nouveaux sur le marché, que les premiers utilisateurs professionnels ont eu beaucoup de difficulté avec leurs appareils et qu'ils considèrent que l'information qu'ils se sont procuré est un avantage comparatif par rapport au professionnel concurrent.

L'avis d'utilisateur que nous présentons ici a été recueilli au cours d'une journée de travail et de test auprès d'un de nos fidèles lecteurs, que nous remercions de tout cœur.

Présentation du système

Frédéric possède une Rm3di, une RL3di et le cadre de la factum. Autrement dit il possède l'ensemble de la gamme R d'Arca-Swiss. Son équipement s'étend aux 2 modules de mesure de distance, les modules E-module R et E-module Cloud qu'il utilise en association avec un distomètre Leica. Il a testé ses appareils avec plusieurs  dos moyen format pour contrôler les écarts de focalisation sur optique : Dos Leaf Aptus 54S, Dos Leaf Aptus II12R, Dos Phase One H25  et dos Leaf Credo 80.

Dans cette première partie, il présente les appareils avec quelques points importants de leur fonctionnement qui intéresseront les utilisateurs de reflex qui n'ont jamais utilisé de dos numérique.

Raccordement du dos à la Rm3di

Quand on achète un dos, il est livré avec un cordon qui doit être relié à l'obturateur. Le dos numérique est laissé en activité continue. Le dos est alors en permanence en état de veille, attendant qu'une information lui vienne de l'obturateur auquel il est relié par le dit cordon. Lors du déclenchement de l'ordinateur, un signal de déclenchement de capture est envoyé et l'image est acquise par le dos. Dans cette façon de relier l'obturateur au dos (cette première solution correspond au réglage du dos Leaf sur "zéro"), on consomme énormément de batterie, plus de quatre fois ce qu'on consomme d'énergie avec une des deux autres solutions possibles.

Deuxième solution : cette solution a été adoptée par Frédéric. La connectique reste la même, toutefois le fonctionnement du dos est paramétré sur "Normal" dans son menu de commande tactile. Dans cette position le dos est au repos. Avant chaque photographie, on doit le réveiller d'une pression sur le bouton du connecteur, en dessus de câble (flèche blanche) puis prendre la photo en pressant le déclencheur classique (flèche noire).


Rm3di avec dols Leaf Credo 80 : le câble de connexion au dos, vue de l'avant.

Troisième solution : il existe chez Prophot un cordon "spécial chambre" qui permet dans le même mouvement de sortir le dos de sa léthargie et de déclencher l'obturateur :


Une vue de ce cordon chimérique (au prix exorbitant... plusieurs centaines d'euros...)

Ce cordon est intéressant dans le cadre de photographie rapide, de type reportage. Frédéric ne le monte jamais sur sa Rm3di, en dépit de ce que laisse à penser notre illustration, réalisée pour la démonstration. Il n'emploie ce cordon que sur la factum, version légère de la gamme R, lorsque l'objectif est réglé à l'hyperfocale.

Calibration des distances

Lorsqu'on achète une optique pour un système de série R de chez Arca-Swiss, il est nécessaire de réaliser un ensemble de pièces qui permettront à l'objectif de trouver sa place dans le système (voir par exemple les objectifs en vente sur le http://www.arca-swiss-magasin.com/contents/fr/d46_objectif-rodenstock-apo-sironar-digital.html). Si l'on possède une optique ancienne qu'on désire monter sur son système, il faut également faire fabriquer ces pièces (voir en http://www.arca-swiss-magasin.com/contents/fr/d49_montage-etalonnage-objectif.html). Lors de cette opération, il est vivement conseillé de confier à Arca-Swiss sa Rm3d, l'optique bien sûr et, précaution pas inutile, son dos. Frédéric, qui a testé plusieurs dos, se souvient encore d'un problème rencontré avec un dos APTUS II8 sur lequel le positionnement du capteur était différent des autres... situation semble-t-il rare, mais influant de manière déterminante et significative sur l'ajustement des réglages de l'optique sur la rampe hélicoïdale.

L'opération est très importante : elle va permettre de fournir pour chaque objectif une petite carte sur laquelle est établie une corrélation chiffrée entre la distance au sujet et les indications données sur l'immense rampe de mise au point de la Rm3d. Cette rampe de mise au point est le cœur du système, elle est sans équivalent dans un aucun autre système par son extraordinaire précision, et l'opération de calibration permet d'en tirer tous les avantages.


La carte d'objectif d'Arca-Swiss.

On peut parfaitement faire sa propre carte, à condition de comprendre évidemment ce qui se passe et d'avoir une énorme dose de patience. Frédéric a ainsi réalisé ses propres cartes, extrêmement précises, pour l'usage avec le distomètre Leica.


Carte d'objectif établie par relevés sur la mire USAF disponible en http://www.silverfast.com/show/resolution-target/fr.html
La mire a été imprimée plusieurs fois et déposée régulièrement sur une ligne visée par l'appareil. Les relevés de netteté ont été faits sur écran.

Utilisation des e-module et du distomètre Leica

Tout l'intérêt de la Rm3di, rappelons-le une nouvelle fois, tient à sa conception autour d'une rampe de mise au point à la longueur de course inégalée. La mesure de la distance est, une fois la calibration faite, une opération particulièrement importante. Le distomètre Leica permet à Frédéric d'obtenir les distances d'une façon extrêmement précise. Il emploie volontiers un des deux modules en même temps que le distomètre pour deux raisons :
Les e-modules, une fois étalonnés sur l'infini comme point zéro (on sait où est le réglage sur l'infini grâce à la carte d'objectif de chaque objectif) connaissent par une carte mémoire les caractéristiques de l'objectif et vont
- Donner l'exacte indication de la rotation nécessaire sur la bague d'objectif ; l'avantage est de se passer dès lors de la fiche cartonnée. On cherche la distance en mètre donnée sur le distomètre en tournant la bague de l'objectif qui indique la distance en mètre sur le e-module.
- Donner une indication de la profondeur de champ sur les 4 diaphragmes où l'objectif est le meilleur (5.6, 8, 11, 16)

Frédéric emploie le e-module R à l'intérieur, et le e-cloud à l'extérieur. Il trouve que le système par ultrasons du e-module apprécie assez bien des mesures justes en intérieur, en se calant sur le premier obstacle et qu'il peut prendre sa photographie plus rapidement avec. En extérieur, Frédéric, qui a une bonne vue, se sert avec bonheur du système e-cloud. Dans les deux cas j'ai pu observer que Frédéric se sert quand même toujours du distomètre Leica et vient après examiner la profondeur de champ sur le module. Autrement dit, sa pratique semble indiquer que, pour lui, le distomètre donne la distance exacte et les e-modules donnent le confort de l'interprétation de la distance et de son report sur la bague ainsi que la profondeur de champ.


Distomètre Leica pour l'intérieur (fonctionne avec un laser) pour des distances jusqu'à 20m


Distomètre leica pour l'extérieur, de portée plus longue, pour des distances supérieures à 10m (Frédéric utilise toujours ce distomètre lorsqu'il prend le 180mm)

Transformation de la Rm3di

Frédéric possède 2 chambres Arca-Swiss, et ces chambres présentent donc chacune leur monture hélicoïdale. Frédéric a observé que le 0 sur la bague hélicoïdale de l'une ne correspond pas au 0 de la bague hélicoïdale de l'autre. Autrement dit la calibration de distance se fait bien pour une chambre, en tant qu'appareil pourvu de sa bague hélicoïdale propre, avec un objectif et un dos. On fait calibrer l'ensemble par Arca-Swiss et tout reste simple. Si on commence à passer l'objectif d'une chambre à l'autre, en changeant de rampe de mise au point, on a des problèmes d'ajustement de distance, et donc le même objectif sur une deuxième chambre, munie d'une autre rampe de mise au point doit avoir son petit carton. Si on garde la même rampe de mise au point en passant d'une chambre à l'autre tout va bien. Frédéric s'est suffisamment énervé là-dessus pour refaire ses propres cartons lui permettant de passer d'une rampe à l'autre. Maintenant cela marche, mais il faut le savoir.

Ceci étant dit voici une petite démonstration faite avec la Rm3di :


adaptateur pour dos Leaf

On voit ici le montage de l'adaptateur pour dos Leaf sur la Rm3di. A signaler que Frédéric avait du mal à monter son dos Leaf au départ. Un coup de fil à l'atelier a été nécessaire pour qu'il comprenne la petite opération d'adaptation nécessaire : 2 petites vis à l'arrière des griffes du dos doivent être légèrement desserrées de sorte que le dos puisse s'adapter parfaitement sur l'adaptateur. On a évidemment un peu peur de commettre une opération dont on envisage qu'elle peut faire tomber le dos. Mais non, tout est parfaitement normal et le dos accepte d'entrer dans le logement et tient fort bien après l'intervention.


Accrochage du capteur sur l'adaptateur

Une monture tournante peut être ajoutée avant le capteur (le Rotamount) :

On peut également vouloir utiliser le Rotaslide qui permet la visée alternant avec l'utilisation du capteur :


Accrochage de l'adaptateur sur le Rotaslide


Le Rotaslide en place


Dépolis et dos sont en place...


Placement de l'oculaire de mise au point... un petit coup de pinceau contre la poussière. Notez le très astucieux bouton de réglage d'inclinaison de la loupe (bouton blanc à l'avant-plan).


Tout est en place...

 

Dans les 2 cas, utilisation du Rotaslide ou du Rotamount, il faudra compenser la surépaisseur arrière du système en retirant une épaisseur de monture derrière l'objectif sur l'avant de la machine, de sorte que l'épaisseur générale du système soit conservée. Lors de l'achat de l'objectif en version R, ces pièces extrêmement précises sont livrées avec l'objectif.

 

Le viseur Variofinder


Le viseur universel est une pièce coulissante sur laquelle on choisit la focale. Sur l'avant du viseur on place le masque aimanté correspondant à l'objectif employé.

Le viseur est une pièce très astucieuse qui s'adapte à l'objectif grâce au masque et à un petit rouleau livré avec chaque objectif commandé en monture R. Le rouleau se place derrière le système de visée, tandis que le masque se place à l'avant du viseur.


Le rouleau à l'arrière du viseur


Rouleau et masque


Réglage de la coulisse sur la bonne focale


Les mouvements réalisés sur la Rm3D, comme ici les décentrements, pourront être reportés sur le viseur, au moyen des petits trous perforés dans le masque.


La Rm3D avec le masque

Transformation de la Rm3d
en appareil léger : la Factum


Le cadre du factum

La mise en place du Factum sur le cube nécessite de tirer le levier de serrage de l'étau au-delà de sa position intermédiaire : on tire alors en arrière le mécanisme intégré au levier, ce qui permet d'ouvrir le levier dans une position de libération complète de la mâchoire de l'étau. L'astuce, restée longtemps mystérieuse, fait l'objet d'un incroyable nombre de fils sur les forums américains.


Libération de la Rm3di


Mise en place de la Factum (plus exactement du Fac...)


Mise en place du Tum (c'est-à-dire la rampe d'objectif avec, ici, l'objectif déjà monté puisque venant de la Rm3di). On garde ici la même rampe hélicoïdale


Une vue de l'arrière


Montage, à l'arrière, de l'adaptateur de dos et du dos.

Le passage d'une chambre de studio à un appareil de campagne ultra-portable est donc très rapidement exécuté. Rappelons que dans la mesure où la rampe hélicoïdale est restée la même toutes les mesures d'étalonnage des objectifs sont parfaitement conservables.

Très brièvement la RL3di...

La RL3di possède toutes les caractéristiques de la Rm3di mais le plateau de base est plus large, ce qui permet d'accroître les mouvements autant que d'alterner la photographie sur dos numérique et la photographie en 4x5". Une seule plaque intermédiaire suffit à convertir une Rl3di prête pour le 4x5" en Rl3di prête pour le numérique. Grande universalité d'emploi donc.

Nous rappelons toutefois aux utilisateurs débutants que, de la même façon que le capteur doit être entièrement couvert par le cercle d'image de l'objectif, le plan-film 4x5" glissé dans la Rl3di doit être entièrement couvert par le cercle d'image de l'objectif placé devant la chambre. La Rl3di n'apparaîtra donc universelle qu'aux utilisateurs possédant déjà une très belle gamme d'objectifs, avec des objectifs pour la photographie numérique, très résolus et à petit cercle d'image, autant que des objectifs pour 4x5", moins résolus mais avec un grand cercle d'image. Un objectif pour chambre 4x5" à grand cercle d'image ne tirera pas le meilleur d'un dos 50mp...

 


La Rl3d nue

 


Préparation de l'objectif

 


Mise en place de l'objectif sur la Rl3di

 


La Rl3di en ordre de bataille

Avantages, inconvénients, irritations

L'avantage essentiel de la série R d'Arca-Swiss : la conception du système autour d'une très longue rampe de mise au point

Le grand avantage du système Arca-Swiss tient à la fabuleuse course de la rampe de mise au point. Cette très longue course garantit une mise au point parfaite et extrêmement précise du sujet lorsqu'on connait la distance exacte à l'objet. Il n'y a pas de système concurrent en moyen format.

C'est un avantage que ne saisissent pas en général les utilisateurs venus de formats inférieurs dans lesquels les impressions de netteté sont plus globales, mais que retrouveront exactement les utilisateurs de chambres argentiques de grand format, souvent confrontés à la netteté d'un point exact et au départ rapide dans le flou des points pourtant proches. Ce phénomène lié à la profondeur de champ est renforcé par la taille et la densité des pixels du capteur utilisé ainsi que par la longueur de la focale de l'objectif monté sur l'appareil.

La tolérance de profondeur de champ devient un problème majeur en grand format, où la question de savoir quelle netteté on sauve et quelle netteté on sacrifie en fonction du sujet est un problème permanent, que les mouvements ne permettent pas de dépasser à tous les coups. C'est cet aspect qui détermine le plus souvent la consternation de l'amateur que son portemonnaie a propulsé dans le moyen et le grand format sans qu'il ait eu auparavant la claire conscience des enjeux nouveaux que posent l'utilisation d'un format plus important. Le grand format pose des problèmes techniques plus compliqués parce que ses possibilités sont plus élevées et le besoin de précision plus grand !

La création d'une rampe de mise au point extrêmement longue a nécessité de la part d'Arca-Swiss un peu d'imagination dans le système de repérage des tours, puisque le réglage repasse plusieurs fois par le même repère, d'où l'emploi de couleurs associées à la numérotation sur les bagues d'objectif, découvert par la sortie progressive de l'objectif.

C'est là qu'on pourra mieux comprendre l'intention des e-modules.

Qu'est-ce qu'on peut attendre des e-modules ?

Par fabrication, les e-modules vont permettre de transformer un repérage couleur-numéro, créé par étalonnage sur des fiches en carton, en indication continue par affichage de la distance réelle de mise au point sur l'écran. Les e-module sont en effet en permanence informés par un mouchard câblé de la position de l'objectif sur la rampe de mise au point.


Le e-module câblé


L'indication exacte de la distance, repérée sur la bague, est affichée sur le e-module

Cette indication permet la lecture directe de la distance, une lecture qu'on avait autrefois naturellement sur les bagues d'objectif... qui est devenue impossible sur des rampes qui font plusieurs tours !

Arca-Swiss a ajouté très astucieusement la profondeur de champ pour les 4 meilleurs diaphragmes de l'objectif, avec la possibilité de régler la tolérance de la profondeur de champ. Ces indications sont stockées dans la carte du e-module.

Ces 2 facilités intéressantes sont présentes sur les 2 modules.

Concernant la mesure exacte de la distance, le E-module (sonar) n'est pas très à l'aise par rapport au distomètre Leica qui indique par un point laser à quel endroit est fait exactement la netteté.

Le E-module Cloud se veut plus précis, et sans embarquer de laser. C'est un superbe matériel qui conviendra à l'utilisateur qui a une excellente vue, puisque c'est un système optique. Mais gare à l'utilisateur peu confiant dans les capacités de son œil... il risque de ne pas obtenir des résultats aussi précis qu'attendus !

Dans tous les cas nous conseillerions donc aux utilisateurs de Rm3di déterminés à profiter pleinement de leur fabuleuse rampe de mise au point d'acheter dès leur entrée dans la gamme et avant les e-modules de chez Arca-Swiss un distomètre Leica. Ils viendront après aux e-modules, et pour d'autres raisons : un grand confort d'utilisation dans l'affichage de la distance réelle et le calcul de la netteté acceptable par une lecture directe de la profondeur de champ.

Une irritation d'utilisateur due à l'évolution du système

Le système de cordon de liaison entre le e-module et les Rm3di a récemment changé. L'entrée de connexion de e-module de la Rm3d de Frédéric reste tout à fait en phase avec le e-module ancien, mais la factum présente, en façade, une nouvelle prise de connexion qui rend le e-module R (intégrant l'ancienne connectique) inutilisable sur le factum ; seule solution possible : la fabrication par Arca-Swiss d'une sorte de "multiprise adaptable".


L'ancien câble du e-module et la nouvelle entrée côté Factum


L'ancien câble

Une irritation concernant une pièce dont l'adaptation par simple insertion s'avère trop lâche

Cette deuxième petite irritation concerne le masque de visée nécessaire à la réduction du champ de la visée couverte par le dos numérique, lorsqu'on utilise avec le système de visée.

Il existe une plaque de masquage pour réduire la visée. Toutefois aucun système n'est prévu pour maintenir cette plaque en place. Il faut soit alors la coller sur le dépoli, soit la scotcher avec un genre de double-face...


La plaque de réduction de visée incriminée

... autrement la simple mise en place du viseur fait qu'elle se perd à l'intérieur même de cette pièce et oblige à des contorsions difficiles au moment de sa mise en place.


Les doigts de fée de Frédéric n'y suffiront pas...

Test de résultat Rm3di et dos Leaf Credo 80mp versus Nikon D800E

Présentation

Une image a été réalisée avec le Nikon D800E et comparée avec une image du même sujet réalisée avec le dos Leaf Credo (caractéristiques : dynamique de12.5 diafs en 80mp par capteur Dalsa CCD de 53.7 x 40.3 mm).

Les 2 appareils sont des appareils à contrainte lourde : pour en tirer le meilleur, il faut un pied. A y être on est allé au meilleur, on a pris du temps pour peaufiner une superbe nature morte à la manière de Pieter Claesz et on a installé les 2 appareils devant, au meilleur diaf des objectifs, puis réalisé une séquence de prise de vue par superposition d'images. Les images sont dans les 2 cas passées à la moulinette d'Heliconfocus pour tirer la meilleure netteté possible. Pour les 2 prises de vue on a pris environ une vingtaine d'images,
- D'une façon commode et rapide avec le Nikon D800E dont le pilotage par Helicon Focus est entièrement automatisé.
- D'une façon moins commode avec la Rm3di, puisqu'il a fallu prendre les images une à une en tournant à chaque fois manuellement le réglage de distance. Par contre on a eu grâce à l'immense bague de la Rm3di un vrai confort concernant l'assurance de la régularité de choix des plans.

Lors du test, la colorimétrie des images recueillies sur la Rm3d par Capture One, le logiciel de Phase One, a été systématiquement corrigée par un profil réalisé sur une charte gris neutre présentée à l'objectif avant la prise de vue. Les images du D800E ont été réalisées suivant une procédure classique de traitement de RAW avec un premier RAW de la scène intégrant une mire Scuadra de True Colors, mais pas de correction localisée du champ de prise de vue. La philosophie générale de ce test est donc : aller au meilleur possible selon le protocole de meilleure qualité possible habituellement pratiqué avec chacun de ces appareils... puis comparer.

Objectifs :
Le Nikon D800E est équipé d'un Nikkor 50mm 1,4G, utilisé pour le test à F8.
L'Arca-Swiss Rm3d est équipée d'un Digitar 4,5/90, utilisé dans le cadre du test image à partir de la limite minimale de prise de vue de l'optique (0,90m) en ouverture F11. Chaque prise de vue nécessaire à la construction de l'image a été prise à 7s.

Prise de vue générale


Vue d'ensemble D800E soit tirage de 52,02 cm x 41,59 cm en 300ppp ou 43,35 cm x 34,66 cm en 360pp


Vue d'ensemble (Rm3d) - Noter le champ plus large. La distance proximale de l'objectif utilisé ne permet pas d'aller plus près. Tirage de 87,44 cm x 65,70 cm en 300ppp ou 72,87 cm x 54,75 cm en 360pp

 

Potentiel de l'image : coupe au pixel.

Dans les images qui suivent, nous donnons un échantillon de 440x440px en 72ppp de chacune des images d'origine sur un endroit particulier de la nature morte


Marque du pot d'étain - D800E


Marque du pot d'étain - Rm3di - dos Credo 80mpx

 


Citron - D800E


Citron - Rm3di - dos Credo 80mpx - la légère différence de couleur est due à un angle de prise de vue légèrement différent d'une image à l'autre.

 


Huitre - D800E


Huitre - Rm3di - dos Credo 80mpx

 


Nappe - D800E


Nappe - Rm3di - dos Credo 80mpx

 


Papier tabac - D800E


Papier tabac - Rm3di - dos Credo 80mpx

 


Verre - D800E


Citron - Rm3di - dos Credo 80mpx

 


Noisette - D800E


Noisette - Rm3di - dos Credo 80mpx

 

Les images ci-dessus illustrent plusieurs faits :

- Le potentiel de résolution d'un dos moyen format de 80mpx est très largement supérieur au potentiel de résolution d'un capteur 24x36 de 35mpx. La différence de résolution entre l'un et l'autre saute aux yeux et l'avantage qualité semble même encore se creuser dès que les capteurs ont à collecter des informations dans des zones peu lumineuses.

- De ce fait la matière des objets, de la noisette photographiée par exemple, est décrite d'une façon tellement plus précise avec un capteur moyen format que les petits objets restent tout à fait signifiants dans notre nature morte, là où, en 24x36, ils ne font plus que concourir à l'impression générale de l'ensemble. Au plaisir de la matière retrouvée s'ajoute donc cet étonnement que connaissent depuis longtemps les photographes à la chambre, toujours très sensibles au fait que leur appareil collecte plus d'information visuelle qu'ils n'ont eu le sentiment d'en avoir perçu eux-mêmes à la prise de vue.

- Le seul argument pour le capteur de petit format concernerait les franges colorées, souvent moins présentes en bord de champ dans une optique à petit cercle d'image que dans le cas d'une optique à plus grand cercle d'image, nécessaire à l'arrosage d'un capteur moyen format.

Bilan

Ces quelques tests laissent évidemment de côté tout le jeu extrêmement délicat de la mise au point en moyen format, qui peut être considéré comme un fantastique système à jouer le net et le flou. On s'est concentré, grâce à Helicon Focus, sur le potentiel de résolution de l'image et sur un sujet immobile. Toute comparaison qui serait montée à partir de sujets mobiles ou qui intègrerait la variable temps/rentabilité amènerait évidemment à des conclusions plus favorables au capteur 24x36.

L'utilisateur qui passe au moyen format doit le faire pace qu'il est entré dans un genre photographique particulier : prise de vue lente, précise, raisonnée ; peu d'images, mais les plus belles possibles. S'il vient avec un esprit généraliste, il sera déçu. Les appareils moyen format sont des appareils spécialisés.

Dans ce cadre, l'entrée dans le système Arca-Swiss avec une Rm3di et (ou) une factum toutes les deux basées sur une monture hélicoïdale dont on veillera à ce qu'elle reste unique quel que puisse être le développement de la gamme personnelle, complétée d'un objectif neuf et d'un capteur moyen format, le tout appuyé par un distomètre Leica, donnera une satisfaction énorme et permettra d'accéder à un nouveau monde photographique.

Par la suite seulement, pour plus de confort, on s'intéressera aux modules d'Arca-Swiss.

Tant qu'on a pas une vue nette et précise de son travail photographique et des résultats espérés, on ne sautera pas le pas. La Rm3d est un appareil photographique qui ne peut convenir qu'à un photographe passionné de qualité, et prêt à prendre le temps qu'il faut pour faire les plus belles photographies possibles, mais seulement un certain type, conçu et réalisé dans la lenteur et avec une maîtrise technique qui oblige à un niveau de connaissance élevé.

 

 

Retrouvez le matériel présenté sur
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dernière modification de cet article : 2014

 

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