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les auteurs

Anne FAVRET & Patrick MANEZ





17, rue des Roses
06100 Nice
 Tel 04 93 52 38 74
 Cel 06 81 67 55 93

 favretmanez@free.fr
 http://www.documentsdartistes.org/favret-manez
 http://www.purpose.fr/purpose9.html
 

 

 

Anne FAVRET & Patrick MANEZ

 

Anne et Patrick, que représentent ces images ?

Ces images s'inscrivent dans un travail au long cours, "Europe - le plan B" , que nous menons sur les villes européennes dont le nom commence par la lettre B. Une contrainte à la Perec qui inscrit dans notre démarche une part d'arbitraire qui va dans le sens de la neutralité à laquelle nous aspirons . Cette série sur Bruxelles constitue l'un des chapitres de cet ensemble plus vaste où les villes sont vues à travers un prisme chaque fois différent. A Bruxelles, nous avons décidé de focaliser notre approche sur les petits commerces de proximité. Par ce biais nous voulons insister sur le caractère propre à cette ville qui présente une grande diversité urbaine et communautaire. Ce qui nous intéresse aussi c'est d'envisager la ville exclusivement à partir de l'espace public, non d'un point de vue extérieur mais en tant qu'usager. Retrouver à travers ces images l'intimité que soit disant les grandes villes ne permettent plus.


© Anne FAVRET & Patrick MANEZ - Bruxelles - 2010

 

Pourquoi le choix des petites lueurs de l'aube ? Le spectateur a survécu à la nuit ?

Le choix non pas d'une lumière matinale, mais d'un éclairage "entre chien et loup" a été fait à priori. C'est pour nous la lumière qui joue le rôle principal de ces photographies. Ce moment de basculement entre le jour et la nuit permet de dégager de la complexité urbaine ces petites échoppes sans que toutefois elles n'occupent une surface trop importante dans l'image. Nous tenions à prendre une distance suffisante pour "faire paysage", rendre visible l'organisation des différents éléments et offrir un espace au sein duquel on puisse circuler. Cependant le sujet principal reste dominant car c'est finalement lui qui éclaire la scène.

 


©
Anne FAVRET & Patrick MANEZ - Bruxelles - 2010

 

Vous êtes vraiment dans l'inventaire documentaire ou dans une figuration inspirée d'Edward Hopper ?

Le principe d'inventaire nous intéresse comme chez les Becher parce que cela permet de montrer aussi bien les similitudes que les différences. C'est pourquoi nous travaillons en série. Mais à l'encontre de ce qu'ils ont mis en œuvre ( appliquer le même procédé à tous les sujets) nous préférons travailler sur un dispositif de prise de vue induit par le sujet que nous abordons. Quant à la référence à la peinture, c'est ici plutôt du côté de Magritte que nous nous situons, Bruxelles oblige !

 


©
Anne FAVRET & Patrick MANEZ - Bruxelles - 2010

 

Comment êtes-vous venus à ce type de photographie ?

Très vite après nos études à l'ENSP d'Arles nous avons décider de travailler ensemble. C'est un choix délibéré car nous voulions développer un type de photographie axé sur une approche documentaire de la réalité, le fait d'être deux à décider ensemble des projets, de la prise de vue et de partager le même matériel nous a évité l'écueil d'une vision par trop subjective.

 


© Anne FAVRET & Patrick MANEZ - Bruxelles - 2010

 

Pourriez-vous revendiquer une photographie du dépaysement et de l'étrangeté ?

Le dépaysement est inhérent à la question du paysage, puisque le paysage ne peut advenir que par le changement de regard que l'on porte sur les choses qui nous entourent. Ce ne sont pas les sujets de nos images qui sont dépaysants mais les photographies elles-mêmes. Quant à l'étrangeté, elle advient par la bande, véhiculée par le caractère propre de l'image photographique. Cette dimension est évidemment précieuse pour nous car elle apporte à nos images une charge poétique que nous souhaitons et revendiquons.

 


©
Anne FAVRET & Patrick MANEZ - Bruxelles - 2010

 

Avec quel matériel travaillez-vous ?

Nous réalisons ces images avec une chambre folding légère, un trépied lui aussi léger en carbone et en générale une optique choisie une fois pour toute pour la série ( en l'occurrence dans ce cas un 135 mm). La question de l'optique unique est importante pour nous car pour travailler à deux nous devons régler notre cadrage mentalement pour partager un même regard sur les choses. La légèreté du matériel est aussi très importante car nous marchons beaucoup et qu'un matériel trop présent devient vite handicapant. En ce qui concerne la pellicule négative couleur nous utilisons indifféremment les deux grandes marques qui existent sur le marché. Nous procédons ensuite nous même au scan et au tirage.

 


© Anne FAVRET & Patrick MANEZ - Bruxelles - 2010

 

Est-ce que le matériel a une influence sur ce type de vues ?

Avec une chambre, on habite le paysage. On ne le traverse pas, on s'y installe et on (s')y pose. De plus tout le monde nous voit et sait ce que l'on fait (bien que très souvent on nous confonde avec "la télévision") et paradoxalement nous bénéficions d'une relative indifférence auprès des passants qui nous laissent à nos affaires. De plus avec la vision sur grand dépoli nous pouvons partager et discuter des choix opérés sur le terrain. Et enfin au delà des considérations d'ordre pratique évoquées plus haut, nous avons aussi orienté notre pratique pour utiliser ce type de matériel, car dans notre panthéon d'auteur la quasi totalité d'entre eux a utilisé la chambre.

 


© Anne FAVRET & Patrick MANEZ - Bruxelles - 2010

 

Vous partez pour d'autres villes à l'avenir : le projet ne varie pas ?

Nous réinventons sans cesse notre vision en fonction des villes sur lesquelles nous travaillons. Europe-Le plan B, ce n'est pas seulement un "joke", cela recouvre l'idée que, malgré l'uniformisation politique et économique, les choses et les êtres résistent. Une barre HLM de la reconstruction, n'est pas, même si elle est strictement identique, la même à Marseille qu'à Nancy (pour rester sur le territoire français) et n'est pas vécue de la même façon. Nous luttons, avec des images, contre des images qui nous font croire que le monde est devenu le terrain des globals players qui circulent entre quartiers d'affaires, rue piétonnes commerçantes et chaînes internationales d'hôtels de luxe. Il nous appartient donc de porter sur chaque territoire une attention particulière, de prendre en compte son histoire, sa topographie, son usage, son climat, sa lumière et d'en restituer, à travers un angle précis, sa particularité parmi les villes européennes. Et finalement, la seule chose qui ne varie pas, dans notre projet c'est le fait qu'il s'agisse de photographies de paysage en couleur.

 


© Anne FAVRET & Patrick MANEZ - Bruxelles - 2010

 

 

Dernière modification de cet article : 2010

 

 

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