[abonnement gratuit]

l'auteurs

  

Dan FROMM



Dan Fromm est né en 1944
Il a suivi des études d'économie
a travaillé comme spécialiste
des modèles en économétrie,
comme prévisionniste
économique et comme statisticien
Mais il a toujours refusé de répondre
aux questions concernant
la valeur des actions
cotées en bourse

La photographie est une autre
de ses vocations
il a commencé la photo
dans le but d'enregistrer
les couleurs naturelles des poissons
tropicaux qu'il avait choisi
d'héberger et de nourrir chez lui
En plus des photos de ses poissons
il a préparé et présenté de nombreux
diaporamas et films de ses voyages
 dans les pays où il est allé
étudier les poissons

contact :
danielwfromm(at)hotmail.com

 

 

 

Traduction

  

Emmanuel Bigler est professeur d'optique
et des microtechniques
à l'école d'ingénieurs de mécanique et des
microtechniques (ENSMM) de Besançon.
Il a fait sa thèse à l'Institut d'optique à Orsay
E. Bigler utilise par ailleurs
une chambre Arca-Swiss

26 chemin de l'Épitaphe
25030 Besançon cedex
Mail

 

voir partie 1
voir partie 2
voir partie 3

télécharger
le pdf complet

In english

 

Des optiques inattendues pour chambre de presse 6x9
ou : les notes personnelles d’un collectionneur

Partie 1 : Introduction et objectifs macro

 

par Daniel W. Fromm

 

Cet article est dédié à la mémoire de Charlie Barringer (1943-2010)

 

Note d'Henri Peyre : le présent article constitue le première partie d'un vaste ensemble qui sera publié en 3 fois sur galerie-photo. Nous tenons à remercier ici au nom de tous Dan Fromm qui a livré des carnets accumulés au long de toute une vie et Emmanuel Bigler sans lequel cette publication n'aurait tout simplement pas été possible.

Table des matières

1  Introduction : chambres Speed Graphic et optiques sans obturateur

L’une des raisons pour lesquelles j’ai un jour acheté une chambre de presse Speed Graphic «Pacemaker» 2¼ x 3¼ pouces [1] plutôt qu’un autre appareil de format 2¼ x 3¼ (6x9) ou 2¼ x 2¾ pouces (6x7) c’est que Ken Ruth, le patron du magasin Photography on Bald Mountain, m’a conseillé ce type d’appareil comme étant le plus utile et (relativement à d’autres solutions) le moins cher pour la prise de vue en macro-photo sur rollfilm. Il m’expliqua que grâce à l’obturateur à rideaux dans le plan focal de la Speed Graphic, je pourrais utiliser des objectifs d’agrandisseur bon marché, optiques qui fonctionnent très bien en proxi-photo et en macro-photo. C’est pourquoi lorsqu’une bonne occasion se présenta à moi lors d’une foire-photo, je mis en pratique les conseils de Ken.

Ma Speed Graphic, fabriquée en 1947, était d’origine équipée d’un Ektar 4,5 de 105 mm non traité qui donne de bonnes images. L’objectif suivant que j’ai acheté pour ma chambre fut un Raptar 6,8 de 65 mm, qui n’est pas une optique d’agrandisseur. Le tirage optique [2] de cet objectif était trop court pour permettre la mise au point à l’infini sur la Speed, du coup j’ai trouvé une Century Graphic, fabriquée en 1951, dans une autre foire à la photo. Depuis lors, j’ai trouvé d’autres objectifs pour mes chambres Graphic, la plupart sans obturateur, et quelques uns d’entre eux, pour finir, sont des objectifs macro. Plus récemment j’ai acheté dans une foire une Crown Graphic 2x3 pouces, fabriquée en 1953, avec un Ektar 3,7 de 105 mm ; je l’ai achetée uniquement pour cet objectif, et j’ai fait l’acquisition d’une autre Crown 2x3 pouces fabriquée fin 1949 ou début 1950 ; au départ mon idée était de disposer d’un stock de pièces. Mais cette dernière chambre était en fait en trop bon état pour être mise en pièces, il a donc fallu que je lui trouve une utilisation ou un nouveau domicile.

Les objectifs qu’on trouve le plus souvent sur ces chambres de presse 2x3 pouces ont été fabriqués par Kodak ou Wollensak et étaient vendus pour le travail quotidien à la distance normale d’utilisation en reportage. Tous sont équipés d’un obturateur, d’habitude c’est un Supermatic de chez Kodak ou un Rapax de chez Wollensak, parfois un Compur. La liste est la suivante : Raptar et Angulon 65/6,8 ; Wide Field Ektar 80/6,3 ; une variété de Tessars de ∼100 mm dans les appareils d’avant la deuxième guerre mondiale ; des Ektar et Raptar 101/4,5 ; des Graflar et Graftar ∼103/4,5 ; des Ektars 105/3,7 et 107/3,7 ; des Ektar et Raptar 127/4,7 ; et des télé-objectifs TeleRaptars, Wollensak Raptars et TeleRaptars 203/5,6 et 250/5,6, tous vendus en monture Graflex.

Lorsque j’ai commencé à chercher des objectifs pour monter sur mes Graphics, je n’étais pas certain de pouvoir m’en payer de bons. Mais finalement, à de rares exceptions près, tous ces objectifs «improbables» se sont avérés être de très bonnes occasions à bon marché, ce furent de bonnes trouvailles dans des foires photo, chez des vendeurs sur Internet, et sur eBay. Leur faible prix ne reflète que la méconnaissance qu’en ont les amateurs, leur manque de prestige, mais en aucune façon leur mauvaise qualité. Un bon équipement parfait pour satisfaire l’amateur n’a pas besoin de coûter si cher que cela. En fait, avec un peu de chance et en étant vigilant lors des achats et des reventes éventuelles, j’ai pu accumuler une grande quantité de matériel, certains objectifs auraient dû normalement coûter une fortune, mais j’ai eu le tout pour presque rien.

Le site de vente aux enchères eBay m’a été très utile, et cela de deux façons. Tout d’abord, du matériel intéressant peut parfois y être trouvé à faible prix. Mais aussi parce qu’on peut être raisonnablement sûr de pouvoir revendre sur ce même site les objectifs qu’on n’aime pas, ou dont on n’a pas besoin, en récupérant presque toute la somme initiale, parfois plus.

Cet article est donc la liste détaillée de tous ces objectifs inattendus ou «improbables». Par improbable, je veux dire : tout objectif qui est rarement utilisé sur une chambre de presse 2¼ x 3¼ pouces, ou qui n’avait pas été prévu pour cela au départ. Dans ce qui suit, tous les objectifs sont traités anti-reflets, sauf si la mention «non traité» est explicite. De même si la mention explicite «sur obturateur» n’est pas indiquée, c’est que l’optique est en monture simple avec un diaphragme mais sans obturateur central [3]. Si l’origine de l’objectif n’est pas mentionnée, c’est que je l’ai acheté sur eBay. Les objectifs dont le nom est suivi de la mention [revendu] ont été revendus et ne sont plus dans ma collection.



2  Quelles limitations dues à la chambre de presse ?

Les chambres Pacemaker Graphic 2¼ x 3¼ pouces (6x9 cm) sont des outils fort utiles mais qui ont leurs limitations. La première limitation est la limitation de l’extension de soufflet. La distance maximum sur une Speed entre la planchette et le film est de 225 mm ; pour les Crown et Century c’est seulement 195 mm. On pourrait en déduire que ces chambres sont limitées à l’usage d’objectifs de 200 mm de focale environ (180 pour les Crown et Century). En fait ce n’est pas le cas. Lorsqu’on monte l’objectif devant un obturateur, ou bien si on ajoute une bague-allonge entre l’objectif et l’obturateur (ou la planchette) on augmente ainsi notablement le tirage effectif. Cependant, à partir d’une certaine focale, l’obturateur ou le corps avant de la chambre vont couper une partie de l’image projetée par l’objectif sur le film. Pour simuler cela, je me base sur un modèle de tracé géométrique simple –les triangles semblables– pour déterminer si un objectif monté devant un obturateur (cas de la Crown et de la Century) ou monté sur tube-allonge devant la planchette (cas de la Speed) peuvent effectivement couvrir le format 2¼ x 3¼ pouces (6x9 cm) sans que l’obturateur ou la combinaison tube/planchette ne provoque de vignettage.

En fait, la focale la plus longue que j’utilise sur ma Pacemaker Speed 6x9 est un Apo-Nikkor 305/9, qui est monté sur des tubes d’extension de 60 mm de long filetés au pas Leica-39, ainsi que des adaptateurs devant un obturateur N°1 vissé sur la planchette. Pas de problème de vignettage avec cet objectif dans cette adaptation.

Avec une Century Graphic, la plus grande extension possible par devant un obturateur N°1 sans qu’il y ait vignettage est d’environ 77 mm au maximum d’extension du soufflet. Avec une optique macro de 100 mm, le grandissement le plus élevé qu’on peut atteindre sur une Century est autour de 1,9:1. La Speed Pacemaker 6x9 a une extension plus longue et peut accepter jusqu’à 90 mm de tubes & adaptateurs à son maximum d’extension de soufflet ; le grandissement le plus élevé qu’on peut atteindre avec un 100 de focale est environ 2,3:1. La focale la plus longue en formule non-télé-objectif qu’on peut mettre au point à l’infini avec une Century, l’optique étant sur le tube-allonge le plus long, couvrant bien le 6x9, et ayant une petite réserve de tirage pour la mise au point, c’est environ 260 mm ; et pour une Speed 6x9, autour de 300 mm.

Une autre limitation majeure est l’étroitesse de l’ouverture du corps avant pour y passer un objectif, c’est un trou carré de 48 mm de côté. On ne peut donc monter sur les Graphics 6x9 ni les objectifs lumineux à grande ouverture ni les grands angulaires de chambre modernes. Si vous envisagez d’acheter l’un ou l’autre de ces objectifs, faites bien attention aux dimensions avant de passer commande. Certes, il est éventuellement possible avec certains objectifs, en démontant le groupe optique arrière, de le remonter en passant la main depuis l’arrière de la chambre, dépoli enlevé, le groupe optique avant étant monté sur sa planchette ; mais cela ne marche pas pour d’autres optiques dont le groupe arrière va tout simplement coincer dans l’ouverture de planchette !
Les optiques de longue focale sans obturateur qui seraient trop grosses pour passer à travers l’ouverture de 48 mm du corps avant, par exemple mes Taylor Hobson de 4 et 12 pouces (101 et 305 mm) de focale ainsi que mon Dallmeyer de 6 pouces (152 mm, voir plus haut) peuvent se monter entièrement par devant la planchette, ou bien, comme mon 210 mm Konica, devant un obturateur vissé sur la planchette. Aucune des deux configurations n’est parfaitement confortable, l’une ou l’autre conviennent pour certains objectifs.

Frustré par ces limites mécaniques, et désirant tout de même monter quelques optiques de repro de longue focale, j’ai cherché à contourner les difficultés. Une façon de faire consiste à monter deux chambres l’une derrière l’autre en tandem ! Pour cela, j’ai vissé ma Pacemaker Speed et ma Century Graphic 6x9 sur un rail (en alu profilé de section carrée, 38x38 mm) avec un système de couplage étanche à la lumière entre les deux. Il y a un autre rail, en bois lamellé-collé carré de 38 mm de côté (léger et bon marché) qui raccorde les deux filetages de pied des deux appareils. Ces deux rails permettent de garder les deux axes optiques bien alignés.

Avec l’objectif sur la planchette de la première chambre (ou par devant sur tube) et avec le film à l’endroit habituel dans la deuxième chambre à l’arrière, j’ai calculé que la focale (non-télé) la plus longue que je puisse monter sur ce tandem associant une Speed et une Century, couvrant le 6x9, et permettant une mise au au point confortable suffisamment près en paysage, est de 480 mm. Je ne suis pas sûr de la focale la plus longue effectivement utilisable sur le tandem, mais j’ai testé avec mon apo Nikkor 480/9 et çà marche bien. Je pense qu’un 600 devrait pouvoir couvrir le 6x6 en gardant une mise au point raisonnablement proche si on le monte sur des tubes d’extension par devant la première chambre. En fait ces limitations proviennent de l’ouverture étroite du corps avant de la deuxième chambre.

3  Et les adaptateurs ?

J’ai commencé à acheter des objectifs Tominon dans l’idée de les utiliser avec mon Nikon et son soufflet-macro ainsi que sur mes Graphics. La manière évidente de les monter sur un accessoire en baïonnette Nikon est d’utiliser une bague de conversion du filetage d’obturateur N°1 mâle vers un filetage mâle en monture T [4], puis d’ajouter un adaptateur de la monture T femelle vers une baïonnette Nikon mâle. Chez SRB Film Services, aujourd’hui SRB-Griturn (http://www.srbfilm.co.uk) m’ont fabriqué un adaptateur du filetage d’obturateur N°1 vers la monture T, pour bien moins cher que le prix d’un adaptateur monobloc direct du N°1 vers une baïonnette Nikon. Cet adaptateur du N°1 vers une monture T ne me lie pas de façon permanente à une baïonnette Nikon puisqu’il y a d’autres adaptateurs pour raccorder une monture T vers presque toutes les baïonnettes des appareils reflex 24x36.

Rapidement je me suis rendu compte que ce serait astucieux d’ajouter des tubes-allonge devant mon soufflet. J’avais déjà un adaptateur du filetage Leica-39 vers la baïonnette Nikon. Le moins cher que j’ai pu trouver pour rajouter du tirage fut un adaptateur Vivitar TA-11 de la monture T vers le filetage Leica-39 plus un empilement de vieux tubes de chez E. Leitz New York (ELNY). Les tubes allonge ELNY sont en général très bon marché. Les adaptateurs de la monture T vers le filetage Leica-39 devraient être très rares, de fait ils apparaissent de temps en temps sur eBay et dans les brocantes-photo. À l’extrémité du soufflet je peux compter sur ma bague Novoflex NIKLEI-K (un filetage Leica-39 femelle vers une baïonnette Nikon mâle). Je les ai depuis 1975.

Lorsque je me suis heurté au problème du tirage limité des Graphics 6x9, une solution évidente pour aller au-delà de l’extension de soufflet de la chambre a consisté à rajouter des tubes-allonge devant l’obturateur. La seule pièce supplémentaire nécessaire était un adaptateur du filetage Leica-39 femelle vers le filetage d’obturateur N°1 mâle [6]. Steve Grimes m’en a fabriqué un, il s’est avéré des plus utiles par la suite.

Lorsque j’ai commencé à acheter des optiques macro en filetage de microscope RMS [8], à nouveau j’ai été ennuyé. J’avais tous ces adaptateurs en monture T d’un côté, donc j’ai acheté un convertisseur du T vers le filetage de microscope RMS de chez Edmund Industrial Optics, référence NT52-301. Cet accessoire est plus facile à utiliser tourné sur le côté et connecté via la bague d’extension filetée du filetage T mâle vers un autre T mâle, toujours de chez Edmund, référence NT52-298. Il aurait peut-être été plus commode d’utiliser une bague de conversion RMS vers Leica-39 fabriquée spécialement chez SRB ou chez Grimes. Depuis, j’ai trouvé en accessoires Linhof une bague de conversion du filetage RMS vers un filetage pour optique d’agrandisseur M25 mâle, plus un autre adaptateur sans marque, en plastique, de forme conique qui raccorde un filetage M25 femelle vers un Leica-39. En fait cette combinaison ne marche pas mieux que celle de chez Edmund, mais elle présente mieux.

Que dire des adaptateurs pour monter des optiques sans obturateur sur les Graphics 6x9 ? S.K. Grimes m’a fabriqué des adaptateurs en forme de bol cylindrique avec épaulement permettant de monter un certain nombre de mes objectifs sur un obturateur N°1. Ces adaptateurs ont un filetage mâle de N°1 à l’arrière et par devant un filetage femelle pour y visser l’objectif. Un adaptateur similaire, mais au filetage Leica-39 à l’arrière, était livré avec mon Industar-51. Chez S.K. Grimes m’ont également fabriqué spécialement des adaptateurs avec un filetage mâle à l’arrière pour permettre d’y visser une bague de serrage pour planchette, et à l’avant un autre filetage mâle pour y visser l’objectif, le tout permettant un montage de l’ensemble sur une planchette classique. Pour ce faire, on aurait pu également partir d’un filetage femelle à l’avant, mais le fait que l’adaptateur se visse sur l’objectif économise de la matière. Tous ces accessoires fonctionnent bien.

J’ai mentionné plusieurs fois ici le nom de Steve Grimes. Il est décédé en avril 2003, mais son entreprise continue. La raison sociale de l’entreprise n’a pas changé, et on peut trouver les références à ses successeurs ici : www.skgrimes.com. Depuis le décès de M. Grimes, j’ai continué à commander des adaptateurs et d’autres travaux chez eux et j’espère continuer à le faire dans l’avenir.

4  Des idées pour le montage d’objectifs sans obturateur central

Les objectifs modernes pour le grand format sont en général montés sur un obturateur [5]. Les objectifs plus anciens ainsi que ceux des caméras de photo aérienne sont parfois montés sans obturateur. Dans les deux cas, le montage des objectifs devant la chambre devrait, en théorie, être sans difficulté. Il suffit de se procurer une planchette adaptée à la chambre, percer cette planchette au diamètre qui convient pour l’arrière de l’obturateur ou de l’objectif, et de visser une bague de serrage filetée pour tenir l’obturateur et son objectif, ou bien la monture d’objectif directement sur la planchette. Ce qui est compliqué c’est de mettre en place un obturateur, la plupart du temps derrière l’objectif s’il en est dépourvu, mais parfois aussi devant l’objectif, afin de pouvoir exposer les images pendant des temps courts.

Pour monter de gros objectifs, ou des optiques montées de façon très spéciale, par exemple celles des caméras de photo aérienne, sur une chambre dont les planchettes sont petites, par exemple les chambres de presse 6x9, ce n’est pas aussi facile que cela. Il y a trois situations. Les deux premières concernent des objectifs qu’on ne peut pas monter devant un obturateur parce que le tirage mécanique de l’optique est trop court ou à cause d’un problème de vignettage mécanique.

La troisième situation, le montage de l’optique devant un obturateur, est préférable lorsque c’est possible, c’est à dire : l’arrière de la monture est filetée (filetage intérieur ou extérieur) et la monture ne passe pas à travers l’ouverture du corps avant. En effet certains objectifs sont plus gros que la planchette elle même.

Dans cette situation, les solutions qui fonctionnent sont les suivantes, su moment que la chambre possède un obturateur à rideaux dans le plan focal :

  • un adaptateur en forme de bol cylindrique avec un épaulement avec un filetage femelle à l’avant pour y visser la monture d’objectif et un filetage mâle à l’arrière pour y visser une bague de serrage sur planchette ;

  • un adaptateur avec un filetage mâle à l’avant pour y visser la partie arrière de la monture d’objectif (au cas où il y aurait un filetage intérieur pour filtre qui soit assez profond) ou pour remplacer la bague qui tient la lentille arrière dans la monture ; plus à l’autre extrémité de l’adaptateur un filetage pour y visser une bague de serrage sur planchette. En fonction du diamètre de la monture, l’adaptateur doit éventuellement être en gradins pour passer d’un diamètre à un autre. La planchette est tenue entre la bague de serrage et l’arrière de la monture. Mes deux objectifs Taylor Hobson pour photo aérienne (4 pouces (101 mm)/2, 12 pouces (305 mm)/4) sont montés de cette façon : l’adaptateur du 12 pouces/4 est en gradins, celui pour le 4 pouces/2 est de forme simple.

  • un adaptateur comme précédemment, mais avec une plaque débordante à l’arrière, qui tient sur la planchette par un ensemble de petites vis. Cette façon de faire peut être nécessaire pour les objectifs dont le tirage optique est si court qu’ils n’arrivent à faire la mise au point sur l’infini qu’avec le soufflet totalement comprimé. La plaque peut être fraisée ou fabriquée de telle sorte qu’elle laisse assez de place pour les glissières de verrouillage qui tiennent la planchette devant le corps avant de la chambre. Mon Uran-27 est monté de cette façon.

Les adaptateurs filetés en forme de bol permettant de monter un objectif sans obturateur devant un obturateur central standard sont des pièces très simples :

La pièce comporte un filetage femelle à l'avant permettant d'y visser le filetage arrière de l'objectif ; et à l'arrière de la pièce, l'adaptateur porte un filetage mâle permettant de le visser devant un obturateur. Les détails de la pièce - ses diamètres, sa profondeur, etc... - dépendent de l'objectif et de l'obturateur utilisé. En fonction de l'objectif, cet adaptateur peut prendre des formes diverses, depuis quelque chose qui ressemble à un disque plat avec un gradin, jusqu'à une espèce de « coupe » tubulaire assez profonde.

La plupart des objectifs que je monte devant un obturateur sont plutôt légers. Jusqu'à présent, le plus lourd était l'Apo-Nikkor 610/9. Il pèse à peu près 1,5 kg et, selon Adam Dau de chez SKGrimes, un obturateur N°1 peut aisément en soutenir le poids.

Récemment, j'ai acheté un Apo Saphir 900/10 qui pèse à peu près 4 kg. Si on le « suspendait » devant un obturateur N°1, avec le porte à faux, cela casserait l'obturateur à coup sûr. Cet objectif ne peut pas être utilisé avec avec ma « Graphic en tandem », même avec un tube-allonge, parce que l'arrière du corps avant de la chambre provoque un vignettage sévère dans l'image. On peut, en revanche, le monter devant une Cambo 6x9 monorail avec quelques modifications de l'appareil : il faut un corps supplémentaire, un tube-allonge et un rail plus long.

Chez SKGrimes sont en train de travailler à rendre cette optique de 900 utilisable sur ma petite Cambo. D'abord, ils vont modifier un corps de Cambo 4x5 pouces pour s'en servir comme d'une béquille qui supportera une partie du poids de l'objectif. La lentille frontale reposera sur la béquille juste devant la bague de commande du diaphragme. Puis, ils vont fabriquer un adaptateur en forme de coupe très spécial avec quatre tiges qui dépassent vers l'arrière. L'adaptateur sera porté par une planchette d'objectif de Cambo 6x9 à l'aide de vis passant à travers la planchette et se vissant au centre des tiges depuis l'arrière de la planchette. Comme d'habitude, il y aura un obturateur N°1 sur la planchette et l'arrière de l'adaptateur se vissera sur l'obturateur. Ainsi l'obturateur ne supportera plus du tout ni le poids de l'objectif ni celui de l'adaptateur.

J'ai en projet de dédier entièrement un obturateur à mon Apo Saphir de 900 pour éviter d'avoir à passer sur l'adaptateur spécial du 900 mon Copal N°1 classique que j'utilise avec mes autres objectifs. Je ne pense pas avoir besoin des hautes vitesses avec cet objectif, donc je vais l'équiper d'un obturateur Copal Press N°1 auto-réarmant au 1/125, l'un de ceux provenant d'un appareil Polaroid MP-4.

 

Dans le cas où l’arrière de la monture n’est pas fileté, ni intérieur ni extérieur, quelques solutions possibles :

  • Si les groupes optiques de cet objectif ne peuvent pas être remontés sur un obturateur et si l’appareil possède un obturateur à rideaux (comme les Speed Graphic), et enfin si la monture a un diamètre assez petit pour permettre de passer à travers le corps avant de la chambre, on peut alors fixer solidement l’objectif par une bague fendue serrant directement sur l’extérieur de la monture, la bague étant vissée sur la planchette. Mon Elcan de 1,75 pouce (44,5 mm)/2,8 est monté de cette façon.

  • Sinon, lorsque le tirage optique de l’objectif n’est pas assez long pour permettre de le remonter entièrement devant le corps avant de la chambre, on peut tenir l’arrière de la monture dans un adaptateur en forme de bol cylindrique avec épaulement qui s’attache à la planchette. On utilise alors des vis calantes radiales, ou un bol fendu avec une bague de serrage. Ce serait sans doute une manière assez économique de remonter mon 100/2,8 Era-7 sur une planchette, mais il faudrait d’abord que je me persuade moi-même de l’intérêt de tester cet objectif.

  • enfin, si l’appareil n’a pas d’obturateur à rideaux. Si la chambre de presse ou la chambre technique de format 6x9 est trop petite pour permettre d’utiliser un obturateur derrière l’objectif, comme un Packard ou un Sinar, une solution pour utiliser une optique sans obturateur est la suivante :

    utiliser un adaptateur en forme de bol cylindrique avec épaulement – parfois le «bol» est très aplati –, avec un filetage femelle à l’avant pour recevoir la monture de l’objectif et un filetage mâle à l’arrière pour se visser devant un obturateur central, par exemple un N°1. J’utilise un certain nombre d’objectifs avec de tels adaptateurs. L’objectif de focale la plus courte que j’ai pu monter sur une Graphic 6x9 de cette façon est mon Aldis Uno de 4,75 pouces (121 mm)/7,7 dont l’adaptateur est vraiment très plat. Mes autres adaptateurs en forme de bol, pour mes focales plus longues, sont plus profonds. Le vignettage n’est pas un problème avec aucune de ces combinaisons objectif/adaptateur et un obturateur N°1 sur une Graphic 6x9. Sur des chambres de plus grand format, en revanche, on peut avoir du vignettage.

L’amateur qui veut se lancer dans l’aventure apparemment compliquée du remontage d’un objectif de chambre sans obturateur selon les méthodes décrites précédemment se demandera si la dépense est justifiée : tout dépend du prix de l’objectif, du prix de l’adaptateur, de la qualité de l’objectif, et du prix que coûterait une autre méthode de remontage simple. Une personne rationnelle qui veut un bon objectif, prêt à l’emploi, pour le moins cher possible n’aura pas de difficulté à calculer le budget total. C’est ce que je fais parfois.

Mais j’ai souvent acheté un objectif inconnu juste pour découvrir ce que c’était, sans calculer aucunement le budget de l’opération. Pire que cela : j’ai parfois cédé à la curiosité de faire le montage pour savoir ce que donnait un objectif, bien que j’aie déjà dans ma collection un excellent objectif parfaitement équivalent prêt à servir. C’est pour cette raison que j’ai acheté un adaptateur pour monter mon 260/10 Nikkor-Q devant un obturateur N°1, malgré le fait que j’avais déjà mon objectif de type Taylor Hobson Copy Lens de 10,16 pouces (258 mm)/9 qui est très bon, bien plus petit, plus léger et facile d’emploi. C’est pour cette même raison de curiosité que j’ai monté mon Uran-27 100/2,5 sur planchette alors que je savais qu’il ne pourrait pas être meilleur que le Taylor Hobson Anastigmat de 4 pouces (101 mm)/2,0 que j’avais déjà à la maison. Oui, la curiosité est un vilain défaut.

Si on part d’une optique pour arts graphiques dont les filetages des blocs optiques ne sont pas directement adaptés à ceux d’un obturateur central standard, cela vaut rarement la peine d’essayer à tout prix de le remonter sur un obturateur. Un objectif de la même focale, déjà monté sur obturateur coûtera presque toujours moins cher que l’optique pour arts graphiques, plus le prix du travail, plus l’obturateur. Mais lorsque le choix est à faire entre, d’un côté, une optique pour arts graphiques, plus un adaptateur pour la monter devant une chambre de presse 6x9, et de l’autre, un objectif équivalent de même focale déjà monté sur obturateur, l’optique sans obturateur, tous comptes faits, peut être une meilleure affaire. Un adaptateur en forme de bol cylindrique avec épaulement est souvent moins cher qu’un obturateur central en bon état. Il faut se rappeler que les obturateurs d’occasion ne sont pas censés être utilisables tant qu’on n’a pas prouvé qu’ils fonctionnent bien ; une remise en état coûte entre 50$ et 125$, selon l’étendue de la réparation et selon l’atelier qui fait le travail.

Remonter une optique devant un obturateur est particulièrement intéressant lorsqu’un seul adaptateur peut servir pour plusieurs objectifs. Quelques exemples : j’ai un adaptateur du filetage Leica-39 femelle vers un filetage mâle M40x0,75 (celui de l’avant d’un obturateur N°1). Il convient pour mes objectifs Taylor Hobson de 6 pouces (152 mm) et de 10,16 pouces (258 mm), mes Apo Saphirs f/10 de 135 et de 180, mon Béryl-S 7,7 de 210, ainsi que mon Tessar 6,3 de 150. De la même façon, j’ai un adaptateur du filetage femelle M53x0,75 vers le M40x0,75 mâle qui se visse sur mes Apo Saphirs f/10 de 240, 300, et de 360 ; un adaptateur du M72x1 femelle vers le M40x0,75 mâle qui convient pour mon Konica Hexanon GR-II 210/9, mon Béryl 250/6,8, mon Apo Nikkor 305/9 et mon RF-5 450/10 ; enfin j’ai un adaptateur du M90x1 femelle vers le M40x0,75 mâle pour mes Apo Nikkors f/9 de 420 et de 480. Plus on a d’objectifs pour un adaptateur donné, plus on rentabilise l’adaptateur pour le remontage devant un obturateur. Tous les objectifs cités se vissent via l’adaptateur sur un obturateur N°1. Le fait d’avoir le même obturateur pour de nombreux objectifs améliore encore la rentabilité de l’opération.

J’achète mes adaptateurs chez S.K. Grimes. Le prix dépend de façon quelque peu imprévisible des dimensions de l’adaptateur ; parmi mes adaptateurs pour obturateur N°1, je n’ai payé que 35$ pour mon adaptateur du pas Leica-39 femelle vers un M40x0,75 mâle, mais le prix monte à 185$ pour le M113x1 femelle vers un M40x0,75 mâle. J’ai fait monter cinq objectifs de caméra de photo aérienne sur planchette ; la facture était comprise entre 75$ et 100$. Les prix actuels seront probablement plus élevés que ce que j’ai payé naguère.

Pour terminer, signalons que mes objectifs de photo aérienne (Elcan de 1,75 pouce (44,5 mm)/2,8 et mes Taylor Hobson de 4 pouces (101 mm) et de 12 pouces (305 mm), mon Uran-27 et mon S.F.O.M. 100/5,6) ont dû être montés sur planchette parce qu’il n’y avait pas d’autre façon de les utiliser ; mais lorsque le montage devant un obturateur est possible, c’est la solution que je préfère ; car les obturateurs N°1 donnent accès aux vitesses lentes en-dessous du 1/30e de seconde, cette vitesse étant, en dehors de la pose B, la plus lente que donne l’obturateur à rideaux d’une Speed Graphic.

5  D’abord les optiques macro, à l’origine de ma décision d’acheter une Speed Graphic

5.1  Origine et test des objectifs macro

On va présenter la liste de ces objectifs par ordre croissant de distance focale, de la plus courte à la plus longue. Il y a assez peu de mes courtes focales (< ∼ 100 mm) en optiques macro qui soient faciles à utiliser en photo d’extérieur. Avec toutes ces courtes focales, la visée et la mise au point sont très difficiles ; et même après avoir réussi la mise au point, il faut faire de grands efforts, quel que soit le soin mis à bien verrouiller tous les serrages de l’appareil, pour ne pas dépointer involontairement l’objet visé lorsqu’on monte ou démonte le châssis rollfilm. Plus le grandissement est élevé, plus il est difficile de travailler. Dans la pratique, les objectifs avec des focales nettement plus courtes que 100 mm ne sont utilisables en macro-photo avec les Graphics que sur un banc de reproduction très stable.

Tous les objectifs macro que j’utilise en grand format sont dépourvus d’obturateur. De mon expérience, la macro-photo en «obscurité ambiante» n’est pas très commode ; l’usage d’un flash électronique donne presque toujours de meilleurs résultats. L’utilisation au flash d’une optique sans obturateur central nécessite le montage d’un tel obturateur, soit entre les lentilles soit derrière l’objectif. Le montage de l’objectif entier devant un obturateur peut être plus économique que de remonter un obturateur entre les groupes de lentilles.

Au départ j’ai acheté des objectifs Tominon fabriqués pour l’appareil Polaroid MP-4 parce qu’ils sont abondants en occasion, bon marché, et qu’ils conviennent bien pour la macro. Par la suite, j’ai trouvé d’autres solutions, et si j’avais su à quel point ces solutions alternatives aux Tominons peuvent être bon marché, je m’y serais intéressé bien plus tôt.

Les objectifs macro Tominon pour le Polaroid MP-4 ont des filetages permettant de les monter directement sur un obturateur N°1 [6] ; tous couvrent le 4x5 pouces dans leur plage de grandissement recommandée. Mes autres objectifs macro ont besoin d’adaptateurs pour pouvoir être montés devant un obturateur.

Sur mes Speed Graphic, l’obturateur à rideaux n’a pas de synchro pour le flash électronique, du coup toutes mes optiques macro doivent être montées devant un obturateur avec prise de synchro. Je les fixe devant un obturateur Copal N°1, par exemple un Copal Press N°1 auto-réarmant, ceux qui équipaient le Polaroid MP-4. De tous les obturateurs N°1 qu’on peut trouver en occasion, ce sont ces Copal Press qui ont le meilleur rapport qualité/prix ; je préfère ceux qui équipaient le Polaroid MP-4 aux autres obturateurs N°1 sur les Polaroids parce qu’ils ont un levier de commande de pleine ouverture pour faire la mise au point facilement sur le dépoli. Le Copal N°1 avec son système traditionnel d’armement puis de déclenchement séparés, et qui monte au 1/400e de seconde reste cependant meilleur que le Press qui ne monte qu’au 1/125e. Bien qu’un obturateur N°1 tienne facilement sur la planchette d’objectif d’une Pacemaker, il bute dans la commande de déclencheur propre à ce type de chambre : pour pouvoir monter un obturateur N°1 devant une Pacemaker 2x3 pouces, il faut donc démonter cette commande et déclencher directement sur l’obturateur.

J’ai testé presque toutes mes optiques macro pour déterminer celles que je voulais effectivement utiliser. Ma première procédure de test pour les grandissements >= 2:1 est basée sur l’observation d’un micromètre-objet gradué de chez Olympus portant un réseau gravé à 100 traits par mm ; je le photographie par transmission avec un flash. Le flash que j’ai utilisé est un Vivitar 283 équipé du système VP-1 ; la distance entre le flash et le sujet ainsi que le réglage du VP-1 sont déterminés suivant la méthode de calcul des nombres-guides avec la correction nécessaire pour le grandissement. Le boîtier que j’utilise est un Nikon FM2 équipé du verre de visée type K suivi d’un viseur supplémentaire 2X derrière l’oculaire. L’objet-test est centré au milieu du champ. Pour les grandissements <= 1:1, j’utilise comme objet-test une mire de chez Edmund, modèle NT38-710 ; la grille-test la plus fine de cette mire correspond à 8 cycles/mm (mesurés sur la mire-objet elle même) [7].

Comme films, j’ai utilisé du Kodak TMX et de l’Ilford Delta 100. Les négatifs sont observés à des grossissements allant jusqu’à 40x à l’aide d’un microscope binoculaire Unitron MSFN. Lorsque la prise de vue correspond à un grandissement >= 2:1, j’estime visuellement la capacité des objectifs à séparer les traits adjacents du micromètre, et je fais une comparaison entre objectifs, 2 par 2. Plus un objectif sépare clairement les traits du micromètre, mieux je le note. Les objectifs incapables de séparer ces traits sont «recalés à l’examen». Pour les grandissements <= 1:1, selon la valeur de ce grandissement, soit je mesure la résolution sur le film (par exemple au rapport 1:10 à la prise de vue, avec ma mire Edmund à 8 cy/mm je peux tester jusqu’à 80 cy/mm sur le film) ; soit j’estime la largeur des barres blanches entre les barres noires ; de la même façon, les objectifs sont comparés par paires. Bien entendu il ne s’agit pas ici de tests de résolution formels, mais j’ai trouvé que les résultats étaient parfaitement répétables et qu’ils me permettent de classer ces objectifs en deux catégories : ceux qui sont «bons pour moi» et ceux qui ne le sont pas.

Depuis que j’ai fait mes premiers tests, je me suis procuré une mire de test bien plus fine, le modèle NT38-257 de chez Edmund, du type USAF 1951. C’est une mire de type chrome sur verre qui couvre du groupe –2 / élément 1 (0,25 cy/mm ; période de 4 mm) jusqu’au groupe 7, élément 6 (228 cy/mm, soit une période de 4,4 microns). Cette mire permet de classer bien plus facilement les performances des objectifs, mais en règle générale les résultats que j’ai obtenus sont parfaitement consistants avec ceux que j’avais obtenus avec mon simple micromètre-objet.

Pour les tests de prise de vue à fort grandissement, avec la mire USAF 1951, au lieu de «gâcher» du film, je regarde simplement dans le viseur les grilles les plus fines (groupe / élément) dont je peux visuellement séparer les trois traits, tels que je les perçois sur le verre de visée type K de mon boîtier FM2. Le motif de base de la mire USAF est composé d’une paire de grilles à trois barres, placées à 90° l’une de l’autre ce qui permet de détecter l’astigmatisme de l’objectif. Ma vision étant affectée d’astigmatisme, je considère qu’un motif (groupe/élément) est résolu si j’arrive à voir nettement les traits dans les deux directions à 90°. À faible grandissement à la prise de vue, la mise au point est difficile avec les deux mires Edmund dont je me sers, mais le modèle USAF est plus facile à utiliser. L’appréciation visuelle ne fonctionne pas bien aux faibles grandissements, du coup je n’espérais guère être capable de juger de la performance de mes objectifs par cette méthode. J’ai donc été très surpris de voir que même aux faibles grandissements, j’ai pu tirer parti de l’appréciation visuelle sans faire d’image sur film.

J’ai regardé la mire à travers un objectif de 75 de focale, ainsi qu’à travers des objectifs macro de focale plus courte, entre la pleine ouverture et fermés, au plus, de deux crans de diaphragme. La plupart étaient meilleurs à pleine ouverture. J’ai regardé la mire à travers ceux de mes objectifs qui sont autour de 135 de focale : à pleine ouverture, à f/11, f/16 et f/22. Tous étaient meilleurs à f/11 qu’à pleine ouverture et moins bons à f/16 et f/22 qu’à f/11. Le classement entre objectifs était le même à pleine ouverture et à f/11. Bien entendu, faire une image sur film et la passer au microscope au lieu de regarder simplement à travers l’oculaire de mon Nikon donnerait des résultats bien plus précis sur ce qui se passe au-delà de f/11, mais un simple coup d’œil m’a permis de répondre à cette question pratique : lesquels sont «à fuir» !

5.2  Description des objectifs macro

5.2.1  De 15 mm à 48 mm (5/8 de pouce à 1 pouce 7/8)

15/2,5 Cine Ektar en monture C. Pour utilisation inversée. Pas très bon comme objectif macro dans mes premiers tests, mais avec un meilleur éclairage pour améliorer la mise au point et fermé un peu jusqu’à f/2,8, au rapport 30:1 j’ai tout de même pu discerner 181 cy/mm sur la mire USAF 1951 de chez Edmund.

16/2,5 Zeiss Luminar en filetage standard de microscope (le filetage de la Société Royale de Microscopie britannique, en abrégé : (RMS) [8]) [revendu]. Le prix auquel il était vendu sur eBay était en fait un piège. On aurait cru que cet objectif était passé dans un four ! Les lentilles N°3 et 4 devaient être collées, et l’étaient encore un peu, mais il y avait des défauts. Ces défauts étaient dûs à un décollement du baume qui s’était rassemblé à la périphérie de la lentille frontale. Aussi étonnant qu’il puisse paraître, la lumière réussissait à traverser l’objectif et former tout de même une image. Un bon Luminar 16/2,5 est capable de résoudre les 228 cy/mm de la mire USAF au rapport 27:1. L’exemplaire défectueux que j’ai eu entre les mains ne dépassait pas les 144 cy/mm au rapport 3:1. Retourné au vendeur.

17/0,95 Schneider Xenon en monture C. Fabriqué pour une caméra de télévision avec un CCD de 2/3 de pouce. Utilisé en inversé, le champ est de l’ordre de 10 mm. La plus petite distance de travail est autour de 8 mm. Je l’ai acheté pour l’essayer en inversé. En théorie, sa grande ouverture devrait lui assurer un bonne résolution (peu d’effets de diffraction) ; dans la pratique, ce que cet objectif est capable de donner est encore à découvrir.

17/4 Tominon en filetage d’obturateur N°1 [revendu]. C’est une très bonne optique pour les rapports de grandissements élevés (de 10x jusqu’à 34x avec le système de photomacrographie MP-4). Je l’utilise jusqu’à 15x sur mes Graphics, et je monte jusqu’à 30x sur mon Nikon équipé d’un grand empilement de bagues-allonge. Son seul inconvénient est sa courte distance frontale, c’est dire la distance entre l’objet et la première lentille qui est d’environ 10 mm. Pour l’utiliser avec mes Graphics je le monte sur un obturateur Copal N°1. Pour augmenter le grandissement, je rajoute des bagues-allonge via une série d’adaptateurs décrits ci-dessous (voir paragraphe 3). Cet objectif donne sa meilleure qualité d’image à pleine ouverture. De toutes façons, comme il n’y a pratiquement pas de profondeur de champ même si le diaphragme est fermé, je ne l’utilise qu’à pleine ouverture. Cet objectif était également vendu avec les appareils Polaroid CU-5. La seule différence entre le MP-4 et le CU-5, c’est que sur le CU-5 la monture d’objectif est plus courte. Cette optique passe plus de 170 cy/mm sur la mire USAF 1951 entre les rapports 15:1 et 25:1. De même que tous les Tominons, cet objectif n’a pas de numéro de série.

19,5/3,85 Bausch & Lomb objectif de projection pour microfiche. Diaphragme d’ouverture fixe. Pas facile à utiliser sur mes Graphics. Plus facile sur un boîtier 24x36 aux grandissements supérieurs à 20:1. Dans cette gamme de grandissements, il est aussi bon que le Luminar 16/2,5 à pleine ouverture. Je l’ai acheté à un marchand sur Internet, au prix sensationnel de 6 dollars plus les frais de port.


Figure 1: Des optiques macro de haute performance à bon marché : objectif 19/3,85 de chez Bausch & Lomb prévu pour un lecteur de microfiches, et Cine Ektar II 25/1,9, les deux montés de façon rustique. Ces deux optiques vraiment pas chères – le B&L m’a coûté 6 dollars plus le port ! – sont vraiment compétitifs avec, par exemple, les fameux Zeiss Luminars 16/2,5 et 25/3,5. Quiconque souhaite travailler en macrophoto à grandissement relativement élevé devrait penser sérieusement à s’équiper de l’un de ces objectifs-là qui sont si abordables en prix.


20/1,9 Boyer Saphir en monture filetée inconnue. Il ferme jusqu’à f/8. La monture filetée est au diamètre de 18,70 mm, c’est à dire qu’il rentre dans un tube de 19 de diamètre. L’objectif était livré avec un adaptateur pour monture C dont la longueur peut être un peu ajustée. Monté sur cette pièce, l’objectif permet de travailler aux grandissements entre 2:1 et 3:1. J’ai monté l’ensemble sur une caméra de ciné Beaulieu et j’ai regardé dans l’oculaire : la qualité d’image sur le dépoli à 2:1 était épouvantable. À pleine ouverture au rapport 15:1 il résolvait à peine les traits distants de 10 microns. Donc pas très utilisable. C’est une formule à 6 lentilles en 4 groupes genre double Gauss.

25/1,9 Cine Ektar II en monture C. C’est l’un des objectifs les plus piqués qui existent parmi les focales normales pour le cinéma 16 mm. Le document Kodak N-12B “Photomacrography” explique que cet objectif fonctionne bien à grandissements élevés si on le monte en inversé. Je l’ai monté sur mes Graphics avec quelques bagues de conversion pour filtres et un convertisseur du M52 vers le filetage de l’obturateur N°1 que j’ai fait fabriquer chez S.K. Grimes (www.skgrimes.com). Cet objectif se comporte comme une très bonne optique macro : le Luminar 25/3,5 s’est avéré à peine meilleur dans mes premiers essais. Lors de mes essais suivants, à 10:1, 15:1 et 26:1, la meilleure qualité d’image fut obtenue à 2,8, ce qui n’est pas la pleine ouverture, avec une bonne surprise : 161 cy/mm à f/2,8 aux trois grandissements. C’est mieux que les trois Luminars que j’ai pu essayer. Il n’y a pas tout à à fait autant de distance frontale que j’aurais espéré ; la monture C est spécifiée pour une distance entre le plan d’appui du filetage et le film qui est de 17,56 mm mais la lentille arrière de l’objectif dépasse de plusieurs millimètres vers l’extérieur (en montage inversé), ce qui ne laisse plus que 15 mm de frontale utilisable. Si on veut travailler aux grandissements de l’ordre de 10:1, on monte cet objectif sur une Graphic 2x3 pouces ou sur un reflex 24x36 pour un rapport qualité-prix excellent.

25/2,8 Leitz Summar en filetage de microscope RMS. Cet objectif à ouverture fixe fut fabriqué pour être monté sur un dispositif Leitz YELUU pour l’application de microprojection avec un projecteur de diapositives Prado. Dès que je l’ai reçu, j’ai demandé aux sages du groupe de discussion sci.technique.microscopy ce qu’ils en pensaient. Un consensus s’établit entre eux pour dire que ce n’était pas utilisable pour faire de prise de vue. Peut-être est-ce vrai, mais j’ai tout de même détecté visuellement 170 cy/mm au rapport 15:1. Il était nettement moins bon aux grandissements plus faibles. Utilisable à grand peine sur une Graphic 2x3 pouces parce qu’il est trop long – il n’arrive pas à atteindre le rapport 15:1 sur une Speed 2x3 pouces – mais néanmoins cette optique serait parfaitement utilisable sur une chambre offrant plus de tirage.


Figure 2: Trois Luminars et un Summar : les Luminars sont considérés comme le nec plus ultra des objectifs de photomacrographie, mais les optiques Macro Nikkor sont au moins aussi bonnes. Mon Summar 25/2.8, démonté d’un dispositif de micro-projection YELUU pour projecteur Prado est, de mon point de vue, très compétitif vis à vis du Luminar 25/3,5.


25/3,5 Zeiss Luminar en filetage de microscope RMS. Le luminar 25/3,5 est une optique macro de haute performance conçue pour des grandissements compris entre 6,3x et 25x. À ces rapports-là, il couvre le 4x5 pouces. Le mien est l’un des premiers fabriqués, il ne porte pas la mention gravée «Zeiss-Winkel» et au contraire de la plupart des Luminars, il est en finition chromée au lieu d’être en finition laquée noire. Je peux l’utiliser à peu près jusqu’au rapport 11x sur mes Graphics. Je le monte sur l’appareil via différentes bagues (voir plus bas paragraphe 3). La frontale est courte, de l’ordre de 18 mm entre l’avant de la monture et l’objet. Comme la plupart des objectifs macro de haute performance, c’est à pleine ouverture qu’il est le meilleur. Une optique excellente, mais n’offrant pas franchement plus que ce que j’ai mesuré dans mes premiers essais avec le Ciné Ektar II 25/1,9 monté inversé. Il donne même moins que les mesures faites dans mes essais suivants avec ce Ciné Ektar II. J’ai eu un autre Luminar 25/3,5, plus récent que le premier, mais qui n’était pas meilleur.

32/4,5 Bausch & Lomb Micro Tessar en filetage de microscope RMS [rendu à son propriétaire avec mes remerciements]. Je l’ai emprunté à un ami. Il n’est pas traité, il est monté dans un barillet noir étroit. Les suivants étaient montés dans un barillet plus large en acier inox. Les Micro Tessars sont mentionnés avec respect par les groupes de discussion Internet traitant de la photo avec les Graflex. Il est utilisable au rapport 10:1, mais il n’est pas aussi bon que mon Tominon 35/4,5 ; je soupçonne qu’il doit mieux fonctionner aux grandissements plus élevés.

35/4 Rodenstock Eurygon en filetage d’obturateur N°1 [revendu]. Le numéro de série, le nom du fabricant et l’identification de l’objectif sont gravés sur ce qui apparaît comme un large pare-soleil plat. Il était vendu pour être utilisé avec les appareils Polaroid MP-3 et MP-4. le diaphragme n’a pas d’encliquetage, l’index des diaphragmes peut se déplacer au-delà de f/4 ; l’échelle des diaphragmes est gravée sur la monture, monté sur un Prontor Press N°1. J’ai trouvé que le mien était à la limite pour être utilisé au rapport 10:1. Le vieux Micro Tessar de 32 est meilleur, et le Tominon 35/4,5 est bien meilleur. J’avais trouvé cet Eurygon dans une foire-photo.

Plus un autre, trouvé dans un foire-photo en vue de spéculer. Ferme à f/16, le diaphragme a des encliquetages, l’index ne peut pas aller au-delà de f/4. cet objectif n’a pas le pare-soleil de l’autre et n’a pas de numéro de série. Le nom du fabricant, l’identification de l’objectif et l’échelle des diaphragme sont gravés sur une bande métallique. Le pare-soleil n’est pas mal placé, le bouchon avant s’ajuste correctement devant la monture. Livré dans une boîte marquée «Polaroid MP-3 Camera Accessory 35mm Macro Lens & Bellow Extension Unit» (Accessoire pour l’appareil Polaroid MP-3, objectif macro de 35 mm et soufflet-rallonge). En fait de soufflet il s’agit d’une rampe de mise au point hélicoïdale, l’extension minimum est de 2 pouces ¾ (70 mm), maximum : 3 pouces 7/8 (98,5 mm), avec d’un côté une planchette de 3 pouces ¼ par 3 pouces ¼ (carrée de 82,5 mm) et de l’autre une autre planchette avec des coulisses, etc … et un fraisage pour pouvoir y monter une autre planchette de mêmes dimensions.

Je ne peux pas en être absolument sûr, mais les deux versions de ces objectifs pourraient bien avoir une combinaison optique et un montage mécanique différents. Les deux ont la lentille arrière plus grande que la lentille avant. Je pense – sans en être sûr – que la lentille arrière du premier objectif est plus grande que celle du deuxième.

35/4,5 Tominon en filetage d’obturateur N°1 [revendu]. Sur le MP-4 on s’en sert aux grandissements compris entre 5x et 14x. Sur ma petite Speed, monté de la même façon que mon 17/4, il ne dépasse pas le grandissement 8x. Le mien est très piqué à 10:1, meilleure image à pleine ouverture. La frontale ? Il y en a bien plus que nécessaire. De façon surprenante, sa meilleure résolution est à 17,6:1, je ne l’ai pas testé au-delà. Un autre exemplaire du même objectif s’est avéré moins bon. Avec les Tominons, il est donc nécessaire de faire un test avant d’acheter. Je l’ai acheté chez un marchand sur Internet qui croyait avoir affaire à une optique d’agrandisseur. Les optiques du MP-4 ne sont pas des optiques d’agrandisseur !

38/3,5 Olympus apparemment collé dans une monture M42x1 [revendu]. Ferme à f/8. Olympus fabriquait deux objectifs macro 35/3,5, l’un pour le système Olympus PEN et l’autre en filetage de microscope RMS. J’ai acheté cet objectif en espérant que c’était l’un de ces deux modèles et parce qu’il n’était pas trop cher. Il n’a l’air d’appartenir à aucune des séries d’objectifs 38/3,5 de la production courante de chez Olympus et ce n’est pas non plus un 38/3,5 destiné à l’agrandissement des négatifs de demi-format 18x24 mm. Sa combinaison optique est inhabituelle, apparemment avec trois lentilles non collées devant le diaphragme et deux autres par derrière. La meilleure qualité d’image est obtenue aux grandissements entre 6:1 et 10:1. Je ne l’ai pas encore utilisé, et probablement je ne m’en servirai guère parce que sa frontale est trop courte et que j’ai d’autres objectifs qui sont meilleurs dans cette même gamme de grandissements.

4 cm 1:4,5 Zeiss Tessar en filetage de microscope RMS [donné à M. Barringer]. Une mystérieuse optique d’avant la première guerre mondiale, non traitée. C’est un Tessar normal, pas un Tessar inversé. Les gammes de grandissements pour lequel il fut conçu me sont inconnues. Les diaphragmes sont gradués en mm, entre 00 et 10. La plus petite ouverture du diaphragme est en fait 1 mm. Monture dans une espèce de «bol» en alliage léger (aluminium ?) destiné à se visser sur quelque chose. Utilisable au-delà de 1:1, mais pas aussi bon que le Luminar 40/4,5.

40/4,5 Zeiss Luminar en filetage de microscope [revendu]. C’est une optique macro de haute performance prévue pour l’usage aux grandissements compris entre 4x et 16x. À ces grandissements il couvre le format 4x5 pouces. Cette focale de 40 peut être utilisée jusqu’au 6x sur mes Graphics. Je l’ai eu en-dessous du prix du marché, mais il était déjà bien assez cher. J’avoue l’avoir acheté dans l’idée de spéculer un peu, et je n’ai jamais trouvé l’occasion de m’en servir. Finalement je l’ai revendu à regret parce que j’avais des dépenses plus urgentes à faire. Il était livré avec un adaptateur Linhof du filetage de microscope RMS vers un filetage mâle de 25 mm (une cote standard pour les agrandisseurs) ; j’ai gardé cet adaptateur.

Plus tard j’ai acheté un autre Zeiss-Winkel 40/4,5 à un prix encore plus bas par rapport au vrai prix du marché, venant d’un vendeur sur eBay en France qui a commis quatre erreurs classiques. Dans son annonce, il vendait quatre «objectifs d’agrandisseur», trois Saphir «B» de chez Boyer, plus ce Luminar, dans un lot indissociable. Il avait écrit «zeisswinkel» ce qui rendit son offre invisible même au meilleur moteur de recherche. Il n’avait pas reconnu que son «zeisswinkel» était en fait un Luminar. Et il annonçait qu’il ne ferait affaire qu’avec un client en France, du coup çà a dissuadé les acheteurs hors de France ; je lui ai demandé, à tout hasard, avant de commencer les enchères s’il accepterait d’envoyer l’objectif aux États-Unis, et il fut d’accord. Les services postaux ont littéralement avalé ces objectifs avant de les régurgiter un jour, bien longtemps après que je les aie considérés comme définitivement perdus. Le numéro de série de cet objectif dépasse de 32 numéros celui du premier que je possède. Il était livré avec un adaptateur Linhof du filetage de microscope RMS vers un filetage mâle pour obturateur N°0. Il donne de bonnes images.

J’ai regardé l’image formée par deux Luminars 40/4,5 récents qui appartiennent à un ami. La qualité d’image est impressionnante ; à pleine ouverture, à de faibles grandissements – 5:1 à 6:1 – ils sont un peu meilleurs que mon MicroNikkor 55/2,8 (voir plus bas). À partir du rapport 10:1, le meilleur de mes Tominon 35/4,5 arrive à rivaliser avec le Luminar. Quant au «zeisswinkel», pas question que je m’en sépare, il est aussi bon que les modèles récents.

45/4,5 Carl Zeiss Jena Mikrotar en filetage de microscope RMS, non traité [revendu]. C’est un triplet. L’échelle des diaphragmes indique le diamètre de l’ouverture en mm. Optimisé pour la gamme de grandissements 4x – 8x. Selon mes tests, c’est une très bonne optique à pleine ouverture aux rapports 4:1 à 8:1. Moins bon si on ferme le diaphragme. Sur une Graphic 2x3 pouces, le grandissement le plus élevé possible est autour de 5:1, le plus faible, 2:1, Ce qui est plus faible que pour le Mikrotar ainsi que la plupart des optiques macro de focales 45-60 mm. Date probablement d’avant la deuxième guerre mondiale ; acheté dans une foire-photo.

Marc James Small et Charlie Barringer ont des exemplaires de ces objectifs qui sont épouvantables. Dans celui de Marc, après investigations, il y a une lentille qui manque ; concernant celui de Charlie, on ne sait pas très bien ce qui ne va pas. Disons qu’un tel objectif ne doit être acheté qu’avec la possibilité expresse de pouvoir le retourner au vendeur.

48/4,5 Bausch & Lomb Micro Tessar en filetage de microscope RMS, non traité [revendu].

Il est gravé «Micro Tessar». Utilisable de 4:1 à 8:1, ce n’est pas le meilleur de mes objectifs. J’imagine que cette optique est meilleure aux grandissement plus élevés. Il y a une très belle image prise avec cet objectif à 20:1 dans la première édition du livre Graphic Graflex Photography.

48/4,5 Bausch & Lomb Macro en filetage de microscope RMS [revendu]. Gravé «Macro». Sans obturateur, avec nettement plus de chrome que le Micro Tessar 48/4,5 cité précédemment. Une optique sans intérêt.

5.2.2  De 50 mm à 90 mm (2 pouces à 3 pouces 1/2)

50/3,5 Reichert Neupolar en filetage de microscopes RMS et finition chromée, pas d’information disponible sur la gamme de grandissements recommandés. C’est un triplet. L’échelle des diaphragmes indique le diamètre d’iris en mm. Reichert fait aujourd’hui partie du groupe Leica Microsystems, auprès de qui je n’ai pu obtenir que de maigres informations à propos de cet objectif. Ils m’ont suggéré de l’utiliser entre 4:1 et 30:1. David Paschke, de chez Paschke Micro-Optics, le réparateur agréé des microscopes Leica pour la Nouvelle Angleterre, m’a dit : «Les objectifs Neupolar sont des objectifs très corrects, comme vous le savez sans doute. Ce sont des formules optiques équivalentes aux Summars de chez Leitz, pas tout à fait aussi bons que les Photars de chez Leitz ou que les Luminars de chez Zeiss, mais nettement meilleurs que les Milar de chez Leitz.».
Selon mon premier test, il n’est pas aussi bon à pleine ouverture que le Mikrotar 45/4,5 à 4:1 et 8:1 mais il reste cependant très utilisable. Mon deuxième test m’a donné le même résultat. Au test visuel à pleine ouverture il est à peine meilleur que le Tominon 50/4,5 dans les mêmes conditions, et il est moins bon que mon MicroNikkor 55/2,8 à f/4 en inversé. J’en ai acheté un second exemplaire dont le numéro de série est 79 numéros au-dessus du précédent. Ses performances sont exactement identiques au premier.


 

 

Figure 3: Deux Neupolars montés sur support à queue d’aronde : je pense que ces objectifs étaient conçus pour un dispositif de prise de vue macro Reichert MeF-2 pour la métallographie. Noter la présence des lames semi-réfléchissantes à 45°, servant à l’illumination du sujet par dessus, dans l’axe optique. Le Neupolar 50/3,5 est bon, mais il y a de meilleurs objectifs macro autour de cette focale pour la photomacrographie. Le 100/6,3, en revanche, est vraiment le nec plus ultra dans cette focale. Le tube noir est un adaptateur permettant de monter le 100/6,3 sur un obturateur N°1, accessoire fabriqué chez Steve Grimes.


Il y a aussi un Neupolar 50/4,5. J’en ai vu un en finition laquée noire, apparemment non traité, sur eBay. Je pense qu’il est antérieur à mon 50/3,5.

50/3,5 Boyer Saphir B. C’est un objectif d’agrandisseur sur filetage de 30mm. L’une des optiques achetées dans le même lot eBay que mon second Luminar 40/4,5. Les Saphir B sont de type «Plasmat» [9] à 6 lentilles en 4 groupes.

50/4 Wollensak Enlarging Pro Raptar. Ferme à f/22. Je l’ai acheté parce que j’avais trouvé que mes Enlarging Pro Raptar de 4 pouces (101 mm)/5,6 et mon Pro Raptar 160/5,6 (voir plus bas) étaient vraiment très bons. Ce Pro Raptar de 50, malheureusement, est une déception. Il est à peine utilisable au rapport 1:1 et aux rapports plus élevés, monté en direct, mais l’image devient moins bonne lorsque le grandissement augmente ; le Tominon 50/4,5 est meilleur.


 

 

Figure 4: Des optiques américaines bonnes en macro : les Pro Raptars sont des formules de type Plasmat 6/4 [9] et furent la réponse de chez Wollensak aux optiques allemandes comme les Sironars et les Symmars de la même famille pour prise de vue. Les Enlarging Pro Raptar sont la réponse de chez Wollensak aux optiques d’agrandisseur Componon et Rodagon, ils furent fabriqués dans une gamme de focales entre 50 et 190 mm. L’enlarging Pro Raptar de 4 pouces (101 mm)/5,6, ici monté par devant un obturateur Copal N°1, est compétitif par rapport au Luminar 100/6,3 aux grandissements compris entre 1:8 à 4:1


50/4,5 Enlarging Ektar dans un filetage proche de 1 pouce (25,4 mm) de diamètre [revendu]. Cet objectif est hautement recommandé pour la macro-photo dans la brochure Kodak N-12B. Il est très utilisable en montage direct (donc l’arrière vers le film) aux rapports 4:1 à 8:1 mais il n’est pas tout à fait aussi bon que mon MicroNikkor 55/2,8. Toutes choses égales par ailleurs, cet objectif est probablement la meilleure affaire en 50 de focale pour la macro-photo. Je l’ai acheté dans une foire-photo. Du coup j’en ai racheté un deuxième parce qu’il est si bon et si peu cher. Cet objectif, ainsi que le 63/8 MicroFile Ektar, le 75/4,5 Enlarging Ektar, le 100/3,5 Ektar et le 105/3,7 Ektar sont des formules de type Heliar.

50/4,5 Micro Raptar en filetage de 1 pouce (même diamètre que l’Enlarging Ektar 50/4,5 mais avec un pas différent). Ferme à f/22. Parfaitement utilisable, la qualité d’image s’améliore lorsque le grandissement augmente, le grandissement de 12:1 est le plus haut que j’aie testé. Meilleur que le MicroTessar 48/4,5. J’ai vu par ailleurs des Micro Raptars moins lumineux, sans diaphragme, je ne sais pas de quel type il s’agit.

50/4,5 Tominon en filetage d’obturateur N°1 [revendu]. Sur l’appareil MP-4 les grandissements recommandés vont de 2x à 9x. Utilisable, mais ce n’est pas le meilleur, entre 4:1 et 8:1 ; à 8:1 il est meilleur à 5,6 qu’à pleine ouverture. Encore un autre objectif inconnu et sous-estimé, mais qui fonctionne bien, un excellent rapport qualité/prix. Il s’améliore aux forts grandissements.

55/2,8 AIS MicroNikkor. Monté inversé, à pleine ouverture, c’est sans discussion le meilleur objectif macro dans la gamme autour des 50 de focale que je possède. Il est à peine meilleur à f/4 qu’à f/2,8. J’imagine qu’il est limité par la diffraction à f/4. Pour le monter inversé sur une Graphic, je me sers d’un adaptateur de 52 mm mâle (le filtre) vers le filetage d’obturateur N°1 femelle (M40x0,75), adaptateur fabriqué chez S.K. Grimes. Avec cet adaptateur on peut utiliser le MicroNikkor sur les Graphics entre 2:1 et 5:1. C’est une optique superbe. Vu les prix auxquels ils sont vendus neufs, ceux d’occasion sont une bonne affaire. Je l’ai acheté neuf chez un marchand.


 

Figure 5: Une optique macro d’exception : le MicroNikkor AIS 55/2,8 est un objectif superbe, et on peut l’utiliser inversé pour la micro-photographie sur des formats plus grands que le 24x36. Il est au moins égal au Luminar 63/4,5 et beaucoup moins cher.


55/8 Schneider ReproClaron monté sur une bague filetée de 25 mm [revendu]. Ferme jusqu’à f/32, Acheté dans une foire. Le Lens Collector’s Vade Mecum [10], une compilation d’informations et de données techniques sur les objectifs photo, publié sur CD par un groupe d’Anglais des plus sérieux, dit qu’il est optimisé pour les grandissements dans la gamme 1:4-4:1, mais les archives Schneider-Kreuznach donnent le champ couvert et les distances de travail dans la gamme 1:10-10:1. Lorsque je l’ai testé, il se comportait très bien à pleine ouverture au rapport 4:1, mais pas si bien que les plus lumineuses de mes optiques autour de 50 de focale. Dans ce type d’objectif, l’ouverture du diaphragme fait toute la différence, plus c’est ouvert, meilleure est l’image (à cause de la diffraction). Monté sur un obturateur via un adaptateur de 25 mm vers le filetage Leica-39 [11] plus d’autres adaptateurs ; les groupes optiques se vissent dans un obturateur N°00. La focale est trop courte pour pouvoir être utilisée sur ma Speed Graphic à des grandissements nettement plus petits que 1:1, et au rapport 1:1 il ne couvre pas tout à fait le 2¼ x 3¼ (= 6x9). Les lentilles extérieures de cet objectif doivent être faiblement radioactives car le verre a jauni de façon caractéristique.

60/1,4 Boyer Saphir en filetage M61x1 [revendu]. C’est un double Gauss à 6 lentilles qui ferme à f/16. Il était proposé sur eBay comme objectif d’agrandisseur. Le Lens Vade Mecum dit que les Saphirs f/1,4 étaient prévus pour les caméras de ciné et pour la photo 24x36. Cet exemplaire était livré sans rampe de mise au point, donc on voit mal comment il aurait pu être utilisable dans l’une ou l’autre de ces applications. Un mystère complet, assez lourd toutefois pour servir de bon presse-papiers. Je n’ai jamais trouvé comment m’en servir autrement. Son diamètre de monture ne passe pas à travers les 48 mm du corps avant de la Pacemaker 2x3 pouces et son tirage optique – distance entre le sommet de la dernière lentille et le film – est trop court pour permettre la mise au point sur l’infini lorsqu’on le monte complètement devant la planchette d’objectif. Cependant, on arrive à mettre au point sur l’infini si on le monte devant le corps avant d’une Century Graphic. De cette façon j’ai pu le monter et faire le test visuel. Il couvre à peu près le 6x6 à l’infini, mais souffre d’une sévère distorsion en barillet. Avec des objets proches cette distorsion semble moins élevée.

60/4,5 Staeble Katagon en monture Leica-39 [revendu]. Distribué par Novoflex, gamme de grandissements recommandée entre 1:2 et 2:1. Pas une bonne affaire à 2:1, mais la mise au point sur le micromètre-objet à ces faibles grandissements était très difficile. Je l’ai acheté dans une foire-photo.

63/4,5 Luminar en filetage de microscope RMS. Je l’ai eu parce que personne n’avait surenchéri sur moi. L’état cosmétique est franchement moyen, et la lentille frontale est rayée. Néanmoins le test visuel est très bon. De fait il est aussi piqué qu’un autre exemplaire de bien meilleure apparence que j’avais emprunté.

72/4,5 Micro Tessar sur filetage de 34 mm [revendu]. Une version moderne en monture acier inox. C’est un Tessar inversé. Utilisable, mais pas assez bon à mon goût entre 2:1 et 4:1.

J’en ai un autre, gravé «Macro» et non pas «Micro Tessar», acheté dans une foire-photo en vue de le revendre. C’est aussi un Tessar inversé. Plus encore un autre Micro tessar, toujours acheté dans une foire-photo en vue de le revendre, que j’ai échangé contre des planchettes d’objectifs. Je n’ai encore revendu le modèle «Macro».

75/3,5 Boyer Saphir B en filetage Leica-39. Ferme à f/22. J’ai acheté cet objectif, qui est très prisé des Français, en espérant qu’il pourrait me servir en macro-photo. Il était très peu cher, c’est toujours une incitation à tenter le coup, par jeu. À pleine ouverture à 5,6 il est moins bon monté en direct que le Tominon 75/4,5 aux rapports 2:1 et 4:1. Néanmoins il est tout à fait honorable entre f/11 et f/22 dans la gamme 1:8 à 1:1 ; pas aussi bon dans cette gamme que le Neupolar de 100 ou que le Pro-raptar de 4 pouces (101 mm), mais meilleur que le Minolta 80/5,6. Très utilisable jusqu’à 1:1, mais plus tellement aux forts grandissement au-delà de 1:1.

75/4 Rodenstock Apo Rodagon DM 1:1 en monture Leica-39 [revendu]. Je l’ai acheté parce que mon ami Vivek Iyer m’a tanné jusqu’à ce que j’en aie un, arguant que c’était l’un des meilleurs objectifs jamais fabriqués. Bien d’accord, mais le problème c’est que dans ses conditions normales d’utilisation, il ne couvre pas le 6x9 !

75/4,5 Enlarging Ektar. Ferme à f/22. cet objectif est hautement recommandé pour la macro-photo dans la brochure Kodak N-12B. Je ne l’ai pas encore essayé, c’est un cadeau de Vivek Iyer.
Plus un autre, acheté dans une foire-photo parce qu’il avait l’air en très bon état et qu’il était si peu cher. Je l’ai revendu également (Vivek Iyer ne pourrait pas le croire !).

75/4,5 Tominon en filetage d’obturateur N°1 [revendu]. Sur le MP-4, il donne accès aux grandissements entre 2x et 4x. J’en ai deux, j’en ai essayé un à distance normale pour voir si je pourrais l’utiliser en paysage comme grand angulaire pour le format 6x9. Les utilisateurs de Graphics 2x3 pouces seraient si heureux de pouvoir disposer d’un grand angulaire coûtant 25 dollars ! À l’infini et à f/16 il arrive à couvrir le 6x9 mais la qualité d’image est épouvantable. J’en fais mention ici simplement pour bien faire comprendre qu’il est absolument inutilisable comme grand angulaire de 75 en 6x9. Dans mon premier test, il semblait utilisable (bien que pas très bon), au rapport 4:1 ; meilleur à 5,6 qu’à pleine ouverture, et à mon avis inutilisable à 2:1. Une optique du même genre montée sur Copal N° 0, plutôt que devant un N°1, était vendue pour le Polaroid CU-5. Quelques personnes ont dit sur photo.net qu’il couvrirait le 6x9 à l’infini et qu’il produirait une image de bonne qualité. Au deuxième test, j’ai trouvé finalement que mes deux exemplaires n’étaient ni franchement bons ni franchement mauvais.

80/5,6 C.E. Minolta Rokkor-X en filetage Leica-39 [revendu]. Une formule optique à 6 lentilles très appréciée comme objectif d’agrandisseur pour le 6x6. Il ferme à f/45. Je l’ai acheté pour faire de la macro avec, aux grandissements compris entre 1:4 et 1:1. Il n’est pas mauvais entre f/11 et f/22, mais le Neupolar 100/6,3, l’Enlarging Raptar de 4 pouces (101 mm)/5,6 et le Saphir B 75/3,5 sont meilleurs.

85/3,5 Boyer Saphir B en filetage Leica-39. Ferme à f/22. Encore un autre objectif d’agrandisseur que j’ai eu dans le lot avec mon deuxième Luminar 40/3,5. Je ne l’ai pas essayé, j’imagine qu’il doit se comporter de la même façon que mon Saphir B 75/3,5.

90/6,3 Zeiss Jena M en filetage de 26,5 mm [revendu]. Je l’ai acheté à un vendeur sur Internet. C’est une espèce de Tessar inversé ; «espèce de», car le diaphragme est placé entre les deux lentilles simples, et non pas à l’emplacement habituel des Tessars, c’est à dire entre la lentille divergente centrale et le doublet collé en sortie. L’échelle des diaphragmes semble indiquer une ouverture en mm ; le nombre le plus petit est 1, ce qui correspondrait à peu près à f/90. Selon Charlie Barringer, «M» signifie Mikrotar. Il ne couvre pas le 6x9 à l’infini. C’est une bonne optique, de la même classe que le Luminar 100/6,3 et que le Neupolar.

5.2.3  De 100 mm à 160 mm (4 pouces à 6 pouces 1/2)

100/5,6 Componon-S en filetage d’agrandisseur M32,5x0,5 [revendu]. Je l’avais acheté parce que le prix était bas et qu’il était donné pour être meilleur que le Componon 105/5,6 que je venais d’acheter moins d’un mois auparavant. Les deux objectifs avaient été achetés dans l’espoir qu’au moins l’un des deux serait assez bon pour l’utiliser en macro et qu’il soit plus facile à utiliser au flash que mon Neupolar de 100 et que mon Enlarging Pro Raptar de 4 pouces (101 mm)/5,6. Finalement j’ai craqué et je me suis fait faire chez S.K. Grimes un adaptateur pour utiliser mon Enlarging Pro Raptar devant un obturateur N°1. J’aurais donc dû faire çà plus tôt au lieu de m’ennuyer avec d’autres objectifs d’agrandisseurs.

100/6,3 Neupolar. Ferme à f/20. J’en ai acheté trois : un premier, d’un modèle ancien, non traité et deux plus modernes, traités. J’ai revendu celui qui n’était pas traité, plus l’un des deux modèles traités. La gamme de grandissements recommandée m’est inconnue. C’est un Tessar inversé. L’échelle des diaphragmes indique des diamètres d’ouvertures en mm. La plus petite graduation est 5 ce qui correspond à peu près à f/20. Il se visse sur un obturateur N°1 via un adaptateur de chez S.K. Grimes. Pour atteindre les grandissements supérieurs à 1:1, j’utilise entre l’objectif et l’obturateur la même chaîne d’adaptateurs et de tubes-allonge que pour les Tominons.


 

 

Figure 6: Un bonne optique macro, et une mauvaise : le Neupolar 100/6,3 est sur un adaptateur pour obturateur N°1 fabriqué par Steve Grimes. L’Eurygon 35/4 se visse devant un obturateur N°1.


J’utilise ce premier Neupolar moderne dans ma pratique photo de tous les jours sur ma Speed avec le rail de mise au point. Fermé à f/11 ou plus et mis au point à l’infini, il forme une image qui est bonne mais vignettée. Il serait mieux en 6x6. De fait, un Ektar 101/4,5 est un meilleur choix pour la photo courante, mais pour la macro le Neupolar est très bien. C’est le meilleur objectif que j’aie dans la gamme 1:8 à 1:1 de f/11 à f/20 et à pleine ouverture de 1:1 à 4:1. Sur mes Graphics il peut travailler de 1:8 jusqu’autour de 2:1. Le deuxième exemplaire moderne, dont le numéro de série dépasse de 35000 celui du premier, est aussi bon que le premier.

100/6,3 Luminar [revendu]. La gamme de grandissements recommandés va de 0,8x jusqu’à 8x, il couvre le 4x5 pouces dans toute cette gamme. C’est encore un achat sur un marché aux puces (mais puces-photo), il ne porte pas la mention «Luminar». Le vendeur ne savait pas ce que c’était, pas plus que les clients potentiels qui passaient devant sa table. Autant dire que les bonnes affaires dureront aussi longtemps que l’ignorance. Mais ce Luminar-là a des problèmes. Il a été gardé dans un sac en plastique qui semble avoir marqué le traitement anti-reflet sur la lentille frontale. J’ai fait un test comparatif avec mon Neupolar 100/6,3 traité : le Neupolar est bien meilleur, du coup je n’ai jamais essayé ni d’en faire refaire le traitement ni de faire faire un adaptateur spécial pour un obturateur N°1. La dure réalité est que ce Luminar est affreux, on n’arrive pas à faire la mise au point à 4:1. La comparaison avec un Luminar 100/6,3 similaire, emprunté et certifié comme bon m’a convaincu que celui que j’ai a vraiment des problèmes graves. Cependant le bon Luminar que j’ai testé n’est pas tout à fait aussi bon que le Neupolar, ce qui est inattendu.

4 pouces(101 mm)/5,6 Enlarging Pro Raptar. Ferme à f/32, c’est une formule Plasmat 6/4 [9]. J’ai acheté cet objectif à un marchand sur Internet en ayant à l’esprit le conseil de Ken Ruth et parce que le Pro Raptar 160/5,6 est si bon. Au départ j’avais bricolé rapidement un montage devant un obturateur N°1, le résultat n’était pas beau à voir, mais c’était suffisant pour un usage occasionnel. Plus récemment j’ai fait faire un adaptateur correct. Du grandissement 1:1 jusqu’à 1:8, cet objectif est vraiment très bon entre f/11 et f/22. Entre 1:1 et 4:1 il est presque aussi bon à pleine ouverture que le Neupolar de 100. À f/16 aux distances normales il y a une image qui se forme mais dans ces conditions, mon Ektar 100/4,5 est bien meilleur. Le Neupolar de 100 est un trésor à garder précieusement, mais l’Enlarging Pro Raptar de 4 pouces (101 mm)/5,6 est l’optique que j’utilise pour la macro en extérieur. Sa facilité d’utilisation est très importante sur le terrain.

105/4,5 Comparon sur Copal Press N°0. Ferme à f/32. C’est une formule Tessar pour agrandisseur, fabriqué en 1978. Je l’ai acheté pour récupérer l’obturateur. Puis j’ai lu les brochures de chez Schneider, qui annoncent que le Comparon donne une meilleure qualité d’image à l’agrandisseur que les Componon et Componon-S dans la gamme 2X à 6X (c’est à dire : de 1:2 à 1:6 si on s’en sert en prise de vue). C’est pareil avec les Componon-S 100/5,6 et Componon 105/5,6 que j’avais déjà. Pour l’utiliser au-delà du rapport 1:1, on peut échanger les blocs optiques avant/arrière sur l’obturateur. Comme on pouvait s’y attendre, ce Comparon donne de bonnes images en macro, mais l’Enlarging Pro Raptar est meilleur. Mais malgré cela, j’aurais bien du mal à jeter les blocs optiques pour ne récupérer que l’obturateur et le monter sur un autre objectif.

Plus un autre monté sur un Copal N° 0 à armement/déclenchement classiques. L’échelle des diaphragmes n’est pas calibrée. l’objectif fut fabriqué en 1976. Je l’ai également acheté pour en récupérer l’obturateur. Ces deux Comparons proviennent d’un appareil Sirchie spécial pour faire des photos d’identité judiciaire.


 

Figure 7: Deux Comparons : les Comparons de chez Schneider sont essentiellement des Xenars optimisés pour des agrandissements de dimensions relativement petites, ils fonctionnent très bien comme optiques macro. Bon marché, ce sont des objectifs sympa.


105/5,6 Schneider Componon sans obturateur. Ferme à f/32. Une formule 6/4 de type «Plasmat» [9] pour agrandisseur. Je l’ai acheté dans une foire-photo pour satisfaire ma curiosité. Il y a eu de nombreuses discussions sur les forums-photo pour savoir s’il est intéressant ou pas d’utiliser des optiques d’agrandisseurs pour de la prise de vue. J’ai vérifié que les groupes se montent correctement sur un Synchro Compur N°0 que j’ai en réserve. Cet objectif n’est pas assez bon en proxiphoto pour remplacer mon Neupolar 100/6,3 ni mon Enlarging Pro Raptar 4 pouces/5,6. Et pas assez bon non plus pour remplacer mon Ektar 101/4,5 et mon Taylor Hobson 4 pouces (101 mm) / 2 à grande distance.

105/5,6 El-Nikkor en filetage M39x1. Ferme à f/45, c’est une formule Plasmat 6/4 [9]. Je l’ai acheté quelques semaines après le Componon-S 100/5,6 parce que le prix était bas et que l’El-Nikkor est bien plus facile à utiliser inversé que le Componon-S 100/5,6 ou le Componon 105/5,6. De la même façon que pour mes Componons, le but avec cet objectif était de la prise de vue à des grandissements pas trop éloignés de 1:1 plus facilement qu’avec mes 100 Neupolar ou 4 pouces (101 mm) Enlarging Pro Raptar. L’Enlarging Pro Raptar est meilleur.

135/4,5 Tominon en monture d’obturateur N°1. C’est une formule Tessar [revendu]. Fonctionne aux rapports 1x–3x sur l’appareil MP-4. Les grandissements recommandés par Polaroid pour les Tominons du MP-4 sont, quel miracle, exactement les grandissements qu’on peut atteindre avec un appareil MP-4 standard. Je l’ai acheté avec un obturateur de MP-4 lorsque que j’ai eu besoin d’un obturateur ; le lot était trop bon marché pour le laisser passer, même si a priori je n’avais pas l’usage de l’objectif. Je ne m’en suis jamais servi en proxiphoto parce que le Neupolar 100/6,3 fait ce dont j’ai besoin. Polaroid décrit le Tominon 135/4,5 comme un objectif à usage général. Je m’en suis servi aux distances normales et je n’aime pas les résultats, il est beaucoup moins bon que mon Ektar 101/4,5. Je l’avais acheté à un vendeur sur Internet.

Depuis, j’en ai trouvé un deuxième, revendu par la suite, dans un lot sur eBay. En les testant avec une mire sur verre USAF 1951 au rapport 1:2, il est apparu clairement que tous les Tominons n’étaient pas «nés égaux».

135/4,5 Boyer Saphir B en filetage de 45 mm. Un autre objectif d’agrandisseur acheté dans un lot avec mon second Luminar 40/4,5. Ce Saphir est mauvais à grande distance quelle que soit l’ouverture. Mais à 1:2, il arrive juste derrière mes autres optiques de 135 mm prévus pour la proxiphoto. C’est donc un objectif parfaitement utilisable.

135/5,6 Enlarging Pro Raptar. Ferme à f/32. Un autre Wollensak d’agrandisseur, de type Plasmat 6/4 [9]. Un cadeau de Vivek Iyer, le meilleur de mes 135 macro. Meilleur à grande distance que le Boyer 135/4,5, il est presque utilisable pour de la photo normale.

Plus un autre, acheté à faible prix parce que le diaphragme du premier est très dur à bouger : remplacer tout l’objectif coûte moins cher que de le réparer.

138/4,5 Graphic Raptar en filetage inconnu. Ferme à f/32. C’est un objectif de type Tessar, acheté parce que le prix était bas et parce qu’il y avait deux avis sur Usenet disant qu’il fonctionne bien comme optique macro. À 1:2, il est aussi bon que le meilleur de mes Tominon 135/4,5. Très utilisable mais pas le meilleur. Je n’ai aucune idée de l’usage prévu pour cet objectif au départ. Richard Knoppow a expliqué sur Usenet que les Graphic Raptars sont simplement des Enlarging Raptars ré-étiquetés et qu’ils ne sont pas très bons. Il explique que tout les Raptars de type Tessar souffrent sévèrement de coma, une aberration qui est la plus mauvaise en bord de champ et qui se réduit en diaphragmant. Comme la macro photo n’utilise que la partie centrale du champ, s’il y a de la coma, cela ne devrait pas être un gros problème pour cette application.

150/5,6 Comparon sans obturateur. Ferme à f/45. Une autre optique d’agrandisseur de type Tessar, Je l’ai acheté parce que j’aime bien le Comparon 105/4,5 et parce que le prix était franchement donné. Je ne l’ai pas encore utilisé.

6 pouces 3/8 (162 mm)/5,6 Enlarging Pro Raptar sans obturateur. Ferme à f/32. Encore un Wollensak d’agrandisseur de type Plasmat 6/4 [9]. Je l’ai acheté dans une foire-photo à cause de son prix raisonnable, mais je ne l’ai pas encore essayé.



5.3  D’autres objectifs d’agrandisseur à usage de macro-photo

En complément des objectifs mentionnés ci-dessus, j’ai essayé un Spiratone 35/4,5 [revendu] et un 60/4,5 Dallmeyer aux grandissements supérieurs à 1:1. J’ai trouvé que le Spiratone était complètement inutilisable et le Dallmeyer moins bon que les Tominons à peu près équivalents. Malgré l’avis de Ken Ruth, j’ai fini par arrêter d’utiliser des objectifs d’agrandisseur aux grandissements supérieurs à 1:1. Ceux de courte focale ne sont pas commodes à utiliser sur une Speed Graphic aux grandissement en-dessous de 1:1. Les optiques autour de 100 de focale sont probablement les meilleures pour travailler en-dessous de 1:1 avec un appareil 6x9.

5.4  Quelles optiques macro dois-je utiliser sur mes Graphics ?

Tout dépend du grandissement et de l’ouverture souhaitée. Il faut se rappeler que la gamme de grandissements accessibles est limitée directement par l’extension de soufflet dont on dispose. Avec ma Speed et un obturateur N°1, je ne peux pas espérer plus 300 mm de focale sans vignettage.

De façon pratique, les 90/6,3 Mikrotar, 100/6,3 Neupolar, et 4 pouces (101 mm)/5,6 Enlarging Pro Raptar sont aussi bons que mes objectifs de focale plus courte aux grandissements compris entre 1:8 et 2:1. Pour ces grandissements, en fermant de f/11 à f/22 sur du film TMX ou EPP, j’obtiens les mêmes résultats qu’avec les focales plus courtes, mais je bénéficie de distances à l’objet plus longues donc plus confortables. Le Neupolar est toujours le meilleur, de peu, mais l’Enlarging Pro Raptar est plus facile à utiliser, fin de la discussion.

Entre 2:1 et 4:1, le MicroNikkor 55/2,8 AIS f/4 est mon meilleur objectif, mais le Luminar 63/4,5 est un peu plus facile à utiliser. De 4:1 à 6,6:1, mon Luminar 40/4,5 à pleine ouverture est probablement l’objectif de choix. Ensuite jusqu’à 11:1, le ciné ektar 25/1,9 ouvert à 2,8 est l’objectif de la situation ; le Luminar 25/3,5, cependant, est plus facile à transporter et plus facile à utiliser. Au-delà jusqu’à 16,5:1 le Tominon 17/4 (que je n’ai plus) est l’objectif qui convient le mieux. Monter à des grandissements plus élevés sur une Speed Graphic 6x9 devient impraticable, et sur le terrain, le rapport 4:1 est la limite effective.

6  Notes et Références

[1]

2¼ x 3¼ (6x9 cm) ou 2¼ x 2¾ pouces (6x7 cm) : aux États-Unis, le format des plan-films des petites chambre de presse 2 par 3 pouces est en fait 2¼ x 3¼ pouces (57 mmx83 mm) ce qui est un peu plus petit que le format de plan-film européen 6,5x9 cm dont les dimensions sont en fait 2½ x 3½ pouces soit 63,5x88,9 mm. Dans tout cet article, mis à part ce détail important pour les utilisateurs de petits plan films dont les châssis spécifiques ne sont pas interchangeables, on peut considérer que 2x3 (2x3 pouces) et 6x9 (6x9 cm) désignent les mêmes formats de chambres. De plus, la plupart des chambres 2x3 pouces ou 6x9 cm acceptent des châssis rollfilm pour le film 120 (ou 220), fournissant 8 (ou 16) vues de format 6x9 proche de 56x82 mm, ou bien 10 vues (ou 20) au format 6x7 proche de 56x70 mm.

[2]

On appelle tirage optique la distance entre le sommet de la dernière lentille et le foyer de l’objectif. Un tirage optique trop court empêche presque toujours de monter un grand angulaire de chambre sur un boîtier reflex.

[3]

[note du traducteur] en monture simple avec un diaphragme mais sans obturateur central : dans tout l’article, Dan Fromm utilise l’expression consacrée barrel lenses dont la traduction mot à mot : objectifs en barillet, ne veut pas dire grand chose puisque dans tous les objectifs les lentilles sont assemblées dans une ou plusieurs montures appelées barillets. Barrel lenses désigne donc simplement tout objectif dépourvu d’obturateur central. La plupart des objectifs sans obturateur ont cependant un iris et une commande de diaphragme ; néanmoins il existe de nombreux exemples d’objectifs sans obturateur à diaphragme fixe, par exemple dans les scanners et les photocopieurs ou dans les projecteurs pour diapositives, pour microfilms, …

[4]

monture T : il s’agit d’un filetage métrique simple M42x0,75 très utilisé pour monter un boîtier 24x36 sur un microscope ou un télescope. Ne pas confondre la monture T avec le «42 à vis» qui sert de monture d’objectif sur certains boîtiers, et qui est un M42x1, donc un pas un peu plus grand. On trouve également le nom de bague T2 pour la monture T ; certaines bagues T/T2 peuvent tourner pour ajuster correctement la position du boîtier devant l’instrument auquel on le raccorde. On trouve facilement des bagues de conversion de la plupart des baïonnettes d’appareils reflex 24x36 vers la monture T, ainsi que vers le Leica 39, la monture C du ciné et de la vidéo ainsi que les nouvelles normes four-thirds ou micro-four-thirds.

[5]

L’exception qui confirme la règle est le système SINAR DB dans lequel les optiques interchangeables sont sans obturateur, montées devant un gros obturateur placé en arrière de l’objectif.

[6]

filetages permettant de les monter directement sur un obturateur N°1 ;
Les cotes fonctionnelles pour les obturateurs N°1 sont les suivantes :

  • diamètre maximum de l’iris: 30 mm

  • filetage du bloc optique avant : M40x0,75 ; bloc arrière : M36x0,75

  • alésage de planchette : 41,6-41,8 mm ; filetage de bague : M39x0,75

  • espacement entre blocs = épaisseur entre plans d’appui : 20±0,025 mm

    Autres dimensions d’obturateurs, voir ici chez S.K. Grimes :
    http://www.skgrimes.com/compur/index.htm

[7]

cycles/mm : ou paires de lignes par millimètre, une mesure classique de la finesse des motifs périodiques qui composent une mire de définition. La correspondance avec les nombres de points ou d’échantillons par pouce (ppp) est la suivante, 1 pouce = 25,4 mm. Sachant qu’il faut deux points, ou deux échantillons, pour passer un cycle, il faut deux points ou deux échantillons par millimètre pour passer un cycle par millimètre, donc il faudra 25,4x2 = 50,8 points ou échantillons par pouce pour passer un cycle par millimètre, soit environ 400 points par pouce pour passer l’image d’une grille à 8 cy/mm.

[8]

filetage de la Société Royale de Microscopie britannique, RMS : c’est le filetage commun à presque tous les objectifs de microscope.
http://www.micrographia.com/tutoria/micbasic/micbpt02/micb0200/ot023shi.htm
Diamètre 0,8 pouce, 36 filets au pouce, profil Withworth à 55°.
Équivalent métrique : diamètre 20,32 mm pas de 0,706 mm.

[9]

de type «Plasmat» : le Plasmat est au départ un objectif à 6 lentilles en quatre groupes (6/4) conçu par Paul Rudolph, le père du Planar et du Tessar chez Carl Zeiss, alors qu’il travaillait en 1918 chez Hugo Meyer après avoir quitté Zeiss. Le Plasmat est une combinaison quasi-symétrique un peu comme le Dagor de von Hoegh chez Goerz, sauf qu’au lieu de triplets collés dans le Dagor, le Plasmat n’utilise que des doublets avec un écart d’air entre le doublet et la lentille du groupe de 3 lentilles. C’est l’une des combinaisons (6/4) les plus fructueuses de l’histoire de l’optique photographique, qui a inspiré encore de nos jours la conception des optiques de chambre de focale standard de très haute performance.

[10]

On peut se procurer le Lens Collector’s Vade Mecum sur CD chez ce vendeur aux États-Unis : http://www.antiquecameras.net/lensvademecum.html

[11]

Filetage Leica-39 : un type de filetage bien connu qui fut introduit pour visser les objectifs devant un boîtier télémétrique de type Leica antérieur à l’introduction de la baïonnette Leica M. Le LTM est une dimension de filetage standard pour de nombreux objectifs d’agrandisseur. Les spécifications de ce filetage sont un mélange très étrange entre une cote métrique et une cote en pouces, le diamètre du filetage est un 39 mm métrique alors que le pas est de 26 filets au pouce. La spécification métrique du pas Leica serait donc M39x0,977. Faire attention cependant au fait qu’il existe des montures prétendument au pas Leica alors qu’en fait il s’agit d’un simple M39x1. Sur les objectifs d’agrandisseur, le nombre de tours de filetage nécessaires au montage est en général faible ; grâce aux tolérances d’usinage, il est finalement assez courant de pouvoir monter un véritable M39x26 filets au pouce sur du M39x1 (et réciproquement).




13 décembre 2010

Index


Ce document a été traduit de LATEX par HEVEA

 

voir partie 1
voir partie 2
voir partie 3

 

In english

 

 

Dernière modification : 2011

 

 

tous les textes sont publiés sous l'entière responsabilité de leurs auteurs
pour toute remarque concernant les articles, merci de contacter henri.peyre@(ntispam)phonem.fr

une réalisation phonem

nouveautés
galerie
technique
matériel
stages
adresses
librairie
boutique amazon
magasin arca-swiss 

plan
forum
liens
contact
radio-labo

abonnement gratuit
recherche sur le site
(chargement lent en première utilisation - veuillez patienter)